“ Et comme il ne se rencontra personne qui parlât pour ou contre les réponses du sénat, il n’en fut plus fait mention. On donna ensuite audience aux ambassadeurs d’Eumène, qui, après avoir renouvelé l’alliance faite autrefois avec Attalus, père du roi, et proposé les offres que faisait Eumène de six vingts talens, vantèrent fort la bienveillance et l’amitié qu’avait leur maître pour les Achéens. Quand ils eurent fini, le Sicyonien Apollonius se leva et dit que le présent que le roi de Pergame offrait, à le regarder en lui-même, était digne des Achéens ”
Apollonius de Pergame
Définition et enjeux
Citations sur “Apollonius de Pergame”
Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier, Voyage pittoresque de la Grèce… (1809)
“ Les habitans de Pergame paroissent avoir été fort religieux ; du moins leurs fêtes avoient beaucoup d'éclat, et les ministres du culte y étoient nombreux et révérés. Ils honoroient principalement Jupiter Nicéphore, Apollon, Minerve, et sur-tout Esculape. Ils décernèrent aussi dans la suite les honneurs divins à des empereurs ; et les mêmes ministres présidoient à l'un et à l'autre culte. Ils dédièrent un temple superbe à Auguste et à la ville de Rome. Celui qu'ils érigèrent en l'honneur de Trajan, n'offrit pas la même magnificence ; un si bon prince étoit moins exigeant. ”
Charles Lévêque, Les Dernières Luttes du Paganisme…
“ Eût-il régné un demi-siècle, il n’aurait pu ranimer le polythéisme. La vieille religion de la petite cité grecque, même purgée de certains rites obscènes qui avaient persisté, même élargie démesurément et accrue de toutes les superstitions de la théurgie orientale, était trop étroite pour le nouvel univers. Une réaction inévitable dispersa les maîtres de l’école de Pergame, qui avaient été les instituteurs, les amis ou les coopérateurs de Julien. Les philosophes furent contraints de cacher leurs mystères ”
Auguste Choisy,
Histoire de l'architecture. Tome 1
(1899)
“ Athènes conserve un autel isolé de tout temple et peut-être même antérieur à l'âge des temples, l'autel taillé dans le roc de la colline du Pnyx (pag. 264) . De tous les autels, le plus monumental que l'antiquité nous ait légué est celui de Pergame (fig. 12) : L'autel de Pergame s'élève sur une terrasse entourée de portiques et accessible par un large escalier, avec un soubassement où se développe cette admirable sculpture du combat des Géants qui est, après la frise des Panathénées, la plus grande œuvre de la statuaire grecque. ”
Homère,
L'Illiade d'Homère. Tome 1
(1828-1833)
“ Il dit ; Diomède s'éloigne quelques pas, craignant la colère du dieu qui lance au loin ses traits. Alors Apollon, loin de la foule, dépose Enée dans la sainte Pergame, où fut bâti son temple : bientôt Latone et Diane, au sein du vaste sanctuaire, guérissent la blessure du héros, et le revêtent de gloire. Cependant Apollon crée un fantôme en tout semblable au vaillant Énée, et tel aussi par les armes : autour de cette vaine image les Troyens et les Grecs frappent à l'envi les écus légers et les boucliers arrondis qui couvrent leur poitrine. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ Eumène, roi de Pergame, vient à Rome se plaindre des empiètements de Persée. Persée le fait assassiner en Grèce ; le sénat déclare la guerre au roi de Macédoine. Eumène, Ariarathe, Massinissa prennent parti pour les Romains ; Prusias, Antiochus Epiphane, Ptolémée Philométor restent neutres. — Persée perd cinq mois à se justifier à Rome et à demander la paix. Pendant ce temps, les commissaires romains entraînent tous les Grecs dans leur parti. ”
George Cogordan, Revue des Deux Mondes
“ Tacite raconte qu’un affranchi, nommé Acratus, fut chargé par l’empereur d’apporter à Rome les statues et les tableaux de Pergame; la population s’insurgea et s’opposa si vivement à l’enlèvement projeté que l’on fut obligé d’y renoncer. Mais aujourd’hui, combien parmi les Grecs de Pergame pensent au passé de leur ville? Il n’y a que dans la Grèce indépendante que l’exportation des antiquités soit interdite. C’est une mesure que les élèves de l’école d’Athènes ont dû souvent déplorer; mais on ne peut s’empêcher de l’approuver. Les œuvres d’art ne sont pas faites pour voyager ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Le plan du poëme est timide. Apollonius se traîne servilement sur les traditions vulgaires ; même parmi Ces traditions, il ne choisit pas toujours ce qu’il y a de plus caractéristique. Mais le talent ne lui fait pas absolument défaut. On peut admirer, dans les Argonautiques, des beautés de détail d’un ordre assez distingué. Comparé aux poëtes ses maîtres, Apollonius est un soleil. Il l’emporte infiniment sur Callimaque même. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Vaincu, il se retira en Arcadie avec une partie des Messéniens, tandis que les autres allaient en Sicile. ARISTONIC, fils naturel d'Eumène II, roi de Pergame, voulut enlever aux Romains le roy. de Pergame qu'Attale III leur avait légué, 132 av. J.-C. Accueilli avec transport par la nation, il remporta d'abord d'assez grands avantages; mais enfin il fut vaincu par Perpenna et amené à Rome par le consul Aquilins; on le fit étrangler en prison (129) . ”
Philippe Deschamps, Vingt mille lieues à travers le monde… (1900)
“ La grande rotonde du milieu est décorée avec les marbres célèbres de Pergame. Ceux de la rotonde centrale et de la galerie de droite proviennent du temple de Jupiter, qui s'élevait dans l'enceinte même de la citadelle de Pergame; ils datent du règne d'Eumène II, de l'an 180 avant J.-C. La première collection, en proportions plus grandes que nature, représente le combat des Dieux contre les Géants ; la seconde retrace différentes scènes de la vie de Téléphos. Ces œuvres de la grande époque de l'art hellénique impressionnent par la vie qui les anime : c'est une trouvaille merveilleuse. ”
“ Quoi ! sur moi les Troyens l’emporteraient ! dit-elle, Et de ces fugitifs le misérable roi Pourrait dans l’Italie aborder malgré moi ! Le destin, me dit-on, s’oppose à ma demande : Junon doit obéir quand le destin commande. Pergame impunément a donc pu m’outrager ? Seule entre tous les dieux je ne puis me venger ? O fureur ! Quoi ! Pallas, une simple déesse, A bien pu foudroyer les vaisseaux de la Grèce ; Soldats, chefs, matelots, tout périt sous ses yeux : Pourquoi ? pour quelques torts d’un jeune furieux. ”
George Cogordan, Revue des Deux Mondes
“ « Un chef-d’œuvre sans rival est rendu au monde, poursuit l’heureux inventeur. Profondément émus, nous entourions la précieuse trouvaille, quand je me jetai à genoux devant Jupiter en versant un torrent de larmes. » Tous ceux qui verront les bas-reliefs de Pergame comprendront cet enthousiasme. Je ne sais rien de plus surprenant que ce dernier épisode d’une lutte colossale, sauvage et sans merci, comme celle qui existe entre les élémens dont les dieux et les Titans sont les images. ”
Pierre de Coubertin,
Pour ceux qui vont en Grèce
“ Le Pont, sur la mer Noire, ancienne satrapie de Darius ier, était devenu peu à peu autonome. La lignée des Mithridate assuma la dignité royale en 301. Mithridate vii le dernier et le plus célèbre occupa un moment la Grèce et ses troupes tinrent garnison dans l’acropole. Mais les Romains contre lesquels il luttait finirent par l’abattre et, en l’an 63, annexer ses États. Le royaume de Pergame vécut de 282 à 132. ”
Pline l’Ancien,
Histoire naturelle
“ Pergame possède de lui un groupe renommé de lutteurs, excellent ouvrage, où les doigts s’impriment plutôt sur un vrai corps que sur du marbre. À Rome ses ouvrages sont : une Latone, dans le temple du mont Palatin ; une Vénus, dans les monuments d’Asinius Pollion ; et dans le temple de Junon, à l’intérieur des portiques d’Octavie, un Esculape et une Diane. ”
Louis-Napoléon Bonaparte,
Histoire de Jules César
“ Eumène II, roi de Pergame, qui redoutait comme son père, Attale Ier, les empiètements de la Macédoine, dénonça à Rome l’infraction aux anciens traités. La crainte que lui inspirait un prince puissant, et la reconnaissance qu’il devait à la République pour l’agrandissement de ses États après la guerre d’Asie, l’obligeaient à cultiver l’amitié du peuple romain. En 582, il vint à Rome, et, reçu avec honneur par le sénat, il n’oublia rien pour l’animer contre Persée, qu’il accusa de projets ambitieux et hostiles à la République. ”
“ Philippe à Pergame. Quand ce prince fut arrivé à Pergame, s’imaginant qu’Attalus ne pouvait plus lui échapper, il n’y eut pas de cruautés qu’il n’exerçât ; Il se livra à toute sa fureur, et la fit éclater plus encore contre les dieux que contre les hommes. ”
Pseudo-Orphée, Les Petits poèmes grecs
“ Une place distinguée, l’intendance de la bibliothèque d’Alexandrie, se trouvant vacante par la mort d’Ératosthène [9] , Apollonius fut choisi pour lui succéder. Son âge déjà avancé ne lui permit pas vraisemblablement d’occuper longtemps un si beau poste ; il mourut, âgé d’environ quatre-vingt-dix ans, vers la quatorzième année du règne de Ptolémée Épiphanes [10] et fut mis dans le tombeau où reposaient les cendres de Callimaque. ”
Roger Peyre, Histoire générale des beaux-arts (1894)
“ Les rois de Pergame, qui régnaient à peu près sur les anciennes possessions des rois de Lydie, jouissaient comme eux d'une richesse devenue proverbiale, et l'art fut un de leurs luxes préférés. L'Acropole de Pergame rivalisa bientôt, du moins par le nombre de ses monuments, avec l'Acropole d'Athènes. L'école de Per- game doit nous intéresser particulièrement, car ses artistes ont souvent employé leur talent à célébrer directement ou indirectement les victoires des Attale et des Eumène sur les Gaulois, et ils se sont plu à honorer le courage des vaincus. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Apollonius écrit du moins pour de simples mortels, ou à peu près. Il abuse peu de son savoir mythologique ; il fait des récits agréables ; il trouve quelquefois d’assez heureuses images ; mais il manque de vie et de force. Son poëme appartient, en somme, au genre ennuyeux. Il n’y a que quatre chants ; mais cette élégance un peu fade donne bien vite des nausées, surtout si l’on vient de lire la quatrième Pythique de Pindare ou la Médée d’Euripide. Apollonius a le tort de se trouver à chaque instant en concurrence avec les plus grands poëtes, et de provoquer des comparaisons fâcheuses. ”
Albert Réville,
Le Christ païen du IIIe siècle et la cour des Sévères - Apollonius de Tyane
“ Il reparaît, en Grèce, visite Chio, Rhodes, toujours en réformateur, et enfin débarque à Alexandrie, car depuis longtemps il éprouvait le désir d’étudier sur les lieux mêmes la sagesse égyptienne, dont on parlait tant alors. C’est là que Vespasien, aspirant à l’empire, confère avec lui sur l’art de gouverner, et qu’il s’attire l’inimitié d’Euphrate, un de ses premiers admirateurs, devenu conseiller de Vespasien, lequel eut désiré que celui-ci rétablît la république romaine ; mais Apollonius, en vrai pythagoricien, n’est que médiocrement libéral. Le despotisme éclairé, tel est son idéal. ”
Auguste Bouché-Leclercq,
Histoire de la divination dans l'antiquité…
(1879-1882)
“ Arrivé à Lébédos dans un état de faiblesse extrême , Aristide se rappelle qu' il a négligé jusqu' ici de consulter l' oracle apollinien de Klaros , et il y envoie son père nourricier Zosimos . Apollon répond qu' Aristide sera guéri par l' Asklépios de Pergame . Le malade reprend donc le chemin de Pergame , en passant par Smyrne , Larissa , Kyme , Gryneion , Élæa . ”
“ On pourroit concilier ces différens historiens, en remarquant qu’il est vrai que Marc Antoine avoit fait transporter cette bibliotheque de Pergame à Alexandrie, & qu’après la bataille d’Actium, Auguste, qui se plaisoit à défaire tout ce qu’Antoine avoit fait, la fit reporter à Pergame. Mais ceci ne doit être pris que sur le pié d’une conjecture, aussi-bien que le sentiment de quelques auteurs, qui prétendent qu’Alexandre le grand en fonda une magnifique à Alexandrie, qui donna lieu par la suite à celle des Ptolomées. ”
Albert Réville,
Le Christ païen du IIIe siècle et la cour des Sévères - Apollonius de Tyane
“ Mais maintenant, si nous nous demandons jusqu’à quel point, les données de cette biographie étant admises, nous pourrions partager l’admiration sans réserve que voue au sage son historien, nous trouverons que son idéal et le nôtre diffèrent notablement. Apollonius est chaste et tempérant, cela est vrai ; de plus il est animé d’un noble désir de savoir et du désir plus noble encore de faire profiter l’humanité de sa science. ”
Institut français d'études anatoliennes, Anatolie antique : fouilles françaises en Turquie… (1989)
“ Il faut dire un mot, enfin, de ces curieux monnayages, avec ou sans ethnique au génitif, consacrés à une divinité : Athéna Ilias à Ilion, Athéna Nikèphoros à Pergame, Artémis Pergaia à Pergè, Apollon Actéos à Parion. À l'exception du monnayage d'Athéna Ilias, assez abondant – en tout cas plus abondant que celui de la voisine Alexandrie de Troade, elle-même membre de la confédération-, ils se caractérisent par une extrême rareté : pour l'Athéna de Pergame, deux exemplaires connus ; l'Apollon Actéos de Parion, deux exemplaires. ”
J. Lapaume, Essais et Notices. — Le roman d’Apollonius de Tyr
“ Le héros et tout à la fois l’auteur de notre roman réunit dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, la félicité sans mesure ainsi que les misères. Sa pénétration d’esprit et surtout l’aide de Dieu relèvent au comble des grandeurs et de la prospérité, d’où il tombe ensuite, sans s’y abîmer ni s’avilir, dans l’abaissement et l’infortune. — Apollonius épouse une princesse qui le choisit entre tous pour les dons de son esprit et de son cœur ”
Hercule Géraud, Essai sur les livres dans l'antiquité… (1840)
“ Nous apprenons de Strabon (1) que le fondateur de la bibliothèque de Pergame fut Eumène, deuxième du nom, dont le règne commença l'an 197 avant Jésus-Christ, et dura 39 ans ; mais il faut bien remarquer que Varron n'attribue pas expressément l'invention du parchemin à Eumène ; il dit seulement qu'à l'occasion du démêlé survenu entre ce prince et Ptolémée, le parchemin fut invente à Pergame. Cette découverte a-t-elle eu lieu sous Eumène, ou bien sous Attale II, son successeur ? c'est ce qui reste dans l'incertitude. ”
Hercule Géraud, Essai sur les livres dans l'antiquité… (1840)
“ L'auteur inconnu d'un ancien traité sur le papyrus (4) va jusqu'à nommer l'inventeur. D'après lui, le grammairien Cratès, qui étoit à la cour du roi de Pergame, jaloux de ce qu'Aristarque avoit décidé Ptolémée à envoyer du papyrus aux Romains, parvint à tirer de la peau des animaux des membranes propres à recevoir l'écriture. Il persuada au roi Attale d'en expédier à Rome, où on leur donna le nom de pergamenum, en mémoire de celui qui les avoit envoyées. ”
Auguste Debay, Les mystères du sommeil et du magnétisme… (1854)
“ Le lecteur doit toujours se tenir en garde contre les récits merveilleux des temps d'ignorance. Apollonius, dont la vie fut accompagnée de tant de prodiges, voyagea pour s'instruire chez tous les peuples connus; il pénétra dans les temples de l'Inde, de la Perse, de l'Egypte et de la Grèce, où il se fit initier à leurs mystères. Les philosophes l'ont regardé comme un savant trèsversé dans les sciences physiques etpsychologiques ; le vulgaire le déifia. ”
Virgile,
Énéide/Traduction Guerle
“ Ordonnez que Carthage asservisse à son joug superbe les peuples de l’Ausonie : du fond de leur exil, les enfans de Pergame n’alarmeront point ceux de Tyr. Que sert aux Troyens d’avoir échappé aux derniers malheurs de la guerre, d’avoir pu s’ouvrir un passage à travers les feux ennemis ? que leur sert d’avoir épuisé les périls et des mers en courroux et des rives étrangères, pour chercher dans le Latium un nouvel Ilion qui doit périr encore ? ”
Albert Réville,
Le Christ païen du IIIe siècle et la cour des Sévères - Apollonius de Tyane
“ Ce sont des trépieds qui se meuvent d’eux-mêmes, des échansons d’airain qui servent à boire aux convives, une coupe qui se remplit miraculeusement à mesure qu’on la vide, une pierre qui a le don d’attirer à elle toutes les autres, et tout cela pour illustrer une doctrine panthéiste d’après laquelle le monde serait un animal vivant, à la fois mâle et femelle pour s’engendrer lui-même, gouverné par un Dieu suprême et une foule de dieux subordonnés qui font eux-mêmes partie du grand tout. Bientôt Apollonius est initié par ses hôtes à la science des astres et de la divination. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Pergame fit bâtir un temple à l’empereur Auguste & à la ville de Rome. Strabon, liv. XIII. p. 429. vous dira les hommes illustres dont elle fut la patrie. On sait que Galien & Oribaze, tous deux grands médecins, sont du nombre. Disons présentement un mot des rois de Pergame. ”
