“ Moussac acquiesça : — Au fait, Farjolle me l’a encore rappelé l’autre jour. Je vais lui écrire un mot, il nous attendra à la gare. — Oui, Farjolle est un bon garçon, dit Verugna. Viens-tu, Brasier ? — Certes. — Nous partirons demain matin, si vous voulez Moussac, vous vous chargez de le prévenir ? — Oh ! pourquoi le prévenir ? reprit Joséphine. Il n’y aura peut-être pas de quoi déjeuner, ce sera bien plus gentil. Brasier blâma cette opinion. — Joséphine est toujours la même. S’il n’y a pas de quoi déjeuner, nous serons tous bien attrapés. ”
Citations sur “Moussac”
“ Ils se retrouvaient au cercle, aux premières, à la Bourse. Par les femmes, les fêtes de Moussac méritaient aussi leur incontestable réputation parisienne. Pas de nouvelles venues, pas d’aventurières, sorties on ne sait d’où, éclaboussant les passants un jour et sur la paille le lendemain. Les femmes se connaissaient toutes entre elles, ainsi que les hommes ; elles vivaient en commun depuis des années, et leur histoire ne contenait pas de mystères. La plupart avaient eu les mêmes amants et les transitions s’étaient généralement effectuées sans scandale. ”
“ Elle finit par y consentir, et ils mangèrent en tête à tête ; Letourneur lui raconta des histoires pour la distraire et elle écoutait attentivement pour ne pas réfléchir. Il lui parla de sa femme et de ses malheurs en ménage, lui fit le récit du flagrant délit, ce qui troubla Emma et l’intéressa. Puis il afficha un mépris énorme de toutes les femmes et de tous les hommes qu’elle connaissait : de Moussac, de Verugna, de Joséphine, de Noëlle, de Brasier... Emma en éprouva une joie véritable. — C’est un vilain monde, dit-elle. — Un monde stupide pour lequel vous n’êtes pas faite... ”
Jean de Léry,
Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil
(1580)
“ Chè-roubichac, celuy qui est plus grand que moy : ce que nous appellons nostre Roy, Duc ou Prince. Moussacat, c’est un pere de famille qui est bon, et donne à repaistre aux passans, tant estrangers qu’autres. Querre-muhau, un puissant en la guerre, et qui est vaillant à faire quelque chose. ”
Georges de Moussac, Dans la mêlée, journal d'un cuirassier de 1870-1871… (1911)
“ Henri de Montenon, si brillant cavalier, souslieutenant au ier cuirassiers; l'intendant Séligmann ; de la Moussaye, lieutenant aux chasseurs d'Afrique, qui avait une barbe énorme, et fumait tranquillement sa pipe, pendant qu'on lui pansait l'épaule, dans laquelle il avait reçu un projectile. Le chirurgien me pria de soutenir le bras de M. de La Moussaye pendant ce pansement. Laymond, maréchal des logis chef; Dommartin , Parent, Puissec, maréchaux des logis au 3e, étaient là aussi ; Bassigny blessé, était à l'ambulance. ”
Dr Degott, Notice nécrologique sur L. Mousseaux… (1852)
“ En 1816 , peu après les deux campagnes de France, il obtint sa retraite et vint terminer sa carrière médicale à Metz, où il l'avait si bien commencée. Dans le calme de la vie civile, Mousseaux se montra ce que nous l'avons vu au milieu de l'agitation des camps : simple clans ses goûts, dans ses moeurs, sévère pour lui-même, inflexible pour tout ce qui touchait à ses devoirs, il se fit toujours remarquer à l'égard des autres, par une exquise urbanité, par sa modestie, par son indulgence, par sa bonté. ”
Sarnensis Petrus, Histoire de l'hérésie des Albigeois…
“ Les choses en étaient là quand les hommes de Moissac livrèrent la ville par trahison au comte de Toulouse, et ceux qui se trouvaient dans Moissac, au nom de Montfort, se retirèrent dans la citadelle qui était faible et mal défendue. Là, ils furent assiégés par Raimond, suivi d'une grande multitude de routiers, pendant trois semaines de suite; mais les nôtres, bien qu'en petit nombre, firent une vigoureuse résistance. ”
Guy de Maupassant,
Au soleil
(1884)
“ La brochure du commandant Coyne contient sur ce curieux petit peuple un nombre infini de surprenants détails. A Bou-Saada comme dans toutes les oasis et toutes les villes, ce sont les Mozabites qui font le commerce, les échanges, tiennent des boutiques de toute espèce et se livrent à toutes les professions. Après quatre jours passés dans cette petite cité saharienne, je suis reparti pour la côte. Les montagnes qu'on rencontre en se dirigeant vers le littoral ont un singulier aspect. Elles ressemblent à de monstrueux châteaux forts qui auraient des kilomètres de créneaux. ”
Edith Wharton,
Revue des Deux Mondes
“ Nous partîmes de bonne heure pour Mousson sur la Moselle, vieille forteresse en ruines sur une colline dominant la ville de Pont-à-Mousson. Notre route se déroulait aux pieds des hauteurs du Grand Couronné, allant du Sud-Est de Pont-à-Mousson à Saint-Nicolas-du-Port. Pendant tout l’automne dernier, ce joli pays n’a été qu’un vaste champ de bataille. De ces tristes jours, il ne reste d’autre souvenir visible que des croix de bois dans les champs ; on ne voit pas de troupes, aucun de ces tableaux de guerre qui donnaient, en mars, un aspect si tragique à l’Argonne. ”
Charles Guyon, Histoire d'un annexé : souvenirs de 1870-1871 (1877)
“ Je me suis un peu étendu sur ces tristes souvenirs, et me voici arrivé aux premières maisons de Pont-à-Mousson. Je distingue parfaitement les restes noircis par le temps du vieux château de Mousson. Ils sont là, immobiles, au milieu du tumulte de la guerre, témoins séculaires des luttes humaines, qui se sont succédées dans ce pays : preuves solides de la faiblesse de l'homme, qui agit tant et qui meurt, tandis que longtemps après lui, restent encore debout ces murs silencieux ! La plaine était encombrée de voitures, de soldats, de canons : tout annonçait l'approche d'une nombreuse armée. ”
Guillaume de Tudèle,
La croisade contre les Albigeois…
(1868)
“ A l'aube elle atteignit Le Bourg pour la dînée, Et vit le jour suivant Moissac, tierce sonnée. L'élite des routiers rude et déterminée Venait de l'occuper. Les bourgeois de Moissac virent donc l'host camper Sur la rive du Tarn, tout le long du gravier. C'est raison que plus d'un commence à se troubler. ”
Comtesse de Ségur,
Après la pluie, le beau temps
“ Bon, bon, bon, moussu Jacques, criait-il. — Ah ! coquin moussu Georges ! — Lui puni ! lui rouge ; lui effrayé. — Moussu Dormère attrapé. — Bon Moussu Jacques ! Rame aimer bon Moussu Jacques. — Petite Maîtresse contente ! — Pauvre petite Maîtresse ! Quand petite Maîtresse avoir maison, moi chasser moussu Georges avec fouet, moi laisser entrer Moussu Jacques toujours ; lui aimer petite Maîtresse ; lui bon, lui excellent ! lui en colère contre coquin Moussu Georges ; lui briller les yeux comme Rame ; lui beau en colère. Hop ! Hap ! Houp ! Vivat Moussu Jacques ! ”
La vérité toute nue exposée aux esprits éclairés et aux consciences honnêtes… (1881)
“ De la fin de 1859, au commencement de 1860, malgré des efforts surhumains de travail, d'intelligence, d'économie et d'honneur , les deux Maisons, de Moissac et de Marseille furent obligées de succomber et la faillite malgré nous, déclarée par le bon et l'immortel Tribunal de Commerce de Moissac. Nos ennemis politiques, non encore satisfaits d'avoir obtenu notre ruine, résolurent de nous flétrir dans ce qui nous restait de plus cher, l'honneur ! ”
Henriette de Witt,
Scènes historiques du protestantisme français
(1879)
“ Le contraste était grand entre les deux femmes, qui étaient assises sur un quartier de roc, les yeux fixés sur l'homme qu'elles aimaient toutes deux par-dessus toutes choses en ce monde. Inès de Moissac avait hérité d'une arrière grand-mère, venue de Toulouse et de race espagnole, ses beaux yeux fendus en amande, veloutés et fiers; elle lui devait aussi, à travers les élans d'une nature ardemment passionnée, une patience, une résolution silencieuse et indomptable qui étonnaient parfois madame de Moissac. ”
Urbain Athané, Essai sur Montauban et le Tarn-et-Garonne… (1908)
“ Il faut, en un mot, devenir d'excellents commerçants. AUTOUR DE MOISSAC. Un calvaire qui domine Moissac, en face d'un horizon immense et lumineux, prolonge les talus du coteau à l'est par la grasse campagne de Sainte-Livrade et le joli coin de Lizac dans un repli du Tarn ; à l'ouest, au dessous de Boudou, par le beau verger de Malause, sur lequel veillait dans l'antiquité Mercure, dieu du Commerce. Le château de Goulat à Malauze a été légué à Moissac en 1903 pour en faire un sanatorium. ”
Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain… (1873)
“ MOUSSERET, étang à Saint-Trivier-sur-Moignans. MOUSSERON, ham. de Cruzilles-les-Mépillat. MOUSSIÈRE (la) , ham. de Biziat. La Mossière. — Ce hameau apparaît dès le XIIIe siècle. Au mois d'avril 1275, noble Jacques de Féliciat, tant en son nom qu'au nom d'Henri de Féliciat, son frère, et de Marguerite, sa soeur, reconnut tenir en fief des templiers de Laumusse un mas qui y était situé. Au commencement du XVIe siècle, la terre de la Moussière était possédée par des gentilshommes en portant le nom. Jean Ier de la Moussière la laissa, le 14 octobre 1538, à Jean II, son fils. ”
Ben Jonson,
Les contemporains de Shakespeare…
“ CORVINO. Merci, mon bon Mosca. MOSCA. Franchement, librement, sans qu’on le lui ait demandé, sans qu’on l’en ait prié... CORVINO. Bien. MOSCA. Comme une preuve de sa fervente affection pour vous, sa propre femme, sa belle femme, la beauté, l’orgueil de Venise... CORVINO. C’est bien présenté. MOSCA. Pour être votre consolatrice et pour vous guérir. VOLPONE. Hélas ! je suis déjà mort ! Je t’en prie, remercie-le de sa tendresse et de son empressement ; après tout, c’est peut-être un vain travail que de vouloir combattre contre la destinée ; c’est approcher le feu d’une pierre ; uh ! uh ! ”
François Perrin de Dommartin, Le Héraut de Lorraine (1902)
“ Porte : d'argent à deux cottices d'azur, au canton gauche de sable, chargé de deux annelets d'or. Le feu sieur de Mousay estoit gentilhomme servant du duc Charles IV avant la guerre. Cette maison est originaire de Gascogne. Mousson ou Montson Porte : d'argent à une croix d'azur, semé de croix recroisettées au pied fichées d'or. Maison très illustre et esteinte. Les armes furent changées en celle du Pont, ville bastie au bas de la montagne de Mousson de part et d'autre de la Mozelle, sur laquelle, auparavant, il n'y avait qu'un pont de pierre et une tour forte pour garder le passage. ”
Ivan de Schæck, Promenade autour du monde, avec S. A. I. le grand-duc Boris de Russie… (1910)
“ En sortant de l'Hôtel Shepheard, après avoir contourné le beau jardin d'Ezbekîyé, une grande artère très animée, le Mouski, vous conduit au coeur de la vieille ville. Abandonnant alors votre voiture, vous pénétrez dans d'étroites rues, où les maisons à cabinets saillants et moucharabiehs se touchent presque au-dessus de votre tête. Dans ce dédale de ruelles boueuses et glissantes, où s'alignent des séries de boutiques, la circulation n'est pas facile. Vous êtes bientôt pris et roulé dans une cohue d'hommes et d'animaux, de marchands ambulants, de chariots, de cavaliers, d'ânes et de chameaux. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand.... La comtesse de Rudolstadt…
“ Il vit d’un côté la Marche stérile, sans arbres, sans habitations, avec ses collines pelées, ses étroits vallons, ses coteaux arides, où il semble parfois qu’une pluie de pierres ait à jamais étouffé la végétation, et ses cromlechs gaulois s’élevant dans la solitude comme une protestation du vieux monde idolâtre contre le progrès des générations. Au fond de ce morne paysage, le jeune baron de Boussac vit la petite ville dont il portait le nom, et son joli castel perdu comme un point jaunâtre dans les rochers de la Petite-Creuse. ”
Victor Baudot,
Au pays des turbans : Grèce, Syrie…
(1896)
“ ORTONS, si vous le voulez bien, par la porte orientale de l'Ezbékieh; remontons le Mouski jusqu'à la mosquée des Fleurs; immergeons-nous dans le quartier arabe. Le Mouski n'est pas une rue : c'est un fleuve. A peine y a-t-on mis le pied, qu'on se sent entraîné par le courant. Tous les types s'y rencontrent, toutes les variétés de costumes s'y confondent, toute la gamme chromatique des couleurs s'y déploie, depuis les tons les plus chauds jusqu'aux nuances les plus délicates ; toutes les montures s'y croisent, depuis l'âne guilleret et trotteur jusqu'au chameau massif. ”
“ Jeté sur des collines abruptes, le long de la Petite-Creuse, au confluent d’un autre ruisseau rapide, Boussac offre un assemblage de maisons, de rochers, de torrents, de rues mal agencées, et de chemins escarpés, qui lui donnent une physionomie très-pittoresque. Un poète, un artiste pourrait parfaitement y vivre sans se déshonorer, et préférer infiniment cette résidence à l’orgueilleuse ville de Châteauroux, qui a palais préfectoral, routes royales, théâtre, promenades, équipages, pays plat et physionomie analogue. ”
Alphonse de Cailleux,
Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France…
(1833-1837)
“ En 1188, la guerre ayant éclaté entre Raymond V, comte de Toulouse, et Richard, duc d'Aquitaine, Richard s'empara de plusieurs places du Quercy, parmi lesquelles se trouva le château de MOISSAC : néanmoins cette place rentra dans la puissance de Raymond VI, et c'est dans le cloître même que nous voyons maintenant, que ce prince, en recouvrant une partie de ses états, reçut le serment de fidélité des habitans. Puis, il jura sur les saints évangiles d'observer et de maintenir les coutumes du bourg de Saint-Pierre de MOISSAC, serment qu'on fit prêter aussi à dix de ses barons qui l'accompagnoient ”
“ Hélas ! trop souvent, l’appellation : « Moussu, Moussu ! » est aussi inutile que la précaution d’une charmante femme qui, maternelle aux poules, ne peut s’empêcher, dès qu’elle en aperçoit, de taper dans ses mains, du fond de la voiture, s’imaginant qu’en plus du grondement des gaz et des appels de la trompe, ce bruit étouffé instruit, à vingt mètres, les bêtes, du danger qui les menace. — Moussu, moussu ! crie Brossette au chien. ”
Henri de Lavillatte, Esquisses de Boussac (Creuse) (1907)
“ Nous avons indiqué par quelques grandes lignes la vie du Boussac des temps passés ; la cité, nous l'avons dit, n'a plus son aspect moyenâgeux; sous une habile administration, elle a su se transformer en moderne et coquette petite ville ; son commerce, ses foires surtout sont à juste titre renommés dans notre pays, son essor est pris. Il ne nous reste qu'à lui souhaiter de continuer dans la voie de prospérité et de progrès où elle s'est si heureusement engagée. ”
Johann Karl August Musäus,
Contes populaires de Musaeus
(1900)
“ Qu'y a-t-il? — Que votre Grâce prenne la peine de regarder, dit Jean d'une voix altérée ; il y a là un homme sans tête. — Nigaud, répondit la dame, quelle baliverne me viens-tu conter? Et quand cela serait, continua-t-elle en ricanant, un homme sans tête n'est pas une merveille si rare ; il n'en manque pas à Breslau, ni ailleurs. » Les deux demoiselles ne goûtèrent pas la plaisanterie de Mme la Comtesse; leur cœur bondissait d'effroi; elles se serrèrent en frissonnant contre leur mère, en murmurant : « Ah! bien sûr, c'est Rubezahl, l'Esprit-de-la-Montagne ! » ”
Alfred Mousseau, Les vermoulures
“ Il fait bien beau, de ce temps-ci, et nous pensons, Marie-Louise et moi, au plaisir que nous aurions si vous étiez là pour partager nos longues promenades. En attendant de vous avoir, nous vous désirons. Recevez donc, avec son cœur, la pensée de Votre Blanche. Viennent maintenant les combats et Édouard sera sûr de trouver, après la bataille, quelle qu’en puisse être l’issue, joie et consolation. On frappe ; c’est Ricard. Quelles bonnes nouvelles, demande Édouard ? — Tu crois aux bonnes nouvelles, toi. Tu es heureux. Moi, quand je n’en ai pas de mauvaises, ça me suffit. ”
Ben Jonson,
Les contemporains de Shakespeare…
“ MOSCA. Monsieur, le chevalier ne porte pas son nom pour rien, c’est un politique ; il sait que, bien que sa femme affecte des airs étranges, elle n’a pourtant pas une figure à être déshonnête ; mais, si elle avait celle de la femme du signor Corvino... VOLPONE. Est-elle donc si belle ? MOSCA. Oh ! monsieur, la merveille, l’étoile flamboyante de l’Italie ; un tendron au printemps de l’année, une beauté mûre comme la moisson, dont la peau est plus blanche que l’aile du cygne, l’argent, la neige ou les lis ; une lèvre moelleuse qui vous inviterait à un seul mais éternel baiser ”
Louis Leriche, Souvenirs d'un vieux libraire, par Louis Leriche… (1885)
“ Toutefois , il fallait aviser et c' est ce qu' elle fit . Le famulus de M. Normand fut invité à patienter un peu , – le temps nécessaire de monter à la caisse centrale – et Mlle Claire prit le chemin de l' entre-sol pour y retrouver son frère . Flamminet , sans demander d' autres explications , prit le billet et s' en fut , mélancolique et rapide , chez Mosès . Or , c' était jour de sabbat , et Mosès , se détachant des choses de la terre , en avait profité pour se rendre à la synagogue , histoire de prendre langue et de connaître le dernier cours de la Bourse . ”
