Paul Bory, Les pays nouveaux (1883)
“ Le Griqualand contient des cavernes, dont plusieurs offrent de remarquables dimensions, encore remplies de crânes et d'ossements humains portant les traces indiscutables de coups portés avant et après la mort. ”
Paul Bory, Les pays nouveaux (1883)
“ Le Griqualand contient des cavernes, dont plusieurs offrent de remarquables dimensions, encore remplies de crânes et d'ossements humains portant les traces indiscutables de coups portés avant et après la mort. ”
Ernst von Weber, Quatre ans au pays des Boers, 1871-1875… (1882)
“ Tandis que, dans le Griqualand, la population blanche elle-même est un ramassis de toute sorte, et que tout un monde interlope de débitants de gin, de recêleurs, de courtiers, s'y efforce à qui le mieux d'abrutir et de dépraver le travailleur nègre, dans le Basoutoland, au contraire, les blancs constituent une sorte d'aristocratie, une colonie réellement d'élite, ayant pour objectif principal d'améliorer, de civiliser, d'ennoblir le fruste enfant du désert. ”
“ Tout au moins, les coïncidences étaient telles qu’elles expliquaient dans une certaine mesure, sans les justifier aux yeux de la raison, les idées superstitieuses qui couraient à cet égard en Griqualand. L’Étoile du Sud avait bien « porté malheur » à son possesseur, en ce sens que l’arrivée de l’incomparable gemme sur la scène du monde avait marqué le déclin de la prospérité du vieux fermier. ”
“ « Vous avez pris le bon parti, mon garçon ! dit-il en lui tapant sur l’épaule. Il y a de l’étoffe en vous ! Je ne serais pas surpris que vous ne devinssiez un de nos meilleurs mineurs du Griqualand ! » Cyprien ne put s’empêcher de voir dans ces paroles un heureux présage pour l’avenir. ”
Ernst von Weber, Quatre ans au pays des Boers, 1871-1875… (1882)
“ Toute l'Afrique australe, effectivement, était pour l'heure en proie à la fièvre de l'or comme quatre années auparavant elle l'avait été à celle du diamant. Des milliers et des milliers de gens désertaient les villes et les fermes du Cap, de Natal, du Griqualand et de l'État libre, pour gagner l'Eldorado fabuleux, où tout le sol, jusqu'à quatre pieds de profondeur, présentait de l'or en poudre et en lingot. ”
“ J’aime encore mieux retourner en Griqualand, dussé-je y être pendu, que de rester dans cette cage à poulets, en attendant l’horrible supplice que le cruel Tonaïa me réserve avant de me dévorer ! » Ceci fut dit d’une voix si lamentable que Cyprien se sentit tout ému en entendant le pauvre diable. « Soit, Matakit ! lui répondit-il. Je puis obtenir ta liberté, mais tu ne sortiras de cette cage que lorsque tu auras restitué le diamant... — Le diamant, petit père ! s’écria Matakit. Le diamant !... Je ne l’ai pas !... Je ne l’ai jamais eu !... Je vous le jure... Je vous le jure ! » ”
“ Et pourquoi reviendrait-il en Griqualand, disait Friedel, puisqu’il lui est si facile de garder ce diamant, d’une si énorme valeur, dont rien encore ne trahit l’origine artificielle ? — Parce qu’il ne trouverait pas à le vendre ! répondait Mr. Watkins, en reproduisant l’argument du jeune ingénieur, qui ne suffisait plus maintenant à le rassurer. — Belle raison ! répondait Nathan. — Oui ! belle raison ! ajoutait Annibal Pantalacci, et, croyez-moi, le vieux crocodile est déjà loin à cette heure ! Rien de plus aisé, pour lui surtout, que de dénaturer la pierre et de la rendre méconnaissable ! ”
“ C’était là un nouvel aspect de la question, auquel Cyprien n’avait pas encore songé. Mais le dilemme se posait subitement, devant ses yeux, dans sa rigueur impitoyable : ou bien garder pour lui le secret de sa découverte, le laisser ignorer au monde et en abuser pour s’enrichir, ou bien, comme le disait avec raison John Watkins, avilir du même coup tous les diamants naturels et artificiels, et, par conséquent, renoncer à la fortune, pour arriver... à quoi ?... à ruiner tous les mineurs du Griqualand, du Brésil et de l’Inde ! ”
Ernst von Weber, Quatre ans au pays des Boers, 1871-1875… (1882)
“ Que dis-je? les nègres du cru ont décidément renoncé au costume de leurs pères pour adopter notre vêtement européen, et aux huttes rondes de leurs devanciers ils commencent à substituer des maisons carrées, de pierres et de briques, qu'ils aménagent confortablement. La vie sédentaire, dorénavant, a pour eux des charmes; ayant plus de besoins, ils désirent plus d'argent, et leur activité croît en conséquence. Quel abîme entre ces Cafres amoureux du travail et de la paix, et leurs frères, 'les vauriens du Griqualand ! ”
Ernst von Weber, Quatre ans au pays des Boers, 1871-1875… (1882)
“ Quant aux travailleurs noirs, ils sont très recherchés; mais ne s'en procure pas qui veut ; les plus courus pour leur vigueur sont les Cafres-Zoulous de Natal. Nu et brûlé en hiver, le paysage local, au printemps et pendant l'été, revêt une fraîcheur et une grâce toutes paradisiaques. Les mineurs sont, en général, contents du gouvernement, en quoi ils ne ressemblent guère à leurs confrères du Griqualand. Il est vrai qu'ils ne sont point comme ceux-ci victimes d'une vaste entreprise de rapines : de l'or ne se vole pas aussi facilement que des diamants ”
Ernst von Weber, Quatre ans au pays des Boers, 1871-1875… (1882)
“ Des plumes d'autruche flottent à leur chapeau, et leur rêve se trouve accompli : ils ont de l'argent et un fusil. Avec cette arme, avec cet argent, fruit de leur travail, sans compter le produit des diamants volés, ils regagnent allègrement leur kraal d'origine, y achètent une femme; quelques vaches, et, de leur vie, ne remuent plus un doigt. Les femmes ne sont-elles pas là pour vaquer aux soins de la maison et à la culture? Quoi d'étonnant si l'arrivée d'un de ces millionnaires au village y détermine aussitôt une nouvelle émigration de la jeunesse vers le Griqualand! ”
Émile Montégut, Les Colonies de l’Afrique australe d’après les derniers voyageurs anglais
“ Que ce rush africain est resté loin du rush australien ou californien 1 Tandis que les chercheurs d’or se sont comptés par centaines de mille, les chercheurs de diamans se comptent par maigres milliers. Il y a en tout 15,000 blancs dans le Griqualand occidental, et sur ces 15,000 il y en a plus de la moitié qui y sont venus plutôt dans l’espoir de bénéficier des travailleurs que de travailler eux-mêmes. ”
André Laurie,
Mémoires d'un collégien russe
(1889)
“ Tout ce pauvre monde se jette avec voracité sur le sac de papier gris débordant de gras de viande ; ils le dévorent, ils s'en lèchent les doigts, ils voudraient bien qu'il y en eût davantage! Et Grichine, — brave cœur! — les regarde manger avec une satisfaction paternelle ; il les encourage, il rit, il plaisante avec eux. Les enfants s'attachent à ses vêtements, l'embrassent sans qu'il montre aucun dégoût pour leurs pauvres frimousses barbouillées. Ils l'aiment tendrement, cela se voit. Et Grichine est si bon, si bon, si gai, que de grosses larmes montent aux yeux de Porphyre. ”
André Laurie,
Mémoires d'un collégien russe
(1889)
“ Il file Grichine ; la curiosité prête une légèreté de sylphe au gros garçon. Grichine marche en avant sans se douter de rien, sifflant, gai comme un pinson. On arrive dans une ruelle sombre et noire de la vieille ville; on grimpe jusqu'aux combles d'une masure délabrée. Grichine se glisse dans une sordide mansarde ; Porphyre, qui l'a suivi, regarde à travers les ais disjoints de la porte; et que voit-il?. Un vieillard émacié, demi-nu, couché sur un misérable grabat ”
André Laurie,
Mémoires d'un collégien russe
(1889)
“ Grichine alors, prenant une nouvelle tangente, se constitua le protecteur du «nouveau». On le vit le défendre contre toute agression, même imaginaire, lui expliquer à fond les arcanes de nos mœurs scolaires, lui donner sur maîtres et élèves les biographies les plus fantaisistes, et s'efforcer finalement, par mille tours de son cerveau fertile, de tourner complètement la tête au pauvre campagnard. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Ce sont les plus mobiles et les plus persistans, les plus durs et les plus doux, les plus indomptables et les plus dociles des hommes. Grâce à ce caractère complexe, la race gréco-slave est peut-être de toutes les races la plus capable de mener à bien les entreprises de colonisation ; aussi n’en est-il pas qui occupe une aussi vaste étendue de terre. De tous les Européens, le Gréco-Slave est l’homme qui peut supporter le plus de fatigues, le plus de souffrances sans en être accablé. Voyez en Pologne et en Orient avec quelle noble sérénité il endure des tourmens et des privations inouïes. ”
Théodore Botrel,
Contes du lit-clos
(1900)
“ Pour enrichir son bas de laine Le vieux grigou, matin et soir, Buvait de l'eau, mangeait à peine Un maigre quignon de pain noir... — A présent que le voilà riche Il peut se payer du pain blanc, Mais, pour manger sa blanche miche, Le grigou n'a plus une dent! Il vécut toujours solitaire, Terré comme un loup dans son coin, Dormant la nuit vautré par terre Sur un peu de paille ou de foin... — A présent sa vieille carcasse S'étale dans un beau lit-clos Mais le cauchemar l'y tracasse : Le grigou n'a plus de repos.! N'aimant à voir que l'or qui brille, Ne vit jamais que l'or briller... ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ Griquas et Bastards tiennent d’ailleurs à des degrés divers des deux races mères. Tous les voyageurs s’accordent sur ce point et n’ont fait que confirmer, en termes plus ou moins brefs, les détails très précis donnés par Levaillant [41] . Pas plus au physique qu’au moral, les premiers, en dépit de la prédominance du sang africain, ne sont redevenus, comme on l’a affirmé, une race africaine presque pure. Aujourd’hui les Griquas forment une population de 10 ou 12,000 âmes, ayant un gouvernement régulier à peu près indépendant ”
Henri Blerzy, Revue des Deux Mondes
“ Vers le commencement du siècle, la place leur avait été disputée par les Griquas. Ces Griquas avaient été visités par les missionnaires ; ils en avaient reçu les premières notions de la vie civilisée, ils s’étaient presque fixés à demeure entre le fleuve Orange et son affluent la Modder, dans une région bien arrosée, riche en pâturages et en terres arables. En 1825, dans un été de sécheresse extrême, les fermiers franchirent l’Orange avec leurs troupeaux. Bien accueillis par les Griquas, ils revinrent, et peu à peu quelques-uns y créèrent des établissemens durables. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ GRISONS, (les) Géog. peuple des Alpes que les anciens historiens nomment Rhœti ; ils doivent leur origine à des colonies que les Toscans envoyerent au-delà de l’Appennin. Le pays qu’occupent les Grisons modernes a pour bornes au nord les comtés de Tirol & de Sargans, à l’occident les cantons de Glaris & d’Uri, au midi le comté de Chiavenne & la Valteline, & à l’orient le Tirol encore & le comté de Bormio. Il est partagé en trois parties qu’on appelle ligues, en allemand bunt, savoir la ligue Grise, la ligue de la Caddée, & la ligue des dix communautés ”
Guillaume de Rubrouck,
Deux Voyages en Asie au XIIIe siècle
“ La province de Géorgie paye tribut au roi des Tartares et le reconnaît pour son souverain. Les Géorgiens sont de beaux hommes, bons guerriers et fort adroits à tirer de l’arc ; ils sont chrétiens selon les rites des Grecs ; ils portent les cheveux courts comme les clercs d’Occident. Cette province est de difficile accès, principalement du côté de l’orient, car le chemin est très étroit et bordé d’un côté par la mer, et de l’autre par des montagnes. ”
Alfred Gilliéron, Grèce & Turquie : notes de voyage… (1877)
“ Plus savante et plus développée que la Serbie , la Grèce indépendante est jugée avec plus de sévérité , parce qu' elle est la Grèce ; on la met en parallèle non pas avec ce qu' elle était au sortir des mains des Turcs , non pas même avec la Turquie actuelle , mais avec la Grèce de Périclès qui a mis six siècles à franchir les étapes qui séparent Homère de Phidias , ou même avec les pays de l' Occident dont la civilisation a demandé pour s' achever autant de générations que la Grèce n' a mis d' années à devenir ce qu' elle est . ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Toutefois, il ne pourrait s’établir que parmi les habitans des îles et des côtes, là où se sont formées des cités. Les Gréco-Slaves de l’intérieur mènent encore la vie de clan, et ne peuvent être groupés que par tribus soumises chacune à une administration particulière. Ce n’est pas notre faute si ces faits portent en eux la critique complète du hatti-cherif de Gulhané, que l’Europe s’est trop hâtée d’applaudir. Absorbé dans les intérêts locaux, le Gréco-Slave ne peut saisir nos idées collectives de pays et d’état ; il ne vit que pour sa religion, sa tribu, sa famille, son lieu natal. ”
Alfred Gilliéron, Grèce & Turquie : notes de voyage… (1877)
“ Mais , n' y a - t - il donc ici que des étrangers , Arabes , Turcs , Juifs , Slaves ? où sont les autochthones , les enfants du sol ? on les reconnaît à leurs formes élancées et maigres , à leur tête fine et bien prise , à leur fustanelle blanche et à leur démarche élégante . Albanais et Grecs peuvent revendiquer au même titre , comme terre paternelle , cette terre où ils sont esclaves de l' étranger ; enfants de la même race , ils ont à peu près le même port et la même distinction d' allures ; le Grec est plus ouvert d' esprit , plus citadin , plus beau parleur ”
Émile Montégut, Les Colonies de l’Afrique australe d’après les derniers voyageurs anglais
“ Des multitudes noires, il y en a partout, sur les frontières, dans l’intérieur des terres, entre les diverses colonies. Dans les vastes régions de l’ouest qui s’étendent de la colonie du Cap au désert de Kalahari s’échelonnent les Hottentots et leurs congénères, Namaquas, Gonaquas, Korannas, Boschimans, Damaras. A l’ouest de l’état d’Orange, les Griquas occidentaux peuplent le pays des diamans. Dans le Transvaal s’agitent les Bapedis et autres tribus des Betchuanas. Entre Orange et Natal vivent les Basoutos, au nord du Cap les Griquas orientaux. ”
Th. Pavie, Revue des Deux Mondes
“ Ces Griquas, au milieu desquels est établie une mission, sont des Hottentots mulâtres ; leur armée entière, moins deux hommes, fut en 1831 anéantie par Moselekatse. C’est presque une race de pygmées, qui vit de racines bulbeuses, de sauterelles et de reptiles. Réduits à se cacher parce qu’ils sont inférieurs en taille et en force aux peuples voisins, les Griquas n’excellent qu’à courir, c’est presque dire à se sauver ”
Alfred Gilliéron, Grèce & Turquie : notes de voyage… (1877)
“ L' un , le Grec , est individualiste à outrance , égalitaire , amoureux du changement et du mouvement , épris de la science , du beau langage , de la dialectique fine et serrée , moins sensible au mérite moral qu' à la culture raffinée de l' esprit ; l' autre est encore tout imbu des idées patriarcales de patronage et d' autorité , fortement attaché à la tradition , ennemi par instinct de toute nouveauté , étranger à toute idée d' humanité et de patrie , uniquement dirigé par ses conceptions religieuses : aux yeux des Turcs , le Grec est un jongleur habile , un giaour sans foi et sans parole ”
A. S. Khakhanov, Histoire de Géorgie , publiée sous la direction de M. Raphaël Isarloff… (1900)
“ La période classique de la littérature géorgienne fut suivie d'une époque de décadence, causée par une suite de désastres extérieurs et de troubles intérieurs qui désolèrent la Géorgie : au treizième siècle, la terrible invasion des Mongols et des Khvarasmiens; au commencement du quinzième siècle, l'invasion du cruel Timour; au dix-septième siècle, les barbaries d'Abbas Ier, chah de Perse. Pour comble de malheur, la prise de Constantinople par les Turcs affaiblit l'influence de la Grèce ”
Jules Lacroix de Marlès, Gustave, ou le Jeune voyageur en Espagne… (1857)
“ Outre qu'il n'est pas démontré que les Grecs aient jamais pénétré aussi avant dans l'Espagne, il n'est pas à présumer que des peuples accoutumés au beau climat de la Grèce, à ses campagnes fertiles, à ses riants paysages, fussent venus fonder une colonie en des lieux stériles et d'un aspect désagréable. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ DES BASES DU GOUVERNEMENT CHEZ LES GRECO-SLAVES Une opinion trop généralement répandue tend à nous représenter les Gréco-Slaves comme séparés de l’Europe, et à nous faire croire que leurs mœurs orientales élèvent une barrière infranchissable entre ces peuples et les nations de l’Occident. ”
A. S. Khakhanov, Histoire de Géorgie , publiée sous la direction de M. Raphaël Isarloff… (1900)
“ Les relations avec d'autres peuples de l'Orient et de l'Occident introduisirent dans le géorgien beaucoup de mots sanscrits, latins, arabes, arméniens, turcs, mais il faut remarquer qu'en général la Géorgie occidentale subit plus l'influence de la Turquie, et la Géorgie orientale, celle de la Perse. Depuis la domination des Russes et la propagation de la civilisation européenne au Caucase, les Géorgiens s'assimilèrent beaucoup de mots étrangers, relatifs aux sciences, aux arts, à l'art militaire, à l'administration, à la vie sociale et privée. ”
