“ Le cadran solaire aux lignes presque effacées, qui présentait son triangle pointu au midi du manoir, marquait dix heures. Au beau milieu de l’esplanade se dressait une quintaine ou mannequin de bois, tournant sur un pivot. Cette quintaine figurait grossièrement un Anglais qui tenait à la main un fort bâton de cormier. Le bois du mannequin était lourd et massif ; le pivot, fraîchement huilé, jouait le mieux du monde, en sorte que le moindre effort faisait tourner la quintaine, qui lançait à l’aveugle de beaux coups de bâton. ”
Quintaine
Définition et enjeux
Citations sur “quintaine”
Léon Séché,
Contes et figures de mon pays.…
(1881)
“ N'était-ce pas un honneur insigne pour un manant que sa femme fût déflorée par un noble et lui donnât, neuf mois après, un enfant qui, sans être bâtard, avait le nez et le menton de celui qui l'avait flétrie ? Heureusement que toutes les femmes n'étaient pas jolies, et ne méritaient pas toutes l'attention du seigneur ! C'est pour celles-là que la quintaine avait été sinon inventée, du moins religieusement gardée. Le baron obligeait ainsi le vilain dont il avait dédaigné la femme, à frapper le poteau de quintaine avec une lance, histoire de lui faire payer quelques boisseaux d'avoine. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ On plaçoit ordinairement vers l’extrémité de la banlieue un pal ou poteau que l’on appelloit le pal de la quintaine, & ce pal servoit pour le jeu ou exercice dont il s’agit, qui a aussi été appellé la quintaine, du nom de la banlieue où il se faisoit, & du pal de la banlieue qui y servoit. ”
Gaëtan de Wismes, Les Fêtes religieuses en Bretagne… (1902)
“ L' évêque de Saint-Brieuc avait droit de quintaine (1 ) dans sa ville épiscopale . Elle était courue le lundi de ( 1 ) M. le chanoine Guillotin de Corson , après avoir rappelé l' origine et l' étymologie de ce jeu célèbre , dit : « On courait en Bretagne la quintaine de trois manières différentes , à cheval , en bateau et en chariot ..... La quintaine à cheval était de beaucoup la plus répandue ». Pâques par tous les poissonniers de Saint-Brieuc « tous à cheval , tenant une gaule à la main avec un bouquet de fleurs printanières au bout ». ”
Fortuné Legeay, Recherches historiques sur Coulongé… (1856)
“ Les hoirs feu Symon Fortier doibvent 8 sols de Les jeunes mariés de l'année sont tenus, à certaine époque, de venir briser une lance en bois contre un poteau à leur seigneur; et, s'ils manquent, les assistants ne se font pas faute d'en faire des gorges chaudes et de rire de tout leur soûl. En général, la quintaine se tire à cheval, en trois courses, dans chacune desquelles on frappe de la lance contre le poteau du seigneur. ”
Paul Meyer, Girart de Roussillon
“ Que Jésus ait pitié, s’il plaît, des morts [1278] !... ↑ Sur l’usage de joncher de fleurs les appartements on peut voir mon édition de Flamenca, p. 288. ↑ Du Cange, dans la septième de ses dissertations sur l’histoire de saint Louis, définit la quintaine « une espèce de bust posé sur un poteau où il tourne sur un pivot, en telle sorte que celui qui avec la lance n’adresse pas au milieu de la poitrine, mais aux extrémitez le fait tourner ; et comme il (le buste) tient dans la main droite un baston ou une épée, et de la gauche un bouclier, il en frappe celui qui a mal porté son coup. » Diez. ”
Eugène Sue,
Mathilde, Mémoires d’une jeune femme
(1841)
“ Allons, allons, ne parlons plus de cela, ma chère amie ; il est impossible de mettre mon chenil ailleurs qu’au petit château, le jardin qui en dépend est enclos et excellent pour l’ébat des jeunes chiens et des lices pleines. L’ancien chenil est d’ailleurs très humide, et n’a qu’une petite cour obscure, vous voyez donc bien qu’il ne faut pas songer à ce changement. ”
Léon Gozlan,
Les Tourelles: Histoire des châteaux de France…
(1839)
“ A la Saint-Hubert, illustre et vénéré patron des chasseurs, on célébrait ici la messe des chiens, afin d'attirer sur eux, sur les chiens, l'adresse et le flair, si nécessaires au meurtre du gibier. Cette chronique, monsieur, n'est pas une impiété : c'est un fait. La chapelle était parée comme aux grands jours; c'était fête au chenil. Des fleurs étaient répandues sur les saintes dalles, des fleurs jonchaient le chenil. Vous que le rapprochement offense, vous n'apprendrez pas sans étonnement que le chenil du château de Chantilly est composé d'une aile entière de la seconde cour circulaire. ”
Alcide d' Orbigny, Voyage pittoresque dans les deux Amériques… (1836)
“ Ces fermes sont d'une grande étendue. Peu d'entre elles ont moins de deux lieues de long et d'une lieue de large ; et, quand les propriétés ne sont pas naturellement séparées par une chaîne de collines, un ruisseau ou une vallée, on les distingue, faute de bois, par des rangées de pierres d'une forme particulière. Avant la guerre, les quintas, ou maisons de plaisance des habitans riches, présentaient, à leurs propriétaires, des retraites rurales pleines de charme, dans des jardins remplis de fleurs et de fruits ; tout y annonçait l'harmonie et le bonheur ”
Joseph-Adrien Le Roi, Histoire de Versailles, de ses rues… (1861)
“ Ce fut donc là que le célèbre jardinier La Quintinie dut établir le nouveau Potager du roi. L'architecte avait choisi la place sans s'inquiéter des difficultés d'un tel établissement dans les terres de mauvaise nature que l'on venait d'y accumuler. Mais l'homme auquel on avait confié cette tâche n'était point un homme ordinaire, et ce qui aurait peut-être fait renoncer tout autre à l'entreprise, fut pour lui une occasion de développer toutes les ressources de son art; et dans ce sol défectueux, il trouva le moyen de créer un jardin potager devenu depuis un modèle pour toute l'Europe. ”
“ Dans un coin du champ, entourée d’herbes humides, la mare sur laquelle les arbres se penchent avec un bruissement mystérieux ; le grand chêne abritant une place aride au milieu du pâturage ; le banc de gazon où croissent les frênes ; la pente abrupte de la vieille marnière faisant un fond rouge à la bardane verte ; les meules et les toits pêle-mêle de la ferme, à laquelle ne mène aucun chemin tracé ; la petite porte et la clôture grise sur la lisière du bois profond ; la cabane éloignée avec son vieux chaume moussu, où la lumière et l’ombre se jouent en étranges ondulations. ”
Xavier Marmier,
Les voyages de Nils à la recherche de l'idéal
(1869)
“ Comme elle est verte, cette pelouse par laquelle passe l'agreste sentier! les cheminées des fabriques n'y répandent point leur âcre fumée. Comme il est vigoureux ce chêne qui ombrage les flancs des coteaux ! ses racines ne plongent point dans un sol imprégné de pernicieux détritus. Comme il a une honnête et placide physionomie, ce paysan qui va examiner son œuvre fructueuse d'irrigation dans sa prairie ! ”
Louis de Dax, Nouveaux Souvenirs de chasse et de pêche dans le midi de la France… (1860)
“ Le chenil renfermait vingt-quatre beaux chiens de lièvre et de renard ; pour les lapins, des bassets à jambes droites, admirablement coiffés et gorgés en stentor. Dans les cuisines de la ferme, dans la maison du garde et jusque dans le château, vivaient en bonne intelligence levriers bleus d'Ecosse, grand sloughis d'Afrique , pointers, setters, braques et épagneuls français. Au milieu d'une telle abondance, nous aurions dû être toujours heureux. Eh bien non ! L'homme est insatiable : il manquait à nos chasses les émotions des grands débuchers. ”
É. Souvestre, Revue des Deux Mondes
“ Tout en causant, nous avions atteint la forêt, et nous commencions à cheminer sous une jeune vente de chênes : ce nom de vente est donné aux divisions qui forment les triages de la forêt, au nombre de quatre cents ; elles sont soumises à des coupes calculées qui constituent le système d’aménagement. Après avoir pris une des dix grandes avenues ou rabines qui aboutissent au point central, nous tournâmes par les foulées. Le feuillage de chêne, qui dominait dans ces longues routes de verdure, était entrecoupé çà et là de merisiers, de trembles et d’alisiers. ”
“ Dans les minutieux détails sur la disposition d’un jardin composé de 800 poiriers en espalier, la Quintinie fait entrer des martin-sec, des messire-Jean, des Saint-Lezin et une foule d’autres médiocrités, dont les amateurs abandonnent aujourd’hui la culture ; mais il n’admet ni colmar, ni crassane. Ces deux dernières variétés ne sont cultivables, de nos jours, qu’à l’abri d’un mur, même sur les bords de la Loire, contrées plus méridionales que Versailles, dont les jardins royaux étaient sous la direction de la Quintinie. ”
Barbara Juliane von Krüdener,
Valérie
(1803)
“ Je passai une partie de la journée dans cette ferme, et je m’assis pendant le gros de la chaleur sous ce vieux chêne si épais, où le soleil, dans toute sa force, ne parvenoit à jeter, à travers les branches, que quelques feuilles dorées qui tomboient çà et là ; des colombes des champs filoient au-dessus de ma tête ; les souvenirs de notre jeunesse m’environnoient ”
René-F. Le Feuvre, La Quinta normal de agricultura (1889)
“ Le parc de la Quinta Normal est surtout remarquable par la beauté de ses plantations et la richesse des variétés d'arbres et d'arbustes qui le composent; il forme un véritable champ d'étude pour les plantes d'ornement. ”
André Thouin,
Cours d’agriculture
“ Un chenil, pour être bien tenu, devroit être compose de loges où les chiens se mettroient à l’ombre et l’abri de la pluie, et d’un espace enclos seulement de barreaux de bois ou de fer, pour permettre une libre circulation à l’air. ”
L. Simonin, Revue des Deux Mondes
“ Des femmes, les sarmenteuses, les plieuses, portant une blouse de toile blanche qui leur dessine la taille et une capeline sur la tête, sont chargées de toutes les attentions délicates que réclame la vigne à certains momens de l’année. Tout ce monde, bouviers, laboureurs, vignerons et vigneronnes, est attaché au château et vit dans la ferme qui en dépend. A côté du château est le pressoir ou cuvier, où l’on foule le raisin au moment de la vendange, et le chai ou cellier où le vin est transvasé en barriques. ”
René-F. Le Feuvre, La Quinta normal de agricultura (1889)
“ Les eaux d'arrosage étant impropres à la boisson des animaux délicats, les animaux bovins de la Quinta Normal suivent le régime de la stabulation permanente et vivent dans des étables spéciales. Les vaches et les taureaux occupent la grande étable centrale et les jeunes animaux sont réunis dans les étables-hangars situées des deux côtés de la cour. Ces logements, bien aérés et très spacieux permettent aux jeunes élèves de prendre tout l'exercice dont ils ont besoin. ”
André Theuriet,
La vie rustique
(1899)
“ Chaque maison de paysan avait sa chènevière, petite ou grande suivant les besoins de la famille. Cette plantation occupait un carré de bonne terre, tout près du corps de logis, à la suite du jardin potager et non loin de la prairie. La chènevière complétait la physionomie de ces rustiques habitations : sa verdure foncée s'harmonisait avec les riches du rucher, les enroulements des haricots à fleurs rouges et les échevèlements des pois ramés. Chaque ménage mettait son amour-propre à récolter sur son propre terrain le chanvre nécessaire à l'entretien du linge de la maisonnée ”
Henri Coupin, Les arts et métiers chez les animaux (1903)
“ Il n'y avait guère d'apparence d'y parvenir en observant les chenilles sur les chênes qu'elles habitent. Le moment où elles travaillent n'est pas facile à saisir, et la présence d'un spectateur ne les excite pas au travail. J'ai tenté un moyen qui m'a mieux réussi que je ne l'espérais. J'ai piqué, dans un grand vase plein de terre humide, des branches de chêne, fraîchement cassées; j'ai distribué sur leurs feuilles quantité de chenilles que j'avais tirées des rouleaux qu'elles s'étaient déjà faits. Par bonheur, elles souffrent impatiemment d'être à découvert. ”
Alfred Assollant,
Montluc le Rouge. Partie 1
(1878-1879)
“ Vous jugerez si j'étais à mon aise.Au milieu du bosquet de chênes où nous nous démenions tous deux, l'élan et moi, se trouvait un magnifique chêne, des racines duquel s'élevaient à la fois quatre grands troncs, ou, pour mieux dire, quatre grands arbres, entre lesquels un homme ordinaire pouvait se glisser fort à l'aise et se mettre à l'abri des cornes de l'élan. ”
G. Bruno,
Le Tour de la France par deux enfants
“ Ainsi arrivent jusqu’à Paris et dans les autres villes les bois qui servent à chauffer les habitants ou à construire les maisons. — Tiens, dit Julien, voilà justement des bûcherons qui abattent là-bas de grands chênes. Partout où on regarde, on ne voit rien que des chênes. — C’est que le chêne est le principal de nos arbres ; il couvrait autrefois presque toute la France. Mais nous avons aussi le châtaignier, l’orme, le hêtre, les pins et les sapins. — Oh ! pour les pins et les sapins, nous les connaissons bien, dit André : il y en a assez dans les Vosges. ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes T. 3, 1874
“ Dans la première, le ciel blanc et voilé qu’anime une nuance de bleu vif et frais, la forte verdure des taillis de chêne, la fine verdure du gazon, tout s’accorde au premier coup d’œil, tout forme un concert harmonieux que domine la note grise des chevreuils surpris au gîte. ”
Georg Gothe, Notice descriptive des tableaux du musée national de Stockholm (1893)
“ Halte près d'une ferme. La ferme (ou l'hôtellerie?) bâtie en pierre, est à g.; un petit garçon, debout sur une échelle devant la maison, cueille du fruit; un valet descend l'escalier un verre de vin à la main. Au milieu du p. p., un cheval blanc bâté est debout près d'une auge; un paysan en bonnet rouge coupe quelque chose, un garçon apporte un panier de légumes, un officier à chapeau plumaché est à cheval à côté d'une dame également à cheval. ”
Alphonse Depuiset, Le monde des papillons : promenade à travers champs (1867)
“ Bois, prairies, de mai en juin. Le mâle vole vers le soir à la recherche de la femelle qui se tient dans les herbes ou parmi les broussailles. La chenille vit sur les trèfles, les ronces, les genêts, et se montre très-communément à l'automne, surtout dans les champs et les prairies, se roulant en anneau dès qu'on s'en approche ou qu'on y touche. Elle passe l'hiver parvenue à toute sa taille, et se chrysalide au premier printemps ; mais on la trouve alors très-rarement, car elle se cache avec soin dans la mousse, sous les pierres, les touffes d'herbes, etc. ”
Pierre-Jean De Smet,
Lettres choisies du révérend père De Smet
“ Je veux parler des villages nombreux habités par les chiens de prairie, dont chaque emplacement couvre une étendue de plusieurs milles, sur un plateau uni où le gazon est court et rare. L’instinct de ces étranges villageois, qui ressemblent assez à l’écureuil, a quelque chose de curieux et d’amusant. ”
Charles Du Haÿs, Le Merlerault, ses herbages, ses éleveurs… (1866)
“ Voici les meilleurs herbages de cette localité : les deux grands parcs du Château, exquis pour tous les genres d'élevage; le pré du Moulin du Chevain et celui du Moulin de Montigny, pour juments poulinières ; les huit herbages qui entourent Cohon, le parc Fortin, le pré de la Douve, le parc de la Tasse, le parc des Fontaines, les Fourneaux, les Terres-Fortes, le Plant et la Grouas, dont la spécialité s'adresse aux juments poulinières, au cheval de chasse et au petit carrossier. ”
Alphonse Depuiset, Le monde des papillons : promenade à travers champs (1867)
“ Dans toute l'Europe. Bois, champs, jardins, se trouve communément durant une partie de l'année. Chenille veloutée, verte ou brune, finement piquetée de plus clair, avec une ligne dorsale blanche, interrompue, et, près des pattes, une raie blanchâtre renfermant les stigmates ; sur le dos quelques chevrons plus foncés que le fond, mais peu tranchés. Vit sur un grand nombre de plantes basses, cachée pendant le jour sous les feuilles, et se rencontre pendant une partie de la belle saison. Se chrysalide dans une légère coque de terre presque à la surface du sol. ”
Adolphe Orain,
Contes de l’Ille-et-Vilaine
“ II Pendant ce temps-là, une fille était née au logis des époux Conan, qui ne se possédaient plus de joie et qui s’étaient empressés de planter une quenouille à leur porte. Les sept garçons furent donc obligés d’aller coucher ailleurs. Ils choisirent un endroit dans la forêt pour y construire une demeure et se mirent immédiatement à la besogne. Comme ils étaient courageux et travailleurs, ils eurent bientôt élevé, avec des mottes de gazon et de jeunes arbres, une maison pouvant les préserver des attaques des animaux sauvages, et les mettre à l’abri des intempéries des saisons. ”
de l'industrie Association normande pour les progrès de l'agriculture, Annuaire des cinq départements de la Normandie… (1940-1941)
“ Et de combien de quintaux est-il dans notre région ? A peu près de deux à trois quintaux, selon la qualité des terres, parfois aussi d'un quintal et demi, pour les terres médiocres, et de quatre quintaux pour les meilleures. Je ne vous dis rien des herbages. J'en connais, dans le Sud de l'Eure, un lot. qui serait, au cadastre, classé en 2e et 3e classes. Il est loué 44 kilos de viande de bœuf, de première qualité, par hectare, soit, au cours actuel du Marché de La Villette, 450 frs aussi par hectare. ”
