Manzanares

Définition et enjeux

Hadrian Ségoïllot Lettres sur l'Espagne (1870)

Le bon Manzanares se disait : Je suis un pauvre fleuve de désert : ni un Rhône, ni un Danube, je ne suis pas même comme le Tage ou comme l'Alphée, comme le Lignon ou la nymphe Aréthuse qui s'épanchent dans les molles prairies, où poussent les saules, où les chiens des troupeaux n'ayant cure des loups, gardent seulement le sommeil de leurs maîtresses contre les larcins des Sylvains, ou aboient contre les demoiselles qui volent toutes bleues au-dessus des eaux à travers leur argent transparent.
Source : Gallica

Ernest Chauffard Un Mois en Espagne, suivi de Christine… (1865)

Le Manzanarès n'a été pris au sérieux que par un seul homme, Victor Hugo :
Compostelle a son suint ; Cordoue, aux maisons vieilles, A sa mosquée où l'oeil se perd dans les merveilles; Madrid a le Manzanarès.
Sans doute, l'auteur des Orientales aura eu l'avantage de voir ce fleuve en hiver, car on prétend qu'il n'a cours que dans cette saison, pour suivre l'exemple des facultés d'Alcala et de Salamanque. Voilà ce qui peut expliquer l'enthousiasme du poëte, si tant est qu'un enthousiasme de ce genre ait besoin d'explication.
Source : Gallica

Eugène Poitou Voyage en Espagne (1869)

A l'époque de l'année où nous sommes, la vallée du Manzanarès est fraîche et riante. Les bords du fleuve sont couverts d'arbres; les pentes des collines sont revêtues de quelque verdure. Mais, dès le mois de juin, cette parure printanière disparaît; le fleuve, ou, pour mieux dire, le torrent est à sec; la vallée n'est plus qu'un ravin semé de pierres et couvert de poussière. Grâce aux pluies qui ne sont tombées que trop abondamment ce printemps, je puis me flatter du moins, ce que ne peuvent pas dire tous les voyageurs, d'avoir vu de l'eau dans le Manzanarès.
Source : Gallica

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