“ Mademoiselle Rose court d'un côté, Bellequeue de l'autre; en un instant un couvert est mis, et chargé de viandes froides, de fruits et de bouteilles. Bellequeue veut lui-même verser à son filleul, il se met à table et trinque avec lui. ”
Citations sur “Bellequeue”
“ Bellequeue va baiser la main de l'accouchée, donne un regard expressif à l'enfant, et suit l'herboriste en marchant encore sur ses pointes, habitude qu'il a contractée dans la rue en courant chez ses pratiques, chez lesquelles il ne veut pas arriver crotté ”
Jeanne Leroy-Allais, Marie-Rose au couvent (1909)
“ Les grandes s’affairent autour de leurs filles, passent les ongles en revue, rectifient un nœud, redressent une coque de chapeau, s’assurent que les bas sont bien tirés et les souliers correctement lacés ; elles consolident la « queue de rat » ou le « petit balai » qui forment la coiffure de ces jeunes personnes ; car, à leur âge, on ignore l’élégance du « berceau ». Les autres donnent leur avis, aident au rangement par ordre de taille, font faire une répétition de démarrage, de défilé, de révérences. ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
(1907)
“ « A propos! En allant à Bellevue, avant-hier, pour mes affaires, je l'ai rencontrée, jeune homme, votre actrice, à la grille de sa propriété. une maisonnette de rien, bâtie pour durer le temps d'une passion, avec un jardin de six mètres carrés, destiné à donner un agent de change un e idée approximative de la nature. Elle m'a invité à entrer, mais à quoi bon?. » Elle était à Bellevue Jean oublia tout ce que le récit du vieillard contenait d'ignominieux, et retint seulement qu'elle était à Bellevue, et qu'on prouvait l'y voir dans la familiarité de la campagne. Il se leva. ”
Louise Swanton Belloc, La tirelire aux histoires : lectures choisies (1870)
“ « Pourquoi tes souliers sont-ils en pantoufles? Je ne sors pas avec une petite fille chaussée en savates. En vérité, Rosemonde, dit-il, en lui regardant les pieds avec dégoût, je vous croyais soigneuse et propre. Vous pouvez vous en aller, je ne vous emmènerai certainement pas avec moi. » Rosemonde rougit, et remonta. « Oh ! maman, dit-elle, en ôtant son chapeau, que je voudrais donc avoir choisi les souliers ! Ils m'auraient été bien autrement utiles que le bocal. Au moins je suis sûre... non, non, pas tout à fait sûre, mais j'espère que je serai plus raisonnable une autre fois. » ”
Alexandre Weill, La nouvelle Phèdre : drame de famille… (1889)
“ Comme le nom de Bel- levue est gravé sur un des piliers de la grande maltresse porte d'entrée, le comte, du temps qu'il l'habitait avec sa première femme, dont je me rappelle vaguement la figure angélique, avait écrit dessous : La plus belle vue, c'est une belle et honnête femme que l'on aime. La comtesse, déjà malade à son tour, y a ajouté la phrase d'un grand poète anglais : Ton vrai nom est fragilité. Depuis ce temps, on désigne ce château tantôt sous le nom de Bellevue, tantôt sous le nom de Fragilité. ”
Adolphe Belot,
Mélinite
(1888)
“ Tous les jours, une coiffure nouvelle qu'elle a rêvée et qu'elle dresse lentement, à petits coups de peigne, ou du bout de ses doigts caressants. Coiffures d'une autre époque, moyen âge ou dix-huitième siècle, avec toutes ses modes. De duchesse, je deviens reine; de reine, impératrice; puis, tout à coup, simple bourgeoise, paysanne. Hier, elle m'a mis les longues boucles d'oreilles d'or, le bonnet blanc, en éventail, des femmes de Boulogne. Elle prétendait que j'étais, ainsi, belle à croquer. Je ne lui ai pas permis de me croquer, quoiqu'elle en eût grande envie. ”
Marcelle Tinayre,
La Vie amoureuse de Madame de Pompadour
“ Dans ces demeures enchantées, elle est reine, et les plus grands seigneurs de France portent l’habit à ses couleurs — vert pour Crécy, rouge pour Bellevue. Le Roi y vient, soupe, regarde les jardins illuminés d’où sortent des bergers et des Faunes, qui lui adressent des compliments en vers, écoute la comédie, bâille et s’en va souvent sans remercier l’amie ingénieuse. ”
Casimir Stryienski,
Mesdames de France, filles de Louis XV, documents inédits
(1911)
“ On peut voir à la Bibliothèque Nationale, section des cartes, un guéridon en bois doré dont le dessus figure, sous un verre bombé, un plan en relief de Bellevue, exécuté, en 1777, par Le Roy, ingénieur de Sa Majesté. Parmi les artistes qui avaient travaillé à Bellevue, on doit citer Coustou, Pigalle, Falconnet, Oudry, Boucher, Vanloo. Les princesses s'occupent de l'embellissement de leur propriété et prennent goût à ce rôle de propriétaires ; elles surveillent leurs ouvriers, font chaque jour de longues promenades dans leur domaine. ”
Jeanne-Marie Leprince de Beaumont,
Contes moraux pour l’instruction de la jeunesse
“ Ils allèrent ensemble au château, et la Belle manqua mourir de joie en trouvant, dans la grande salle, son père et toute sa famille, que la belle dame, qui lui était apparue en songe, avait transportée au château. — Belle, lui dit cette dame qui était une grande fée, venez recevoir la récompense de votre bon choix : vous avez préféré la vertu à la beauté et à l’esprit, vous méritez de trouver toutes ces qualités réunies en une même personne. ”
René Belloc, Un département français
“ L’âge a plutôt terni que creusé son visage. Ses yeux encore très vifs, ses cheveux partagés en bandeaux plais, à peine semés de quelques fils d’argent, sa bouche fine et un peu pincée composeraient un ensemble agréable s’il ne s’y joignait une expression dédaigneuse. ”
Louis Petit de Bachaumont,
Mémoires secrets de Bachaumont…
“ Le sieur Bellecour, en rentrant dans les foyers après son débit, a paru pénétré de la scène humiliante qu’il venait de jouer, et a déclaré qu’il fallait avoir autant d’attachement pour sa compagnie qu’il en avait, pour s’être prêté à un pareil rôle. 19. — Discours prononcé à la Comédie Française par Bellecour, avant la pièce du Chevalier a la mode. Messieurs, C’est avec la plus vive douleur que nous nous présentons devant vous ; nous ressentons avec la plus grande amertume le malheur de vous avoir manqué. Notre âme ne peut être plus affectée qu’elle l’est du tort réel que nous avons. ”
René de Belleval,
Nos pères, moeurs et coutumes du temps passé
(1879)
“ C' est ce qu' on a appelé coiffure à la Sévigné . dentelles . Champagne ne cesse de maudire les " coiffes " dont on s' enveloppe le tour du visage en les nouant sous le menton , et qui commencent à devenir à la mode , parce que tout cela cache toute la coiffure et que l' on ne peut plus rendre justice à son talent . – Cette grande affaire terminée , choisissez pour la robe du velours , du satin , de la moire ou de l' étoffe nouvelle qu' on nomme Brocatelle , à fond de soie relevé de petits bouquets d' or et d' argent ”
Henri de Pène,
Paris mystérieux, par Manè
(1861)
“ C'est bien simple ; il n'y a pas de rue, n'est-ce pas, sans boutique de coiffeur, et il n'y a guère de boutique de coiffeur devant laquelle on ne voie, immobile ou tournante, chargée d'éblouir les passants, une belle princesse en cire, habillée pour la parade, de blanc, de rose, de bleu, de soie, de satin, de gaze ou de velours ? eh bien, ces enseignes sont le vivant portrait de Mlle E. Girard, du théâtre de Belleville ”
Xavier de Bellevue, Généalogie de la maison Fournier… (1909)
“ Le portrait en question fut remis fidèlement à Bené de Bellevüe, il est actuellement au château de la Touraille, chez l'arrière-petit-fils de la marquise de Bellevüe, née de la Courcière. C'est une miniature, très finement peinte sur ivoire, en forme de médaillon ovale d'environ 8 centimètres de haut sur 6 centimètres de large. La marquise de Bellevue est en costume de créole; les cheveux, couverts en partie d'un maras à carreaux bleus et blancs, sont blonds; les yeux bleus sont grands et expressifs; le nez un peu fort ”
Théodore Faullain de Banville, Les parisiennes de Paris
“ La dernière fois que je l'avais visitée dans son petit château de Bellevue, dans cette maison de briques roses peinte par Boucher, et où le grand Watteau lui-même a laissé tomber de sa palette radieuse quelques scènes attendrissantes et mélancoliques de son aventureuse élégie aux cent actes divers, j'avais trouvé la marquise très-triste. ”
S. Trébucq, Salies de Béarn et ses environs à travers les âges… (1898)
“ Bellocq, et chaque fois je m'arrêtais pour regarder une maison bâtie sur le penchant de ta colline, avec un petit jardin la séparant de la roule, et devant elle l'admirable horizon des Pyrénées neigeuses ; par les fenêtres ouvertes je voyais un intérieur discret, et sur des rayons des livres, aux reliures sombres, tandis que d'autres brochés tiraient l'oeil par le barriolage de leurs papiers multicolores. Qui donc demeurait là ? Elles n'étaient pas communes les maisons où l'on apercevait des livres. Chez les romanciers l'imagination galope. ”
René de Belleval,
Nos pères, moeurs et coutumes du temps passé
(1879)
“ Pour chacun de ces costumes il y a les souliers en velours pareil doublés de taffetas pareil , le ceinturon d' épée et l' escarcelle , le fourreau de l' épée et celui de la dague , enfin la toque en velours de même nuance . Notre jeune Roi voudrait faire venir la mode d' être habillé tout d' une seule couleur , de la tête aux pieds ; et il voudrait aussi que l' on revint aux crevés et aux fentes , tant sur le pourpoint qu' aux manches . ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Causeries du lundi
“ Est-ce bien le roi qui vient et qui va entrer ? Elle a l’air d’attendre avec certitude et d’écouter avec sourire. Sa tête ainsi tournée laisse voir le profil du cou dans toute sa grâce, et ses petits cheveux très-courts, délicieusement ondés, dont les boucles s’étagent et dont le blond se devine encore sous la demi-poudre qui les couvre à peine. La tête nage dans un fond bleu-clair qui, en général, est celui de tout le tableau. L’œil est partout satisfait et caressé ; c’est de la mélodie plutôt encore que de l’harmonie. ”
Pierre-Georges Roy,
Vieux manoirs, vieilles maisons
“ Le château Bellevue, maison à deux étages de plus de cent pieds de longueur et d’assez belle apparence, s’élève sur le Petit Cap, colline à peu près circulaire ayant un rayon d’une douzaine d’arpents, s’élevant de 150 pieds au-dessus des belles prairies qui l’environnent et ceinte d’une couronne de chênes, d’érables, d’ormes et d’autres grands arbres qui en couvrent toute la pente. ”
Henri Meilhac et Ludovic Halévy, Le Brésilien
“ BLANCPARTOUT. Prince, je suis coiffeur ! GRELUCHE. Tu le veux ? BLANCPARTOUT. Je le suis ! GRELUCHE. Alors, qu’il sorte ! Je le chasse honteusement. BLANCPARTOUT, à part. Qu’en dirait Fronsac ?... dois-je me laisser traiter ?... NINETTE, bas ; à Blancpartout. Madame est perdue si vous vous rebiffez. BLANCPARTOUT, à Greluche. Prince, je ne me rebiffe pas, je sors... RAFAELI, à Greluche. Vous voyez bien que c’est un coiffeur ! Elle passe.GRELUCHE, avec éclat. Bienheureux alors, bienheureux le pays où un homme qui a une telle apparence peut n’être qu’un garçon coiffeur ! ”
Louise de Bellaigue, Nos Américains : épisodes de la guerre de sécession (1882)
“ Son oeil inquiet suivait ces mouvements désordonnés, et son coeur battait à se rompre. Son émotion augmenta encore lorsque, tout à coup, au milieu de bravos et de cris de joie, apparut une négresse, grande et forte femme, revêtue d'une robe de soie bleu de ciel, à longue traîne, sur laquelle s'étalait un cachemire de l'Inde, retenu sur la poitrine par une grosse épingle en brillants. A ses oreilles pendaient des rubis superbes, et des médaillons étaient attachés à son cou par des chaînes de perles et d'or. ”
Charles Ernest Beulé,
Causeries sur l'art
(1867)
“ Son costume, d'un violet passé, a fait bien des campagnes. Sa canne, son petit chapeau surmonté d'une plume, l'expression fine, concentrée, pénétrante du visage, sa laideur même, tout laisse sa marque, et la personnalité du modèle est si énergiquement rendue, que vous l'aurez longtemps devant les yeux. Une autre fois, c'est un acteur que le peintre choisit ”
Henri Cozic, Martyre, sur la tombe de Mme M.… (1863)
“ Un berceau, c'est l'espoir du monde qui veut vivre ; Un berceau, c'est l'orgueil de l'amour triomphant; Un berceau, c'est un cœur de mère qui s'enivre Du souffle embaumé d'un enfant! Mère heureuse! elle est là, jeune, riante et belle, Contemplant ce berceau que Dieu vient de bénir, Et cet ange gardien qui va dorer pour elle Les mirages de l'avenir ! ”
Paris et ses environs : guide méthodique et raisonné (1855)
“ Amis des joies dû-dimanche et du lundi, ne cherchez plus à Belleville l'Ile d'Amour, ce lieu de plaisance parsemé de bosquets, de labyrinthes, de ruisseaux artificiels et de mystérieux ombrages témoins des plaisirs de vos pères. La pierre et le plâtre ont tout envahi ; ils ont remplacé les lilas, les lauriersroses et les chèvrefeuilles. Un monument plus utile; plus moral surtout, y déploie sa sévère arcfiitecture; on y a bâti un hôtel de ville. Belleville a un théâtre dont les représentations sont fort suivies, et qui a déjà donné à la capitale plus d'un artiste dramatique estimé du public. ”
Auguste Germain,
Le carillon de Paris
(1901)
“ Faut remonter à Belleville. et il y en a une course, d'ici Belleville! Les deux mendiantes descendent les marches du parvis. L'aveugle tient le tablier de la paralytique, laquelle appuyée sur sa béquille, ressemble à un crapaud sautillant. Elles vont d'abord par de grandes et belles rues, faisant retourner les âmes charitables qui leur donnent encore discrètement leur obole. ”
Amélie Bosquet,
La Normandie romanesque et merveilleuse
“ La tradition nous a transmis, sur le compte de cette jeune fille, outre l’historique du Miracle des roses, quelques détails charmants que nous ne voulons point laisser échapper. Mademoiselle de Bréauté était d’une beauté si parfaite, si admirable aux yeux de tous, si digne de produire une impression ineffaçable, qu’il ne s’est jamais rencontré depuis, dans la contrée qu’elle habitait, une femme qu’on osât lui comparer. ”
René Belloc, Un département français
“ Le peintre a copié comme à la loupe les maisons de la grande place, sans oublier une tache de plâtre qui tire l’œil, tandis qu’au premier plan un ouvrier sentimental, dont la blouse bleue est d’un fini admirable, se jette dans les bras d’un étudiant sublime. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Au-dessous d’un petit chapeau rond, un diadème de plumes de paon, où le vert-bleu se mélange avec l’or vert-de-grisé, au-dessous de cet arc-en-ciel de plumage, une tête de jolie blonde cruelle à la diaphanéité rosée ; avec une cravate de dentelle lâchement attachée au cou et sur les épaules, un vestinquin blanc aux soutaches bleues. C’est Mlle D... la fille du peintre... Toutes les têtes de femmes sont à demi masquées par un petit voile de dentelle noire, étroit comme un loup, et finissant au sourire qu’il semble chatouiller, en laissant le haut du visage dans une pénombre mystérieuse. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Sous l’envolement de cheveux blonds d’une nuance adorable, des yeux étrangement séducteurs, des yeux qu’une cernure artificielle aide à faire apparaître, dans la nuit de l’arcade sourcilière, comme des diamants noirs, un petit nez du dessin le plus précieux, avec l’ensemble de traits et de contours délicats, délicats, et un cou frêle sortant d’une robe de velours rouge, enfin une figure réalisant le joli dans toute sa grâce menue. ”
Jules Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs français et de leurs relations avec les artistes… (1856-1858)
“ Trois enfants, vêtus à l'espagnole, déroulent le plan du château de Bellevue, qu'on aperçoit sur l'arrière-plan. Cette gravure, tirée d'un tableàu de C. Vanloo, qui ornait le grand salon de Bellevue, est dédiée à Mme de Pompadour, dame du palais de la reine. ”
Marquise de Créquy,
Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803
“ Elle n’avait pas été présentée, ce qui va sans dire, et voilà qu’un jour de la Pentecôte, elle avait amené ses enfans dans la galerie de Versailles, afin d’y voir passer la procession des Chevaliers du St.-Esprit ; je remarquai dans l’embrasure d’une fenêtre une femme toute seule, une femme en bel et riche habit bien porté, avec du rouge autant qu’une princesse, et des airs de physionomie si naturellement distingues, si spirituellement nobles et si parfaitement intelligens, que je n’avais des yeux que pour elle. ”
Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau,
Le Degré des âges du plaisir
“ Le chevalier de Belleval au collége ; Constance au couvent ; préceptes infâmes des moines pour animer les passions dans le cœur d’un jeune homme ; description des passe-temps lubriques des religieuses ; occupations voluptueuses de Belleval et de Constance depuis l’âge de dix ans jusqu’à l’âge de quinze ”
Louise Swanton Belloc, La tirelire aux histoires : lectures choisies (1870)
“ Reconnaître la beauté dans la création et s'en réjouir, c est là la sagesse et la piété. Nous qui la reconnaissions, nous étions toutes deux pieuses, la religieuse et moi. Il y a dix ans maintenant que je quittai le couvent; l 'année dernière, j 'y suis retournée en visite. La religieuse était devenue prieure; elle me conduisit au jardin, marchant avec une béquille, car maintenant elle est percluse. Le myrte était tout en fleurs; elle me demanda si je le reconnaissais : il avait beaucoup grandi. De grands œillets et des figuiers chargés de fruits étaient plantés à l'entour ”
