Paul Valéry,
Monsieur Teste
(1895)
“ De quoi j’ai souffert le plus ? Peut-être de l’habitude de développer toute ma pensée — d’aller jusqu’au bout en moi. ”
Paul Valéry,
Monsieur Teste
(1895)
“ De quoi j’ai souffert le plus ? Peut-être de l’habitude de développer toute ma pensée — d’aller jusqu’au bout en moi. ”
Comtesse de Ségur,
Mémoires d’un âne
(1860)
“ pensai-je ; que devenir ? Si je reste ici, je périrai de froid, de faim, de soif. Mais où aller ? Qui est-ce qui voudra de moi ? ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ Sans perdre de temps, nous montâmes en bateau pour aller voir le volcan de la mer. Ce point de vue ne vaut pas l’autre. Le cratère est trop éloigné du spectateur. On distingue, il est vrai, comme un bouquet de feu d’artifice, la gerbe de matières brûlantes projetées par le volcan ; mais la scène n’a plus ce caractère grandiose que lui prêtent d’en haut et la fumée incandescente s’élevant en tourbillons, et la triple enceinte des vieux cônes dont les flancs noirs rougissent à la lumière de l’éruption. ”
Laurence Sterne,
Vie et opinions de Tristram Shandy
“ Prêcher ?... quel mot, messieurs ! ce mot, tel que les prédicateurs d’aujourd’hui ; l’entendent, signifie l’action de montrer l’étendue de ses connoissances, d’étaler son érudition, de faire valoir les finesses et les subtilités de son esprit. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
E.T.A. Hoffmann - Contes fantastiques
“ Sais-tu certainement, ton esprit te dit-il avec fermeté, que tu pénétreras au fond de ce mystère ? — D’autres que toi, et en grand nombre, ont cru à leur vocation, et sont restés toute leur vie de pitoyables racleurs. ”
“ Pourquoi vous troublez-vous, et pourquoi ces pensées s’élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c’est bien moi. Touchez et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. ”
Jean Pellerin,
Le Bouquet inutile
“ Votre oui Condescend et termine. Car il va venir. Ébloui Votre cœur s’achemine, Et votre désir, vers le soir Dénouant votre tresse, Vers son regard et sa caresse Et vers le poison noir. ”
Ancien Testament, Ecclésiastique - Siracide
“ Sois ferme dans ton sentiment, et que ton langage soit un. Sois prompt à écouter, et lent à donner une réponse. Si tu as de l’intelligence, réponds à ton prochain ; sinon, mets ta main sur ta bouche. La gloire et la honte sont dans la parole, et la langue de l’homme cause sa perte. ”
John Cleland,
Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir
(1749)
“ Faut-il ajouter que les hommes juraient volontiers et que les Damnations, les Futitions, les Malédictions, le Ciel et l’Enfer formaient dans ces exclamations irritées les plus étranges alliances de mots qui contrastaient souvent avec un langage fort raffiné et témoignant d’une profonde culture. ”
Maurice Leblanc,
Victor, de la Brigade mondaine
“ Ainsi, tout en vous est contradiction, votre calme et votre ardeur, votre raison qui est saine et vos instincts qui sont violents, votre froideur et votre sensualité, vos désirs d’amour et votre volonté d’indépendance. ”
Friedrich Nietzsche,
Généalogie de la morale
(1887)
“ Comment lui échapper, à ce regard fatal qui vous laisse une profonde tristesse ? ce regard rentré des mal venus dès l’origine qui nous révèle le langage qu’un tel homme se tient à lui-même, — ce regard qui est un soupir. ”
Antonin-Dalmace Sertillanges,
Saint Thomas d'Aquin
(1931)
“ Comment penser, et penser sagement, que ce soit en matière de vice ou de vertu, au milieu des troubles de la chair, de ces alternatives de désir, de furie, de déceptions, de regrets, de reprises, qui dévorent les forces de l'âme, et sous le poids de ces chaînes de l'habitude qui entravent nos mouvements ? ”
Émile Verhaeren,
Verhaeren - Poèmes
“ D’autres sens te naîtront, subtils et maladifs, Ils renouvelleront ton être, usé de rages, Et tu seras celui qui fut sanglant un peu, Qui bondit hors de soi et creva les mirages Et, biffant une vie, a fait œuvre de Dieu ! ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
“ À quoi bon te raidir et te débattre sous un joug dont tu cherches en vain à t’affranchir ? Ainsi que ton Dieu, je lis dans la profondeur la plus intime de ton être, et tout ce que tu as jamais tenu secret, tout ce que tu voudrais cacher en toi-même, m’apparaît clairement et à découvert. ”
Jacques d’Adelswärd-Fersen,
Messes noires ; Lord Lyllian
“ Arrière donc, l’idée, qui nous débauche et qui nous trahit — et vous rayerez du monde la moitié des maux et la moitié des crimes. Arrière, l’idée qui fait de nous des êtres compliqués, envieux et responsables. ”
Georges Docquois,
Le Poème sans nom
“ Te montrant de mon goût toute la violence, Tu pesas mon plaisir sur ta fausse balance, Et tu me dis : « On ne se lasse pas de moi ! » De la sorte, je sus ta magnifique foi Dans toi-même et comment dehors elle s’élance. ”
Amélie Gex,
Vieilles gens et vieilles choses
(1885)
“ Les penseurs, les philosophes à la recherche du grand mystère que cèle l’Univers, se plairont à redire ces strophes poignantes, où palpitent les pensées les plus nobles, les plus élevées, d’où jaillissent, intimement mêlés, des éclats de douleur et des alléluias d’espérance. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Regards historiques et littéraires
“ Le cœur peut-il s’expliquer ? — Un autre peut-il te comprendre ? — Comprendra-t-il de quoi tu vis ? — La pensée exprimée est déjà un mensonge. — En faisant jaillir la source, tu la troubles ; — bois-y longuement et tais-toi. ”
Alexandre Dumas,
Gabriel Lambert
“ Sensations délicieuses, sans doute, dans l’état ordinaire de la vie, et quand l’existence de cet être est le résultat des conditions de la société ; sensations douloureuses, amères, terribles, quand chaque tressaillement rappelle la faute et présage le malheur. ”
H. Jonette, Exercices gradués à l'usage des élèves de l'enseignement secondaire spécial… (1869)
“ Ecrivons. Les mots qui servent à compléter le sujet, ou le verbe, ou l'attribut, s'appellent des c. Paul est très-malade aujourd'hui. — La ville entière est sortie à sa rencontre. - Nous pourrons partir sans retard.- La vie à la campagne n'est pas toujours agréable. — Prenez tout cela. — Je m'abandonne à ma douleur. — La vertu la plus grande est la vertu qui n'attend pas de récompense. Prenons dans ces phrases les mots qui servent de compléments. Écrivons-les ici en indiquant de quel terme ils sont les compléments, ainsi : très complément de l'attribut malade. ”
François Villon,
Poésies complètes (extrait, Ballade - De bon conseil…
“ Quester, mentir, affermer sans fiance, Farcer, tromper, artifier poison, Vivre en peché, dormir en deffiance De son prouchain sans avoir confience ? Pour ce conclus : de bien faisons effort, Reprenons cueur, ayons en Dieu confort. ”
Alain,
Lettres au docteur Henri Mondor au sujet du cœur et de l’esprit
“ Dont nous voyons, et vous surtout, une sorte d’imitation inférieure, mais encore humaine, dans ces souffrances en partie imaginaires, si bien prévues et attendues, on oserait dire désirées, et qui portent en ce sens la marque de l’esprit. ”
“ Et ne pas deviner votre Verbe voilé ? Qui ne sent pas, courbé sous ses douleurs profondes, L’invincible besoin de prendre son essor, Pour vous chercher partout dans ces étranges mondes Que vous avez semés comme des sables d’or ? ”
Wenceslas-Eugène Dick, Le Roi des étudiants
“ Quand nous serons bien gris, nous parlerons raison ; nous ferons de la philosophie, de la psychologie, de la physiologie, de la phrénologie — tout ce que vous voudrez. En attendant, amusons-nous, et haut les verres ! ”
Jean Gilbert Victor Fialin Persigny, Lettre de Rome, par le duc de Persigny (1865)
“ Quels que soient, d'ailleurs, leur esprit, le 'charme de leur conversation et les qualités qui distinguent plusieurs d'entre eux, on sent que la passion, l'ignorance et les préjugés ont mis comme un voile entre eux et le monde réel. ”
E. Sainte-Marie Perrin, Revue des Deux Mondes
“ Car, sous le courant des mots que disent les hommes, passe le courant de leurs pensées secrètes. Derrière le masque du langage, j’aperçois les yeux des choses inexprimées, et je sens le battement du cœur sous le déguisement des paroles. ”
Victor Giraud , Revue des Deux Mondes
“ Logique, ironie, éloquence, poésie, mépris, colère, pitié, tendresse, il prend tous les tons ; toutes les formes de la pensée, toutes les nuances du sentiment, il les exprime avec une aisance, avec une justesse et avec une force qui tiennent véritablement du prodige. ”
“ Tous les détails, toutes les habitudes de votre vie, toutes les fibres de votre cœur, tous les ressorts de votre intelligence sont tellement liés, enlacés et rivés au joug du mensonge, à la loi des ténèbres, qu’il semble que je vous donne la mort en voulant vous donner la foi. ”
André Léo,
Musée littéraire, choix de littérature
“ Partout enfin les oreilles du jeune homme étaient habituées forcément à ce langage qui présente le vice comme chose naturelle, inévitable, même au milieu de ce monde, et plaisante, tandis qu’il voyait ces habitudes vicieuses elles-mêmes, embellies par toutes les poésies de la beauté, de l’imagination de l’esprit, du cœur même parfois. ”
Maurice Bouchor,
Les Poëmes de l’amour et de la mer
“ Et moi, songeur devant eux Et cherchant à les comprendre, Jamais je ne pourrais rendre Le mystère de tes yeux ; Car leur cruelle ironie Qui brille et sourit sans fin Se mêle au charme divin D’une tendresse infinie. ”
François de Sales,
Introduction à la vie dévote
(1695)
“ Faites que je joigne l’attention à mes prières, la tempérance à mes repas, l’exactitude à mes emplois, et la constance à mes résolutions. Seigneur, excitez-moi à veiller sur moi-même, afin que j’aie toujours une conscience droite, un extérieur modeste, une conversation édifiante, et une conduite régulière. ”
Élie Berthet,
Le Nid de cigognes
“ Sans votre attachement pour un proscrit qui traîne partout après lui la douleur et l’infortune, vous seriez encore sur la terre... belle et souriante, vous commanderiez encore le respect et l’affection. ”
Joseph Demoulin,
Les plébéiennes
(1880)
“ Dans cet espace étsrit qu'un faible regard sonde, Par la pensée, on voit s'agiter tout un monde ! Passions, intérêts, vices, vertus, amours, Sourires et douleurs dont sont tressés nos jours. Que d'erreurs ! ”
Georges Palante,
Revue philosophique de la France et de l’étranger
“ Bref, le mot aux contours bien arrêtés, le mot brutal qui emmagasine ce qu’il y a de stable, de commun et par conséquent d’impersonnel dans les impressions de l’humanité, écrase ou tout au moins recouvre les impressions délicates et fugitives de notre conscience individuelle. ”
Vianesio Albergati, Les louanges de la Folie
“ Combien les sages sont fascheux en toutes les actions humaines. Si de malheur aucuns de ces sages entrent en un banquet, soudainement avec leur trop de gravité, leur pondereux propos & fascheux discours, ils le remplissent tout de tristesse, melancholie & silence. ”
George Sand,
Histoire de ma vie
“ Faisant bon marché de moi-même et de ma propre douleur, je me dis que mon livre serait peu lu et ferait plutôt rire à mes dépens, comme un ramassis de songes creux, qu’il ne ferait rêver aux durs problèmes du doute et de la croyance. ”
Amélie Bosquet,
La Normandie romanesque et merveilleuse
“ C’est vraiment une considération curieuse, dans l’histoire des superstitions, que la persistance des préjugés qui obscurcissent l’intelligence, et pèsent sur la conscience humaine, et la persistance des passions, non moins tenace que celle des préjugés. ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Si vous n’avez rien à m’apprendre, Pourquoi me pressez-vous la main ? Sur le rêve angélique et tendre, Auquel vous songez en chemin, Si vous n’avez rien à m’apprendre, Pourquoi me pressez-vous la main ? ”
Anonyme, Les Fouteries chantantes
“ Que dire à cela ? J’ai sucé l’apprentissage ; Encor celui-là. Dans mon con rempli de charmes, Je vis autrefois D’un vit répandre les larmes, Par le cher d’Artois, Et lors, en digne bougresse, Que dire à cela ? ”
Horace Raisson, Code galant, ou, Art de Conter fleurette
“ Un langage naturellement humble et tremblant, ou le parler arrogant et haut, sont des signes également caractéristiques.Une parole prompte, mais bégayante, est le propre des esprits étourdis, précipités; l'excessive lenteur dans l'articulation des mots est une conséquence de la pesanteur de l'esprit. ”
Sophie Gay,
Anatole
(1815)
“ Mais, pour concilier ma religion sur ce point avec le plaisir de m’entretenir d’une personne à laquelle j’ai tant d’obligations, convenons d’un point qui tranquillisera ma conscience et la vôtre. Le motif du mystère qu’il exige vous est connu ”
Benoît de Nursie,
Règle de saint Benoît
“ Si vous voulez jouir de cette vie, véritable et éternelle, empêchez que votre bouche ne s’ouvre pour dire du mal, et que vos lèvres ne prononcent des paroles doubles et trompeuses ; détournez-vous du mal, et faites le bien ”
Ludovic Carrau, Revue des Deux Mondes
“ Que de maux irréparables, que de souffrances, de hontes et de ruines préviendrait un examen plus scrupuleux des singularités de caractère ou de conduite qui, aux yeux d’un aliéniste exercé, sont l’indice d’une de ces passions pathologiques ! ”
Clovis Pinard, Pierre Lainné, modèle de la vie chrétienne et sacerdotale… (1847)
“ Elle veut de plus, dans la parole, Ce je ne sais quoi qui vous touche, vous brûle, vous entraîne, pénètre jusqu'au plus profond de vous-même, ébranle tout votre être, soulève les masses comme lès individus, et leur arrache des cris involontaires d'approbation. ”
Gabriel de Guilleragues, Lettres portugaises traduites en français (1669)
“ Ce fut hier l’excès de votre emportement qui fit naître tous mes soupçons. Vous me sembliez hors de vous, et je vous cherchois à travers de tout ce que vous paroissiez. O Dieu ! que serois-je devenue si j’avois pu vous convaincre de dissimulations ? ”
George Sand,
Lettres d’un voyageur
(1837)
“ Toutes ces noires et bizarres allégories, vous les aviez saisies dans leur sens profond et dans leur sublime tristesse. Entre l’ange et le démon, entre le ciel et l’enfer fantastiques du moyen âge, vous aviez vu l’homme divisé contre lui-même, partagé entre la chair et l’esprit, entraîné vers les ténèbres de l’abrutissement, mais protégé par l’intelligence vivifiante et sauvé par l’espoir divin. ”
