“ YAMA. Les sept coursiers soumis à quatre jougs de flammes, Sans éclairer mon œil, éblouiront le tien ; La liane aux fleurs d’or n’aura pas de soutien ; Nous ne mêlerons pas, l’une à l’autre, nos âmes. YAMÎ. Quand nous dormions encor au ventre originel. L’aïeul parla. « Vêtus d’une splendeur égale. Soyez époux, dit-il. Que la sœur conjugale Sans fin demeure unie au mari fraternel ! »YAMA. Qui l’a su ? qui l’affirme ? Aucun ne peut connaître Son premier jour. Le ciel démesuré n’est pas Un champ d’orge qu’on peut traverser en trois pas, Et nul ne sait où gît la source de son être. ”
Citations sur “yam”
Louise Ackermann,
Contes, par L. Ackermann
(1863)
“ Car on le sait sans oreille et sans coeur. Ce qu'il abat, la terre en est jonchée; Vertu, grandeur, tout passe par ses mains ; Rien ne l'arrête, et des pauvres humains Il ne se gêne à faire ample fauchée. Même l'Amour ne trouva grâce encor ; Il y perdait ses pleurs et sa prière. Or, ce dieu-là, l'Inde qui le révère L'appelle Yama : son domaine est la mort. Au bord du Gange ayant besogne grande, Plus que n'en peut même un dieu dépêcher, Il s'adjoignit un beau jour une bande D'aides de camp; point ne les faut prêcher. ”
“ Indradjit aux vastes forces, toi, le plus formidable des armées Rakshasîs, comment aujourd'hui as-tu subi le joug de Lakshmana? Yama est un Dieu, que désormais j'estimerai davantage, lui, par qui tu fus attelé, mon ami, sous le grand joug de la mort! Hélas! c'est le chemin battu des héros, dans les troupes mêmes, où tout guerrier est un immortel. Mais, s'il a sacrifié sa vie pour son maître, l'homme au cœur mâle entre aussitôt dans le Swarga. ”
“ Le yogî ne se rendit pas à l’invitation que les pandits lui firent de la part du roi, il leur répondit : L’homme qui est sans désirs considère comme un brin d’herbe une femme d’une beauté sans pareille : celui qui est sans péché considère Yama [1] comme un brin d’herbe ; celui qui n’a point de cupidité considère la royauté et la souveraineté comme un brin d’herbe. ”
“ Yama, c’est Agni, qui a cessé de briller ; c’est le sacrifice qui est éteint ; c’est la noirceur de la nuit qui a remplacé l’éclat du jour ; c’est l’interruption du sacrifice perpétuel de la lumière et de la vie. Yama est le feu latent, enseveli dans l’Aranî, et que l’effort des prêtres doit ressusciter : c’est Agni privé de sa flamme, c’est le soleil de nuit dont la chaleur est morte. ”
Harivansa ou histoire de la famille de Hari
“ C’étaient là les propres enfants de la terrestre [3] Sandjnâ : aussi leur témoignait-elle une grande tendresse, et elle semblait négliger les aînés. Le Manou Vêvaswata supportait cette préférence avec tranquillité : il n’en était pas de même d’Yama. Un jour, dans sa colère, sans trop savoir ce qu’il faisait, celui-ci menaça Tchhâyâ d’un coup de pied. La mère de Sâvarna, irritée, maudit Yama : « Que ton pied se « détache et tombe ! » s’écria-t-elle avec emportement. Yama se présenta avec respect devant son père, et lui raconta tout ce qui s’était passé. ”
Henri Focillon,
L’Art bouddhique
“ Dans un oupanishad antérieur au Bouddhisme, Yama, le dieu de la mort, révèle à Nacikétas, qui l’interroge, le secret de la délivrance définitive : le sage qui s’élève à la connaissance de l’Unique peut seul s’affranchir du temps et dompter la mort. Toujours cette philosophie suscita des ascètes et des moines. Elle fit naître une infinité de sectes, elle répandit sur l’Inde, avec la hantise de l’absolu et la passion des spéculations abstraites, le goût des mortifications les plus excentriques. ”
Auguste Barth,
Les religions de l'Inde
(1879)
“ Les mythes solaires nous conduisent naturellement à ceux qui se rapportent à la vie d'outre-tombe ; car dans l'Inde, comme ailleurs, c'est un héros solaire qui règne sur les trépassés. Yama est en effet fils de Vivasvat, le Soleil 5. Il eût pu vivre immortel, mais il a choisi de mourir, ou plutôt il a encouru la mort, car sous ce choix se déguise une chute 6. Le premier, il a parcouru le chemin sans retour, le frayant aux générations futures. C'est là-bas, aux extrémités les plus lointaines du ciel, séjour de la lumière et des eaux éternelles, qu'il règne désormais en paix, uni à Varuna. ”
Lucien Lévy-Bruhl,
Morceaux choisis
“ Or, entre les Dobuens et leurs yams se sont établies de multiples et intimes participations. Comme les Dobuens, les yams ont des lignées. Une lignée donnée de yams est solidaire — on devrait même dire, se regarde comme solidaire — d’une famille humaine (« famille » pris au sens spécial de ce mot chez les Papous de Dobu) . Les yams de cette lignée ne consentiront à pousser que sur le terrain appartenant à cette famille, et cultivé par elle avec le secours de formules secrètes, qui sont aussi sa propriété exclusive. Plantez-les ailleurs : quelque soin que vous preniez, rien ne viendra. ”
“ Quand on considère ces Dévas du sacrifice comme des êtres réels, ils sont aussi appelés Pitris ou Pères des sacrificateurs, sages antiques qui passent pour avoir institué les cérémonies du culte : ce sont alors des Mânes, et Yama est leur roi. En sa qualité d’Agni, Yama préside aux funérailles ; il y est invoqué comme gardien des morts, et ses feux y consument les chairs ; les os sont déposés dans la terre sous sa surveillance. « Yama est un Djâtavédas, » dit le poëte ; « mais c’est un Djâtavédas différent de celui des sacrifices. » ”
Hector France,
Sous le burnous
“ Enfin, jetant ses mains crispées sur sa face, il arracha des touffes de sa barbe blanche, puis courut palper tout tremblant, dans les écartements des branches les corps rigides de ses bien-aimées.—Yamina! clamait-il, Yamina et ma douce Meryem!Et il allait de l'une à l'autre, pris de folie. Puis, soudain, poussant un cri terrible et tournant sur lui-même, il tomba la face contre terre.—Qu'on l'emporte, ordonna froidement le caïd. Ce qui est écrit est écrit. Les uns agissent d'une façon, les autres d'une autre. Dieu seul connaît la vraie voie. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Il sent les chiens et les vautours qui habitent la demeure de Yama lui arracher les entrailles de son corps vivant ; il se voit dévoré par des serpents, par des scorpions, par des taons et par d’autres animaux qui le piquent. ”
“ L’homme à la taille svelte, au teint doré, aux grands yeux de lotus, au nez beau, charmant, aquilin, à la démarche de grand lion, à la contenance modeste, qui s’est retiré avant les derniers incidents, c’est Atchyouta, le fils d’Yama. ”
Émile de La Bédollière,
Histoire générale des peuples anciens et modernes…
(1878)
“ Yama juge les morts, distribue les peines et les récompenses; il envoie les bons au swarga, paradis habité par les dieux et les mortels sanctifiés; il précipite les méchants dans le n,-ii-aba, l'enfer. ”
Joseph Vianey, Les Sources de Leconte de Lisle…
“ Ces deux messagers d’Yama ont de larges naseaux, une respiration forte, une grande vigueur, ils s’élancent à travers le monde. Qu’ils nous donnent aujourd’hui la vue du Soleil et un souffle fortuné. C’était ce dernier mot qui méritait d’être recueilli, ce souhait ardent d’une longue existence formé par le vivant qui fait la commémoraison du mort. Leconte de Lisle l’a enchâssé dans une strophe merveilleuse : Tes deux chiens qui jamais n’ont connu le sommeil, Dont les larges naseaux suivent le pied des races, Puissent-ils, Yama ! ”
“ La place de chacun à table est déterminée ; personne ne la quitte ni ne foule les autres. Tel est exactement aussi l’ordre qu’observe le roi de l’Inde dans ses repas ; et je ne sais point si les sultans de l’Inde l’ont pris de ceux du Yaman, ou bien si ces derniers l’ont emprunté des sultans de l’Inde. Je restai plusieurs jours l’hôte du sultan du Yaman, qui me combla de bienfaits et me pourvut d’une monture ; puis je partis, me dirigeant vers la ville de San’à. ”
“ Il retourna sur le sol de la terre son ennemi, tous les membres rompus, le ciel des yeux déchiré et lui jeta ces mots : 450. « Maintenant que tu es parti, scélérat, pour habiter chez Yama, ce n’est pas toi, qui essuiera les pleurs de Vaka et de Hidimba ! » 451. ”
Jules Leclercq, Chez les Jaunes : Japon, Chine… (1910)
“ Je suis à 6 heures sur le pont, dans l'espoir de ne pas quitter le Japon sans en avoir salué la plus haute cime. Mais mon espoir est déçu : le ciel est toujours chargé de nuages et je n'aurai point vu le classique Foudji-Yama ni le traditionnel accent circonflexe que dessinent les neiges terminales du mont sacré et que reproduisent les écrans, les kakémonos et les porcelaines. Le Foudji-Yama est, dit-on, une des plus belles montagnes qui soient sur la terre, je veux bien le croire; mais pourquoi habite-t-elle ce brumeux Japon où elle est presque toujours invisible? ”
“ Dis-moi promptement la vérité : tu verras de quelle force est ma pénitence ! » 4331. Yama lui répondit : « Tu fis entrer, jeune enfant, une aiguille dans la queue des sauterelles : ton supplice, homme riche de macérations, fut la conséquence de cette action. » 4332. « Tu as puni d’un grand châtiment une petite faute, reprit Anîmândavya ; c’est pourquoi, Yama, tu naîtras homme au sein d’une femme esclave ! 4333. » J’établis désormais cette limite dans le monde pour le lever du fruit des œuvres : jusqu’à l’âge de quatorze ans, il ne sera point tenu compte du péché ”
Louis Jacolliot,
Voyages au pays des brahmes
“ C’est en vain, quand les iakchas les rongent, leur déchirent les entrailles, qu’ils essayent d’invoquer Yama ; la justice du dieu des enfers, après mille ans de souffrances, les fera renaître encore pendant mille générations dans le corps d’un paria. ”
“ Yama, Niyama, Âsana, Prânâyâma, Pratyâhâra, Dhâvana, Dhyâna, et Samâdhi. Ce que l’on nomme Yama consiste à ne faire de tort à personne, à être véridique, à n’être pas envieux, à être chaste, à ne recevoir aucun présent ; tout cela purifie le mental, la Chitta. Ne faire aucune peine, par la pensée, par la parole, ou par l’acte, jamais, à aucun être vivant se nomme Ahimsa, ou : ne pas faire de mal. Il n’y a pas de vertu plus haute que celle-là. Il n’y a pas de plus grand bonheur que celui de l’homme qui arrive à cette bienveillante attitude envers toute la création. ”
Hermann Oldenberg,
Le Bouddha : sa vie, sa doctrine…
(1934)
“ Yama, le dieu de la mort du Véda, est assis à boire, en compagnie des bienheureux, sous un arbre au beau feuillage, comme dans la légende du Nord Hel a son siège à la racine du frêne Yggdrasill. L'arbre est l'Arbre-des-nuées ; dans la nuée est retenue la liqueur céleste et sur elle veille un démon ténébreux ; c'est pour la nuée et pour l'ambroisie qu'elle recèle, que, dans les hymnes du Véda, les puissances lumineuses et celles des ténèbres se livrent leur grand combat : ce combat est précisément le même que celui du Bouddha contre les troupes de Mâra. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ On dit que les Vêdas sont le sommet de la tête de l’Être infini, que ses défenses sont Yama, et ses dents les objets que l’homme aime le mieux ; son sourire est Mâyâ, qui trouble les mortels ; son coup d’œil est la création sans bornes. 32. Sa lèvre supérieure est la modestie ; sa lèvre inférieure est le désir ; son sein est la justice, et son dos la voie de l’injustice ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ L'homme exclusivement occupé du soin de sa famille et qui n'a pas dompté ses sens, meurt au milieu des larmes des siens, l'esprit égaré par le désespoir. Alors arrivent deux messagers de Yama, terribles, la colère dans les yeux. Après l'avoir enfermé dans un corps qui est destiné aux souffrances de l'Enfer, lui serrant la gorge avec de fortes chaînes, ils l'emmènent par une longue route. ”
Maurice Leblanc,
Le Cercle rouge
“ Yama venait, selon l’ordre que lui avait donné Mary, de ramasser dans la chambre de Florence les débris de la potiche cassée et, se faisant, il avait trouvé par terre, le singulier document qu’il s’empressait d’apporter à la jeune fille avec les allures de quelqu’un qui a fait une découverte dont on lui saura gré. ”
“ Là, vint aussi, visible aux yeux, le majestueux et fortuné Yama, le destructeur du monde, 1667-1668-1669-1670-1671-1672. Dharmarâdja, le Vivasvatide, qui tient un bâton à sa main et met fin à tous les êtres, lui, de qui l’âme est inaccessible à la pensée, accompagné de Pitris, causes du monde et portant des corps de mortels, illuminant avec son char les trois mondes, les Gouyakas, les Gandharvas et les Pannagas, comme un second soleil, une fois arrivé le terme d’un youga. Ces Dieux, parvenus sur les cimes variées et lumineuses de la grande montagne, y virent Arjouna se livrer à la pénitence. ”
Jean Commaille,
Guide aux ruines d'Angkor : ouvrage illustré de cent cinquante-quatre gravures et trois plans
(1912)
“ Vrah (le dieu) Yama (inscription) . Ce Pluton indien, dieu du Temps, de la mort éternelle, de l'immortalité, roi des séjours infernaux, est représenté sous la forme d'un dieu terrible aux bras multiples armés de massues, coiffé d'un diadème étagé, assis sur un trône (1) élevé que décorent de nombreux éventails, chasse-mouches, parasols. Il occupe, avec la foule de ses courtisans, les trois étages (2) des bas-reliefs et interrompt, à une vingtaine de mètres du commencement de la galerie, les défilés des bienheureux et des réprouvés. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Un yamen est un ensemble de constructions variées, rangées suivant une ligne parallèle, qu’une seconde ligne de kiosques et de pavillons vient couper perpendiculairement. Le plus ordinairement, le yamen sert d’habitation aux mandarins d’un rang élevé et appartient à l’empereur ; mais il n’est point interdit aux riches Célestials d’en posséder en toute propriété, et c’était un de ces somptueux hôtels qu’habitait l’opulent Kin-Fo. ”
Catalogue de la première partie des oeuvres d'art et de haute curiosité du Tibet… (1904)
“ Elle n'est vetue que d'une peau d'antilope jetée sur le dos. Sur les images, le Yama est peint en bleu, blanc ou rouge. La deuxième forme celle de snang diffère de la précédente en ce que le Yama est représenté marchant à gauche et ayant une figure humaine avec l'œil frontal ; de plus, au lieu de taureau, il écrase un homme tortillé par les souffrances. Ces attributs sont : un vajra ou un gri-gug dans la main droite et un kapâla dans la main gauche. Il est peint en couleur bleue et souvent accompagné de deux divinités écrasant des taureaux. ”
“ Notre aïeul le divin Twachtri [16] , et Savitri qui donne toutes les formes, ont voulu qu’au sein même (de notre mère) nous fussions mari et femme. Personne ne peut détruire ces œuvres. La Terre et le Ciel nous connaissent ; (ils connaissent) notre père. 6. (Yama.) Qui a connu son premier jour ? Qui l’a vu alors ? qui peut ici en parler ? La demeure de Mitra et de Varouna est grande. Que me dis-tu, ô toi qui veux le mal des hommes ? 7. (Yamî.) Yamî désire Yama. Elle veut avec lui dormir dans un même sein. Comme une épouse pour son époux, je veux pour toi parer mon corps. ”
Thomas Mayne Reid,
Peuples étranges : description des races humaines les plus singulières
(1892)
“ Remarquons d'abord que ce nom de Fouilleurs signifie arracheurs de racines, parce que les racines constituent la partie la plus essentielle de leur subsistance. Le terme yamparico, d'origine espagnole, a la même signification. Il veut dire littéralement « mangeur de racines de yampa », car la racine du yampa, anethum graviolens, est leur nourriture favorite. Les grands déserts s'étendant entre la Nevada et les montagnes Rocheuses sont le domaine des véritables Fouilleurs. ”
“ Aime nos holocaustes, et amène les Pitris, ardents comme toi à les consommer. 13. Ô Agni, purifie ce même (lieu) que tu as brûlé. Qu’il soit lavé, et balayé avec quelques brins de doûrwâ [48] sèche. 14. (Ô Terre) , redeviens fraîche et riante en cet endroit ; que la grenouille s’y plaise. Fais la joie de cet Agni. HYMNE XII.À Twachtri et à divers dieux, par Dévasravas, fils d’Yama. (Mètres : Trichtoubh, Anouchtoubh et Vrihatî.) 1. Twachtri marie sa fille [49] ; tous les êtres sont assemblés. L’épouse du grand Vivaswân apparaît, et devient la mère d’Yama. 2. (Saranyoû) était immortelle. ”
Alcide d' Orbigny, Voyage pittoresque dans les deux Amériques… (1836)
“ Les Yameos, comme les anciennes tribus américaines, sont gloutons si les vivres abondent chez eux ; mais ils supportent la disette avec une grande patience. Nonchalans et mous, ils semblent craindre toute espèce de travail. La pêche et la chasse suffisent à tous leurs besoins ; ils ne veulent, ils ne cherchent rien au-delà. Quand l'abondance règne, ils se livrent à des joies folles et à des rires immodérés. Leurs armes consistent en une espèce de sarbacane, à l'aide de laquelle ils lancent des flèches empoisonnées. ”
