“ Mais Pise en a de reste. C’est solennel, vide, largement ouvert, nu, froid, triste et, en somme, assez beau. J’ai déjeuné en toute hâte et couru aux monuments. La basilique gréco-arabe et son baptistère isolé, la tour penchée, le Campo-Santo, tout cela, sur une immense place, est très imposant. Je ne vous dirai pas comme ferait un guide imprimé, que ceci ou cela est admirable ou défectueux au point de vue du goût ou des règles. Les chefs-d’œuvre ont des défauts ; à plus forte raison ces édifices bâtis, ornés ou enrichis à diverses époques, chacune apportant là son progrès ou sa décadence. ”
Basilisque
Définition et enjeux
Citations sur “basilisque”
Henry James, Les Papiers de Jeffrey Aspern
“ La grande basilique, avec ses dômes bas et ses broderies scintillantes, le mystère de sa mosaïque et de sa sculpture, semblait un fantôme dans la demi-obscurité, et la brise de mer nous venait à travers les colonnes jumelles de la Piazzetta, — linteaux d’une porte qu’on ne gardait plus, — aussi doucement que si une riche portière s’y fût balancée. ”
Charles de Rémusat,
L’Italie, Notes de voyages. — II.…
“ Un carré long ouvert par un de ses petits côtés et recevant le jour par cette ouverture et par une autre pratiquée dans le toit, voilà l’édifice antique le plus usité, et ce mode de construction, qui pourrait tout aussi bien servir à une grange qu’à un temple, est l’essence de la basilique. ”
Paul de Leusse, Souvenirs d'un aspirant de marine (1867)
“ Du haut de la basilique la vue est merveilleuse, on domine la ville, la Corne-d'Or, le vieux sérail et l'on voit par-dessus ses jardins le bleu d'azur de la mer de Marmara. On plane au-dessus de la fourmilière humaine et des baraques turques; la ville d'Orient vous apparaît d'assez haut pour que toutes les vilenies vous en échappent, si bien que l'illusion devient possible, et que l'œuvre de l'homme peut, jusqu'à un certain point, paraître aussi belle que celle de Dieu. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Mais, nous le répétons, le reptile auquel les modernes donnent le nom de basilic n’est peut-être pas le basilic des anciens, car il y a des races perdues. Au moyen âge, on donnait au basilic une couronne native ornée d’une pierre précieuse, et on voyait en lui le roi des serpents. Basilide, hérétique du deuxième siècle, qui se fit un système en mêlant les principes de Pythagore et de Simon, les dogmes des chrétiens et les croyances des Juifs. Il prétendit que le monde avait été créé par les anges. ”
Guillamet, Le guide du voyageur ou L'observateur du commerce et des arts… (1850)
“ Quelquefois la basilique est un vaste et silencieux desert les purs rayons du soleil couchant éclairent et penètrent de leurs feux dorés le fond diaphane du temple et viennent frapper quelque brillante mosaïque, copie impérissable d'un chef-d'oeuvre de la peinture, tandis que quelque artiste ou quelque sage détrompe des choses de la vie, tel qu'on n'en trouve qu'à Rome, se livre dans un endroit écarte à la rêverie, ou qu'un pauvre homme, plus indifférent encore, dort profondement etendu sur un banc. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Basilic, en termes de Philosophie hermétique, c’est la pierre au blanc ou au rouge parfait, qui tue le mercure ; c’est-à-dire, qui le fixe, comme le basilic tue de sa vue, & rend immobiles ceux qu’il regarde. ”
Charles de Rémusat,
L’Italie, Notes de voyages. — II.…
“ La basilique, monument d’une rivalité d’empire et de religion entre l’Orient et l’Occident, n’a point cette sombre terreur qu’on attribue quelquefois aux cathédrales gothiques, elle se ressent de son origine grecque; simple et régulière, riche et lumineuse, elle tempère une majesté correcte et sévère par un rayon de cette beauté que le génie de l’hellénisme lance partout où il passe, et qui dore tout ce qu’il a touché. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Le basilic, selon l’opinion commune, naît de l’œuf d’un vieux coq. Toutes ces particularités dont on n’a jamais pu s’assurer, à moins qu’on n’en ait nourri & élevé quelqu’un, & tous les contes qu’on débités à ce sujet, absurdes ou peu vraisemblables, font regarder le basilic comme un animal fabuleux, qui n’a jamais existé que dans l’imagination de quelques hommes prévenus ou entrainés par l’amour du merveilleux. ”
Voyage à Goritz. (5 août 1880.… (1880)
“ A peine installé dans ma cellule, car c'en est une, et avant de prendre aucune nourriture, l'homme vivant d'idées et d'émotions plus que de pain, je me rends à l'antique basilique. Les plus douces émotions pénètrent mon âme à la vue de cette façade unique au monde, avec ses mosaïques en plein vent, ses fresques, ses colonnettes, ses arceaux romans, ses grands arcs qui dominent une élégante galerie, en guise de fronton, ses clochetons que je ne puis compter, et ses vastes coupoles de plomb. ”
Victor Fournel,
Aux pays du soleil. Un été en Espagne…
(1883)
“ Dès qu'on est entré, c'est pis. Les murs nus qui s'allongent à perte de vue, les piliers carrés et massifs, les lourdes corniches, les chapiteaux corinthiens vous pénètrent d'une sensation glaciale. On dirait que cette basilique, qui date seulement de la fin du xvnc siècle, a été bâtie par un géomètre. Le petit temple grec, de forme elliptique, à la voûte supportée par des colonnes de marbre, qui sert de sanctuaire à la statue, n'est pas beaucoup mieux adapté à sa destination. Il faut une dévotion bien. ardente pour qu'elle ne soit pas refroidie et figée sur place. ”
Louis Viardot,
Revue des Deux Mondes
“ Sauf les deux ailes ou nefs latérales, ajoutées dans les temples modernes pour former la croix grecque ou latine ; sauf encore l’élévation des nefs et des voûtes en ogives que les chrétiens ont dressées sur les colones de l’ancien portique, l’église est une basilique. Il y a plus : les églises un peu vieilles, où l’art à sa renaissance n’a point épuisé tous ses raffinemens, où l’on ne trouve encore ni la croix, ni l’ogive, sont précisément des basiliques ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ « Il est vrai, ajoute M. Salgues [35] , que si le basilic peut nous donner la mort, nous pouvons lui rendre la pareille en lui présentant la surface polie d’un miroir : les vapeurs empoisonnées qu’il lance de ses yeux iront frapper la glace, et, par réflexion, lui renverront la mort qu’il voudra donner. C’est Aristote qui nous apprend cette particularité. » Des savants ont regardé en face le serpent qu’on appelle aujourd’hui basilic, et qui n’a pas les accessoires dont les anciens l’ont embelli ”
H. Taine, L’Italie et la Vie italienne, souvenirs de voyage
“ Le temps s’est gâté, la pluie tombe par rafales ; mais la foule couvre tout, la place, les escaliers, les portiques, et s’engouffre avec un bourdonnement prolongé dans l’immensité de la basilique. Dans cet océan humain, de lentes ondulations se développent et se brisent ; des remous incertains tournoient autour des piliers de marbre ; devant la statue de saint Pierre, le flot incessant avance et recule sous le reflux des vagues précédentes. ”
Georges Riat, Paris (1900)
“ Au-dessous, c'est tout un monde de contreforts, de clochetons, de pinacles, de gargouilles, de balustrades, de colonnes, de corniches, de pignons et de consoles. Mieux qu'au bas des tours, la vieille basilique, à ces altitudes, paraît une œuvre hors de pair, la merveille la plus achevée que la foi de tout un peuple ait jamais offerte à Dieu en témoignage de sa croyance. ”
Étienne de Lacépède, Le Buffon de Benjamin Rabier (1885)
“ Le basilic, que les charlatans et les saltimbanques exposent tous les jours, avec tant d'appareil, aux yeux du public, pour l'attirer et lui imposer, n'est qu'une sorte de petite raie, qui se trouve dans la Méditerranée, et qu'on fait dessécher sous la bizarre configuration qu'on y remarque. ”
Joseph Louis Théodore Moyne, Italie : guide du jeune voyageur… (1878)
“ De la porte d'entrée du vestibule, les hommes qui circulent dans l'église paraissent des nains; les enfants sont imperceptibles. La basilique a la forme d'une croix latine, à trois nefs, surmontée, à son point d'intersection, de la grande coupole. Les dorures, les marbres qui la remplissent, la richesse de la matière, la beauté du travail, l'éclat de cette ornementation font un ensemble d'un goût exquis. Les chapelles des bas côtés, surtout celles du Saint-Sacrement et du chœur des chanoines, sont dignes de la basilique. ”
Claude-Charles Charaux, Montmartre. I, Les origines de l'Universelle architecture… (1894)
“ Ce n'était là pour moi que le prélude, et le Vœu national dont je savais l'histoire, comme tout le monde la sait, me tenait moins à cœur que l'autre nom de la basilique, celui sous lequel, dans la société religieuse, on la désigne le plus souvent, celui qui devait nous conduire droit à l'amour et au mysticisme. ”
Jean Hippolyte Michon,
Le moine
(1865)
“ Il me serait difficile, par une description, de rendre raison à mes lecteurs des magnificences de construction de cette vaste basilique, l'une des plus curieuses par son plan que possédât l'ancienne France ; il me faudrait la science d'un archéologue de profession, mieux que cela, une vue photographiée de ces belles ruines, pour donner, dans ce livre, une idée de cette merveilleuse création de l'art. ”
Abbé Saillard, Les hommes célèbres du XIXe siècle et la foi chrétienne… (1884)
“ Jamais la basilique ne m'a paru si vaste, si riche, si solennelle, si douce. Elle semble s'élargir à mesure qu'on la connaît mieux. La première fois qu'on voit le colosse, il peut rester au-dessous des attentes de l'imagination. ”
Joseph Louis Théodore Moyne, Italie : guide du jeune voyageur… (1878)
“ Nous avons donné une idée de cette basilique que tous les arts se sont efforcés d'embellir. Il convenait que la ville sainte eût pour la Vierge , mère du Sauveur, une basilique digne du culte que lui rend l'Eglise catholique, et surtout la riante Italie. Le marbre, les pierres précieuses , l'or, tout ce que la nature pouvait offrir de plus riche, et l'art de plus gracieux, de plus pur, devait être employé pour orner son sanctuaire et embellir son autel. Sainte- Marie Majeure, avec ses blanches colonnes et sa décoration ravissante, apparaît comme la basilique la plus aimée des Romains. ”
Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1929 - 1931)
“ Une ombre immense et toute noire projetait sur la ville profonde le dessin inégal de la basilique. Alentour, la lune éclairait des maisons pressées, des fenêtres petites comme des bijoux, des toits étincelants comme des châsses, et des girouettes de cuivre comme des aiguilles d’or. ”
Ambroise Vollard,
Souvenirs d'un marchand de tableaux
(1937)
“ Ce qui m'a absolument emballé à Rome, c'est la basilique de Saint-Pierre. On se sent littéralement écrasé, plus encore par la majesté du lieu que par la masse de la prodigieuse construction architecturale, tant l'édifice donne une sensation d'extraordinaire équilibre. ”
Charles Ernest Beulé,
Causeries sur l'art
(1867)
“ Elle qui ignore les proportions idéales, la pureté des détails, et ces lignes d'une perfection que l'on dit parfois divine, prétend-elle seule exprimer Dieu par la force du désordre et sans le secours de la beauté? Ses plans diffèrent-ils tellement du plan des basiliques que le christianisme a construites le lendemain de son triomphe? La basilique de Saint-Paul, hors les murs de Rome, contient la foule avec plus d'ordre que nos cathédrales, et répand sur elle plus de clarté. ”
Abbé Rapp, Saint Fulrade, abbé de Saint-Denys (1883)
“ Ce style règne dans toute sa pureté dans notre admirable basilique. Ce qui charme tous les yeux, c'est la majestueuse harmonie qui se fait remarquer dans l'ensemble et dans les moindres détails du monument. ”
Metz littéraire en 1854 (1854)
“ Le basilic doit donc nous intéresser comme un de ces vieux fragments de numismatique ou d'archéologie, qui nous retrace un côté curieux de la simplicité et du génie de nos pères. Dans le peuple, ce goût naïf des plantes n'est frivole qu'en apparence. Il est l'indice presque certain des habitudes intérieures. Toutes les fois que vous verrez quelque pauvre fenêtre coquettement garnie de fleurs, soyez sûrs que, dans ce logis, régnent l'ordre, le travail, des moeurs douces et déjà je ne sais quelle délicatesse de sentiments trop rare dans les conditions pauvres. ”
Victor Hugo,
Notre-Dame de Paris
(1831)
“ C’est toujours la même charpente intérieure, la même disposition logique des parties. Quelle que soit l’enveloppe sculptée et brodée d’une cathédrale, on retrouve toujours dessous, au moins à l’état de germe et de rudiment, la basilique romaine. Elle se développe éternellement sur le sol selon la même loi. ”
“ Il marche comme à vingt ans. En avril 183... nous faisions ensemble je ne sais quelle excursion dans le Gâtinais. Nous cheminions côte à côte par une fraîche matinée réchauffée d’un soleil réjouissant. Moi que la vérité charme et que le paradoxe amuse, je ne connais pas de plus agréable compagnie que G―. Il sait toutes les vérités prouvées, et il invente tous les paradoxes possibles. Je me souviens que sa fantaisie en ce moment-là était de me soutenir que le basilic existe. Pline en parle et le décrit, me disait-il. Le basilic naît dans le pays de Cyrène, en Afrique. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ BASILIQUE. s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois Palais du Prince, ou seulement une grande salle, ou un lieu public avec portiques, ailes, tribunes & tribunal, où les Rois rendoienr eux-mêmes la justice ; depuis il a signifié une grande Eglise. Basilica. Ce nom de basilique, qui signifioit dans les commencemens une grande sale où le Roi rendoit la justice à son peuple, fut attribué dans la suite aux lieux où les Juges la rendoient, & où les Marchands s’assembloient. Perrault. Azor prétend qu’on appeloit autrefois basiliques les Eglises qui n’étoient pas encore consacrées ”
L. Louis-Lande, Revue des Deux Mondes
“ L’intérieur de la basilique, composé d’une seule nef, est absolument nu et froid ; la truelle des restaurateurs n’a rien laissé à admirer ; l’ancienne abside, d’un dessin fort élégant, est complètement masquée par le grand autel et le grossier retable qui l’accompagne. ”
François-Xavier Garneau,
Voyages
“ À l’extérieur les contreforts massifs qui s’élèvent jusqu’au toit, les pinacles élancés qui les surmontent, les arches aigües, les fenêtres chargées, dans leurs divisions, d’ornements de pierre taillés en dentelle, les rosaces de verre teint représentant les personnages de l’Écriture, tout contribue à la grandeur et à l’infinie variété des détails de la basilique. ”
Babinet,
Revue des Deux Mondes
“ Cette petite basilique, peu riche d’ornemens, contient une seule sculpture qui représente en bas-relief une descente de croix d’une admirable composition, où l’art du statuaire atteint, pour le dramatique, aux effets de la peinture ; mais nous devons nous borner ici à considérer les effets des agens physiques sur les populations humaine, animale, végétale et minérale, ces quatre grandes existences du monde. ”
Adèle Bourgeois,
Le mystérieux Monsieur de l’Aigle
“ Mais, oh ! combien je voudrais voir sourire le soleil, en ce jour ! — Il sourira bientôt, vous verrez ! On arriva à la basilique. Comme on mettait le pied dans le portique, il survint un éclair, accompagné d’un coup de tonnerre si terrible qu’on eut cru que l’église allait s’écrouler. ”
Joseph Bard,
Derniers mélanges de littérature et d'archéologie sacrée
(1847)
“ Aucune des basiliques constantiniennes n'a son apside à l'orient et sa façade au couchant : Saint-Laurent et Saint-Paul-hors-les-Murs , SainteCroix-de-Jérusalcm, etc., etc., toutes occupent une position arbitraire qu'aucune règle dogmatique n'a déterminée. En aucun temps, à Rome, la liturgie n'a influé sur l'orientation de Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Pierre; à quelque âge que se rattache une basilique ou une église, vous ne la verrez jamais se tourner plus particulièrement vers tel ou tel horizon. ”
Louis Besson,
Panégyrique de saint Martin : prononcé dans la cathédrale de Tours…
(1886)
“ Ils ont vu creuser tout autour les fondements de la nouvelle basilique. Il faut descendre jusque dans les profondeurs d'un sol détrempé par les eaux. Il faut rejeter les terres désormais incapables de consistance et chercher l'endroit solide où l'on posera la première pierre. Mais quelle émulation, quelle piété parmi les ouvriers ! Comme les bénédictions de Léon XIII animent et sanctifient tout l'ouvrage! Au-dessus des puits et des machines, le tombeau, si heureusement retrouvé, émerge du fond des eaux, parmi la verdure et les fleurs dont vous l'avez paré. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ I. — Basiliques grecques et romaines. Le mot basilique est d’origine grecque ; il est dérivé de basileus (pouu’Xstiî) , qui veut dire roi, et Vitruve nous apprend qu’on s’en servit pour désigner de grandes salles qui faisaient partie du palais des rois, et où ceux-ci rendaient la justice. L’usage des basiliques fut commun aux Grecs et aux Romains, et le nom donné à ces édifices fut conservé lors même qu’il n’y eut plus de rois qui rendissent la justice. Vitruve n’indique pas les différences de construction qui pouvaient exister entre les basiliques grecques et les basiliques romaines ”
