“ VI. Le fer même n’abonde pas chez eux, si l’on en juge par leurs armes. Peu font usage de l’épée ou de la grande lance. Ils portent des piques, ou, comme ils les appellent, des framées à fer étroit et court. ”
Fer de lance
Définition et enjeux
Citations sur “fer de lance”
Eugène Van Vinkeroy, Catalogue des armes et armures (1885)
“ La poignée évidée des bourdonnasses offrait, du reste, à la main, une protection suffisante pour la guerre. ! * * LANCES DE JOUTE. — En même temps que les pièces de renfort pour armures de joute, apparaît au XIVe siècle la lance de joute, différente de la lance de guerre. La lance de joute du XVe siècle, d'une longueur totale de 5 mètres, comprend généralement une forte hampe à poignée évidée, portant les garnitures suivantes (1) : (a) Le fer de lance, qui peut être soit un fer de guerre émoulu et rendu « courtois » soit le fer spécial, à 3 ou 4 pointes de diamant émoussées, appelé rochet. ”
Hermann Van Duyse, Catalogue des armes et armures du Musée de la Porte de Hal (1897)
“ Fer à quatre pans evides. Virole d'argent gravé. Hampe en bois de fer munie d'une houppe de crins. (9 serie LI.) o 203-204 — Deux lances analogues. L'une sans virole. (10-11 série LI.) 205-206 - - Deux lances indoues. Fers fixés dans le bois, virole de laiton. (12-13 série LI.) 207 — Hache indoue à double croissant surmonté d'une haste en fer de lance aplati. (14 serie LI.) 208 — Javeline afghane, fer en feuille de sauge, arme complètement en acier. (17 série LI.) 09. - Quatre javelines analogues, fers quadrangulaires a pans évidés, hampes décorées de cannelures, traces de damasquine d'or. ”
Konstantin Ivanovitch Konstantinov, Lectures sur les fusées de guerre… (1861)
“ Après que le bout de la lance a été inséré dans ie tube en fer du boute-feu, le rugueux de l'amorce s'accroche avec le crochet J, formant l'extrémité d'une pièce mobile en fer Z, que l'on fait fonctionner au moyen d'une corde, réunissant cette pièce au manchon K, glissant librement sur la tige du boute-feu. Pour enflammer le bout de lance en tenant le boute-feu par le manche, d'une main on imprime une secousse au manchon vers le manche, ce qui arrache le rugueux et enflamme l'amorce du bout de lance. ”
Henri Pirenne,
Histoire de l’Europe des invasions au XVIe siècle
“ Aussi, ne faut-il pas se représenter leur genre de vie comme très raffiné. Leurs fiefs et leurs petits domaines leur permettent tout juste de vivre. Leur équipement militaire se compose d’une lance, d’un casque de fer, d’un bouclier et d’un vêtement de toile. ”
Octave Penguilly L'Haridon,
Catalogue des collections du cabinet d'armes de S. M. l'Empereur
(1864)
“ Les cavaliers de la tapisserie de Bayeux sont armés de la lance (1) . Les fers varient de forme, et il semble même que les hampes, plus ou moins fortes, indiquent que ces armes étaient de nature différente. On trouve le fer de la lance, tantôt en forme de losange, tantôt barbelé. Les écrivains contemporains parlent de ces fers de Bordeaux qu'on estimait si fort dans le moyen âge, et qui, à la fin du XIe siècle, avaient déjà atteint leur réputation. On ne peut apprécier aucun changement dans la lance de l'homme d'armes du XIe au XIIIe siècle, et même pendant une grande partie du XIVe siècle. ”
Richard Walter, Voyage autour du monde fait dans les années 1740…
“ L’arme dont ils se servent pour cette chasse est une espèce de Lance dont le fer, au-lieu d’être ajouté au bout du bois suivant la même direction, comme dans les Lances ordinaires, a son tranchant perpendiculaire au bois. ”
Capitaine Hanguillart, Petit guide pratique de guerre pour ma compagnie… (1916)
“ Conduite à tenir de jour, de nuit, suivant qu'on est en terrain couvert ou découvert. — La première chose à faire, quelles que soient les conditions de temps et de lieu, est de s'assurer la possession des moyens matériels nécessaires et en quantité suffisante. On constituera donc sa provision de cartouches pour fusils et pour mitrailleuses, de grenades, de bombes, de pétards, de boîtes à mitraille, de lance-bombes Cellerier ou autres, de fusées éclairantes, de bombes asphyxiantes, de fil de fer, d'outils. ”
Albert Jacquemart, Le Moyen-âge et la Renaissance… (1851)
“ On employait aussi, à la même époque, d'autres pièces que l'on peut regarder comme des armes à feu portatives, bien qu'elles ne se tirent que sur appui. Ici, un homme, revêtu d'une armure , ei placé au haut d'une de ces petites tours mobiles en usage alors dans les sièges, lance une pierre avec une arme à feu, formée d'un simple tube de fer muni d'une chambre. Cette arme est appuyée sur le parapet. A côté, se trouve une fronde munie d'une pierre de la même grosseur : l'arme à feu et la fronde semblent devoir servir alternativement, et cela donne la mesure de l'efficacité de la première. ”
Frédéric Bernard, Quatre mois dans le Sahara : journal d'un voyage chez les Touareg… (1881)
“ Comme armes, ils portent le poignard de bras et la lance en fer à pointe barbelée ; celui qui parait le plus important a un fusil double pendu à la selle de son chameau, ainsi qu'un revolver à percussion centrale. ”
Paul Lemoine, D'une rive à l'autre du Sahara… (1908)
“ Lance. — Tous les Ifor’as portent la lance, à cheval et à méhari. Les lances des nobles, tout en fer, cerclées et ornées de cuivre, recouvertes de peau à l’emplacement où la main les tient, ont une pointe très mince et barbelée; elles s’appellent allar’. Les imr’ad et les gens peu fortunés ont des lances à manche de bois appelées tard’a ; le fer en est beaucoup plus large et n’est pas barbelé ; les tard’a ont un talon garni de fer. Les lances des Ifo- Modèles d'épées touareg. Tesraît : 1. Epée de M. Bent-Messis, revers pareil, trois canelures inégales ”
Eugène Van Vinkeroy, Catalogue des armes et armures (1885)
“ Lance de tournoi du XVIe siècle. Hampe à poignée et à rondelle d'acier gravé, terminée par un fer a trois dents, dit « rochet » (814) . La hampe, rnodeme, est loin d'avoir les dimensions réglementaires. 3. Lance de guerre, à poignée évidée, du XVIe siècle. Mesurant 4 mètres et peinte en rouge. Fer épais, à section triangulaire; douille conique et sans branches (812) . 4. Lance du même type. Peinte en noir. Mesurant 2m30. Petit fer ovale à arête médiane ; douille à deux branches (813) . ”
Jack London,
Les Vagabonds du rail
(1907)
“ Dans les ténèbres, impossible de distinguer la balustrade de fer de la plate-forme et je n’ai pas le temps d’en chercher l’endroit. Je lance les mains où je juge qu’elle peut être et en même temps mes pieds quittent terre, tout cela d’un seul mouvement. Je risque à cet instant de me retrouver sur le ballast, avec les côtes, la tête ou un membre fracassés. Mais mes doigts agrippent l’appui : d’une saccade des bras je fais pivoter mon corps et mes pieds se plaquent violemment sur la marche. Je m’assieds, envahi d’un flot d’orgueil. ”
David-Léon Cahun,
Les aventures du capitaine Magon
(1891)
“ Ils n’ont point d’industrie et savent, tout au plus, travailler un peu le cuivre, dont ils font, tant bien que mal, des pointes de lance, des haches, des casques informes, mais couverts d’ornements, et des plaques de cuirasse. La lance est leur vraie arme de combat : leurs chefs la jettent du haut de leurs chariots, ou à pied. ”
L. Buloz, Le Combat naval de Lissa et la Marine cuirassée
“ La construction navale augmenta l’épaisseur de son armature de fer qui, de dix centimètres à l’origine, s’est élevée successivement à douze, à quinze, à vingt et même à trente ; l’artillerie redoubla d’efforts : bouches à feu colossales, canons d’acier, canons en fonte de vingt à trente centimètres, rayés et frettés, c’est-à-dire à culasse renforcée de cercles d’acier, projectiles d’acier et de fonte brusquement refroidie, cylindriques ou à pointe ogivale, massifs ou explosibles, tout est tenté en Amérique, en Angleterre, en France. ”
Stanislas Du Lac, France (3e édition) (1888)
“ On y verra tous les genres de navires de guerre modernes, depuis le torpilleur à l'enveloppe ténue, jusqu'au géant avec sa peau de mastodonte, épaisse de deux pieds de fer. Il y aura là toutes les variétés de pièces d'artillerie, depuis le canon de 110 tonnes, capable de lancer un boulet de 1,800 livres à la distance de six milles, jusqu'aux effroyables machines à feu, crachant plusieurs centaines de décharges à la minute. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ On ne parloit dans les récits de joûtes que de lances à outrance, lances à fer émoulu, lances courtoises, lances mousses, lances frettées & mornées ; ces dernieres étoient des lances non pointues, qui avoient une frette, morne ou anneau au bout. ”
André Florent, Aux temps héroïques de Jeanne Hachette (1945)
“ L'envoi est insuffisant et le temps presse. Peu à peu, les machines de guerre hérissent les remparts, les glacis sont aménagés et tout au long des murs s'ouvrent des embrasures et se creusent des berceaux pour recevoir les pièces d'artillerie qui contrebattront les assaillants. De distance en distance, des piles de boulets, en pierre ou en fer, sont échelonnés pour servir des canons qui sont les meilleurs de l'époque. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ La bâtarde, qu’on nomme autrement serpentin, a 17 calibres, tire 24 livres de fer avec 14 livres de poudre. Et l’extraordinaire, qu’on appelle aussi passemur, a 40 calibres, & tire 16 livres de fer avec 12 livres de poudre. La double coulevrine légitime a 31 calibres de long, tire 48 livres de fer avec 24 livres de poudre. La bâtarde, qu’on appelle autrement basilic, a 26 calibres, tire 18 livres de fer avec 14 livres de poudre. L’extraordinaire, qu’on appelle autrement dragon volant, a 39 calibres, tire 32 livres de fer avec 19 livres de poudre. ”
Arthur Engel, Une forteresse ibérique à Osuna… (1906)
“ Les fers de lances de la pl. XXXll, nos 1 et 3, sont de même type ; le second est long de om. 1 5, et la pointe en a été recourbée en forme de véritable anneau, ce qui s'explique assez malaisément, et n'indique pas une très bonne fabrication; le second n'est long que de o m. 13, car l'extrémité a été cassée. Enfin nous ne connaissons qu'un spécimen du type de la lance représentée pl. XXXII, n° 6. La tête et ce qui reste de la tige forment une longueur de o m. 16. La pointe est mince, plate et allongée ”
De Freschwiller à Sedan : journal d'un officier du 1er corps… (1870)
“ Jadis, en effet, avant les nouvelles armes à tir rapide, à longue portée et de précision, la baïonnette, la lance, le sabre, l'arme blanche, en un mot, aux mains d'hommes résolus et braves, pouvaient faire merveille et sauver d'une capitulation. Aujourd'hui, que faire sans munitions de guerre, en présence d'adversaires disposant de cartouches et d'une artillerie qui vous écrasera en quelques minutes,, avant que vous ayez pu le joindre et vous servir de vos armes?. ”
Albert Jacquemart, Le Moyen-âge et la Renaissance… (1851)
“ Tandis que l'on déchargeait l'une, les autres se chargeaient, en sorte que la pièce pouvait tirer sans discontinuer. Chaque boîte à canon avait une poignée, pour qu'on pût la saisir : elle était aussi percée d'un trou, auquel on adaptait un petit tuyau de fer-blanc qu'on remplissait de poudre communiquant avec celle de la boîte à canon, et c'était là qu'on mettait le feu. On voit au Musée d'artillerie de Paris plusieurs petits canons à fourche, en fer forgé; ces bouches à feu du quinzième siècle se chargeaient aussi par la culasse, au moyen de boîtes mobiles, assujetties par des coins de fer. ”
René de Belleval,
La panoplie du XVe au XVIIIe siècle
(1873)
“ Le fléau d'armes se compose d'une hampe trèscourte, revêtue de fer sur une assez grande partie de sa longueur, terminée par une chaîne qui soutient une boule de fer, hérissée de pointes, et quelquefois une barre de fer quadrangulaire. Le nombre des pointes de la boule varie, quelquefois cinq seulement , quelquefois dix et plus. Le Musée d'artillerie en possède quatre, deux à boules et deux à barres de fer. Très-usités au XIVe siècle, les fléaux d'armes ont disparu au XVe siècle. C'est une arme très-rare dans les collections. ”
Olivier de La Marche,
Chronique de J. de Lalain
(1825)
“ Le douzième chapitre est, qu'ils courront à la toile, de lances pareilles et de chacune tant qu'elles seront rompues, ou le fer dégrainé d'un doigt du moins et en selles de guerre, sans ce que l'homme soit attaché dedans la dite selle. ”
Konstantin Ivanovitch Konstantinov, Lectures sur les fusées de guerre… (1861)
“ Pour le travail des métaux, la construction des machines à vapeur, l'établissement des chemins de fer, l'application de la fonte et du fer dans des proportions colossales aux travaux du génie et à la navigation, ont créé des moyens d'exécution qui ont laissé bien en arrière les forges à bras, la petite serrurerie et quelques machines-outils pour tourner et forer les canons, qui représentaient, il n'y a guère encore que quelques années, à l'exception des moteurs, tout le domaine mécanique des plus grands arsenaux de l'artillerie. ”
Hermann Van Duyse, Catalogue des armes et armures du Musée de la Porte de Hal (1897)
“ Sur la tige de fer formant le manche, la date : 1545. (5 série XIV.) 15 - Masse d'armes de cavalier, italienne, du commencement du 16e siècle; huit ailerons forment une masse compacte, surmontée d'une courte haste ronde ; longue douille de fer adaptée sur une hampe de bois. (Accr. 1896.) 16 — Masse d'armes italienne, entièrement en fer, du commencement du 16e siècle. Tête à sept ailerons, manche décoré de feuillages. Poignée ciselée en clissages. ”
Louis Ernault, La conquête de la mer (1895)
“ Tous les navires de guerre sont plus ou moins puissamment armés. Les constructeurs anglais ont fondu des canons dont l'obus, du poids de 1000 kilos, peut traverser une plaque de fer épaisse d'un mètre. ”
Louis Figuier,
Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes
“ Nous combattons avec du fer et de la poudre ; ne nous bornons donc pas à lancer seulement du fer, lançons aussi de la poudre, puisque le fer peut en contenir, et lorsque le fer et le feu se réuniront par une explosion foudroyante au milieu d’un vaisseau, le combat en sera plus promptement terminé. ”
Le Magasin militaire des Français… (1859-1860)
“ Ordinairement le fer est très large et n'est aiguisé que d'un seul côté. Ces lances peuvent faire d'horribles blessures, mais elles sont difficile. à manier, à cause de leur longueur et de leur poids. Vient ensuite l'arc ; c'est l'arme favorite du soldat chinois : il est fait d'un bois très dur et très élastique, tendu par une corde de soie et fil extrêmement solide. On l'emploie pour la chasse aussi bien que pour la guerre, et un bel arc est aussi bien recherché dans la classe riche que chez nous un beau fusil. ”
René de Belleval,
Nos pères, moeurs et coutumes du temps passé
(1879)
“ Les sergents d' infanterie avaient la hallebarde dont le fer « pour être bien fait , " doit avoir sa pointe en lame d' épée et trancher des " deux côtés . Sa longueur est d' un pied à 1 5 pouces depuis sa pointe jusqu' au bout du manche qui est creux " pour recevoir la hampe . Le fer est taillé ordinairement " au pied de la lame , d' un côté en manière de croissant " et de l' autre en manière d' étoile , et un peu au-dessus " sont deux crochets qui sont rivés et fort commodes " pour élever des fascines ou les attirer à soi » ( 1 ) . ”
Charles Benoist,
Revue des Deux Mondes
“ L’ennemi ne trouve pas un rouleau de fil de fer barbelé, pas de fourrage, pas de paille, pas de voie de chemin de fer, aucune bêche, aucune pioche, aucune cave, aucun puits, et, par-dessus tout, ni canons, ni fusils, ni cartouches. ”
Auguste Jal,
La Flotte de César ; le @ d'Homère…
(1861)
“ La lance qui nous occupe n'est ni un dard lancé au moyen d'un mécanisme, ni un instrument pour aider à la direction du navire, ni une perche pour établir une tente, ni l'antenne de la galère, c'est, et j'espère le démontrer, une espèce de bélier dont on se servait au moment de l'abordage. ”
P. de Buire, Les Armes à Feu au xixe siècle…
“ Tous les perfectionnemens que nous venons d’exposer sont surtout avantageux pour l’artillerie de campagne : les pièces fixes, qu’elles aient pour objet la défense d’une place forte ou l’armement d’un navire de guerre, n’en profitent pas au même degré. ”
François Buttin, Catalogue de la collection d'armes anciennes européennes et orientales de Charles Buttin (1933)
“ Le fer est de la forme de ceux des pertuisanes du xvie siècle, car les ailerons ressemblent à une demi-lune dont les croissants sont dirigés vers la pointe et ils n'ont dans la direction de la hampe que deux petits ergots; l'estoc est à arête médiane et se rétrécit à son extrémité pour se terminer en carrelet. Ce fer au lieu de faire corps avec la douille se termine par une tige de 45 mm. dont la moitié sert de pivot à une sorte de tourniquet à quatre pointes servant sans doute à parer un coup qui aurait pu glisser sur un des plats du fer de cette arme. ”
P. de Buire, Les Armes à Feu au xixe siècle…
“ La puissance de destruction d’un boulet, quelle qu’en soit la vitesse, approchera-t-elle jamais de celle d’une locomotive venant à toute vapeur à la rencontre d’un convoi ? Tout en reconnaissant l’utilité d’étendre la portée et la justesse du tir jusqu’aux plus extrêmes limites de la vue distincte, il nous semble donc que les officiers anglais n’ont pas envisagé très sainement l’avenir de l’artillerie en s’attachant avec persistance à la recherche de vitesses et de portées exagérées, et en négligeant les avantages plus solides, quoique moins brillans, du tir des très gros projectiles. ”
