“ Oakland est noyé dans un océan de feuilles et de fleurs ; c’est la ville des cottages délicieux, parfumés, paisibles, enfouis sous l’ombrage. Sur le rivage, qui est celui de la baie même de San-Francisco, aboutit une longue jetée de deux milles environ, que suit le chemin de fer, et au bout de laquelle attend le ferry qui va traverser les voyageurs à la grande métropole du Pacifique. C’est à cette jetée que d’innombrables navires, de toutes les parties du monde, viennent charger et décharger leur marchandise ; c’est aussi là le terme extrême de toutes les lignes de chemins de fer de l’ouest ”
Oakland
Définition et enjeux
Citations sur “Oakland”
Jack London,
La Croisière du « Dazzler »
“ Ensuite ils longèrent le chenal où les bacs à vapeur, bondés de monde, font la navette entre San-Francisco et Oakland. L’un d’eux passa si près du Dazzler que les passagers accoururent de son côté pour contempler le brave petit sloop et les deux jeunes matelots nichés dans le cockpit. Joë leva les yeux avec envie vers cette rangée de visages qui les regardaient. ”
Jack London,
Le Cabaret de la dernière chance
(1928)
“ Alors apparut dans ma vie la ville d’Oakland, et sur les rayons de sa bibliothèque municipale, je vis un monde immense surgir à l’horizon. ”
Jack London,
La saoulerie américaine
(1913)
“ À l’âge de quatorze ans, la tête bourrée de récits d’anciens voyageurs, de visions d’îles tropicales et de rives lointaines, je passais mes loisirs à côtoyer la baie de San Francisco et l’estuaire d’Oakland sur un léger canot à dérive centrale [4] . Je voulais me faire marin, je voulais me libérer de la monotonie et des platitudes quotidiennes. J’étais dans la fleur de mon adolescence, l’esprit enfiévré de romans et d’aventures, rêvant de vie sauvage dans un monde inculte. J’étais loin de me douter du rôle prépondérant que joue précisément l’alcool dans un pareil milieu. ”
Jack London,
La saoulerie américaine
(1913)
“ À ce moment, nous atteignions la phase lyrique de l’ivresse, Je joignis ma voix à celle de Scotty et du harponneur dans des bribes de romances et de chansons de matelots. C’est là, dans la cabine de l’Idler, que j’entendis pour la première fois « Blow the man down », « Flying Cloud » et « Whisky, Johnny, whisky ». Oh ! c’était superbe. Je commençais à saisir le sens de la vie. Ceci faisait oublier la banalité quotidienne, l’estuaire d’Oakland, la distribution fastidieuse de journaux aux portes, la livraison de la glace et le relèvement des quilles. ”
Émile Malézieux, Travaux publics des États-Unis d'Amérique en 1870… (1873)
“ Nous avons peu de chose à ajouter sur le trajet de Sacramento à Oakland. Pour traverser le faîte intermédiaire, on a creusé plusieurs tranchées profondes et un souterrain de 366 mètres établi à l'altitude de 159 mètres. Cette région, que le Monte-Diablo domine ainsi que toute la baie, contraste par l'aspect sinistre de sessommets arrondis et pelés avec la fertilité et la richesse des campagnes environnantes. Sur le versant de l'Ouest, de grands aqueducs d'irrigation en planches, posés sur chevalets, se développent sur des kilomètres de longueur. ”
Gabriel-Paul-Othenin d' Haussonville,
A travers les États-Unis : notes et impressions
(1883)
“ La lumière est plus vive, plus intense que dans la baie de New-York, et, sans que le détail ait beaucoup de charme, l'impression qui domine est celle de l'éclat et de la grandeur. Après une courte traversée de dix minutes nous débarquons à OaklandFerry au milieu d'une confusion inexprimable de tramways et d'omnibus au milieu desquels je finis cependant par distinguer celui du Palace-Hotel, oU je me fais conduire. ”
Charles-Avila Wilson,
Voyage autour du monde
“ Nous séjournerons deux jours en ce lieu charmant ; nous en visiterons les alentours, et, mercredi matin, le Southern Pacifie nous transportera à San-Francisco, cependant que de notre pullman nous verrons se dérouler d’un côté les pittoresques rivages de la mer de Californie, de l’autre la riche moisson des vergers ployant sous les fruits savoureux. Dans le désert, il a fait un peu chaud : 85° sur le midi ; les nuits ont été froides ; il fait un temps de velours. Los Angeles est une ville de sept cent mille âmes. Ses rues sont larges, pavées d’asphalte ou huilées. ”
Pierre de Coubertin,
Sur la côte de Californie
“ C’est l’heureux privilège de la terre californienne de ne se laisser approcher qu’à travers des régions maudites et alors, que l’on arrive par la vallée de Sacramento ou par celle de Los Angeles, on est saisi et charmé, au quatrième réveil, par la grande lumière qui s’épand sur les choses et qui leur donne un relief et des contours de paradis terrestre... Dans ces deux vallées toute l’histoire de la Californie a tenu : la conquête pacifique et la conquête armée, les missions et les mines, l’or et la culture. ”
Élisée Reclus,
Le Mississippi, études et souvenirs
“ L’Ohio est de toutes les rivières des États-Unis celle qui ressemble le plus aux rivières d’Europe; aussi les premiers voyageurs français, heureux de retrouver des sites qui leur rappelaient ceux de la patrie, donnèrent-ils à l’Ohio le nom de Belle-Rivière. Les collines de ses rivages sont doucement inclinées et couvertes d’arbres semblables à ceux du nord de l’Europe; les villes et les villages parsèment les deux bords de charmantes petites maisons blanches; les champs cultivés, les groupes d’arbres fruitiers se succèdent en paysages uniformes et gracieux. ”
Henri Blerzy, Études sur les travaux publics…
“ La nature du sol varie beaucoup d’un point à l’autre de ce vaste territoire. L’espace compris entre le Missouri et l’Ohio est, à vrai dire, une des régions les plus privilégiées du globe ; c’est le grenier de l’Amérique et, en partie, de l’Europe. C’est là que les pionniers se sont portés avec le plus d’ardeur, dédaignant même les pentes orientales des Alleghanys, qui sont cependant beaucoup plus rapprochées de la mer. Chicago, Cincinnati, Saint-Louis, sont les trois capitales de cette riche contrée. ”
M. Sand, Revue des Deux Mondes
“ On me dit que Chicago ressemble, comme mouvement et comme physionomie, aux villes nouvelles de la Californie. Le fait est que la population est un mélange de marchands, de colons, d’ouvriers, de mineurs, tous gens brûlés par le soleil ou le feu des forges, aux mains dures et noircies par la charrue ou la houille. Pas de flâneurs ici, pas de gandins étiques ; c’est la volonté, l’exubérance et la soif d’une jeune société qui fusionne Allemands, Irlandais et Américains dans le même moule, pour en faire un jour le nouveau peuple de l’ouest. ”
Ludovic Hébert Beauvoir, Voyage autour du monde : Pékin… (1872)
“ Au moment où le soleil se couchait, notre grand Colorado manœuvrait pour se mettre le long du quai de San Francisco : la terre, les maisons, le ciel, semblaient tous de la même couleur; jaune et vilain aspect que celui de cette ville ! Les tristes collines qui l'entourent semblent vouloir l'ensevelir sous des nuages de sable qu'une bise désagréable promène en tourbillons dans les rues. —Ah ! quand on vient de quitter les rivages si frais, si ravissants, si verts, si féeriques du Japon, on éprouve une pénible impression en abordant la plage de la Californie. ”
Alfred Assollant,
Scènes de la vie des États-Unis…
“ C’est ce qui rend l’Amérique si amusante, que je conseillerai quelque jour à tous les hypocondriaques d’Europe de venir la visiter. En France, Lyon crève de rage de n’être point Paris ; mais Oaksburgh n’envie rien à personne. On s’y prêche, on s’y injurie, on s’y tue comme à New-York ; personne n’a le spleen. — l’Angleterre ne manque ni de journaux, ni d’élections, ni de coups de poing, dit fièrement John Lewis. — Il vous manque, dit Acacia, cinq ou six races et religions ennemies, pour qui tout est champ de bataille. Chez vous, le bâton d’un policeman fait fuir plusieurs milliers d’hommes. ”
Jules Verne,
Le testament d'un excentrique
“ Toutefois, si dans ces conditions un Max Réal ou un Harris T. Kymbale eussent regretté d’avoir « brûlé » Sacramento, combien ces regrets auraient été plus profonds à l’égard de San Francisco ! La métropole de l’État, qui compte trois cent mille âmes, occupe une situation unique au monde, en vue de cette baie de cent kilomètres carrés, grande comme le lac Léman, au seuil de la Porte d’Or, ouverte sur le Pacifique. ”
Alfred Assollant,
Scènes de la vie des États-Unis…
“ Parbleu ! dit Acacia, s’il est caché, ce n’est pas qu’on ait manqué de le chercher. Les vieilles femmes du Kentucky ne font pas autre chose. Au reste, vous arrivez à merveille : nous avons justement besoin d’un prédicateur tout neuf, car les nôtres sont fort usés, et vous avouerez qu’il est ennuyeux d’entendre des sermons prêches mille fois depuis le temps d’Olivier Cromwell. Voulez-vous venir à Oaksburgh avec moi ? C’est un joli bourg de six mille âmes, qui n’a jamais entendu parler de Swedenborg. L’occasion est favorable pour nous swedenborgiser tous. ”
L. Simonin, Les Deux Rivales de l’ouest américain - Chicago et Saint-Louis
“ Chicago compte à peine quarante-cinq ans d’existence, et sa population atteint déjà le chiffre de 500,000 âmes. C’est le premier marché du monde pour les grains, le bétail et les viandes salées. Bien plus, à l’intérieur de la vaste région occupée par l’Union américaine, c’est comme un centre naturel où convergent tous les états atlantiques : dix-sept chemins de fer conduisent à cette grande métropole de l’Illinois. ”
André Chevrillon,
Les États-Unis et la vie américaine
“ Voici que la ville a boomé ; les habitans se cotisent pour embellir les parcs, les grands capitalistes, un Pullman, un Pilseney, un Carneggie, la dotent d’une église, d’une université, d’un hôpital. Ils aiment leur cité comme un industriel son usine ; autrefois, parce qu’ils croyaient à son avenir, aujourd’hui, parce qu’ils participent à sa grandeur. Voyons quelques-unes de ces villes qui ont boomê, celles dont leurs citoyens sont le plus fiers, Chicago, — la Porcopolis, — Reine des Prairies, — Saint-Paul, Minneapolis, Omaha, Kansas-City, Denver. ”
Henri de Rothschild,
Tour du monde
(1936)
“ Elle compte plus de quatre millions d'habitants, avec des rues larges comme des boulevards, des gratte-ciel, de grands magasins, des propriétés particulières, des jardins, des parcs, et plus d'un million et demi d'automobiles. Entre les différents « secteurs » de cette agglomération, point de démarcation, point d'espaces libres ; ce n'est pas une ville, ni deux villes, ni trois villes, c'est le « District de Los Angeles » ! Nous sommes en Californie, sur la côte du Pacifique, à 650 kilomètres au sud de San-Francisco, à 250 kilomètres de la frontière du Mexique. ”
Alfred Assollant,
Scènes de la vie des États-Unis…
“ Allah Akbar ! Dieu est vainqueur ! Et comment aurais-je lu Abulféda, si je n’avais été tenté de convertir le grand-chérif de la Mecque ? Voilà comme tout s’enchaîne en ce monde. — Vous avez été plus heureux que sage, dit Acacia. Il est sept heures, et le stage nous attend. Partons. Et les deux nouveaux amis prirent le chemin d’Oaksburgh. II. — D’UN THÉ ASSAISONNE DE PETITS CANCANS DE PROVINCE. La petite ville d’Oaksburgh est la plus belle de toute la vallée du Kentucky et peut-être du monde entier. ”
Pierre de Coubertin,
Universités transatlantiques
“ Quand les brumes jaunâtres se promènent dans les rues, Chicago ressemble à Londres. Saint-Louis ressemble à Chicago avec une nuance de laisser-aller et quelque chose de moins posé, de moins puissant ; son essor semble lent et pénible, comme le cours du fleuve qui transporte ses navires. ”
Jules Verne,
Le testament d'un excentrique
(1899)
“ Et pourrait-on s'étonner que la Reine de l'Ouest tienne le second rang, après New York, parmi les villes industrielles et commerçantes des États-Unis, puisque ses affaires atteignent le chiffre annuel de trente milliards! On sait que Chicago, à l'exemple des grandes cités américaines, jouit d'une liberté aussi absolue que démocratique. ”
Jules Gourdault, De Paris à Paris à travers les deux mondes… (1889)
“ Chicago est, rappelons-le, le plus grand marché de céréales de toute l'Amérique, et le premier parc à bétail du monde. Comme métropole commerciale, elle n'a au-dessus d'elle que New-York. Quatorze voies ferrées y aboutissent du nord, du sud, de l'est et de l'ouest. Ses flottilles de bateaux à vapeur desservent tous les parages du lac Michigan, et une voie d'eau ininterrompue l'unit à Saint-Louis et à la Nouvelle-Orléans. ”
Bret Harte,
Épisode de la vie d’un joueur californien
“ M. Oakhurst, bien qu’il admirât médiocrement la nature, se sentit pénétré de cette sensation indéfinissable qui déjà l’avait surpris lors de sa première promenade matinale à Sacramento. Bientôt des chars-à-bancs passèrent sur la route remplis de femmes en toilettes de fantaisie plus ou moins excentriques ; le tapage de la vie humaine vint égayer, réchauffer, pour ainsi dire, les lignes sévères du paysage, puis la longue piazza de l’hôtel apparut émaillée de robes blanches, bleues et roses. ”
Ch. Gailly de Taurines, La Nation canadienne
“ Car c'est bien de Chicago qu'il s'agit, de cette métropole de l'Ouest qui s'étonne aujourd'hui de ne pas étonner l'Univers: voilà ce que pensaient, il y a cinquante ans, les Américains les plus éclairés, de l'avenir réservé à cette orgueilleuse cité. ”
Alexis de Tocqueville,
De la démocratie en Amérique
(1835)
“ Le fleuve que les Indiens avaient nommé par excellence l’Ohio, ou la Belle-Rivière, arrose de ses eaux l’une des plus magnifiques vallées dont l’homme ait jamais fait son séjour. Sur les deux rives de l’Ohio s’étendent des terrains ondulés, où le sol offre chaque jour au laboureur d’inépuisables trésors : sur les deux rives, l’air est également sain et le climat tempéré ; chacune d’elles forme l’extrême frontière d’un vaste État : celui qui suit à gauche les mille sinuosités que décrit l’Ohio dans son cours se nomme le Kentucky ”
“ Presque au sortir de Sacramento, le pays s’élevait déjà. On sentait les ramifications de la Sierra, qui limite magnifiquement cette vieille Californie dans le cadre de ses chaînes couvertes de sapins noirs, dominées çà et là par des pics hauts de cinq mille mètres. C’est une barrière de verdure, que la nature a faite à cette contrée où elle avait versé tant d’or, maintenant vidée par la rapacité humaine. ”
Auguste Laugel,
Les États-Unis pendant la guerre
“ Chicago est la reine de l’ouest ; c’est la capitale des grands états producteurs de céréales. Il y a trente-trois ans, les Indiens erraient encore librement sur les rives du lac Michigan, où s’élèvent maintenant des églises, des hôtels, des monumens, des maisons pour une population de 180,000 habitans. L’immense damier, découpé de larges rues, s’étend à perte de vue au nord, au sud, à l’ouest. À l’est est le port, où.se pressent les mâts d’une multitude de bateaux. ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes
“ Richmond, où je me promène pour tuer le temps, est une jolie petite ville, sur les confins de l’Ohio et de l’Indiana, et à laquelle je donne, à vue d’œil, de six à sept mille âmes. On n’a pas tout vu en Amérique quand on s’est rassasié tour à tour de la majesté des forêts et de la saleté des grandes villes. ”
L. Simonin, Les Deux Rivales de l’ouest américain - Chicago et Saint-Louis
“ Ce fut d’abord la partie la plus lointaine des états de New-York et de Pensylvanie. A mesure que le pionnier avançait dans le désert, disputant sa place et sa vie à l’Indien, la limite de l’ouest s’éloignait, et les solitudes allaient se défrichant et se peuplant. L’Ohio, l’Indiana, l’Illinois, passèrent ainsi l’un après l’autre du rang de territoires à celui d’états. On calculait que cette marche de la civilisation se faisait à la vitesse de 15 milles ou environ 25 kilomètres par an. En 1800, on colonisait l’Ohio, sur les confins de l’état de Pensylvanie ”
Julie Gouraud, Les Quatre pièces d'or (3e édition… (1876)
“ Aujourd'hui les matelots préfèrent une bonne somme d'argent au plaisir de mystifier les voyageurs. On traite à l'amiable. que la Californie, qui faisait autrefois partie du Mexique, est aujourd'hui l'un des États-Unis de l'Amérique du Nord. Elle forme deux États distincts : la vieille ou la basse Californie; c'est une longue et étroite presqu'île resserrée entre le golfe de Californie ou mer Vermeille, et le grand Océan ; sa capitale est San-José; et la nouvelle ou haute Californie, située au nord de la première, sur la côte du Grand Océan, a San Francisco pour capitale. ”
Alphonse Daudet,
Contes choisis de Alphonse Daudet
(1883)
“ Bientôt une ville immense, toute en bois comme Chicago, s'étendit aux bords de la rivière Rouge, avec ses larges rues alignées, numérotées, rayonnant autour des places, sa Bourse, ses halles, ses églises, ses écoles, et tout un attirail maritime de hangars, de douanes, de docks, d'entrepôts, de chantiers de construction pour les navires. ”
