“ Dernier symptôme alarmant, d’effarées voisines venaient à chaque instant du dehors, avançaient le cou dans l’embrasure de la porte et, sans entrer, fouillaient la boutique du regard, lançant un muet appel de l’œil et, sur un signe de tête de l’un des deux garçons, se retiraient sans mot dire, la mine consternée, et derrière elles bruissaient de vagues chuchotements ”
Chuchotement
Définition et enjeux
Citations sur “chuchotement”
“ De chevet à chevet, les chuchotements se croisent, et des lèvres en mouvement monte, par tout le dortoir, un bruissement confus, où, de temps en temps, se distingue le sifflement bref d’une consonne. C’est sourd, continu, agaçant à la fin, et il semble vraiment que tous ces babils, invisibles et remuants comme des souris, s’occupent à grignoter du silence. ”
Jean-Baptiste Vigné, Traité de la mort apparente : des principales maladies qui peuvent donner lieu aux inhumations précipitées… (1841)
“ Une voix aiguë et glapissante, semblable au chant d'un jeune coq, une extrême oppression bientôt convertie en véritable suffocation, en sont les principaux caractères, et de tous les moyens employés à combattre cette cruelle maladie, ceux que, d'après l'expérience , on doit juger les plus efficaces sont : la saignée, les vomitifs , et les frictions mercurielles , habilement mis en usage. L'introduction de corps étrangers dans la bouche et dans tes fosses nasales, s'opposant à celle de l'air dans le poumon, est aussi l'une des causes de suffocation, et leur extraction le premier remède. ”
“ Aussi, à mesure qu’il se rapproche, la crainte d’une aggravation du mal l’étreint davantage ; il éprouve qu’une certaine angoisse le pénètre, moins au sujet de l’enfant peut-être qu’au sujet de la mère elle-même. Cet espoir, qu’il avait fait luire chez elle avec autant d’assurance, s’il n’allait finalement servir qu’à aviver davantage sa douleur !... Sa main est posée sur la poignée de la porte... Pourquoi n’entend-il rien ?... L’oreille au guet, il n’ose plus avancer... Non, ce n’est pas du râle qu’il entend, ni le sifflement d’une respiration étranglée ”
Pierre Jean Corneille Debreyne, Physiologie catholique et philosophique… (1872)
“ Les mouvements mécaniques de la respiration produisent encore divers autres actes, tels que la succion, le soupir, le bâillement, l'éternument, la toux, la phonation, etc. De la combinaison de l'inspiration et de l'expiration résultent le rire, le hoquet, le sanglot, etc. Nous dirons deux mots sur les principaux de ces mouvements respiratoires ou ces anomalies de la respiration. La succion, comme tout le monde sait, n'est autre chose que l'action d'attirer un liquide dans la bouche en y produisant le vide à l'aide de l'inspiration. ”
Joseph Chazalon, Ictus laryngés (1896)
“ Le début est marqué par une sensation de chatouillement, puis de constriction à la gorge. Une quinte de toux se produit, les narines s’obstruent, la bouche se remplit d’écume, les yeux pleurent, la face est congestionnée; le malade se met à vaciller, cherchant un point d’appui et perd alors complètement connaissance, quelques secondes seulement. Pendant la quinte : sensation de constriction à la ceinture, mouvements involontaires, cloniques, dans les bras et quelques convulsions, secousses abdominales; les mouvements des bras commencent déjà avant la perte de connaissance. ”
Ernest Choquette,
Claude Paysan
“ Oui, c’était vrai, elle respirait mieux... plus de toux, plus de spasmes... et le goût hideux à la bouche, qui lui faisait tant peur, s’en allait... c’était fini... Alors elle se sentit faible, sans plus aucune force dans ses membres rompus, et ça tourbillonnait beaucoup dans sa chambre... L’hémorragie n’avait duré qu’une minute, mais elle avait été terrible. Et rien n’était navrant comme l’aspect de la chambre après cette minute-là. Fernande, pâle comme le marbre, était retombée sur son oreiller ; elle tenait encore à la main son mouchoir imprégné de sang ”
Alexander Bain, L'Esprit et le corps : considérés au point de vue de leurs relations… (1880)
“ Le terme le plus simple par lequel nous puissions désigner un état de l'esprit, est celui de choc ; ce mot s'applique également bien au corps et à l'esprit. Une stimulation brusque de l'oeil, de l'oreille, de la peau, du nez, reçoit le nom de choc, si on la considère simplement au point de vue extérieur ou physique ; elle s'appelle encore choc, au point de vue de l'esprit, non parce que la perception de l'esprit ressemble à un objet matériel agissant sur une surface sensible, comme le bruit d'une sonnette, mais parce qu'il y a passage rapide du repos à l'excitation ”
Jean Dufresse de Chassaigne, Du Traitement et de la guérison de l'anévrisme du coeur… (1877)
“ Lorsque je l'examinai, je trouvai des palpitations visibles à l'œil nu et un peu de voussûre à la poitrine. Le malade avait de l'oppression et de la dyspnée ; il ne pouvait marcher vite ou monter, surtout un escalier, sans être essoufflé. Son teint était pâle comme la cire; il n'avait ni appétit ni sommeil, et celui-ci était entrecoupé de rêves pénibles. A l'auscultation, on trouvait un bruit de souffle précédant le premier temps ainsi noté : tirre, et se confondant avec lui. ”
M. le baron E. de N****, La Chouette
“ Le garde avait parlé, on entendait sa voix, Riant avec ses fils, ils remontaient tous trois. — Cà, que se passe-t-il ? cria-t-il en colère ; Et que faites-vous donc ? eh, la fille ! eh, la mère ! Mes boudins sont-ils cuits ; où est mon saucisson ? Morbleu ! nous faisons là un joli réveillon ! Sans souper vous plaît-il que ce soir je me couche ? Sa fille lui posa la main devant la bouche : — Mon père, écoute-moi, écoute jusqu’au bout : La maudite sorcière est la cause de tout ; C’est elle en envoyant sa vilaine chouette... ”
Hermann Eichhorst, Traité de diagnostic médical : recherche des signes physiques dans les maladies internes (1890)
“ Les lois physiques qui régissent l'amphorophonie concordent avec celles auxquelles obéit le son métallique de percussion. Auscultation de la voix chuchotée. — Le clinicien Baccelli, de Rome, a tenté récemment d'utiliser l'auscuttation de la voix chuchotante pour le diagnostic de la nature de l'épanchement pleurétique. Lorsqu'on fait chuchoter un malade, en lui tournant la tête du côté opposé à celui que l'on ausculte, de façon à ce que la figure soit opposée diagonalement à l'oreille de l'observateur, voici ce que l'on entend : en cas d'exsudat séreux, la voix chuchotante est perceptible ”
Henri Coupin, Cours d'hygiène : troisième année… (1920)
“ Avec la chute, arrive la perte de toutes les facultés : plus de volonté, plus de sensibilité, plus de notion du monde extérieur. Bien mieux, à son réveil le patient ne garde aucun souvenir de ce qui s'est passé. ”
I. M. C., Un curé en prison : les faits, les lois… (1898)
“ Quand il est près de moi, il pose doucement sa main sur mon visage, appuie fortement sur la bouche et les narines et m'empêche de respirer. En un instant ma poitrine est oppressée, mes veines se gonflent, mes nerfs se tendent : c'est un affreux cauchemar. ”
Luigi Cornaro, L'art de vivre longtemps et en parfaite santé… (1847)
“ Il s'annonce par un chatouillement qui devient âcre et douloureux à mesure qu'il avance. Il se fait alors une abondante excrétion d'humeur limpide, piluiteuse, qui gerce quelquefois la moustache et les lèvres. Le toucher des corps qui doivent passer par les endroits engorgés, est rude et peu facile. De là l'enrouement de la voix, l'enchifrènement du nez, la pesanteur des yeux et le larmoiement, les sifflements de la trachéeartère, la déglutition douloureuse. La toux qui s'élève ensuite annonce que le rhume descend dans la poitrine. ”
Georges Surbled,
Physiologie de l'esprit
(1912)
“ L'exemple le plus caractéristique est fourni par le chatouillement de la plante des pieds. Plus le mouvement externe est faible, plus l'impression est vive et l'incitation motrice violente. Une agitation pénible, des contractions des membres et de la face, des secousses convulsives, un rire aigu, douloureux, irrésistible, accablent et brisent le patient : les troubles nerveux les plus graves, la mort même ont été la conséquence de ces attouchements en apparence inoffensifs. Si le chatouillement augmente en force et en durée, il n'a plus qu'une action insignifiante sur l'organisme. ”
“ Le moindre symptôme l’alarme alors, une rougeur d’épiderme, une crise de toux suffit pour lui rappeler toute sa pathologie à l’esprit et c’est sans cesse avec un œil inquiet qu’il surveille et examine les petites têtes brunes et blondes qui nous sont partout si chères. Un soir, hélas, j’eus froid au cœur ; je venais d’entendre nettement, de la chambre voisine, mon Gabriel, mon petit Gabriel, tousser dans son sommeil de cette toux spéciale que n’ignorent point les connaisseurs. Il y a des sanglots dans cette toux-là. ”
Jean Salvy Morand, Le magnétisme animal (hypnotisme et suggestion… (1889)
“ Dès que ce signe a été manifesté, les paupières deviennent humides, la respiration est courte, entrecoupée; la poitrine s'élève et s'abaisse rapidement; les convulsions s'établissent, ainsi que les mouvements précipités et brusques, ou des membres, ou du corps tout entier. Chez les femmes vives et sensibles, le dernier degré, le terme de la plus douce des émotions est souvent, une convulsion; à cet état succède la langueur, l'abattement, une sorte de sommeil des sens, qui est un repos nécessaire après une forte agitation. ”
Hippolyte Taine,
Nouvelle Étude sur Shakspeare, son génie et ses œuvres
“ Le corps tremblant comme un épileptique, les dents serrées, l’écume aux lèvres, il s’affaisse, et ses membres palpitent à terre, traversés de frissons convulsifs, pendant qu’un hoquet sourd soulève sa poitrine haletante et meurt dans son gosier gonflé. Quelle joie peut rester à un homme assiégé de tels rêves ? ”
Ernest Choquette,
Claude Paysan
“ Elle avait conscience de tout, autant de son impuissance que de l’impuissance de ceux qui la regardaient, terrifiés. Elle tâchait bien de refouler loin, au fond de sa poitrine qu’elle immobilisait de la main, ces spasmes qui faisaient toujours remonter à ses lèvres ce goût nauséeux, mais c’était plus fort qu’elle, il fallait encore tousser, encore... ”
Antonin Bossu, Anthropologie, ou Étude des organes… (1873)
“ S'il est vrai que la chouette rôde autour d'une maison où il y a un malade en danger de mort, n'est-ce pas parce qu'elle y est attirée par l'odeur qui s'en échappe et qui lui annonce un commencement de décomposition ? ”
Louis Antoine Paoli, Les Accidents de l'organisme et leurs soins… (1884)
“ Si le choc est seul en cause, aussi bien pour les déchirures que pour la commotion et la stupeur qui suivent l'ébranlement, il n'en est plus de même pour le décollement, qui peut provenir aussi d'infiltrations et d'épanchements quelle que soit leur nature. ”
Hippolyte Bernheim,
Hypnotisme & suggestion : hystérie…
(1910)
“ La malade sent sa crise approcher, elle devient excitée, cherche à s'asseoir, porte les deux mains sur son ventre, ses yeux sont hagards, sa voix altérée, sa respiration haletante ; elle se raidit, se renverse en arrière et le ventre commence à gonfler lentement et progressivement comme un ballon de caoutchouc. ”
Louis Figuier,
Connais-toi toi-même. Notions de physiologie à l'usage de la jeunesse et des gens du monde…
(1886)
“ Signalons encore, comme phénomènes d'action réflexe : le tremblement qui suit l'immersion du corps dans un bain froid; — le vomissement que provoque l'aspect d'une substance répugnante; — les convulsions que détermine chez les enfants la présence des vers dans le tube intestinal ; — les soubresauts musculaires qui font tressaillir à la suite de la détonation subite d'une arme à feu, alors qu'on ne s'y attend pas; — la congestion de la conjonctive de l'œil quand un corps étranger s'est introduit sous les paupières ; — la rougeur de la face à la suite d'une émotion subite. ”
Antoine-Joseph Pernety,
La connoissance de l'homme moral par celle de l'homme physique…
(1776-1777)
“ Les signes extérieurs de ces affections, font des crispations dans les nerfs, des tremblemens, des agitations, des pleurs, des étouffemens, des lamentations, des cris, des grincemens de dents; les mains ferrent fortement ce qu'elles rencontrent; les yeux arrondis se ferment & s'ouvrent ensuite avec excès, se fixent avec immobilité; la pâleur se répand sur le visage; le nez se contracte, remonte; la bouche s'ouvre, tandis que les dents se resserrent: les convulsions, l'évanouissement & quelquefois la mort, en font les fuites. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
Histoire de Don Quichotte de la Manche…
(1845)
“ Il avait eu la précaution de mettre son butin en sûreté entre son matelas et son lit de plume, et depuis, crainte d'accident, il le fit toujours coucher avec lui. Outre sa brûlure, il avait encore l'estomac tout noir de la contusion, et ne voyait goutte; mais le mal le plus sensible pour lui, était celui de la mâchoire, parce qu'il ne lui permettait d'ouvrir la bouche, ni pour mâcher ni pour parler. ”
Eugène Bouchut, Histoire de la médecine et des doctrines médicales… (1864)
“ Ensuite le malade est étendu sur le dos, massé, frictionné, et l'on écrase sa poitrine pour faire sortir le mal par la bouche. C'est une espèce d'exorcisme pour chasser l'esprit malfaisant qui est dans le corps du malade et qui est la cause de tout le mal. ”
Alain,
Minerve ou De la sagesse
“ Ils s’endorment par degrés ; mais par cela même ils se relâchent et cèdent à la pesanteur, pour la partie de leur corps qui était debout, en équilibre et défense. De là une chute imperceptible ou presque mais qui parle éloquemment, de façon à réveiller aussitôt le dormeur. Car nul n’a appris, nul ne peut apprendre à négliger le plus petit commencement de chute. Et chacun connaît ces rêves indéterminés et fort désagréables, qui vous réveillent par le sentiment d’une chute. ”
Octave Landry,
Traité complet des paralysies
(1859)
“ Le choc ou la pression conduisent à une appréciation, et nous jugeons solides et pesants les corps qui les produisent. D'autres modes du contact exciteront la notion de mollesse, de légèreté , de fluidité aqueuse ou gazeuse, comme le passage du vent ou de l'eau sur la peau. Le chatouillement est une forme des sensations de contact qui résultent d'un attouchement léger et superficiel, ou de l'action d'un corps qui vibre. Cette sorte de perception peut donner lieu encore à des appréciations complexes. ”
Alexandre Lacassagne,
Précis de médecine légale
(1906)
“ On élimine la commotion, cérébrale et médullaire, le collapsus hémorragique, l'entrée de l'air dans les veines, les embolies fibrinenses et graisseuses, la septicémie suraiguë. Les mots choc (en français) et shock (en anglais) désignent le même état : la face et la peau sont pâles, les muscles inertes, la physionomie a de l'hébétude et de la stupeur, l'intelligence est torpide mais intacte, la sueur est abondante, les extrémités froides, le pouls petit; la respiration superficielle et irrégulière. Parfois il y a une vive agitation. Les urines sont rares, il y a de l'hypothermie. ”
Auguste Debay, Histoire des métamorphoses humaines et des monstruosités… (1846)
“ Un léger contact, une goutte d'eau, un souffle, suffit pour éteindre la vie chez tel être, tandis que tel autre résiste aux chocs les plus violents, à l'avulsion d'un membre , à la perte de la moitié de son corps. ”
Louis Antoine Paoli, Les Accidents de l'organisme et leurs soins… (1884)
“ La violence du choc par des éclats plus ou moins volumineux ne limite pas son action aux parties immédiatement atteintes, qui sont broyées ou emportées. Les tissus avoisinants sont eux-mêmes contus, déchirés, frappés de commotion et de stupeur. ”
Louis Tixier, Pratique de l'éviscération en chirurgie abdominale du shock abdominal… (1897)
“ L'état de shock est essentiellement constitué par un ensemble de troubles fonctionnels portant sur la circulation et la respiration. Ces troubles sont le produit de réflexes, à point de départ péritonéal, que l'on peut déterminer expérimentalement et enregistrer. Les réflexes circulatoires agissent sur la pression artérielle, sur le cœur et sur le pouls. D'une manière constante, les irritations péritonéales, chez l'animal anesthésié, ont pour effet d'amener une chute de la pression, de ralentir le cœur et d'affaiblir les pulsations artérielles. ”
Albert Mathieu, L'hygiène du goutteux (1896)
“ Et la nuit se passe non seulement dans ce supplice mais dans un roulement inquiet de la partie affectée et dans un besoin perpétuel d'en changer la place. La jactation du corps entier qui accompagne toujours le paroxysme, surtout à son début, n'est ni moindre ni moins incessante que l'agitation et la douleur du membre torturé. ”
Ernest Choquette,
Claude Paysan
“ Tout à coup une crise affreuse de toux l’avait brutalement saisie ; une crise d’autant plus affreuse qu’elle venait justement l’arracher à un bien joli rêve qui commençait à se dessiner plus nettement. Il continua encore de flotter dans son esprit pendant quelques instants, ce rêve, malgré les saccades de toux qui secouaient sa poitrine... puis insensiblement il s’évanouit. ”
Eugène Alfred Roudaire, Essai sur la pathogénie du délire chez les brightiques (1902)
“ Ce qui préoccupe surtout le malade, ce sont des crises de suffocation, survenant brusquement, sans causes appréciables, et caractérisées par une grande difficulté de la respiration accompagnée d'un point très douloureux dans le côté droit de la poitrine, et d'une angoisse extrême, sensation de mort imminente. ”
