Judith Gautier,
Le Collier des jours
“ Me voici donc installée au jardin, près d’une petite table en fer, derrière le rideau de buissons qui cache le bain de Cosima, Fidi est sur mes genoux. Pénétrée de l’importance de ma tâche, je trempe le biscuit dans le madère, ni trop, ni trop peu, et je m’efforce de ne pas salir les jolies broderies de la robe. Avec gourmandise le bébé suce le vin doré et avale le biscuit, sans tousser, sans s’étrangler. Je n’en reviens pas... Derrière les feuilles, j’entends le clapotis de l’eau, et la voix de Cosima qui m’encourage. Tout va bien, tant que durent le madère et le biscuit. ”
