“ Mais vous aurez en abomination tout ce qui n’a pas nageoires et écailles, dans les mers et dans les rivières, parmi tous les animaux qui se meuvent dans les eaux et parmi tous les êtres vivants qui s’y trouvent. 11. Ils seront pour vous une abomination ; vous ne mangerez pas de leur chair, et vous tiendrez pour abominables leurs cadavres. 12. Tout ce qui, dans les eaux, n’a pas de nageoires et d’écailles, vous l’aurez en abomination. ”
Abomination
Définition et enjeux
Citations sur l'abomination
“ Vous tomberez parmi les ruines de vos idoles, et mon âme vous aura eu une telle abomination, 31 que je changerai vos villes en solitudes ; je ferai de vos sanctuaires des lieux déserts, et je ne recevrai plus de vous l’odeur très-agréable des sacrifices. 32 Je ravagerai votre pays, je le rendrai l’étonnement de vos ennemis mêmes, lorsqu’ils en seront devenus les maîtres et les habitants. ”
“ C'était un galop de sorcières, activant un bûcher diabolique, pour quelque abomination, le martyre d'un saint, la pensée écrite brûlée en place publique, tout un monde de vérité et d'espérance détruit. Et la grande clarté, qui, par instants, pâlissait la lampe, embrasait la vaste pièce, faisait danser au plafond leurs ombres démesurées. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Être en abomination, Être un objet d’horreur, d’aversion, d’exécration : Il est en abomination à tous les gens de bien. (Acad.) On allait brûler d’Assoucy pour un crime qui est en abomination parmi les femmes. (Chapelle.) || Se dit aussi de ce qui est l’objet de l’abomination : Cet homme est l’abomination de tout le monde. (Acad.) || Avoir en abomination, Exécrer, avoir en horreur, maudire. Ce sacrement qu’elles auraient en abomination... ”
Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, Mémoires d'un vilain du XIVe siècle… (1820)
“ Les sorciers, les sorcières et les démons se mirent nus, se jetèrent sur l'herbe ; et alors les plus monstrueuses débauches , les adultères, toutes les abominations , que je n'aurais jamais devinées, et que je n'oserais vous laisser entrevoir, se passèrent sous mes yeux. On, dit que la vue, des choses et des actions impures donne des idées impudiques; celles-ci ne m'inspirèrent que du dégoût et de l'horreur. Je remarquai même que plusieurs sorcières;, en s'abandonnant aux emportemens des démons, ne le faisaient qu'avec répugnance ”
Léon Bloy,
Histoires désobligeantes
“ Vous aurez la nostalgie de mon voisinage immonde qui vous faisait paraître vivants, alors que vous étiez au-dessous du niveau des morts. Hypocrites salauds qui détestez en moi le dénonciateur silencieux de vos turpitudes, l’horreur matérielle que je vous inspire est précisément la mesure des abominations de votre pensée. ”
Napoléon Chancel,
Je ne puis me taire ! ! Deuxième mémoire dédié à mes concitoyens…
(1862)
“ Tout cas pendable est niable, et nous connaissons votre procédé : Vous désavouez une abomination quand le monde se récrie ; vous jurez vos grands dieux en présence du Peuple, sur l'honneur, sur la foi, sur la moralité publique, sur la civilisation et sur la liberté, que vous êtes incapable de cette abomination ; puis voyant que le monde se rassure sur vos serments, vous exécutez de ¡'lus belle cette abomination. ”
Laurence Sterne,
Voyage sentimental
“ Ai-je donc une forme si hideuse ? Suis-je donc un monstre ? La nature m’a-t-elle jeté dans un moule si grossier, que je sois un objet de dégoût, d’horreur pour la plus belle, la plus aimable des créatures ? ”
“ « Satan vous verra ! De vos mains grossières, Parmi des poussières, Écrivez, sorcières : Abracadabra ! Volez, oiseaux fauves, Dont les ailes chauves Aux ciels des alcôves Suspendent Smarra ! » Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, Troublent les morts couches sous le pavé des salles. « Voici le signal ! — L’enfer nous réclame ; Puisse un jour toute âme N’avoir d’autre flamme Que son noir fanal ! Puisse notre ronde, Dans l’ombre profonde, Enfermer le monde D’un cercle infernal ! » L’aube pâle a blanchi les arches colossales. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1868
“ Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes, Éponine ou Laïs ! — Monstres brisés, bossus Ou tordus, aimons-les ! ce sont encor des âmes. ”
Eugène Bresson, L'Orléade, poème épique en XIV chants… (1838)
“ Puis l'on voit tout à coup cet effrayant reptile, Qui glisse en se tordant sur la mouvante argile ; Il lance autour de lui ses yeux rouges de sang, Et sa queue ondoyante et son dard menaçant, Il vous glace d'effroi, d'horreur et d'épouvante, Et le corps en arrière, et la bouche, béante, On suit en frissonnant d'un oeil plein de terreur, Le monstre qui s'éloigne et siffle avec fureur. ”
Théodore de Banville,
Le Sang de la coupe
“ Qu’elles cherchent partout, sous l’éclair de vos yeux, Des lambeaux de haillons dévorés de souillures Pour cacher leurs corps, faits à l’image des Dieux ! Et qu’enfin dans leurs flancs sentant l’horreur vivante, Des aïeules aussi pressent leurs pas tremblants, Et de leur nudité promenant l’épouvante, Pour en voiler leurs seins prennent leurs cheveux blancs ! Que dans les noirs bûchers pleins d’horribles murmures, Flamboyants échafauds qu’un dieu foudroie en vain, Les guerriers entassés brûlent dans leurs armures, Ainsi que des parfums dans un vase divin ! ”
Fleury Vindry, Spartacus : fresques antiques (1917)
“ Mais, sous leur mensongère et spectrale candeur, D'un sépulcre caché perçait l'haleine immonde, Et ce parfum d'enfer, cette impudique odeur, En rafales d'horreur ruisselait sur le monde. D'obscènes chants de rage et de rauques rumeurs Bourdonnaient au-dessus des sables du rivage. Le vent épouvanté dispersait en clameurs L'horrible désespoir d'un immortel servage. ”
“ Anglais, démon incarné, voilà ton œuvre, Vampire, partout où tu passes, ta morsure est marquée d’une traînée de sang, et tes pas laissent une empreinte de malédiction ! Qui s’associe à toi, ne saurait exécuter qu’une œuvre infernale. ”
André Van Hasselt,
Nouvelles poésies
“ Les mères, te suivant des yeux sur ton passage, Pâles de la pâleur qui masque ton visage, Disent à leurs enfants : « Cet homme a vu l’enfer ? » Car l’enfer tu l’as vu, tu l’as vu sur la terre ; L’homme en est le démon, le satan et le roi. ”
“ Enfer ! malédiction sur moi ! s’écria-t-il avec violence. Maudite vieille, sorcière infernale, où a-t-elle appris... ? Et il fut pour respirer à la croisée ; mais, comme repoussé par une force invincible, il s’en éloigna avec horreur, et s’appuya sur le bord de son lit. ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Dans l’horreur étouffés, scellés dans les abîmes, Enviant l’ossement, Sans air, sans mouvement, sans jour, sans yeux, sans bouche, Entre l’herbe sinistre et le cercueil farouche, Vivraient affreusement ? Est-ce que ce seraient des âmes condamnées, Des maudits qui, pendant des millions d’années, Seuls avec le remords, Au lieu de voir, des yeux de l’astre solitaire, Sortir les rayons d’or, verraient les vers de terre Sortir des yeux des morts ? Homme et roche, exister, noir dans l’ombre vivante ! Songer, pétrifié dans sa propre épouvante ! Rêver l’éternité ! ”
Émile Michel,
Revue des Deux Mondes
“ Mais tandis que l’art antique avait su personnifier par des types pleins de noblesse et de beauté les forces de la nature ou les symboles des passions les plus violentes, l’art chrétien s’était montré impuissant à leur donner une figuration vraiment esthétique. Les monstres, dont l’imagination populaire avait rempli les déserts et les solitudes des grandes forêts, Satan et les démons, que les sculpteurs du moyen âge nous montrent, aux portails de nos cathédrales, torturant les damnés ou exorcisés par les saints, sont le plus souvent des créations d’une laideur grotesque. ”
William Bürger,
Galerie Suermondt à Aix-la-Chapelle
(1860)
“ Pensez qu'il y a là des diablotins de toute sorte, des monstres impossibles, qui se traînent dans l'ombre ou tremblotent en l'air, et la sorcière inévitable, et le chien aux trois têtes, et des flammes, et tout un feu d'artifice, pour effrayer le pauvre riche, qui, à cette heure suprême, jetterait volontiers au diable son magnifique bonnet de fourrures, sa robe de velours et ses chaînes d'or. ”
Alexandre Soumet,
La Divine Épopée
(1840)
“ L'ENFER. 81 De gros serpents autour des rocs, mouvante écorce, Font des pics alongés une colonne torse, Dont les forts chapiteaux, d'un feu vif incrustés, Montent, foudre immobile, aux cintres dévastés. Les vautours de l'enfer, famille réprouvée, Y creusent l'aire ardente où s'endort leur couvée; Et de grands pins criant dans leurs convulsions, Enracinent au sol les malédictions. Comme un aérolithe , on voit tomber des nues Des asphaltes taillés en formes inconnues. O chaos d'épouvante ! ô spectacle inouï ! ”
Charles-Marie Leconte de Lisle, Poèmes barbares (Édition définitive… (1889)
“ Je vous le dis, Enfants entêtés de l'Enfer : Les oiseaux carnassiers mangeront votre chair; Le Mauvais brûlera vos âmes, dans son gouffre, Sur des lits ruisselants de résine et de soufre; Vous vous tordrez, rongés d'un feu toujours accru, Aux rires des Démons en qui vous aurez cru, Si vous ne renoncez à votre erreur immonde, Si vous ne confessez le Rédempteur du monde ! ”
Claude Arvisenet, Oeuvres complètes d'Arvisenet,… (1856)
“ Et si vous portez l'audace jusqu'à leur donner des malédictions, votre lumière, ainsi qu'il est écrit, s'éteindra au milieu des ténèbres, c'est-à-dire que vous serez livré à l'horreur des ténèbres de l'enfer et aux désolations de la mort éternelle. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et alors, pour la seconde fois, la voix se fit entendre, puis une deuxième fois, et une troisième fois, et cela une fois chaque année, durant trois années de suite. Mais ils ne cessèrent pas d’être assidus à observer leurs pratiques erronées. Et c’est alors qu’un matin, à l’aube, le malheur et la malédiction s’abattirent sur eux du ciel, et ils furent pétrifiés en pierres noires, eux et leurs chevaux et leurs mulets et leurs chameaux et leurs bestiaux ! Et de tous les habitants, moi seul je fus quitte de ce malheur. Car j’étais le seul croyant. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal
“ Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts. Le gouffre de tes yeux, plein d'horribles pensées, Exalte le vertige, et les danseurs prudents Ne contempleront pas sans d'amères nausées Le sourire éternel de tes trente-deux dents. Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette, Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau? Qu'importé le parfum, l'habit ou la toilette? Qui fait le dégoûté montre qu'il se croit beau. ”
Sigismond Lacroix,
Histoire des prolétaires
(1874)
“ Alors c'est la grande kermesse de l'enfer. Partout grouillent les démons ; tout un monde d'êtres qui ressemblent à des hommes et à des bêtes, qui ont une voix, qui marchent droit et qui ont-le pied fourchu, des cornes et des queues, tous nus, joyeux et terribles, enchantés de la fête. Quellejoie pour les sorcières vieilles ou jeunes de se trouver au milieu de tous ces démons passionnés et de se sentir enlacées dans des embrassements qui leur communiquent quelque chose du feu de l'enfer. ”
Anatole France,
La Vie littéraire
“ Le moyen âge, au contraire, nous a effrayés par la peur de l’enfer, par une lugubre fantasmagorie de diables happant au passage l’âme du pécheur, par les simulacres funèbres des sépulcres, par les images des squelettes et des vers du cercueil rongeant la chair corrompue, enfin par les danses macabres. ”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ Les devins, les sorciers, les faux prophètes, la prostitution religieuse, l’érection des aseroth, les incisions au front et l’habitude de se taillader les cheveux, surtout l’horrible pratique de faire passer les enfans par le feu, voilà ce qu’il abomine. ”
“ Ils nous ont foulés aux pieds, ont fait de nous des monstres signalés à l’horreur et à la haine publiques ; je viens aujourd’hui, armé de l’histoire, de mes veilles, de mes recherches, exposer par quelles innombrables impostures, par quelles atrocités, par quels crimes, par quelles horreurs prolongées de siècle en siècle, on a réussi à élever ce colosse de l’Église qui pèse sur la conscience des peuples depuis quatorze cents ans. ”
Alexandre Soumet,
La Divine Épopée
(1840)
“ L'ENFER. 83 Passant, tourbillonnant sous la dent qui les mord, Ainsi qu'un sable noir dispersé par la mort. Mondes tout ruinés et que nul ne restaure ! Labyrinthes ayant le mal pour minotaure ! Globes lançant au loin les feux de leurs Etna, Portant les noms maudits que Satan leur donna, Élevant dans leur ombre, et sans changer d'annales, L'unanime concert des plaintes infernales ! ”
Victor Hugo,
Les rayons et les ombres
(1885)
“ Ce démon, noir milan, fond sur les coeurs pieux, Et les brise, et souvent, sous ses griffes cruelles, Plume à plume j'ai vu tomber ces blanches ailes Qui font qu'une âme vole et s'enfuit dans les cieux. Il compte de ton sein les battements sans nombre. Le moindre mouvement de ton esprit dans l'ombre, S'il penche un peu vers lui, fait resplendir son oeil. Et, comme un loup rôdant, comme un tigre qui guette, Par moments, de Satan, visible au seul poëte, La tête monstrueuse apparaît à ton seuil. ”
Pierre Loti,
Madame Chrysanthème
“ Une sorte d'horreur religieuse est répandue par ces idoles, que nous devinons derrière nous dans le temple, par ces prières confusément entendues;—surtout par ces têtes de renard blanc, en bois laqué, cachant, de temps à autre, les visages humains qui passent,—par tous ces affreux masques blêmes.... ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Les voleurs et les démons, les revenants et les assassins, les ogres et les loups, les licornes et les sorcières, tout nous menaçait à la fois : le monde réel et le monde imaginaire, le possible et l'impossible, la vie, la mort et le rêve! ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Qu’ils vous cassent les reins sous les fardeaux, qu’ils vous prennent vos maisons à votre barbe, qu’ils violent vos femmes et vos filles sous vos yeux... Quant à moi, je me tirerai d’affaire tout seul ; et sur ce, que la malédiction de Dieu tombe sur vous tous ! ”
Hippolyte Taine,
Histoire de la Littérature Anglaise…
“ «Chacun de nous, dit-il quelque part, doit arriver à la fin de cette vie mortelle. Ainsi que chacun fasse justice, s'il le peut, avant sa mort.» Regardez à côté de lui ces monstres qu'il détruit, derniers souvenirs des anciennes guerres contre les races inférieures et de la religion primitive, considérez cette vie dangereuse, ces nuits passées sur les vagues, ces efforts de l'homme aux prises avec la nature brute, cette poitrine invaincue qui froisse contre soi les poitrines bestiales, et ces muscles colossaux qui, en se tendant, arrachent aux monstres un pan de chair ”
Alphonse Toussenel,
L'esprit des bêtes
(1858)
“ Est-ce le noir esprit de l'abîme, le porte-drapeau de Satan, le fantôme décharné et livide que la peur de l'enfer fait apparaitre au chevet du moribond, le spectre au rire affreux qui se lève des tombeaux avec le crépuscule et y rentre avec l'aube, le squelette à la faux, planant dans les régions de l'Érèbe d'un vol silencieux? ”
“ Sous l’éclat rougeâtre des résines qui flambent, nos silhouettes se profilent, grotesques et changeantes, tandis qu’il nous vient un sentiment de terreur mystique des bas-reliefs entrevus, des figures grimaçantes tracées sur les murs et qui représentent des rois ou des danseuses, des guerriers, des bêtes, des supplices et des démons. ”
Saint-Amant, Œuvres de Saint-Amant
“ Luy repondent à longs abois. Ces tons, ensemble confondus, Font des accords funebres, Dont les accens sont epandus En l’horreur des tenebres, Que le silence abandonne à ce bruit Qui l’epouvante et le destruit. ”
Wilhelmine von Hillern,
Le couvent de Marienberg : récit du XIIIe siècle
(1885)
“ Je vais, dit-il, vous expliquer le genre de malédiction qui pèse sur cet enfant. Tout vient d'une monstrueuse violationde la nature. La colère de ce père qui a repoussé son rejeton dès le sein de sa mère; les conditions imposées par vous à la nourrice : monstrueux, monstrueux ! L'existence de cet enfant dans nos murs : monstrueuse aussi ! Voilà la semence d'enfer dont tu nous parles, toi Correntian; voilà le germe que vous nourrissez et dont vous récolterez le produit : c'est la nature outragée qui se venge. ”
“ En raison de leur certitude de fiction et de l’incohérence de leurs membres forcément juxtaposés, ces monstres ne semblent plus pouvoir faire naître aujourd’hui en nous les sensations auxquelles les destina l’artiste qui voulut symboliser les divinités mauvaises et le crime, et susciter l’horreur. ”
