“ C’était l’heure où la lune aspire ceux qu’elle aime à la hauteur des toits, où les somnambules, effleurées par la brise, avancent pas à pas sur les fils de fer tendus pour elles, par leurs parents, entre le château et l’annexe. Un oiseau de nuit et un oiseau de jour, égarés, voletaient dans la même chambre : fallait-il éteindre, fallait-il illuminer pour que chacun d’eux pût partir ? C’était l’heure où Mae, dans son premier sommeil, subitement attristée, se lamentait. ”
Maë
Définition et enjeux
Citations sur “Maë”
Max Du Veuzit,
Le cœur d'ivoire
(1981)
“ L'heure habituelle du départ de l'institutrice approchait et la religieuse, ayant repris sa place au chevet de l'enfant, Monique s'apprêta à partir. Ses mains tremblaient en mettant son chapeau. La séparation lui pesait douloureusement; cependant, elle affermit sa voix pour dire à sa petite élève : — Au revoir, petite Maë; dormez bien et guérissez-vous vite ! — A demain, mademoiselle!... « Ah! je vous aime bien!... » ajouta la fillette en attirant la tête de l'orpheline contre ses lèvres et en la couvrant de baisers. ”
Max Du Veuzit,
Nuit nuptiale
(1981)
“ Il empeste l'écurie et il a une façon de dévisager les gens qui est fort déplaisante. Je n'aime pas du tout ce type de visiteur. — Je vais voir ce qu'il veut, proposa Geneva en descendant l'escalier. — Voulez-vous que je reste avec vous ? Je vous assure que cet individu n'a rien de rassurant. Elle parlait en français, à haute voix, sans se soucier qu'on entendît ses paroles, ou plutôt comme si elle avait souhaité que celles-ci fussent entendues du visiteur. — Mais je ne crains rien, Maë ! assura l'orpheline, étonnée du ton de sa compagne. Vous pouvez aller, mon amie. ”
Deux petits sabots — Two Little Wooden Shoes
“ Un jour d’été, Antoine Maës, bon vieillard qui, pour vivre, cultivait son jardinet, dont les fleurs se vendaient en ville, avait aperçu un paquet flottant parmi les nénufars sur la pièce d’eau voisine de sa cabane, l’avait amené au rivage, et en avait tiré un petit enfant,exposé là pour périr sans doute, mais que le vigoureux réseau des fleurs avait fait surnager, Antoine le porta aussitôt à sa femme, qui n’avait pas d’enfant, et tous deux relevèrent en l’appelant Bébée. ”
Léon Gozlan,
Oeuvres de Léon Gozlan : nouvelles
(1880)
“ Comme il n'est pas de voisin qui valût pour lui un cent de goujons ou une anguille de huit livres, M. Maës résista tant qu'il put à toutes les avances qui lui furent faites par les propriétaires d'alentour. « Il n'est pas bien que l'homme soit seul », a dit le livre saint ; mais il n'a pas eu soin d'ajouter : « Il est beaucoup mieux qu'il soit en compagnie. » Voilà pourquoi M. Maës faisait sa compagnie, d'abord de lui-même, la plus douce pour un égoïste, puis de son jardinier, de son vigneron, de leurs enfants, puis de son chien, de ses poules' de ses pintades. ”
Armand Dayot,
La "National Gallery"
“ Nicolas Maës était passé maître dans la peinture de ces épisodes familiers de la vie domestique. Avec lui nous pénétrons dans les intérieurs hollandais et nous en surprenons l’existence intime, faite de 204 menus détails, notés d’un pinceau alerte et humoristique. Il ne se complaît pas, comme Jan Steen ou Brauwer, au spectacle des buveurs aux trognes enluminées, il ne va pas chercher ses modèles dans les bouges enfumés du port d’Amsterdam ni dans les carrefours populaires où se déchaînent les rondes bruyantes des maritornes et des paysans. Son pinceau n’aime pas à s’encanailler. ”
Pierre Maël, Petit Ange. (5e mille.) (1896)
“ PETIT ANGE PAR PIERRE MAËL ILLUSTRATIONS D'ALFRED PARIS (SUITE) M. Myrio, en effet, possédait une nièce, fille d'une sœur aînée qui avait été pour lui une seconde mère. Cette sœur, mariée à un homme de lettres, mort très jeune, n'avait eu guère pour vivre que les secours à elle adressés par son frère reconnaissant. Et même l'entrepreneur avait fort bien fait les choses. Il avait appelé près de lui sa sœur et la fille de celle-ci, nommée Berthe. ”
Ausone,
Mélanges d'archéologie et d'histoire
(1840)
“ Dans quelques parties de la France , la veille du 1.er mai , les jeunes gens de la campagne rendent un hommage solennel aux filles nubiles du lieu , en ornant la façade de leurs habitations de trophées d'amour, appelés meyen ou mey-tahen, du mot meymaend mois de mai , mois consacré au beau sexe ainsi qu'à l'amour. ”
François-Joseph Parenty, Vie de madame Maës, née Taffin du Hocquet… (1841)
“ M. Maës, son beau-père, bailli de Bourbourg , n'avait que deux fils, dont l'un s'était consacré à Dieu dans la maison des Capucins de Saint-Omer, et lorsque ces religieux ve ¬ naient prêcher dans cette ville, ils descen ¬ daient chez Mme Maës. La confiance qu'ils lui inspirèrent, la portèrent souvent à les con ¬ sulter sur les affaires de sa: conscience. ”
Les perles du salon : peintres… (1845)
“ C'est l'étudiant toujours galant et enjoué sous sa soutane qui tombe en lambeaux, et s'occupant de tout, hors de ses livres; c'est la vie périlleuse du brillant toréador, le moine sensuel, le sereno complaisant, le hardi contrebandier, les bravades du majo et les jalousies de la maja. Le majo est élégant dans sa mise, gracieux danseur, bon chanteur, un vrai matamore fanfaron toujours prêt à imposer sa volonté, le couteau à la main. ”
Edmond Jaloux,
Le Reste est silence
(1909)
“ La petite May, qui avait dormi dans les fossés et s’était nourrie de fruits dérobés et de racines, qui avait été, dès l’enfance, vendue, prostituée et battue, qui ignorait ce qu’est un toit, ce qu’est une maison, la petite May, la vagabonde, dont la vie avait été un long rêve de misère et de tristesse, de honte et de rancœur, habita le palais le plus opulent et le plus vaste. Elle reposa sous des plafonds à fresques ou à caissons dorés, dans des lits armoriés et enveloppés de courtines de pourpre. ”
“ Mais, reprit la Mayeux en essuyant une larme, je n’ai pas à choisir, je me résignerai. Florine, péniblement émue, prit la main de la Mayeux, et lui dit : — Rassurez-vous ; il est des infortunes si touchantes qu’elles inspirent la compassion et non la raillerie ; je ne puis donc vous demander sous votre véritable nom ? ”
“ Au moment où Françoise posait son poêlon sur un coin de la table, la Mayeux, sortant de sa rêverie, remplit une cuvette d’eau et vint l’apporter au jeune forgeron, en lui disant d’une voix douce et timide : — Agricol, pour tes mains. — Merci, ma petite Mayeux... Es-tu gentille !... Puis, avec l’accent et le mouvement le plus naturel du monde, il ajouta : — Tiens, voilà ma belle fleur pour ta peine... — Tu me la donnes !... s’écria l’ouvrière d’une voix altérée, pendant qu’un vif incarnat colorait son pâle et intéressant visage. Tu me la donnes... cette superbe fleur... ”
“ Puisque vous prenez cette peine, mademoiselle, vous n’auriez qu’à prier le teinturier qui sert de portier de venir m’avertir... de venir avertir la Mayeux. — La Mayeux ? dit Florine avec surprise. — Oui, mademoiselle, répondit l’ouvrière avec un triste sourire, c’est le sobriquet que tout le monde me donne... et tenez, ajouta la Mayeux, ne pouvant retenir une larme, c’est aussi à cause de mon infirmité ridicule, à laquelle ce sobriquet fait allusion, que je crains d’aller en journée chez des étrangers... il y a tant de gens qui vous raillent... sans savoir combien ils vous blessent !... ”
Marguerite Burnat-Provins , Le Chant du Verdier (1906)
“ Ah ! les mayens ! les jolis mayens d’argent encadrés de pierres grises, les mayens tout petits, couchés dans l’herbe en face de la grande muraille nue, dure et veinée comme une agate. Il semble qu’une onde merveilleusement limpide roule sur les toits brillants sans cheminées, et l’air est plus pur que l’eau, la lumière plus pure que l’air dans ce pays d’élection des marraines, qui aiment se tenir sur les hauteurs et s’assemblent au clair de lune près des fontaines. ”
“ Avant que le forgeron eût répondu, la Mayeux, plus clairvoyante, s’écria : — Mon Dieu... Agricol... qu’y a-t-il ? comme tu es pâle !... — Ma mère ! dit alors l’artisan d’une voix altérée, en allant précipitamment auprès de Françoise, sans répondre à la Mayeux, ma mère, il faut vous attendre à quelque chose qui va bien vous étonner... promettez-moi d’être raisonnable. — Que veux-tu dire ?... Comme tu trembles !... regarde-moi donc ! mais la Mayeux a raison... tu es bien pâle !... ”
Jean-François-Nicolas Loumyer, Moeurs, usages et costumes de tous les peuples du monde… (1843-1844)
“ Autant les majos sont rebutants, autant sont avenantes les majas, auxquelles M. de Laborde donne une taille svelte, des manières aisées, une démarche leste, un œil vif, séduisant et animé, un sourire doux et caressant, un air dégagé, une jolie chaussure, un habillement léger et élégant, des grâces variées, un son de voix harmonieux, une amabilité naturelle et un geste expressif. ”
Renée Dunan,
Le Stylet en langue de carpe
“ Elle se tourne, prompte comme un félin, voit May, qui la voit à son tour. La porte se referme, May fuit, mais l’autre s’élance. On dirait qu’elle a bondi, toutes griffes dehors. Son cri de triomphe est celui d’une bête saisissant une proie. ”
“ De la fenêtre où elle était placée, la Mayeux, ne pouvant voir à qui s'adressaient ces signes d'intelligence, admirait la rare beauté de cette jeune fille, l'éclat de son teint, le noir brillant de ses grands yeux, le doux et bienveillant sourire qui effleurait ses lèvres. On répondit sans doute à sa pantomime à la fois gracieuse et expressive, car, par un mouvement rempli de grâce, cette jeune fille, posant la main gauche sur son coeur, fit de la main droite un geste qui semblait dire que son coeur s'en allait vers cet endroit qu'elle ne quittait pas des yeux. ”
“ La Mayeux secoua tristement la tête; une larme brilla dans ses yeux, et elle continua:— Quand je suis arrivée rue de Babylone, il faisait encore nuit; j'ai attendu qu'il fit grand jour.— Pauvre enfant... toi si peureuse, si chétive, dit Françoise profondément touchée; aller si loin, et par ce temps affreux, encore... Ah! tu es bien une vraie fille pour moi...— Agricol n'est-il pas aussi un frère pour moi? dit doucement la Mayeux en rougissant légèrement; puis elle reprit: lorsqu'il a fait grand jour, je me suis hasardée à sonner à la porte du petit pavillon ”
“ Et tes conseils seront suivis... ma bonne Mayeux; ils sont ceux de l'âme la plus élevée que je connaisse... Et puis, tu m'as rassuré sur cette démarche en me persuadant que le coeur de Mlle de Cardoville valait le tien...À ce rapprochement naïf et sincère, la Mayeux oublia presque tout ce qu'elle venait de souffrir, tant son émotion fut douce, consolante... Car, si pour certaines créatures fatalement vouées à la souffrance, il est des douleurs inconnues au monde, quelquefois il est pour elles d'humbles et timides joies, inconnues aussi... ”
Lucien Pemjean,
Petite madone
(1926)
“ « Pour tout le monde, aujourd'hui, Maï est une jeune fille dont le cerveau ne s'est pas développé normalement, dont l'esprit est resté enfantin et qui vit comme en marge de l'existence. « C'est ce que, dans nos provinces, on appelle une arriénée, une dégénérée, une innocente. « En un mot, c'est Maï-la-Simple. » Pol avait écouté avec une attention passionnée. — Et votre idée à vous, Monsieur Le Goël? demanda- t-il, quand l'ancien marin se fût tu. — Ah! mon idée à moi, elle est un peu différente de celle des autres... Il se peut que je me trompe, notez bien, mais ça m'étonnerait beaucoup. ”
Isabelle de Charrière,
Caliste ou Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ Si jamais je rencontre l’ours May, fils de l’âne May, hors de sa tanière, et dans un endroit tiers où je serai un homme et lui moins qu’un homme, je me promets bien que je le ferai repentir de ses ourseries. ”
Jean Macé,
Théâtre du Petit Château
(1862)
“ LINNÉE. Ta, ta, ta, ta, ta, qu'est-ce que c'est que ces petites révoltées? LE DAHLIA. Laissez-les dire, monsieur Linnée. Ce que vous voulez faire est très-joli. LE BOULEAU, Je suis tout à fait content, moi. LINNÉE. Ah çà ! et de quoi vous plaignez-vous, monsieur le Maïs ? LE MAÏS. Je me plains d'être séparé du Blé, du Seigle, mes proches parents, et de ma petite cousine l'Avoine que je ne veux pas quitter. L'AVOINE. Nous ne nous quitterons pas! Jamais ! A la vie, à la mort ! LINNÉE. Mais vous ne faites pas attention, mes pauvres amies, que vos étamines. ”
Edmond Jaloux,
Le Reste est silence
(1909)
“ Il serait enfin son propre roi, le dieu de sa vie, et, loin de l'insulte, hors de l'insanité du siècle et de l'offense humaine, il se créerait son monde, le magnifique et pompeux univers qu'il embellirait de sa grandeur et de son délire sacré! A l'aube, il se farda pour que May ne pût voir la trace des souffrances et des émotions sur son visage fatigué. Il la demanda, et, quand elle fut devant lui, distraitement, la regardant à peine : — May, vous n'avez plus rien à faire ici. Je n'ai pas à vous blâmer, ni à vous juger. Il n'y a ici ni pardon, ni condamnation, non, rien... ”
Karl May, Les Pirates de la mer Rouge
“ Il n’y a pas que des pèlerins dans la ville sainte. — Sans doute, il y a des marchands ; mais tous doivent faire acte de religion. — On ne les suit pas pour y voir. Quant à moi, voici ce que je ferais ; on peut aller à cheval d’ici à la Mecque en huit heures ; avec un excellent chameau on n’en met que quatre. J’entrerais tranquillement le matin dans la ville, je déjeunerais dans un khan, je visiterais les rues et le sanctuaire sans me presser ; tout cela ne me demanderait que quelques heures. Tout le monde me prendrait pour un Arabe et s’inquiéterait peu de moi. ”
“ Adieu... pour toujours adieu!... vous qui m'appeliez votre amie... votre soeur.Tout à coup la Mayeux se releva avec terreur; elle avait entendu marcher doucement dans le corridor qui conduisait du jardin à l'une des portes de son appartement, l'autre porte s'ouvrant sur le salon. C'était Florine, qui, trop tard, hélas! rapportait le manuscrit.Éperdue, épouvantée du bruit de ces pas, se voyant déjà le jouet de la maison, la Mayeux, quittant sa chambre, se précipita dans le salon, le traversa en courant, ainsi que l'antichambre, gagna la cour, frappa aux carreaux du portier. ”
Charles Diguet,
Trois femmes martyres
(1879)
“ Je m'enveloppai dans mon manteau et mis mon chapeau sur mes yeux, de façon à ne pas être reconnu. En sortant, je m'assurai que personne ne me suivait; je n'aperçus qu'une masse inerte auprès de la maison, c'était un nègre couché dans une couverture ; au bruit que firent mes pas sur les marches extérieures il leva la tête et se recoucha. J'arrivai sur le port. J'allais descendre dans l'embarcation quand je me sentis tiré par mon burnous ; je levai les yeux, c'était Maïa. — Si dans quatre mois vous n'êtes pas de retour, me dit-elle à l'oreille, je vous reverrai en France! ”
Paul Gaffarel,
Les Colonies françaises , par Paul Gaffarel…
(1880)
“ C'est la ville de Mahé, dont le territoire a une superficie de 5909 hectares et une population de 8000 âmes. Mahé est située sur la rive gauche et près de l'embouchure d'une petite rivière qui porte son nom et qui est navigable pour des bateaux de 60 à 70 tonneaux jusqu'à une distance de 10 kilomètres. L'entrée de cette rivière est barrée par des rochers qu'on ne peut franchir qu'à marée haute. A proprement parler, Mahé n'est pasune ville : c'est un jardin touffu où l'on a construit des maisons. On dirait un nid de feuillage. Les maisons européennes n'ont qu'un étage ”
Lucien Pemjean,
Petite madone
(1926)
“ C'est ce que j'aime le mieux! s'écria Maï. Et naïvement, gentiment, la chère enfant posa ses lèvres sur la gracieuse image. — Je le portais sur moi au moment de l'agression, expliqua la sœur de Pol. Heureusement les brigands ne l'ont pas remarqué et n'ont pu le souiller de leurs affreuses mains... J'ai seulement changé le portrait qui était celui de maman... J'ai mis le mien à la place, pour être toujours près de vous.... Quelques instants plus tard, les deux jeunes pensionnaires de M. Le Goël remontaient la route de La Clarté. ”
Emile Nolly, Hiên le Maboul (1908)
“ Très différente était Maÿ, pareille, dans l’éclat de ses quinze ans et la finesse de tout son petit corps svelte, à une idole de pagode : sous le front bombé, que le mouchoir de soie rouge encadrait, la ligne des sourcils se haussait doucement vers les tempes ; les yeux noirs rayonnaient, d’une grandeur inaccoutumée chez les femmes d’Annam ; le nez, presque droit et point écrasé, se retroussait à peine au-dessus des lèvres rougies au bétel, et tendres, et charnues comme un pétale d’hibiscus. ”
