“ UN NAVIRE A L'ABRI DU VENT CONTRAIRE Selon Sou-Tong-Po.Les voiles tombent lourdement le long du mât, le vent joue de la flûte avec fureur.De tous côtés, en écumant, les vagues battent le navire; on dirait qu'il est posé au milieu d'une grande fleur blanche. [p. 96] L'ancre, au bout de sa chaîne, descend dans l'eau et s'accroche aux rochers; de mille et mille lieues le vent se lance contre elle, et ils luttent ensemble.On dirait que la mer veut escalader la montagne pour atteindre le ciel; par moments le ciel et la mer paraissent se rejoindre. ”
Vent marin
Définition et enjeux
Citations sur “vent marin”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Le soleil, un moment avant splendide et radieux, se voile de couleurs ternes et sinistres; l'horizon, de clair, transparent et très-éloigné, devient rapproché, sombre et menaçant; l'air doux, agréable et pur, devient condensé, lourd et brûlant. Des rafales d'un vent impétueux soufflent avec une vigueur à tout renverser et soulèvent une mer qui s'élève devant le navire, comme des montagnes d'eau prêtes à fondre sur lui pour l'engloutir ”
Charles Richet,
Revue des Deux Mondes
“ Il prend la foudre du ciel, il prend le sel de la mer, il prend la chaleur du soleil, il prend la force des cours d’eau ; il s’empare de cette force, qui paraît insaisissable, le vent, pour enfler les voiles de son navire ou faire tourner les ailes de son moulin. ”
Henry Gaillard, Coups de fusil et coups de vent (1868)
“ Que le vent souffle sur les toits, que la pluie, la grêle crépitent sur les carreaux des fenêtres, les cœurs s'emplissent de la plus douloureuse anxiété ; ils rêvent écueils, naufrages, pendant que le marin, souvent àla même heure, sous l'influence du beau ciel du tropique, se laisse bercer par l'espoir d'un heureux voyage. ”
Étienne Pivert de Senancour,
Oberman
“ Voici que les nuages s'assemblent; la mer se soulève, le tonnerre brise les chênes antiques; les barques sont englouties; la neige couvre les cimes; les torrents ébranlent la cabane, ils creusent des précipices. Le vent change; le ciel est clair et froid. A la lueur des étoiles on distingue des planches sur la mer encore menaçante; les filles des guerriers ne sont plus. Les vents se taisent, tout est calme; on entend des voix humaines au-dessus des rochers, et des gouttes froides tombent du toit. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Les nuées étendent un voile ténébreux qui ne laisse apercevoir ni le soleil ni les étoiles. La mer mugit sous le navire ; le ciel rugit sur sa tête. Le vent souffle de toutes parts, et une horrible tempête de pluie, mêlée de grêle, fouette les malheureux navigateurs. La nuit vient et s’étend sur une mer formidable et de plus en plus irritée. ”
Eugène Chapus,
Les soirées de Chantilly
(1855)
“ Le vent vient-il à fraîchir, et le soleil s'est-il couché derrière une gaze jaunâtre et ensanglantée, couvrant à l'horizon un ciel indigo, le steamer bien avisé prend aussitôt le large, cherche au milieu du golfe les striures d'eau plus profondes. ”
Paul Saunière,
À travers l'Atlantique, journal de bord de "la Nubienne"…
(1884)
“ Le ciel se couvre de nuages menaçants, le vent grandit, la mer monte et nous harcèle de tous côtés. Les lames sont frangées d'une écume que le vent balaie; elles se mâtent sur les flancs du navire qu'elles inondent. Les paquets de mer se succèdent et roulent sur le pont, entraînant les paillassons inoffensifs. Nous sommes toujours dans la chambre des cartes, où règne une demi-obscurité peu réjouissante, car il a fallu mettre les persiennes aux fenêtres pour protéger les glaces contre les fureurs de la mer. Nous lisons, nous fumons, mais nous causons peu. ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ Quand un grave marin voit que le vent l’emporte Et que les mâts brisés pendent tous sur le pont, Que dans son grand duel la mer est la plus forte Et que par des calculs l’esprit en vain répond ; Que le courant l’écrase et le roule en sa course, Qu’il est sans gouvernail et partant sans ressource, Il se croise les bras dans un calme profond. ”
Hésiode,
Hésiode, Hymnes orphiques, Théocrite…
“ Quand le vent souffle doucement sur la mer glauque, mon esprit timide me tente ; la terre ne me plaît plus et la tranquillité des eaux m’attire ; mais quand la blanche mer retentit, quand l’onde marine se recourbe en écumant, quand les flots sans nombre sont agités, je tourne mes yeux vers la terre et les arbres, et je fuis la mer ; la terre me semble plus sûre, et l’épaisse forêt me plaît où le souffle du vent fait chanter les pins. ”
Adolphine De Jonge Valter, Les Confessions de la comtesse d'Aquilar… (1866)
“ La plus jeune, au contraire, me représente la mer avec ses vagues noires et houleuses, puis de temps en temps apaisée, mais jamais parfaitement tranquille ; c'est le vent qui tantôt s'élève, gronde et déracine les plus vieux arbres, et tantôt ne souffle qu'une brise rafraîchissante par une chaude journée d'été ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ D’abord, c’est le vent furieux qui bat les flots de la mer [272] , engloutit de vastes navires, et disperse les nuages ; ou qui, parcourant les campagnes en tourbillon rapide, couvre la terre d’arbres immenses, abat les forêts d’un souffle, tourmente la cime des monts, et irrite les ondes frémissantes qui se soulèvent avec un bruit menaçant. Il est clair que les vents sont des corps invisibles, eux qui balayent à la fois la terre, les eaux, les nues, (1, 280) et qui les font tourbillonner dans l’espace. ”
Georges-Louis Leclerc de Buffon,
Buffon - Oeuvres completes, 1829
(1829)
“ Dans la mer Méditerranée le vent souffle de la terre vers la mer, au coucher du soleil, et au contraire de la mer vers la terre au lever, en sorte que le matin c’est un vent du levant, et le soir un vent du couchant. ”
Jean-Baptiste Lagacé,
Mon voyage autour du monde
“ À midi, une jeune officier du bord, qui est venu faire ses observations quotidiennes à l’aide d’un sextant, m’a expliqué ce calme presque absolu de l’atmosphère. C’est que le soleil échauffe l’air à tel point qu’il monte et monte sans jamais courir à la surface de la mer. Le vent, a-t-il ajouté, c’est de l’air qui rase la surface du sol ou des eaux. ”
Jules Lecomte,
L'Île de la Tortue : roman maritime…
(1837)
“ Le vent est si faible que parfois le navire incertain se montre dans des positions différentes, comme pour permettre aux regards curieux de la terre un examen que son élégance peut en tous points braver. ”
Alexandre-André Duheaume, Souvenirs de la Morée, pour servir à l'histoire de l'expédition française en 1828-1829 (1833)
“ Le vent, à peine sensible, nous tient en vue des côtes tout le jour et une partie du suivant. Sur le soir, le tangage du navire produit sur nos tempéramens inaccoutumés à la mer l'effet ordinaire; plusieurs d'entre nous, beaucoup de soldats, payent le tribut à Neptune. Enfin, le vent fraîchit, il enfle nos voiles. Au coucher du soleil, les montagnes de France nous apparaissaient encore : nos regards, constamment fixés sur elles, expriment un nouvel et dernier adieu! Le moment est pénible. ”
Henri de La Blanchère, Le club des toqués : aventures sous-marines… (1878)
“ Le vent, c'est l'air qui comble les ornières du sable ou de la terre desséchée qu'il emporte aux sillons, afin que ces ornières devenues rivelets, par la prochaine ondée, emportent aussi leur tribut du sol au ruisseau. ”
Auguste Jal,
La Flotte de César ; le @ d'Homère…
(1861)
“ Le plus près du vent est l'angle le plus étroit sous lequel un navire puisse recevoir le vent qui doit l'emporter. Le plus près n'est pas le même pour tous les navires, les carènes différant comme les voilures. ”
Louis Figuier,
La terre et les mers, ou Description physique du globe…
(1897)
“ Les coups de vent s'ajoutant à l'effet précédent font naître à la surface de la mer des ondes ou des flots qui grossissent rapidement, s'élèvent en montagnes écumantes, roulent, bondissent et se brisent l'un contre l'autre. ”
Jacques Arago,
Voyage autour du monde : souvenirs d'un aveugle…
(1868)
“ Lors donc que le vent qui souffle en mer apporte un air qui n'est pas saturé d'eau, la couche inférieure de l'atmosphère qui est en contact avec la surface de la mer dissout de l'eau nouvelle et se dilate. ”
Nathaniel Holmes Bishop,
En canot de papier, de Québec au golfe du Mexique
“ Pour qui n’a jamais assisté à ce spectacle, il est curieux de voir la marée élever et enfler de huit à dix pieds les eaux d’un grand fleuve, tandis qu’à la surface, elles continuent à descendre rapidement. Comme le vent s’élève ordinairement avec le soleil et tombe avec lui, nous nous faisons une règle de rester à l’ancre pendant la plus grande partie de la journée et de naviguer la nuit contre le courant. La lune et les aurores boréales rendent cette manière de faire très-intéressante. ”
Jules Lecomte,
Dictionnaire pittoresque de marine
(1835)
“ On crie : défie du vent ! lorsque l'obliquité de l'angle sous lequel on reçoit le vent fait qu'à certains mouvemens du navire, le vent risque de prendre les voiles par l'avant, au lieu de les emplir dans le sens favorable à sa marche. DÉFONCER, v. a. Le vent défonce une voile lorsqu'il la crève et en déchire la toile. -La mer défonce les pavois, les chaloupes, les fenêtres, lorsque le choc de ses lames brise ces objets. ”
Auguste Barbier,
Chez les poètes : études, traductions et imitations en vers
(1882)
“ Soudain un vent terrible accompagné d'éclairs Des nuages s'élance et s'abat sur les mers. Les hauts monts ébranlés chancellent et gémissent ; Les grands arbres des bords que les vagues blanchissent Fracassés, arrachés par la force du vent, Errent, feuille et racine, au gré du flot mouvant ”
Eugène Pacini, La marine : arsenaux, navires, équipages… (1844)
“ Les vents,. en pressant la surface des mers, y creusent de mobiles sillons. Les vagues se forment sous leur souffle d'abord modéré, puis, quand leur force augmente, qu'ils se déchaînent avec furie, elles se dressent plus hautes; leurs sommets, exposés aux efforts de la tempête, sont poussés avec impétuosité, se couronnent d'écume et s'élancent en brisant; les vagues sont devenues des lames. Après avoir épuisé ses colères, le vent se calme; mais l'agitation produite sur la mer subsiste pourtant longtemps encore ”
Auguste Jal,
La Flotte de César ; le @ d'Homère…
(1861)
“ Quand le vent refusait, c'est-à-dire quand l'angle formé par la direction du vent et par la ligne de la quille du navire se rétrécissait ; quand le vent était trop fort, ils étaient obligés de changer leur route, de mouiller l'ancre, ou, s'ils étaient au large, de fuir devant la tempête. ”
Victor Hugo,
Les Travailleurs de la mer
“ Pour le compas, il y a trente-deux vents, c’est-à-dire trente-deux directions ; mais ces directions peuvent se subdiviser indéfiniment. Le vent, classé par directions, c’est l’incalculable ; classé par espèces, c’est l’infini. Homère reculerait devant ce dénombrement. Le courant polaire heurte le courant tropical. Voilà le froid et le chaud combinés, l’équilibre commence par le choc, l’onde des vents en sort, enflée, éparse, et déchiquetée dans tous les sens en ruissellements farouches. La dispersion des souffles secoue aux quatre coins de l’horizon le prodigieux échevèlement de l’air. ”
James Fenimore Cooper,
Le Paquebot américain
“ Le réveil des vents sur l’océan est souvent suivi des signes et des prodiges les plus sublimes que l’imagination puisse concevoir. En cette occasion, le vent qui avait régné si constamment pendant une semaine, fut remplacé par de légères brises folles, comme si, sachant que les puissances des airs rassemblaient leurs forces, ces vents inférieurs eussent cherche de côté et d’autre un refuge contre leur fureur. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Le vent, ce sanglot des étendues, cette haleine des espaces, cette respiration de l’abîme, est-ce une force maniable à l’homme ? Les voiles qui entrent au port disent oui ; les navires qui se brisent à l’écueil répondent non. ”
Jules Lecomte,
Dictionnaire pittoresque de marine
(1835)
“ Chacun sait que le vent est cette agitation de l'air, qui met en mouvement les navires sur la mer. L'air est un fluide susceptible de compression et de dilatatiou ; son état naturel pur et sans mélange, étant sans cesse troublé par les exhalaisons des trois règnes qui s'élèvent de la terre, il en résulte des courans de sa masse qui deviennent sensibles pour nous sous le nom de vent. Ces courans, selon leur plus ou moins grande vitesse, sont les vents plus ou moins forts. ”
Edgar Allan Poe,
Nouvelles américaines. Traduction nouvelle…
(1879)
“ Depuis j'ai réfléchi que les rapides évolutions du bateau autour du gouffre m'avaient totalement étourdi. Une autre circonstance acheva de me rendre maître de moi-même. Le vent avait cessé de nous atteindre, car, comme vous avez pu le voir, la ceinture d'écume est beaucoup au-dessous du niveau de la mer. En ce moment, la mer se dressait comme une sombre et haute muraille qui nous abritait contre le vent. Avez-vous jamais été en mer par une grosse tempête? sans cela impossible de vous figurer à quel point vous troublent le vent et les embruns qui vous fouettent le visage. ”
J.-B.-A. Babron, Précis des pratiques de l'art naval en France… (1817)
“ Le vent frais, el viento bonancible, loom gale or fresh wind , est un vent médiocre qui tient toutes les voiles tendues, qui permet de porter toutes les voiles hautes et bonnettes, pourvu que la mer soit belle et le vent du travers ou de l'arrière. ”
Jean-Henri Fabre,
Aurore, cent récits sur des sujets variés…
(1879)
“ La mer est le réservoir d'où la chaleur solaire fait monter ces immenses amas de vapeur que le vent charrie, au-dessus des continents, sous forme invisible ou sous forme de nuages. Tôt ou tard, ces vapeurs se résolvent en pluies, qui fécondent le sol et aliment les fleuves, les sources, les fontaines. ”
“ XLII Le bateau qui se penche au souffle du vent et file en divisant l’eau c’est une jolie machine. Le vent agit sur la voile inclinée ; la quille résiste, et le bateau glisse dans la direction de la quille, sous la pression du vent. Par cette marche oblique, il gagne un peu contre le vent bientôt il vire de bord et recommence ; ainsi le vent lutte contre le vent ; voilà une élégante victoire, due à l’adresse et à la patience. Tirer des bordées, c’est toute la politique de l’homme contre les forces naturelles. ”
Jules Lecomte,
Dictionnaire pittoresque de marine
(1835)
“ C'est le nom que les marins donnent à un changement subit de vent, qui varie brusquement pour souffler avec plus de violence dans une direction très-écartée de celle qu'il suivait d'abord. Cette transition de l'atmosphère peut être. dangereuse pour un bâtiment qui, surpris par la brusquerie de la nouvelle brise, n'a pas eu le temps de disposer ses voiles à son action ; d'orientées qu'elles étaient pour recevoir le vent sur leur face postérieure, elles se trouvent alors poussées sur les mâts, sans appuis qui les soutiennent. ”
Auguste Jal,
La Flotte de César ; le @ d'Homère…
(1861)
“ A peu près synonyme de : vent arrière et de : vent entre les deux écoutes. Quand on navigue grand largue et vent en poupe, on a le vent sous vergue. (2) Mettre à la mer, prendre le large, commencer sa navigation. (3) Quand le vent frappe le navire par l'avant, quand le vent souffle du point où l'on veut aller, on dit qu'on a vent debout. ne doivent pas se fixer. Aussitôt que la mauvaise saison est passée, aussitôt qu'on peut se fier à la mer, et que l'Auster a succédé aux noirs aquilons, ils se préparent à une navigation dont le but est inconnu: Incerti quo fata ferunt, ubi sistere detur. ”
Emmanuel de Las Cases,
Mémorial de Sainte-Hélène
(1840)
“ Le vent saute avec une détonation terrible de l'arrière à l'avant, soufflant avec furie ; il prend à révers le peu de voiles que nous portions, et en un instant, aussi rapidement que la pensée, le côté du vaisseau est dans l'eau, la mer atteint presque le pied des mâts. ”
M. Sand, Six mille lieues à toute vapeur
“ Le vent se lève vers quatre heures, on fait de la toile, c’est-à-dire qu’on met toutes les voiles en branle, et on file plus de douze nœuds à l’heure. Ce soir, belle brise, beau temps, ce qui, en langue vulgaire, signifie : il fait du vent, la mer est agitée, et tout roule sur le plancher. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Si un tel vent est toujours suivi de la pluie, il est naturel d’attribuer la pluie à ce vent. Or, sur toutes les côtes de l’Océan, les marées sont toujours plus fortes dans les sigigées de la lune que dans ses quadratures. ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ Emprisonnent du vent et de l’air : car le vent 700N’est que l’air agité. Lorsque cet air mouvant, Qui tournoie et s’échauffe et sourdement s’embrase À des parois qu’il bat et des rochers qu’il rase, Tiré la flamme au vol indompté, tout à coup Il se dresse, il jaillit des fournaises, debout, Versant au loin le feu, les cendres enflammées, Roulant dans l’épaisseur opaque des fumées Des rocs, monstrueux poids, dont le jet montre assez L’intensité du vent qui les a déplacés. D’ailleurs presque en tous sens au pied du monticule La mer brise son flot qui s’avance et recule. ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ Nous avons fait quelques centaines de lieues avec un vent favorable sur une mer entièrement inconnue à l’homme ; enfin nous voici arrivés dans une partie de l’Océan où le vent semble nous manquer tout à fait, et où nous courons le danger d’être enfermés entre des masses d’herbes immobiles, ou d’échouer sur des îles submergées, sans aucun moyen de nous procurer de l’eau et des vivres. ”
