Folie morale

Définition et enjeux

Léon Riboud Essai sur l'irresponsabilité des aliénés dits criminels… (1884)

J'estime qu'il n'y a pas en réalité de cause morale de la folie, c'est-à-dire qu'une cause morale à elle seule ne produit pas la folie. Je sais bien que lorsque l'aliéné né présente aucune altération palpable du cerveau, on est tenté de conclure à la nature morale de la folie; on dit que ce malheureux se trompe par suite d'une ambition excessive, d'une tristesse profonde, d'une crainte exagérée, d'un amour désordonné, d'une passion violente, mais on oublie de se demander comment ces forces morales sont devenues des causes de folie.
Source : Gallica

Gabriel Tarde Études pénales et sociales (1892)

La folie proprement dite, au contraire, est l'insertion, durant la vie, d'un nouveau caractère, parasitaire et rongeur, sur le caractère primitif. Voilà pourquoi j'ose prétendre que la folie morale, bien que son existence soit indéniable, est mal nommée. Il y a une autre raison, c'est que cette anomalie cérébrale rend l'individu impropre à remplir les fins sociales, mais non les fins individuelles de son activité, en quoi elle diffère des troubles intellectuels et sensoriels.
Source : Gallica

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