“ Les larmes sont une consolation et la douleur qui s’épanche se soulage. Mais la mienne n’a pas de cours ; j’ai en moi une fontaine amère et n’en puis exprimer une goutte, je garde mon supplice pour le nourrir, je vis avec un poison dans le cœur, un mal que je ne puis nommer, et je n’ai plus une larme pour l’adoucir, pas même celle d’un ami pour m’en consoler. Maintenant tout est fini pour moi ; j’ai épuisé la somme de volonté et d’espérance que le ciel m’avait donnée. Ôtez au soleil sa lumière, au ciel ses astres, que restera-t-il ? L’immensité dans la nuit ; voilà le désespoir. ”
Larmoiement
Définition et enjeux
Le larmoiement désigne le processus biologique de sécrétion de la couche aqueuse du film lacrymal par les glandes lacrymales. Ce phénomène, souvent lié à l'émotion, a inspiré de nombreux auteurs à explorer ses aspects physiologiques et symboliques. Arthur Buies évoque les larmes comme un tourment silencieux, tandis que Gérard de Nerval les associe à une douleur intérieure qui "s'envole" avec les beaux jours.
Zénon Fière, quant à lui, souligne leur rôle de "ruisseaux que Dieu nous envoie" pour apaiser les souffrances. Ces réflexions s'inscrivent dans un cadre médical où le larmoiement affecte des structures comme la cornée, la conjonctive ou les glandes lacrymales, mettant en évidence un lien étroit entre science et expérience humaine.
Citations sur “larmoiement”
Gérard de Nerval,
Petits châteaux de Bohême
“ Comme un mal dont je suis victime, Comme un poids jeté sur mon cœur ! Dans le chagrin qui me dévore, Je vois mes beaux jours s’envoler... Si mon œil étincelle encore C’est qu’une larme en va couler ! ”
“ Notre cœur blessé se détend Et dans un sanglot palpitant Exhale un long cri de détresse, Quel bonheur ! si, dans sa tendresse, Une âme aimante nous entend Et nous console en racontant, Elle aussi, sa propre tristesse. Consolateur & consolé Versent alors d’un œil troublé Des larmes d’angoisse & de joie ; Et tous deux bénissent les pleurs, Ces ruisseaux que Dieu nous envoie Afin d’emporter nos douleurs. xxÀ Mlle Adèle Souchiersur son recueil de poésies : L’OISEAU BLESSÉ Le poète, arraché du char d’Ézéchiel, Sur notre sol ingrat de pleurs se rassasie ”
Louis-François Raban, Le valet du diable (1838)
“ Il y a, je le sais bien, des larmes dans ton sourire. Partout l'ombre qui t'accompagne est voilée! Laisse-moi. Enfant, vieillard ou jeune homme, tu t'appelles passé; tu arraches souvent des larmes de mon cœur ! Je t'entends, tu m'attires et me charmes, tu murmures à mon oreille les mots si doux, les tendresses proférées autrefois par une voix éteinte à présent, la voix d'une mère bien-aimée. Tu me rappelles même ses caresses! ”
Félicie Houry, L'esprit de toutes choses (1873)
“ Ce don, où est-il ? partout ! il vit dans le cœur de l'humanité, ce sont les larmes ! Oh! qu'elles sont mystérieuses, sublimes pour qui sait les comprendre! Elles sortent d'un abîme profond que le regard de l'homme ne peut sonder... du cœur! Vous ne voyez que l'extérieur d'une larme, sa forme, sa physionomie qui varie se multiplie à chaque secousse causée par le chagrin ; ou bien vous vous absorbez dans ce chagrin lui-même, sans découvrir le bien surnaturel qui en découle... ”
Hendrik Conscience,
Scènes de la vie flamande
“ Un cri aussi aigu qu’une exclamation de douleur s’échappa de la poitrine du jeune homme, il porta les deux mains à ses yeux ; deux torrents de larmes jaillirent sur ses joues, larmes si abondantes qu’elles passèrent entre ses doigts. ”
Gabriel Martin, Les poésies fantaisistes (1886-1893… (1894)
“ La douleur est plus vive au milieu de la joie ! Tandis que la gaîté renaît, son œil se noie De larmes. S'éloignant sur les bords de la mer, Seule, elle se donne au regret pénible, amer ! Et, dans le soir qui met son manteau gris de perle, Elle mêle ses pleurs à l'onde qui déferle !. ”
Georges Rebuffat, Toute la vie : les voluptés, les amours… (1891)
“ LES LARMES Consolatrices, douces larmes, Vous êtes les uniques charmes Auxquels mon cœur puisse aspirer. Malheureux, triste et solitaire, Il ne me reste plus, sur terre, Hélas! que deux yeux pour pleurer. Coulez, larmes silencieuses, Amères, mais délicieuses, Et je bénirai mon destin; Quand mon mal redouble de rage, Coulez, je reprendrai courage; Coulez, larmes, soir et matin. Si du ciel la fraîche rosée Sur sa tige à demi brisée Fait renaître la pâle fleur, Une larme est aussi puissante, Et de toute âme gémissante Elle adoucit l'âpre douleur. ”
Anonyme, Un été à la campagne (1868)
“ Ô malheur ! la bougie est soufflée, tout disparaît dans les ténèbres... Pas même le secours de la lune à espérer ! Que faire ? Écouter, puisque c’est la seule ressource qui me reste. J’écoute donc. Rose pleure, se lamente, supplie ; larmes, supplications inutiles. Les mots entrecoupés qu’elle laisse échapper sont-ils l’expression de la souffrance ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que Me J... ne s’en montre guère touché, et poursuit implacablement son œuvre... Ah ! les gémissements redoublent... Rose pousse un cri aigu, un cri assurément arraché par la douleur. ”
Sibilla Aleramo traduction Pierre-Paul Plan , Le Passage, suivi de Transfiguration
“ Je lui ai pris doucement la tête et l’ai posée sur ma poitrine. Il s’est calmé. Il m’a souri.Que veux-tu savoir de plus ? Que peut t’importer tout le reste ? Pleure, pleure et gare le silence, créature ; car moi aussi, je pleure dans mon cœur, aussi pour toi, tu sais, aussi pour toi.Mais ce n’est pas à cause de tes larmes que je souffre, ni à cause des miennes. Les larmes les plus brûlantes ont aussi quelque chose de bon, quelque chose de saint qui nous les rend chères. Je ne souffre pas de te voir pleure : les larmes ne sont pas contraires à la vie. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Comment es-tu si triste au milieu de la commune joie ? On voit à tes yeux que sûrement tu as pleuré. — Si j’ai pleuré, solitaire, c’est d’une douleur qui n’afflige que moi ; et les larmes que je verse sont si douces, qu’elles me soulagent le cœur. ”
Marie-Louise Gagneur,
Les Forçats du mariage
(1869)
“ Au souvenir de ces comédies de tendresse, de ces scènes de larmes, au souvenir surtout de cet enfant qui porterait son nom, et qui ne serait pas à lui, il se sentait enveloppé comme d’un manteau de feu, en même temps qu’il grelottait la fièvre. ”
Henri Heine,
Revue des Deux Mondes
“ SOIF DE REPOS. Laisse saigner tes blessures, laisse tes larmes couler sans tarir; il y a dans la douleur des débauches de volupté secrète, et les pleurs sont un baume bien doux. Si une main étrangère ne t’a pas blessé, tu feras bien de te blesser toi-même; n’oublie pas non plus de remercier gracieusement le bon Dieu quand des larmes mouilleront tes joues. Le bruit du jour s’évanouit, la nuit descend avec ses longs crêpes. ”
“ Quand les larmes ne se mêlent pas à des larmes amies, quand une bouche adorée ne vient pas les boire dans nos yeux et rafraîchir de ses baisers la paupière enflammée, l’homme s’avilit aux yeux de sa maîtresse. ”
Honoré de Balzac,
Le lys dans la vallée : scènes de la vie de province
“ A quel talent nourri de larmes devrons-nous un jour la plus émouvante élégie, la peinture des tourments subits en silence par les âmes dont les racines tendres encore ne rencontrent que de durs cailloux dans le sol domestique, dont les premières frondaisons sont déchirées par des mains haineuses, dont les fleurs sont atteintes par la gelée au moment où elles s'ouvrent? Quel poète nous dira les douleurs de l'enfant dont les lèvres sucent un sein amer, et dont les sourires sont réprimés par le feu dévorant d'un œil sévère? ”
George Sand,
Évenor et Leucippe
“ Il sait que les larmes sont l’expression du chagrin ou tout au moins de la souffrance et de la contrariété. Il s’en rend compte, puisqu’il se sert des cris et des pleurs comme d’un langage pour exprimer ses besoins. ”
Sophie Gay,
La Duchesse de Châteauroux
(1834)
“ Et l’excès de la douleur étouffant sa voix, il tombe à genoux près du lit de la mourante, il baigne de larmes ses mains à demi glacées ; on dirait que ses cris, ses pleurs la raniment ; elle fixe sur lui des yeux sans regard ”
“ Quand je vois vos yeux pleins de larmes, vos poitrines gonflées, vos fronts abattus, quand je sens que je porte en vous la tristesse et l'épouvante, je m'enfuis, je me cache pour résister au cri de ma conscience et à l'ordre de ma destinée. ”
Félicie Houry, L'esprit de toutes choses (1873)
“ Les larmes sont les filles de la douleur, et la douleur agrandit notre âme, la rend réfléchissante... les larmes viennent d'une mer de souffrance. L'amour-vertu, l'amour-lumière est une grande chose 1 et l'amour-ténèbres qu'inspire le mauvais ange est hideux. ”
“ Aussi, les larmes causées par cette souffrance coulent abondantes et sans peine ; l’âme est disposée aux plus touchantes émotions de la pitié ; on est plein de commisération et d’amour ; enfin, toutes les infortunes sont les sœurs chéries et respectées de votre infortune. ”
Dante Alighieri,
La Divine Comédie
“ Les larmes qui avaient inondé d’abord leurs joues ne permettaient pas à d’autres larmes de couler : la douleur, trouvant un obstacle dans les yeux fermés par la glace, était forcée de retourner sur elle-même, et redoublait le supplice ; enfin, les pleurs cherchant à s’échapper étaient arrêtés sur les cils comme des visières de cristal, et de nouvelles larmes remplissaient toute la cavité de l’œil. ”
Edmond Thy,
Apprentissage de la vie : avec une dédicace à la mort
(1861)
“ Il a pleuré en m'embrassant et j'ai fait comme lui. On a beau dire, les larmes, à un moment donné, valent mieux que la gaieté. Elles ont leur jouissance, que rien ne pourrait remplacer. C'est la volupté de la douleur. ”
Maurice Leblanc,
Les Lèvres jointes
(1899)
“ Soudain elle s’aperçut qu’elle était baignée de larmes, et que ces larmes coulaient indéfiniment. Cependant elle n’avait point l’impression de pleurer et d’être la source de ces larmes. Elle se leva. Les larmes coulèrent le long de sa gorge et de ses bras, et de ses hanches, comme de la sueur. ”
Alain,
Quatre-vingt-un Chapitres sur l’esprit et les passions
“ Chez l’adulte, les médecins considèrent les larmes comme une solution favorable de ces états d’extrême contracture qui peuvent conduire à la mort ou à la folie. On s’explique par là qu’une rosée de larmes exprime nos joies les plus profondes ; mais toujours après un étonnement ou un saisissement. Le sublime nous touche aux larmes, sans doute par un double mouvement ”
Paul Claudel,
Connaissance de l’Est
“ Que ces eaux sont copieuses ! et si les larmes comme le sang ont en nous une source perpétuelle, l’oreille à ce chœur liquide de voix abondantes ou grêles, qu’il est rafraîchissant d’y assortir toutes les nuances de sa peine ! Il n’est passion qui ne puisse vous emprunter ses larmes, fontaines ! ”
Pierre Charles Théodore Lafforgue, Dictionnaire idéologique
“ Phr. Pousser des soupirs. Crier famine. Crier misère. Avoir le cœur gros de soupirs. Crier au meurtre. Crier miséricorde. Pleurer, sangloter, larmoyer, pleurnicher, geindre, verser des larmes, répandre des larmes. Grogner, gémir, hogner, criailler, brailler, beugler, rugir. Phr. Avoir les yeux gros de larmes. Adj. Riant, rieur. Risible, drôle, burlesque, grotesque (853) . Phr. Risum teneatis, amici ? Et de rire. S’abreuver de larmes. Vivre dans les larmes. Vivre de larmes. Avoir recours aux larmes. Avoir toujours la larme à l'œil. Être noyé dans les pleurs. Fondre en pleurs. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Le Portrait du Louvre
“ L’éclat de cette beauté, la voix, le rire, le parfum, tout était trop fort pour son organisme habitué à des sensations infiniment ténues. Supplice intolérable, des larmes humaines remontaient dans ce cœur détaché de l’humanité, trop lourdes, trop brûlantes pour lui. ”
Charles Baudelaire,
Le Parnasse contemporain/1866
“ Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs Ajoutent un charme au visage, Comme le fleuve au paysage ; L’orage rajeunit les fleurs. Je t’aime surtout quand la joie S’enfuit de ton front terrassé ; Quand ton cœur dans l’horreur se noie ”
Ernest La Jeunesse,
L'Holocauste: Roman Contemporain
“ Nos larmes jumelles se brisent l’une contre l’autre, se joignent, se mêlent et nous nous serrons plus fort, nous pleurons plus fort, de tout notre cœur, de notre semaine vide, de tout nous. Chérie, chérie, ces galeries, ces salles fermées, [143] tout est plein de douleurs d’amour, de rencontres aussi et de pleurs, de pleurs doux-amers, comme disait notre Pléïade. ”
Hendrik Conscience,
La tombe de fer
“ Les larmes sont une plainte et une prière pour demander du secours ou de la pitié. Pourquoi me plaindrais-je ou implorerais-je la pitié, moi, à qui aucune puissance terrestre ne pouvait donner ce que mon coeur désirait ”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Et de vos yeux brillants les doux pleurs sont pareils Aux larmes de la nuit sur les rameaux vermeils : Prompts à naître, à tarir plus faciles encore. Votre peine en rosée au soleil s’évapore, Ô vierges ! Mais le cœur où les Dieux ont passé Garde longtemps le trait profond qui l’a blessé ; Il se plaît à poursuivre une incessante image, Et des pleurs douloureux sillonnent le visage. HÈLÈNE. Vieillard, le doux repos s’est éloigné de moi : Mon lâche cœur est plein d’amertume et d’effroi. ”
Émile Montégut, Impressions de voyage et d’art - Belgique et Hollande
“ Ce ne sont pas de douces larmes que ce dernier appelle au bord de vos yeux, et ce n’est pas un trouble délicieux qu’il vous fait ressentir; ce sont vos larmes les plus amères qu’il vous arrache, ce sont les puissances mêmes de la vie qu’il révolte en vous. ”
André Baillon, Moi quelque part
“ Pleurer comme eux ! Comme eux renâcler de chagrin, grimacer e détresse, sentir bêtement les larmes au long de ma figure, et les boire ces bonnes larmes à m’en purger l’âme !... Mais je ne suis pas assez d’ici, j’ai trop à voir et mes yeux sont trop loin de mon cœur. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ Alors, peux-tu pleurer, et la vois-tu à travers les larmes, les larmes qui éloignent, comme si elle était loin en effet ? Demeure ! Il est possible encore !... La plus immobile des étoiles de la nuit s’incline à l’amour, au désir. ”
Ernest Feydeau,
Les Aventures du Baron de Féreste…
(1869)
“ Il en est d'autres, au contraire, à qui les larmes vont si bien, qu'on est toujours tenté de leur causer quelque chagrin. Elles ont des larmes pathétiques et silencieuses qui doublent l'éclat de leurs yeux sans altérer en rien les traits de leur visage ni leur contorsionner la bouche. Les belles larmes ! Que je regrette de n'être plus à l'âge où l'on a le doux privilége de les faire couler ! Telles étaient, celles d'Aurora, Peut-être le savait-elle ! ”
L.-F. Massé, Le R. P. J.-B.-C. Barbier, de la Société des PP. de Saint-Edmond de Pontigny… (1876)
“ Pendant la messe, il put contenir ses pleurs; mais à peine descendu de l'autel et rendu aux libres épanchements de Faction de grâce, il se perdit dans un torrent de larmes, « larmes de saisissement et d'admiration, larmes de bonheur et d'amour. » Chez les âmes ordinaires, ces larmes tarissent trop vite dans les dissipations de la vie extérieure et dans les contacts desséchants du monde; chez lui, elles ne tarirent plus, et quelques jours avant sa mort il en retrouvait la source jeune et jaillissante au fond de son cœur souffrant et vieilli. ”
Pedro Calderón de la Barca,
Oeuvres dramatiques de Caldéron…
(1871-1873)
“ Que se fonde en larmes la douleur qui me tue, le feu qui dévore mon âme 1 Que mes ennuis se traduisent en pleurs dans mes yeux, en soupirs dans ma bouche, et que, sans trêve et sans repos, tout s'embrase en moi, car mes paroles sont de feu et de feu sont mes larmes. Sur la mer terrible où je navigue, battue du vent, que ma vie et la flamme qui la dévore embrasent tout ce que peut consumer le feu le plus violent, car ma voix est feu et vent, mes larmes feu et gémissements. SIRENA. — Que dites-vous, madame? Songez à votre honneur et au danger que vous courez. ”
Narcisse Perrard, Recueil de poésies (1863)
“ Comme moi, malheureuse et tendre, Cherchant ce refuge isolé, Philomèle me fait entendre Le cri de son cœur désolé ; Et lorsque l'écho de la rive De sa voix touchante et plaintive Répète les sons expirants, Ma peine me semble moins vive r Mes souvenirs moins déchirants : Je sens alors couler mes larmes, Comme un baume sur mes douleurs; Et je trouve encore des charmes A verser en secret des pleurs. Mais, en pensant à son parjure, Dois-je prolonger mon chagrin? Ou plutôt, des maux que j'endure Ne faut-il pas chercher la fin ? ”
Marguerite Audoux,
Douce Lumière
“ si nos larmes pouvaient emporter l’amertume de notre cœur. ”
Charles Dickens,
Oliver Twist
(1838)
“ La joie fait couler les larmes aussi bien que la douleur, mais celles qui baignaient la figure de Rose, tandis qu’elle était assise pensive à sa fenêtre, les yeux toujours fixés dans la même direction, semblaient des larmes de douleur plutôt que de joie. ”
Marie Lenéru,
Journal de Marie Lenéru
“ Écrire pour pleurer et pour sangloter à quoi bon ? Rien n’est plus mauvais et qu’est-ce que cela m’apprendrait ? C’est mon état normal. On ne pleure que devant quelqu’un, mais avoir en dedans, toujours, le frisson des larmes... ”
Jules Le Petit, L'art d'aimer les livres et de les connaitre… (1884)
“ Vous avez versé d'abondantes larmes, si vous pleurez facilement ; vous avez souffert en silence d'une façon bien cruelle, si vous n'avez pas les larmes faciles ; vous avez peut-être crié, tempêté, blasphémé, si vous êtes d'une nature violente. ”
“ Elle sait aussi l'étrange et l'énervant pouvoir de la volupté des larmes, les brusques réveils de rut qu'excite la douleur..., quelle cantharide elle est pour les nerfs exacerbés des mâles, et c'est là qu'elle attend, qu'elle épie et vous guette! ”
Various, L'Illustration, No. 0045, 6 Janvier 1844
“ C'était un délicieux spectacle assurément; mais ce qui en vint compléter le charme, ce furent deux larmes qui tremblèrent un instant au bord de deux franges d'ébène, et roulèrent le long des joues de Clarisse, calmes et belles dans leur cours comme la nuit qui descendait.L'art qu'une femme devrait le moins ambitionner est celui des pleurs. C'est un art dangereux pour elle. Je le demande à vous, mesdames, comment s'empêcher de faire pleurer une maîtresse qui paraît mille fois plus enivrante dans l'éclat des larmes? Les belles larmes sèment d'autres larmes en tombant. ”
