“ On ne saurait imaginer un plus beau spectacle que ce vaste parallélogramme, parsemé de bâtisses irrégulières irrégulièrement semées, avec ses portiques à colonnes légères, avec la masse imposante de la mosquée d’Omar dont les murs émaillés et la gracieuse coupole ornent le centre majestueux ; au-dessus un ciel sans nuage, abîme insondable d’azur ; à gauche les mille dômes blancs de la ville, capricieusement groupés les uns au-dessus des autres ; à droite, le mur crénelé qu’un gouffre sépare de la montagne des Oliviers et des lointains estompés de l’Arabie. ”
Mosquée d'Omar
Définition et enjeux
Citations sur “Mosquée d'Omar”
Mag Dalah, Un hiver en Orient... Préface de M. Éd… (1892)
“ Ce matin nous avons visité la célèbre mosquée d'Omar, bâtie sur le Haram, immense plate-forme nivelée par Salomon pour servir de piédestal à son temple. La mosquée d'Omar est peut-être la plus belle de toutes celles que j'ai vues. A la différence des mosquées d'Egypte, celle-là n'a point de cour entourée d'un cloître; elle forme une seule masse octogonale surmontée d'une coupole. L'extérieur est revêtu de faïences, où le bleu et le vert se marient avec une science connue seulement des Persans, et forment une teinte turquoise, admirable d'éclat. ”
Alphonse de Lamartine,
Voyage en Orient
“ La mosquée d’Omar, ou El-Sakara, édifice admirable d’architecture arabe, est un bloc de pierre et de marbre d’immenses dimensions, à huit pans, chaque pan orné de sept arcades terminées en ogive ; au-dessus de ce premier ordre d’architecture, un toit en terrasse, d’où part tout un autre ordre d’arcades plus rétrécies, terminées par un dôme gracieux couvert en cuivre, autrefois doré. — Les murs de la mosquée sont revêtus d’émail bleu ; à droite et à gauche s’étendent de larges parois terminées par de légères colonnades moresques, correspondant aux huit portes de la mosquée. ”
Alexandre de Laborde,
Revue des Deux Mondes
“ Albufeda porte à soixante mille le nombre des Musulmans qui périrent dans la mosquée d’Omar. « Voulez-vous savoir, dit Godefroi de Bouillon dans une lettre au pape, ce qu’on a fait des ennemis, sachez que dans le portique de Salomon et dans le temple, les nôtres ont eu du vil sang sarrasin jusqu’au frein de leurs chevaux. » Du haut du parvis, nous pûmes distinguer, malgré l’obscurité, l’ensemble des bâtimens entremêlés d’arbres et de plate-formes, et au milieu d’eux, la fameuse mosquée de la Roche, dont le dôme élevé domine le parvis et toute la ville de Jérusalem. ”
Gabriel Charmes, Revue des Deux Mondes
“ Je suis très loin d’avoir énuméré toutes les reliques que contient la mosquée d’Omar, le n’ai parlé ni de deux poils de la barbe de Mahomet enfermés dans un étui qui est enfermé lui-même dans un vase d’argent ; ni de l’étendard du Prophète enroulé autour de sa lance ; ni du drapeau d’Omar déployé aux yeux des fidèles ; ni des selles d’El-Borak en marbre blanc ; ni du puits des âmes où les âmes des musulmans se réunissent toutes les semaines, du dimanche au lundi et du jeudi au vendredi, pour adorer Dieu ”
J. T. de Belloc, Jérusalem, souvenirs d'un voyage en Terre sainte (1887)
“ Samedi 27 mai, nous avons visité la fameuse mosquée d'Omar, bâtie sur l'emplacement du Temple de Salomon. Les pèlerins logés à la Casa-Nova étaient en nombre, ayant à leur tête le R. P. Picard. Le frère Liévin nous servait de guide, et nous donnait les plus intéressants détails sur les monuments musulmans que nous admirions. Le principal d'entre eux, la mosquée d'Omar, est le chef-d'œuvre le plus accompli de l'art arabe. Les mahométans considèrent cette mosquée comme l'un de leurs plus célèbres sanctuaires. ”
Gabriel Charmes, Revue des Deux Mondes
“ VI. HARAM-ESCH-CHERIF. L’église du Saint-Sépulcre n’est pas le seul monument de Jérusalem qui rappelle de grands souvenirs religieux. Bâtie sur le mont Moriah, à la place qu’occupait jadis le temple des Hébreux, la mosquée d’Omar est certainement un des lieux où l’humanité s’est rapprochée le plus près de la divinité. Elle a d’ailleurs sur le saint sépulcre l’avantage d’une authenticité incontestable. ”
“ Le temps niveleur a jeté sur le tout son uniforme couleur de vieille terre cuite rougeâtre, ses plantes de murailles, son même délabrement, sa même poussière. L'ensemble, emmêlé, fait de pièces et de morceaux, formidable encore dans sa vieillesse millénaire, raconte le néant humain, l'effondrement des civilisations et des races, répand une tristesse infinie sur le petit désert de cette esplanade où s'isole là-bas le beau palais bleu surmonté de sa coupole et de son croissant, la belle et l'incomparable mosquée d'Omar. ”
Charles Blanc,
L'architecture (Nouvelle éd.)
(1904)
“ Lorsque le génie de l'art s'éteint dans une partie du monde, il s'éveille dans une autre ; il est en cela comme le soleil, dont tous les couchants sont des aurores. C'est durant la plus triste époque de notre moyen âge, du VIIe au Xe siècle, que l'art musulman se constitue et qu'il élève à Jérusalem la mosquée d'Omar, sur l'emplacement du temple de Salomon, au Caire, les mosquées d'Amrou et de Touloun, en Espagne, la fameuse mosquée de Cordoue et le merveilleux palais de Zara, qui était porté sur quatre mille trois cent colonnes. ”
René Ménard, Le monde vu par les artistes : géographie artistique (1881)
“ Si la mosquée d'Omar est pour les artistes le monument le plus intéressant de Jérusalem, c'est naturellement le Saint-Sépulcre qui attire tout d'abord l'attention des chrétiens qui visitent la terre sainte. L'édifice dans lequel il est renfermé est lui-même un assez curieux spécimen de l'architecture religieuse : les constructions ne sont pas toutes du même style, et on voit qu'elles ont été élevées à différentes époques. ”
Alexandre de Laborde,
Revue des Deux Mondes
“ À la porte même du saint Sépulcre, on trouve assis le gouverneur turc et les gens de sa suite, recevant le tribut des pélerins ; on n’entend dans les rues que la voix du muezzin qui appelle les Musulmans à la prière, et de tous côtés on ne peut échapper à la vue du croissant de la mosquée d’Omar. Une curiosité bien naturelle, un sentiment bien vif s’emparent alors du voyageur : c’est le désir de pénétrer dans cette enceinte redoutable, dans cet édifice mystérieux, construit sur le parvis d’un autre plus mystérieux encore, le temple de Salomon. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Journées de voyage en Syrie
“ Dans le triangle compris entre les deux ravins, sur les pentes abruptes et les petits monticules du plateau, une ville assombrie, terne et singulière, relevée par quelques dômes noirs, apparaît distinctement dans son enceinte de hautes murailles. L’œil y discerne tout d’abord une large coupole, isolée au milieu d’une plate-forme vide, surplombant le ravin de l’est ; c’est la mosquée d’Omar, l’ancien temple, sur le Moriah. Plus haut, deux dômes inégaux tranchent sur l’uniformité des toits en terrasse : c’est le Saint-Sépulcre. ”
Gabriel Charmes, Revue des Deux Mondes
“ Tandis que le tombeau de Jésus présente tous les caractères d’un sanctuaire apocryphe, la mosquée d’Omar s’élève au contraire, on ne saurait en douter, sur la hauteur même où les Hébreux avaient placé le saint des saints. En passant d’une religion à une autre, de l’hébraïsme à, l’islamisme, le temple de Jérusalem a pu changer de forme, il n’a pas changé de destination. Le culte que les fidèles musulmans célèbrent sur le mont Moriah est, à le bien prendre, malgré les différences extérieures, le même culte que les Hébreux y célébraient autrefois. ”
J. Desvoges, Lumière et joie d'Orient : impressions de voyage (1908)
“ Extérieurement, la mosquée dite d'Omar à cause du calife qui la consacra à la religion de Mahomet est de forme octogone et mesure cent soixante-seize mètres de tour. Elle n'a pas de minaret et sa coupole de diverses couleurs, où le bleu domine, brille au soleil comme un beau lazuli. Au temps de l'empire latin, cette mosquée fut transformée en église ; mais après les Croisades, reconquise par les Turcs, elle fut purifiée, dit-on, avec de l'eau de rose, dont on avait chargé 500 chameaux. ”
M. Bida et auteur anonyme, Le Tour du monde
“ La permission de visiter la mosquée d’Omar ne s’accorde que bien rarement, et je ne dois cette faveur qu’aux excellentes relations de notre consul avec le gouverneur. Pendant toute la visite, ces deux personnages regardaient par une fenêtre du sérail donnant sur le parvis ; car on n’est pas sans crainte en voyant un chrétien s’engager dans des lieux si redoutables. Grâce à Dieu, tout s’est bien passé. — Vers le soir, je sors seul par la porte de Jaffa, et je vais faire mon kieff, c’est-à-dire prendre du café et fumer un narghilé, dans un kiosque hors des murs. ”
Le P. Cogniard, L'Orient à vol d'oiseau (1902)
“ A l'orient de la ville est un vaste terrain, de 300 mètres de long, sur 200 de large, soutenu vers le sud-est par des galeries voûtées, bordant le mur qui domine la vallée de Josaphat. Cette magnifique terrasse, appelée par les Arabes « l'enceinte sacrée », est le sommet aplani du mont Moriah, sur lequel fut élevé le temple de Salomon. Elle supporte maintenant deux mosquées. La première est la Mosquée d'Omar, qui fut construite en 648 par des architectes grecs. C'est un édifice admirable d'architecture orientale ”
Philippe Berger, Notes de voyage : de Paris à Alexandrie… (1895)
“ Qui sait si le rocher de Morija n'est pas devenu le soubassement du grand autel des Sacrifices, dont on croit reconnaître encore la rigole sur la pierre de la mosquée d'Omar? Toute cette montagne est pleine d'anciens souvenirs. La mosquée d'Omar n'est pas le plus ancien des édifices qui la recouvrent. Derrière elle, au bout d'une alJée de cyprès et de chênes verts, s'élève le portique austère de la mosquée d'El-Aksa, qui couronne le mur d'enceinte et domine la vallée du Cédron. On y retrouve encore l'ornementation arabe, mais l'architecture n'a rien d'oriental. ”
Louis Bunel, Jérusalem, la côte de Syrie et Constantinople en 1853… (1854)
“ Son aspect est peut-être ce que j'ai vu déplus oriental à Jérusalem. Au premier plan une ligne de fortifications en pierres jaunes qui serpente suivant les accidents du terrain, puis au-dessus un beau palmier, dont la tige élancée s'élève couronnée d'un riche bouquet ; et au second plan le bâtiment de la mosquée avec ses murs à teinte rouge et sa coupole aux reflets bleus. A côté est la mosquée des Maugrebins. Tout chrétien qui est surpris dans l'enceinte de la mosquée d'Omar est puni de mort. ”
Gabriel Charmes, Revue des Deux Mondes
“ A part la mosquée d’Omar, qui est marquante, et le saint-sépulcre, dont quelques parties sont remarquables ; à part le Haram-esch-Chérif tout entier, dont les ruines ont un grand intérêt, l’artiste y trouve bien peu de chose à admirer. ”
Melchior Vogüé,
Les églises de la Terre Sainte
(1860)
“ Telle devait être la seconde église du Saint-Sépulcre, celle de l'Ascension, et les nombreuses églises grecques qui ont servi de type à Saint-Vital de Ravenoe, au dôme d'Aix-la-Chapelle et aux autres édifices circulaires ou polygonaux de l'occident. Une différence pourtant les sépare; la mosquée d'Omar n'a pas d'abside et n'a jamais pu en avoir, ce qui prouve qu'elle n'a pas été construite primitivement pour être destinée au culte chrétien. ”
Józef Lubomirski, La côte barbaresque et le Sahara… (1880)
“ Les mosquées se ressemblent toutes, et quand on a visité SainteSophie, la mosquée d'Omar, celle de Mehemet-Ali et d'Hassan, il n'y a guère de temple musulman qui vaille la peine d'être vu au prix d'un danger ou d'une fatigue quelconque. ”
Le P. Havard, Le Premier pèlerinage de pénitence et la Terre sainte… (1888)
“ La mosquée d'Omar, la plate-forme et l'esplanade qui entourent la mosquée, correspondent à peu près à la Maison de Dieu, au parvis d'Israël et à celui des Gentils. L'esplanade (500 mètres sur 300) , présente une surface bien nivelée, et plantée çà et là d'oliviers et de vieux cyprès. On y voit également un certain nombre de Mihrab et de Kibleh, petites constructions gracieuses où se mettent les musulmans pour prier, ou vers lesquelles ils se tournent. ”
Celâl Esad Arseven, Constantinople de Byzance à Stamboul
“ La mosquée d’Omar fut bâtie sur un plan octogonal, forme qu’on rencontre souvent en Syrie. Une autre mosquée, appelée Aksa, fut construite à côté de la mosquée d’Omar. La Syrie se remplit de monuments musulmans. C’est ainsi que l’art byzantin de Syrie, de concert avec l’art arabe dont il avait déjà subi l’influence, a produit l’école arabe de Syrie. ”
Melchior Vogüé,
Les églises de la Terre Sainte
(1860)
“ Le style du reste de l'édifice est moitié arabe, moitié occidental : la disposition générale est empruntée à l'Orient. Je pourrais citer une foule de petits oratoires analogues, bâtis par les musulmans dans les cimetières et dans les enceintes sacrées; le parvis de la mosquée d'Omar en est rempli; il suffit d'avoir traversé une grande ville de Syrie ou d'Egypte pour être familiarisé avec ce genre d'édifice. Mais, quoique inspiré par une pensée orientale, le petit monument dont nous, nous occupons a une parenté évidente avec les constructions de l'Occident ”
Amédée de Damas, Voyages en Orient, par le R. P. de Damas… (1866)
“ Alors le calife donna des ordres pour la construction d'une superbe mosquée. L'édifice s'éleva et prit le nom de Gameat-el-Sakra, autrement dit mosquée de la Roche, à cause d'une tradition qui désigne cet endroit comme celui où Dieu parla à Jacob. A l'époque de la prise de Jérusalem par les armées de la croix, des flots de sang inondèrent la mosquée d'Omar. Après une vigoureuse résistance de ce côté des remparts, les musulmans vaincus se précipitèrent dans cet asile réputé chez eux inviolable. Ils y furent massacrés. Ensuite on purifia la mosquée ”
X.-B. Saintine,
Trois ans en Judée, par P. Gérardy Saintine…
(1860)
“ Mosquées d'Es-Sakhra et d'El-Aqsa, anciennement temple deSalomon et église de la Présentation. Visiter la mosquée d'Omar, tel est le rêve de tout voyageur en Palestine ; son désir est d'autant plus grand qu'il sent le fruit défendu. Que de démarches n'entreprend-il pas pour obtenir cette autorisation? Et, lorsqu'il en reconnaît l'inutilité, que de fois ne passet-il pas devant la porte, espérant au moins pouvoir pénétrer sur l'esplanade ! ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et il fit ainsi déblayer l’emplacement de la mosquée qui porte encore son nom, et qui est la mosquée la plus belle sur la terre. — Et Omar — qu’Allah le comble de Ses dons choisis ! — avait pour habitude de tenir un bâton à la main et, vêtu d’un habit troué et raccommodé en divers endroits, de parcourir les souks et les rues de la Mecque et de Médine, en admonestant avec sévérité et rigueur, et même en châtiant à coups de bâton, séance tenante, les marchands qui trompaient les acheteurs ou surfaisaient la marchandise. ”
Marie Joseph Daspres, Pélerinage en Terre-Sainte : journal de la caravane partie de Marseille le 28 août et dissoute à… (1870)
“ A l'extrémité de la grande nef, la charpente s'élève presque du double de sa hauteur pour soutenir une jolie coupole. A droite et à gauche s'étendent de longues galeries; celle de l'ouest rappelle un précieux souvenir. C'est là, entre les deux premiers piliers, que la sainte Vierge amena son divin Fils pour le présenter au grand-prêtre. Les Musulmans qui ont voulu faire de la mosquée d'Omar un vrai musée des prophètes, ont voulu avoir aussi le berceau de l'Enfant-Jésus, et ils montrent une pierre creusée qui a dû être un bénitier de l'ancienne église de la Présentation. ”
Charles Berton, Quatre années en Orient et en Italie… (1854)
“ On dit que l'accès de la mosquée d'Omar est interdit aux catholiques, sous peine d'excommunication, à cause du danger d'apostasie. Il est certain que les Turcs n'entendent pas raison sur cet article. On raconte qu'un Anglais, muni d'un firman, parvint à y entrer, mais ne reparut plus. Du moins il est de règle que nul chrétien ne peut en sortir sain et sauf sans avoir — 464 — embrassé l'islamisme. ”
Achille Fouquier, Hors de Paris : canal de Suez, Le Caire… (1869)
“ Une plate-forme plus élevée, à laquelle on parvient par des marches en marbre blanc, sert en quelque sorte de piédestal à des portiques isolés d'une rare élégance. Ils sont formés de trois, quatre, cinq ou six arceaux en ogive que supportent, trois ou quatre colonnes réunies. Ces char- mantes constructions, dans le genre de celles que nous voyons dans la cour du palais des beaux-arts, indiquent, sans le circonscrire, le lieu consacré au centre duquel s'élève la mosquée d'Omar, dont le nom véritable est El-Koubbet-el-Sakhrah. ”
P.-N.-Rose Dollet, Souvenirs d'un berger champenois… (1866)
“ Il devait être immense, ce temple, puisque sur son vaste emplacement la superbe mosquée d'Omar, bâtie au septième siècle, et qui est encore aujourd'hui le temple le plus révéré des Musulmans, après ceux de Médine et de la Mecque, n'occupe qu'un petit coin de cette vaste enceinte. Pourquoi toutes ces ruines, tous ces malheurs ? Le prophète va nous l'apprendre : « Jérusalem a » commis un grand péché, c'est pourquoi elle » est devenue errante et vagabonde; tous ceux Il qui l'honoraient l'ont méprisée, parce qu'ils » ont vu son ignominie, et elle a tourné son » visage en arrière en gémissant. ”
