“ À la bataille de Chéronée, Philippe, se rappelant qu’il avait des troupes endurcies par une longue expérience de la guerre, tandis que celles des Athéniens, braves mais peu exercées, n’avaient de force que dans la première attaque, fit à dessein prolonger le combat ; et, aussitôt qu’il vit les Athéniens se ralentir, il fondit sur eux avec plus de vigueur, il les tailla en pièces. ”
Bataille de Chéronée
Définition et enjeux
Citations sur “Bataille de Chéronée”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Le bataillon sacré de Thèbes resta invincible jusqu’à la bataille de Chéronée. Après cette bataille, Philippe, en parcourant le champ du carnage, s’arrêta à l’endroit où gisaient les trois cents : tous avaient la poitrine percée de coups de pique ; et c’était un monceau confus d’armes et de corps réunis et serrés. Il contempla ce spectacle avec surprise ; et, apprenant que c’était le bataillon des amants, il leur donna une larme, et dit ce mot : « Périssent misérablement ceux qui soupçonneraient ces hommes d’avoir été capables de faire ou d’endurer rien de déshonorant ! » ”
Eschine, Chefs-d'oeuvre de Démosthène et d'Eschine… (1865)
“ A la bataille de Chéronée, le corps des Thébains fut enfoncé le premier, tandis cédoniens ni aux Athéniens : la faute en est à ces mêmes Thébains rangés devant son front de bataille: soutenus par des guerriers au cœur invincible, par des guerriers incapables de reculer et rivaux de gloire, ils n'ont pas su profiter de tant d'avantages. Sur le reste, les opinions peuvent être partagées; mais il est un fait d'une évidence frappante pour tous les esprits : c'est que l'indépendance de la Grèce entière avait sa sauvegarde dans le cœur de nos braves. ”
François Charles Liskenne, Essai sur la tactique des Grecs
“ La véritable cause du mauvais succès de cette campagne ne provient nullement de la lenteur des Athéniens, puisque Philippe lui-même fut étonné de la promptitude avec laquelle ils avaient mis tant de troupes en état de combattre. Les Athéniens paraissent bien plutôt s’être trop pressés pour livrer la bataille de Chéronée. ”
Edmond Jurien de La Gravière,
La marine des anciens. T. 2
(1880)
“ On lui associa pour le commandement des troupes Lysiclès, et Lysiclès alla perdre, en l'an 338 avant Jésus-Christ, la bataille de Chéronée. On se relève d'une bataille perdue, on ne revient pas à la vie, quand une longue corruption a tari toutes les sources des vertus publiques. ”
Eschine, Chefs-d'oeuvre de Démosthène et d'Eschine… (1834-1840)
“ La funeste bataille de Chéronée avait affaibli la puissance d'Athènes, et rendu Philippe l'arbitre de la Grèce. Eschine crut donc l'occasion favorable pour perdre un homme qui avait toujours été son ennemi et son rival. Il profita du prétexte que lui fournit le décret proposé par Ctésiphon , pour attaquer Démosthène, et pour le représenter comme l'auteur de toutes les calamités d'Athènes et de la Grèce. ”
Edmond Jurien de La Gravière,
La marine des anciens. T. 2
(1880)
“ LES TYRANS DE SYRACUSE. CHAPITRE PREMIER. LE COMBAT DE SYMÉ. Entre la fin du règne de Louis XIV et notre orageuse époque, on compte aujourd'hui cent soixantequatre ans; Marathon et Chéronée sont à peine séparés par un, siècle et demi d'intervalle. De Marathon à Chéronée, vous ne trouverez ni une bataille de Marengo, ni une victoire d'Austerlitz; Issus et Arbèles appartiennent au règne d'Alexandre. C'est une heure triste et grave que celle où les peuples s'en vont. Il est, nous ne le savons que trop, dans la destinée de toute chose humaine de finir ”
Jean Féron,
L’aveugle de Saint-Eustache
“ Que ferez-vous alors de tous ces braves campagnards qui n’ont pas appris à manier la hache de guerre ? — Nous le leur apprendrons ! gronda Chénier en haussant les épaules. — Vous le leur apprendrez sur le champ de bataille, mais il sera trop tard. Vous leur apprendrez trop tard que les droits les plus sacrés doivent se courber sous la force. Vous leur apprendrez, mais trop tard, qu’on ne se fait pas soldat en un jour. Oui, il sera trop tard, toujours trop tard. Et il arrivera ici ce qui est arrivé à Saint-Charles. Il pourra arriver pis... ”
Jean-Baptiste-Joseph Champagnac, L'Égypte et ses premières merveilles… (1861)
“ Désolé de cette situation, il dit enfin à Chérès : — Général, je ne croyais pas que mon destin dût jamais me réduire à combattre seul à seul 14. 246 L'EGYPTE contre un homme qui ne se donne lui-même que comme un soldat inconnu, .— Quant à moi, répondit fièrement Chérès, il me suffit de me connaître pour oser attaquer Antée ; sans autre éclaircissement, tout homme a droit de tirer le glaive contre un perfide. — Voyons donc, répliqua Antée, si tu es digne de te mesurer avec moi. Fais cesser la bataille entre les deux nations, et que la querelle soit décidée par celui qui vaincra l'autre. ”
Jules Girard, Revue des Deux Mondes
“ Treize ans après Chéronée, il y a encore la guerre Lamiaque, qui débute par des succès importans, et c’est seulement lorsque les Grecs confédérés ont été vaincus à Cranon, lorsque Athènes a livré ses orateurs, et dans le nombre Démosthène, lorsqu’elle a chassé de ses murs la majorité de ses citoyens et reçu une garnison macédonienne, que son rôle est définitivement terminé et qu’elle est asservie. ”
Jean-Baptiste-Joseph Champagnac, L'Égypte et ses premières merveilles… (1861)
“ Mais quand Chérès se vit sur le bord du terrain, il fit tourner tout à coup son docile coursier à gauche et laissa passer celui d'Antée. Le roi fit de vains efforts pour l'arrêter, et bientôt le cheval et son cavalier roulèrent tous deux dans la mer, aux acclamations joyeuses des Carthaginois. Mais Chérès fit cesser ces cris tumultueux, en disant : — Non, non, la victoire n'est pas complète jusqu'à ce que je vous aie délivrés, par la mort ou par la captivité, d'un homme dont les conventions ni les traités ne peuvent plus vous répondre. ”
“ Au lieu de déborder Nancy par le sud, ils vont l'attaquer de front et essayer d'enfoncer de vive force les défenses du Grand Couronné. La bataille s'engage dans l'après-midi du 4 septembre, par un bombardement violent qui s'abat depuis Serres, au nord, jusqu'à la forêt de Vitrtmont. A 15 heures, l'infanterie allemande attaque en masses profondes. Les avant-postes français, laissés en couverture, doivent se replier en toute hâte. Des combats violents s'engagent sur tout ce front. ”
Adolphe Niel,
Siège de Sébastopol, journal des opérations du génie…
(1858)
“ On se bat corps à corps et à la baïonnette. Le général Canrobert, qui s'était avancé sur le plateau, est blessé par un obus shrapnel qui éclate audessus de sa tète, mais il ne quitte pas le champ de bataille. Les Russes, obligés de se retirer par les pentes raides qui descendent vers la Tchernaya et le fond du port, souffrent beaucoup du feu des alliés, et notre artillerie, tirant sur leurs masses profondes, leur fait éprouver des pertes énormes. ”
Prosper Mérimée,
Revue des Deux Mondes
“ Chez ses voisins barbares, qui lui avaient d’abord donné tant d’occupation ; de même que chez les Grecs, toute idée de résistance avait disparu. Au nord comme au midi, il ne voyait plus que des peuples découragés et presque résignés à leur abaissement. Les Athéniens, qui avaient un moment joint leurs armes à celles des Thébains, les avaient déposées humblement aussitôt après la défaite de Chéronèe, et s’efforçaient, par la promptitude de leur soumission, de faire oublier leurs velléités belliqueuses. Philippe avait des troupes nombreuses, aguerries et fidèles ; ses finances étaient en bon état ”
Alfred Duquet, La guerre d'Italie (1859)... (1882)
“ Dans cette marche rapide fournie jusqu'à la route de Ceresara, le 44e, formant l'aile droite, a été un instant débordé par l'ennemi ; mais, sur l'ordre du général Bataille, dont je ne saurais trop louer le courage et le sangfroid, les deux derniers bataillons, vigoureusement conduits par le colonel Pierson et le commandant Coudanien, ont fait face à droite,, marché rapidement sur la Tuilerie, et serré de si près l'ennemi qu'ils lui ont fait des prisonniers et l'ont forcé à abandonner deux pièces qui ont été prises. ”
Juliette Adam,
Le siège de Paris
“ M. Cernuschi me raconte que jamais, après une bataille, il n’a vu des morts si extraordinaires, dans des poses si homériques ; leurs attitudes sont incroyables ; tous ont une figure menaçante, les uns montrent poing, d’autres tiennent leurs fusils embrassés ; d’autres encore, un genou en terre, penchés en avant, ont dû essayer de tirer une dernière fois avant de mourir. ”
Jean Féron,
L’aveugle de Saint-Eustache
“ En effet, une fusillade éclata du côté de Sainte-Rose. Sous les balles qui sifflaient, les Patriotes s’arrêtèrent surpris. Une seconde fusillade, plus précise et mieux nourrie, les fit reculer, et quelques-uns d’entre eux tombèrent. Chénier et ses hommes ripostèrent vivement, mais cette riposte ne parut pas intimider l’ennemi. Une troisième volée de balles enveloppa la petite troupe, un boulet de canon vint tout près ricocher sur la glace. La confiance des Patriotes était ébranlée : ils reculèrent encore, sans riposter cette fois. ”
Jean Féron,
L’aveugle de Saint-Eustache
“ Cent fusils seulement les tiennent à distance... Cent fusils seulement sèment une mort rapide et prodigieuse parmi ces soldats que conduit un chef réputé. Colborne enrage. Dix fois il a commandé l’assaut de la grande porte, et dix fois les Anglais ont été refoulés avec de lourdes pertes. Un moment, on crut que la victoire allait rester aux Patriotes. De l’église des cris de triomphe retentissent. Chénier exulte et prépare une sortie. Il sait que le courage seul lui donnera la victoire ! Il sait que l’audace, en pareille occurence, est souvent décisive ! ”
Henri de Giustiniani, Commentaire sur les opérations militaires en Crimée (1857)
“ Malgré cela, la bataille dè la Tchernaïa eut une immense influence. C'était la troisième bataille rangée que les Russes perdaient en Crimée. Mais, comme les précédentes, elle fut suivie par une inaction qui a donné lieu à bien des commentaires. A l'Aima, l'inaction fut motivée par le manque de cavalerie; à Inkennann, par l'infériorité des forces; à la Tchernaïa, par des considérations de prudence, exagérées peut-être,- mais qu'on ne peut pas toujours exclure dans une guerre aventureuse d'outre-mer, surtout quand les armées n'agissent pas sous les yeux du chef de l'État. ”
Aurélien de Courson, Le Dernier effort de la Vendée… (1909)
“ Disons à ce propos que si les gardes nationaux avaient pour habitude d'achever les blessés, les patauds des campagnes avaient celle de dépouiller les morts. Le sieur Pierron, capitaine de la garde nationale de Vieillevigne, nous apprend dans un récit manuscrit du combat du Chêne, qu'aussitôt les belligérants partis, le champ de bataille fut envahi par un grand nombre de paysans libéraux. ”
Pierre Khorat, Revue des Deux Mondes
“ Ils allaient en rampant chercher les blessés qui gisaient devant les réseaux ennemis ; ils ramassaient même les morts pour leur donner une sépulture décente. L’acharnement de la bataille est devenu tel qu’ils peuvent rarement opérer au grand jour, malgré leurs insignes et leurs allures de non-combattans. La nuit même ne leur accorde qu’une faible protection : dénoncés par les fusées éclairantes que lance à jets continus l’adversaire aux aguets, leur funèbre besogne les fait traiter comme des patrouilles hostiles. ”
Eugène Véron,
La troisième invasion. De la déclaration de la guerre à la capitulation de Sedan
(1876-1877)
“ Cette débandade livra l'entrée de Nuits aux Allemands. Après avoir concentré toutes ses troupes sur le plateau de Chaux, que l'artillerie rendait inabornable aux Allemands, Cremer eut un moment la pensée de recommencer la lutte le lendemain, avec les renforts qu'il comptait recevoir d'Autun. Mais les munitions manquaient pour une seconde journée et il dut se résigner à ordonner la retraite sur Beaune. Nous avions perdu dans cette bataille environ quinze cents hommes, tués, blessés et disparus. Les pertes de l'ennemi étaient beaucoup plus considérables. ”
Jean-Baptiste-Joseph Champagnac, L'Égypte et ses premières merveilles… (1861)
“ Aussitôt Chérès donne ordre à trois officiers de confiance de se saisir du général ennemi, de l'emmener au camp et de l'enfermer de manière qu'il ne puisse communiquer avec personne. Voyant leur général fait prisonnier, les Arabes ne cherchent plus leur salut que dans la fuite ; ils s'exhortent mutuellement à regagner leurs vaisseaux. Mais une autre armée leur barre le chemin de la mer ; il faut encore combattre, ou mourir. Alors l'armée égyptienne fit un carnage effroyable des Arabes. Mais, par humanité, Chérès fit crier partout que la flotte arabe était anéantie, qu'une ”
Adrien Pascal,
Les bulletins de la Grande armée…
(1841-1844)
“ L'attaque commença dès le 5 au poste de Quaregnon, défendu par une artillerie formidable. Le général Ferrand rencontra des prairies marécageuses coupées de fossés, qui empêchèrent son artillerie de le suivre; il la laisse en arrière, chargée à mitraille; marche à la baïonnette en avant, emporte le village de Quaregnon, puis celui de Jemmapes. Ce général, déjà âgé, a son cheval tué sous lui; il reçoit une forte contusion à la jambe, cela n'arrête point son courage, il se place à pied à la tête des grenadiers de sa colonne et continue l'attaque. ”
“ Depuis près d'un mois, l'armée que vous commandez a combattu presque tous les jours et a montré des qualités remarquables d'endurance, de ténacité et de bravoure. Quelque difficiles qu'aient été pour vous les circonstances, vous avez réussi à vous maintenir sur les hauteurs du Grand Couronné, à repousser les attaques furieuses lancées contre vous et à empêcher l'ennemi de pénétrer dans Nancy. ”
“ César, persuadé qu’un général ne pouvait exposer ses légions sans avoir établi des ponts, avec des postes pour les défendre, fait passer à gué sa cavalerie. Stertinius et le primipilaire Émilius guidèrent le passage sur des points différents afin de partager l’attention de l’ennemi. Cariovalde, chef des Bataves, s’élança par l’endroit le plus rapide du fleuve. Les Chérusques, à l’aide d’une fuite simulée, l’attirent dans une plaine environnée de bois. Bientôt, sortis de leur embuscade, ils l’enveloppent ; et culbutent tout ce qui résiste, poursuivent tout ce qui plie. ”
“ En general ne faut poinct attendre, s’il se peust, que l’ennemy entre dedans vos terres. Il faut aller au devant, au moins l’arrester à la porte : et, s’il y est entré, ne hasarder poinct la bataille, si ce n’est que l’on aye une autre armée preste ; autrement c’est jouer et mettre son estat à l’hasard : particulierement considerer le champ de bataille, s’il est propre pour soy ou pour l’ennemy. ”
Jean-Baptiste-Joseph Champagnac, L'Égypte et ses premières merveilles… (1861)
“ Vous vous y prenez trop tard, dit Chérès, pour une telle décision. Vos soldats sont vaincus, et quand ils ne le seraient pas, je me garderais bien de faire dépendre de ma seule convention avec vous, le sort de peuples qui ne m'appartiennent pas. Il ne vous reste donc à attendre de moi que le combat particulier que j'accepte : si vous le voulez bien, il aura lieu sur la pointe de cette dune, après la victoire des Carthaginois. Mais, pendant ce colloque, les Tingitaniens, poussés à bout, se rendaient d'eux-mêmes, en protestant que leur roi les avait engagés malgré eux dans cette guerre injuste. ”
Hippolyte Vigneron, Précis critique et militaire de la guerre d'Orient… (1858)
“ L'armée alliée n'ayant plus alors d'ennemis devant elle, franchit la Tschernaïa sans obstacle, s'empara de Balaclava, et s'établit enfin sur le haut plateau de Chersonèse. Si le terrible drame que nous avons à raconter forme incontestablement l'épisode le plus sanglant de cette guerre de Crimée, il constitue aussi un des événements les plus extraordinaires que présente l'histoire des guerres modernes, tant par l'importance de ses résultats que par la nature toute particulière du terrain qui en fut le théâtre et les différentes péripéties qui le signalèrent. ”
René Bazin,
Un homme d'oeuvres, Ferdinand-Jacques Hervé-Bazin…
(1891)
“ François Chéron était né en 1764, du mariage de Marin Chéron, planteur en chef des forêts du roi, avec Mlle de Fradde. Il était le second fils d'une famille de quatorze enfants, et frère de Louis-Claude Chéron, qui fut auteur dramatique et député à l'Assemblée Législative. Comme nous l'avons vu, il avait servi la cause royale avec un rare courage, comme conseiller secret de Louis XVI au 10 août, et comme journaliste sous la Restauration. ”
Louis Humbert, L'invasion allemande dans l'arrondissement de Sens… (1904)
“ J'ai l'honneur de vous exposer que la garnison prussienne de Chéroy composée de 5 officiers, 195 sous-officiers et soldats et 24 chevaux, ne fait plus aucune réquisition depuis cinq jours, confor- mément aux clauses du traité de paix. La commune de Chéroy, dont la population est de 880 habitants, ne peut nourrir à ses frais cette garnison. Il m'est impossible, faute d'argent, de trouver des vivres pour les hommes et pour les chevaux. ”
