André de Guerne, Les Siècles morts
“ Foulant comme un tapis des corps de femmes nues, Danse la danse sainte en l’honneur du Dieu noir. Au bruit sourd du tambour qui ronfle et la stimule, Glissant et s’allongeant, rompant ses nœuds tordus, La danse orientale en rhythmes lents ondule ; Et le Danseur s’avance et s’arrête et recule Et tourne, les yeux clos et les bras étendus. En cadence, imitant la course circulaire Des astres emportés dans le haut firmament Autour de l’axe d’or de la splendeur solaire, Dans le strident éclat du chant qui s’accélère, Il tourne, tourne encore et tombe en écumant. ”
