“ James Cecill, comte de Salisbury, à sept lieues de Londres, a Hartfieldhouse, avec ses quatre pavillons seigneuriaux, son beffroi au centre et sa cour d’honneur, dallée de blanc et de noir comme celle de Saint-Germain. Ce palais, qui a deux cent soixante-douze pieds en front, a été bâti sous Jacques Ier par le grand trésorier d’Angleterre, qui est le bisaïeul du comte régnant. On y voit le lit d’une comtesse de Salisbury, d’un prix inestimable, entièrement fait d’un bois du Brésil qui est une panacée contre la morsure des serpents, et qu’on appelle milhombres, ce qui veut dire mille hommes. ”
Comte de Salisbury
Définition et enjeux
Citations sur “Comte de Salisbury”
Lytton Strachey,
Elisabeth et le comte d'Essex, histoire tragique…
(1929)
“ Nous ne pouvons voir que ce que montrent à nos yeux une limpidité si courtoise – une carrière consacrée à l' intérêt public , enfin couronnée , et si justement , par une dernière victoire – une grande œuvre – et le Comte de Salisbury tout puissant en Angleterre . Jusque là tout est lumineux . Mais nous ne voyons rien de plus , et personne n' a jamais rien vu . Le tranquille minimum d' action qui conduisit à de si vastes conséquences nous est dérobé . Nous pouvons , par bonne fortune , l' entrevoir de temps en temps ”
Jean Froissart,
Les Chroniques de Sire Jean Froissart
“ D’ailleurs cette phrase est très louche ; pour la rendre claire, il faut la construire à peu près ainsi : « Si en étoit gardien et souverain, après son oncle, un gentil chevalier preux et hardi qui avoit nom messire Guillaume de Montagu, et étoit fils de la sœur du comte de Salisbury qui ainsi eut nom, car quand le roi le maria, il lui donna la comté de Salisbury, etc. » ”
Théodore Bachelet, Supplément au "Dictionnaire général de biographie et d'histoire… (1902)
“ Beaconsfield ne survécut qu'un an à sa défaite : il mourut le 19 avril 1881, et le comte de Salisbury le remplaça à la tête de l'opposition. Ce fut à ce moment que, d'un commun accord, les deux grands partis dont la lutte remplit toute l'histoire constitutionnelle de l'Angleterre, abandonnèrent les noms de whigs et de tories et furent officiellement appelés libéraux et conservateurs. ”
Alfred Emmanuel Roergas de Serviez, Neuf jours d'hymen, ou La cour en 1610… (1834)
“ Je le vois, Louis, nonobstant l'autorité de mes paroles, vous ne pouvez vous séparer entièrement d'un espoir consolant ; sans doute il est des âges heureux dans la vie des nations, où il est permis d'être douleur sur la perversité humaine; où les hommes semblent meilleurs qu'ils ne le sont en réalité : mais ce n'est point là notre cas, nous vivons en une désastreuse époque , et pour ne vous citer qu'un exemple vivant, je ne veux faire élection que du roi d'Angleterre qui garde pour' premier ministre, sous nos yeux , le comte de Salisbury, l'un des bourreaux de sa mère*. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ SALISATEURS (du latin salire, sauter) , devins romains qui tiraient des augures des mouvements de leur corps. SALISBURY, ville épiscopale d'Angleterre, capitale du comté de Wilts, sur la rivière d'Avon, à 30 lieues S.-O. de Londres. Sa population est de 10,000 habitants. C'est une ville ancienne, propre et bien bâtie. Sa cathédrale gothique, achevée en 1358, est un des monuments les plus remarquables de l'Angleterre. Cette ville est très-manufacturière et commerçante. ”
Stanislas Prioux, Histoire de Braine et de ses environs (1846)
“ Comme il se retirait victorieux, fatigué de combattre, il tomba dans une embuscade qui lui avait été dressée par trahison. Fait prisonnier, le roi d'Angleterre l'emmena chez lui, ainsi que plusieurs chevaliers pris avec lui. Il resta captif en Angleterre jusqu'cn 1214, époque à laquelle PhilippeAuguste, en récompense des services que Robert II et sa famille lui avaient rendus, l'échangea contre Guillaume Longue-tëpée, comte de Salisbury, qui avait été fait prisonnier par l'évêque de Beauvais, Philippe de Dreux et de Braine. ”
Henri Wallon, Richard II, épisode de la rivalité de la France et de l'Angleterre… (1864)
“ MONTAIGU (Jean de) , comte de Salisbury, fils du précédent et héritier de William, comte de Salisbury, son oncle, en 1397 ses antécédents, II, 454; favorable aux lol- lards, II, 435: un des appelants contre Glocester, 164: membre du comité parlementaire, 203; envoyé en France pour empêcher le mariage de Henri de Lancastre, 231; accompagne Richard en Irlande, 237 ; envoyé devant le roi à Conway, 253; ses premiers succès dans le pays de Galles; ses vains efforts pour retenir les troupes, 255; arrêté avec Richard, 269; ressentiment que lui montre Henri, 276 ”
“ J'espère, si Dieu le veut, » vous aider à le mieux gouverner. — Beau » cousin, » répondit Richard, « puisque » vous le voulez, je le veux aussi. » Henri adressa ensuite quelques mots à l'évêque et aux deux chevaliers ; mais il affecta le dédain le plus marqué pour Salisbury (1) . Le monarque et le comte furent conduits à Chester, au son des trompettes et au bruit des acclamations qui saluaient le triomphe de Lancastre. ”
Fulgence Girard, Mystères du grand monde, par Fulgence Girard… (1880)
“ De Salisbury continua : — De Montauban, du Plessis, de Morillon, de Cablac, de LavaL. — La fleur de la noblesse bretonne! dit le roi en parlant à lui-même, cela n'est pas croyable. cela n'est pas!. c'est une ruse pour nous rendre suspects les barons les plus valeureux sur qui repose notre puissance. Et s'adressant avec une sévérité menaçante au comte anglais : - Messire lui dit-il, savez-vous quel danger l'on court à lancer de telles accusations sans preuves? — Oui, Monseigneur, on s'expose à les voir rejaillir contre soi. aussi n'est-ce pas sans preuves que je vous les apporte. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle, ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1853)
“ Ce comté possède de nombreuses manufactures et se rapproche SQus ce rapport des districts de l'ouest. Les fabriques n'y sont pas, il est vrai, concentrées dans de grandes métropoles industrielles; mais elles sont dispersées dans plusieurs petites villes qui leur doiventleur prospérité. On y fait des draps fins, des casimirs et des articles de fantaisie, auxquels il faut ajouter les flanelles de Salisbury et les beaux tapis de Wilton. Salisbury, capitale du comté, est une ville de médiocre étendue, mais belle et bien bâtie. ”
Alexandre Dumas,
La Comtesse de Salisbury, par Alexandre Dumas…
(1848)
“ Mais le roi répondit aussitôt en essuyant son visage et en souriant : — Vous voyez bien au contraire que la terre m'attire. Tout le monde se réjouit de cette réponse et de l'interprétation que le roi donnait à cet incident. Alors, on ne s'occupa plus que de décharger les navires et d'amener à terre les chevaux et les équipements. Puis, le roi, après avoir fait maréchaux Godefroy de Harcourt et le comte de Warwick, après avoir fait connétable le comte d'Arundel, ordonna au comte de DE SALISBURY. 4 57 Hostidonne de demeurer sur son navire avec cent hommes d'armes et quatre cents archers. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ On le voit, des incertitudes subsistent dans l’esprit du ministère anglais ; mais lord Salisbury fait acte de loyauté en l’avouant et on ne peut que rendre justice au ton conciliant et véritablement amical, — c’est le mot dont il s’est servi, — avec lequel il a parlé de ses hésitations. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Eh bien, soit ! mais lord Salisbury n’est pas un prédicateur : il est le premier ministre de la Grande-Bretagne, et lorsqu’un homme dans sa situation fait entendre solennellement certaines paroles, on a peine à croire qu’elles ne doivent, dans sa pensée, être suivies d’aucun effet. ”
Alexandre Dumas,
La Comtesse de Salisbury, par Alexandre Dumas…
(1848)
“ Toute la noblesse et la chevalerie de France étaient à ce souper. C'était le roi de Bohême, le comte d'Alençon, le comte de Blois, le comte de Flandre, le duc de Lorraine, le comte d'Auxerre, le comte de Santerre, le comte de Harcourt, messire Jean de Hainaut et beaucoup d'autres encore qu'il serait trop long de nommer. Quand le souper toucha à sa fin, le roi se leva et dit : — Messires, demain la France va jouer une grande partie, qu'avec l'aide des seigneurs et de votre courage elle ga- DE SALISBURY. 259 gnera, je l'espère. ”
Alexandre Dumas,
La Comtesse de Salisbury, par Alexandre Dumas…
(1848)
“ Il avait donc quitté Saint-Denis et marchant à grande jour- 242 LA COMTESSE nées, il était arrivé à Amiens pendant qu'Edouard était encore Airaines. Le soir même du jour où le comte de Warwick et Godefroy de Harcourt étaient venus apporter au roi la réponse que nous avons dites tout-à-l'heure, des hommes furent pris et reconnus pour être des espions du roi de France. Un seul de ces hommes nia être espion du roi de France. Le hasard seul, disaitil , l'avait fait trouver avec les autres. Il assurait même que loin de vouloir servir Philippe, il eût voulu servir Edouard d'Angleterre. ”
Alexandre Dumas,
La Comtesse de Salisbury, par Alexandre Dumas…
(1848)
“ Angoulême était commandée par le capitaine Jean de Nortich. Quand le comte de Derby apprit les désastres des Anglais et la sottise que les vainqueurs avaient faite de laisser le château debout, il y envoya des gens d'armes, leur ordonnant de bien se défendre, et ajoutant qu'il irait les secourir si besoin était. Puis, il en voya à la forteresse d'Aiguillon, Gautier de Mauny, Jean de Lille et autres , leur recommandant de tenir vigoureusement. Ils partirent bien quarante chevaliers et trois cents armures emportant des vivres pour le siège, ce siège dût-il durer six mois. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 août 1889
“ Le plus vraisemblable est qu’en effet l’Angleterre a plutôt des préférences que des engagemens, qu’elle n’est point liée, que lord Salisbury, dans tous les cas, n’aurait pu songer à aliéner la liberté de ses successeurs et les droits du parlement. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Il semblait donc que la joie de l’Angleterre aurait été complète, et que lord Salisbury l’aurait exprimée avec chaleur et confiance. Il y a des jours heureux dans la vie d’un peuple, et généralement on en jouit sans arrière-pensée. Eh bien ! non. Le discours de lord Salisbury est le plus pessimiste qu’un homme d’État européen ait prononcé depuis un très grand nombre d’années. Il n’y est question que des nuages qui s’amoncellent et des orages que, sans doute, ils renferment. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ C’est bon pour une fois, mais ce n’est là évidemment que le premier acte du drame, le commencement d’une lutte où le ministère de lord Salisbury est exposé à épuiser ses forces sans honneur pour lui-même, sans profit pour la nation anglaise, qui, à chaque élection nouvelle, se montre de plus en plus partagée. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ C’est là son œuvre principale : il l’a accomplie avec une rare intelligence, et, — sauf dans les dernières années où d’autres influences que la sienne agissaient sur son propre gouvernement, — avec une modération relative dont il faut lui savoir gré. Nous ignorons ce que, dans sa retraite, il pensera lui-même de ses derniers actes et de ses derniers discours ; à notre avis, ils n’ont rien ajouté à sa gloire ; mais, s’il faut juger un homme d’après l’ensemble de sa carrière, le jugement à porter sur lord Salisbury doit être plutôt favorable. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Ce n’est pas à nous que revient le soin de défendre la politique de lord Salisbury : il nous semble pourtant qu’on est injuste à son égard. Cette politique se justifie par ses résultats. A moins que l’Angleterre ne veuille tout garder pour elle et ne rien laisser aux autres, elle devrait se tenir pour satisfaite. En théorie, elle est pour la libre concurrence et pour le droit commun assuré à tous ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1889
“ Le ministère de lord Salisbury a fait depuis quelque temps d’assez nombreux sacrifices d’amour-propre et presque de dignité dans ses relations avec l’Allemagne ; il n’irait pas jusqu’à faire ce qu’aucun gouvernement anglais n’a jamais fait, jusqu’à lier l’Angleterre par des engagemens permanens et à enchaîner la liberté de ses successeurs. Il aurait d’autant moins d’autorité pour déroger aussi gravement à toutes les traditions de la diplomatie anglaise que la fortune commence à se montrer singulièrement variable pour lui. ”
G. Valbert,
Revue des Deux Mondes
“ Rien ne prouve mieux que le langage tenu par lord Salisbury, dans ce grave et épineux débat, combien les lords sont peu disposés à courir les hasards d’une lutte ouverte avec la chambre des communes et avec l’opinion publique. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Il est probable que, dans les dernières années de sa vie politique, lord Salisbury n’a pas vu sans appréhension des élémens nouveaux pénétrer dans son gouvernement et en modifier l’équilibre. S’il a dû céder lui-même à certains entraînemens, on se demande si M. Balfour, qui n’est encore qu’un diminutif de lord Salisbury, saura ou pourra leur opposer une résistance plus efficace. Voilà ce qu’on peut dire du présent : quant à l’avenir, il est plein d’incertitudes en ce qui concerne non seulement l’Angleterre, mais le reste du monde. Tout change, tout mue, tout évolue autour de nous. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Tout est bien qui finit bien, et, puisque tout le monde est content, il faudrait avoir mauvais caractère pour ne pas l’être. Nous le sommes donc en toute sincérité, mais non pas tant parce que les instructions de notre ambassadeur ont paru à lord Salisbury conformes à sa propre circulaire, que parce qu’elles sont excellentes en elles-mêmes. En somme, après deux mois de pourparlers, tout le monde s’est trouvé d’accord parce qu’on s’est fait des concessions mutuelles. Lord Salisbury en a fait comme les autres, ce dont il convient de l’en féliciter. ”
Pierre de Coubertin,
Revue du Pays de Caux N°3 Juillet 1902
“ Lord Salisbury était un grand indolent, non pas certes d’une indolence vulgaire de détail, mais de cette espèce de laisser-aller philosophique auquel l’absence de fortes convictions et de rude énergie conduit aisément un homme riche et instruit. ”
Fulgence Girard, Mystères du grand monde, par Fulgence Girard… (1880)
“ Et Salisbury tirade son pourpoint la feuille de parchemin où était écrit le traité et où pendaient les sceaux des seigneurs qui l'avaient signé pour eux et leurs complices. Le roi le lut avec stupeur et, après avoir examiné avec l'attention la plus judicieuse ; — C'est bien leur signature et leurs armes. A quelle fidélité se confier désormais? Ah! Messires ! s'écria-t-il avec indignation et fureur, après un moment du plus sombre silence, l'exemple de notre exécrable frère, honteusement frappé de mort dans les rangs anglais, loin de vous effrayer, vous provoque à la félonie. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Tout est là évidemment aujourd’hui en Angleterre. Tous les partis se préparent à la dissolution comme si elle devait être prochaine. Tout dépend de ce qui peut arriver d’un jour à l’autre, d’un incident imprévu, de la tournure que va prendre cette session qui vient de s’ouvrir. Lord Salisbury a sans doute affecté jusqu’ici une certaine impassibilité presque ironique devant les succès croissans des libéraux dans les élections partielles. ”
Francis de Pressensé,
Revue des Deux Mondes
“ Sa carrière y a fort gagné. On n’oserait dire que son pays et l’Europe en aient autant profité. Le prince de Bismarck, après le Congrès de Berlin, disait que lord Salisbury était un roseau peint en barre de fer. Le mot était sévère jusqu’à l’injustice. Est-il tout à fait faux ? La situation politique en Angleterre se prête mieux encore qu’en 1878 à la recherche des aventures. Les élections ont donné au gouvernement unioniste carte blanche. Le gouvernement pour les affaires étrangères, c’est lord Salisbury, dictateur de la Chambre des lords et du Foreign Office. ”
Pierre de Coubertin,
Revue du Pays de Caux N°3 Juillet 1902
“ L’Angleterre qu’il abandonne n’est pas seulement tout l’opposé de celle qu’il a prise ; ceci n’aurait rien d’extraordinaire ; un homme d’État a le droit et même le devoir, en certaines circonstances, de changer d’avis ; mais Lord Salisbury justement n’a pas changé d’avis ; il est demeuré, au fond de lui-même, fidèle à sa conception du monde et cette conception, il l’a desservie, en sorte que l’Angleterre d’aujourd’hui est toute différente de ce qu’il eut souhaité qu’elle fut. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Non, pour l’instant, l’Angleterre n’est heureuse ni dans les Balkans, ni dans la Mer-Noire, ni en Birmanie, ni aux frontières de l’Afghanistan, et il est certain que lord Salisbury a beaucoup à faire s’il veut retrouver pour la politique britannique les succès qu’elle a dus si souvent à sa hardiesse et à son esprit de suite. ”
G. Valbert,
Revue des Deux Mondes
“ Dans le discours qu’il a prononcé à Manchester, le marquis de Salisbury demandait au peuple de s’unir aux lords pour résister à un ministère qui n’ose pas soumettre ses actes au jugement du pays. Lord Salisbury se charge-t-il de soumettre au jugement du peuple les raisons qu’on peut avoir de conserver une chaîner de législateurs héréditaires, dans un pays où la démocratie fait chaque jour de nouveaux progrès et où le chef du parti conservateur lui emprunte quelquefois son bréviaire, dont le premier article est que le peuple ne se trompe jamais ? ”
