Le Chat botté
Définition et enjeux
Citations sur “Le Chat botté”
Charles Deulin, Les Contes de ma mère l’Oye avant Perrault
“ Le proverbe dit : « Chat ganté ne prend pas souris. » Il paraît que chat botté n’est point aussi maladroit et que, loin de le gêner pour faire son chemin, ses bottes lui servent même à avancer ses amis dans le monde. ”
Édouard Adenis, Le chat botté : opéra-comique en neuf tableaux (1921)
“ Je vais tâcher d'attirer le Chat Botté par ici. Tiens-toi aux aguets derrière ta fenêtre et quand il sera à ta portée... LUSTUCRU Sois tranquille. La chasse aux chats ça me connaît. LA CHATTE Alors, à ton poste, Lustucru. (Lustucru rentre et ferme la fenêtre qui s'eteint) . A nous deux, Monsieur le Chat Botté. (Elle va se percher sur une cheminée de la terrasse en face de la fenêtre de Périnet et se met à pousser toute une série de miaulements plaintifs. Bientôt, on voit la tête de Catou qui passe par l'entrebaille- ment de la fenêtre) . ”
Édouard Adenis, Le chat botté : opéra-comique en neuf tableaux (1921)
“ En tête les lapins frappant sur des petits tambours et les coqs soufflant dans de petites trompettes ; puis les taupes en sapeurs, portant de petites pioches. L'infanterie des chats avec Rominagrobis en généralissime. Trois ours (troupes d'assaut) portant chacun une échelle, puis les chiens, l'âne et la girafe, puis animaux divers. Le Chat Botté fait entendre un miau- lement dans son coffre. On le délivre. LE CHAT BOTTÉ, saisissant une broche et la brandissant comme une épée. Parlé sur la musique. A Lustucru ! En avant ! La charge ! ”
X.-B. Saintine,
Le chemin des écoliers : promenade de Paris à Marly-le-Roy en suivant les bords du Rhin
(1861)
“ Certes, on s'instruit en voyageant, mais en voyageant on fait mieux encore ; on tire parti de ses connaissances acquises, on en trouve l'emploi. Si j'étais resté au coin de mon feu ou dans mon jardin, la France peut-être n'aurait jamais connu l'origine du Chat botté. Pour compléter l'histoire du Chat, je dirai celle de la Souris, mais en trois mots. Jean de Katzenelbogen, le maître du Chat, à force de déprédations, finit par se brouiller avec son puissant voisin, Kuno de Falkenstein ”
Champfleury,
Les chats: Histoire; Moeurs; Observations…
“ Le chat, regardé sans doute comme manquant de noblesse, fut abandonné aux sculpteurs d'enseignes qui s'en amusèrent: le Chat qui pelote, le Chat qui pêche, & souvent en firent un sujet de calembour comme dans l'enseigne suivante: les Chats scieurs (pour chassieux) , ou dans cette autre: A la botte pleine de malices, qui se voyait à la porte d'un cordonnier facétieux. De l'ouverture de la botte sortaient une tête de singe, une tête de chat & une tête de femme. ”
Charles Perrault,
Contes
(1871)
“ Après qu'on l'eut poudré, frisé, parfumé, paré, ajusté et rendu plus beau qu'Adonis, les mains le conduisirent dans une salle superbe par ses dorures et ses meubles. On voyait autour l'histoire des plus fameux chats : Rodilardus pendu Par les pieds au conseil des rats, Chat Botté, marquis de Carabas, le Chat qui écrit, la Chatte devenue femme, les Sorciers devenus chats, le Sabbat et toutes ses cérémonies ”
Édouard Adenis, Le chat botté : opéra-comique en neuf tableaux (1921)
“ CARABOSSE S'il n'y avait que Périnet, parbleu... mais ce maudit Chat Botté, qui ne Je quitte pas. Un génie que mon ennemie, la Fée Myrtille, a placé auprès de lui pour le protéger. Si je pouvais les séparer. Mais comment? (après un temps) Le mieux est de consulter la cabale. (Elle va feuil- leter un grand livre ouvert contre un pélican empaillé qui lui sert de pupitre. Lisan) " L'homme est homme — le chat est chat — la femme à l'homme — la chatte au chat. " LOGRE Qu'est-ce que ça veut dire ? ”
Jean-Jacques Audubon,
Scènes de la nature dans les États-Unis et le Nord de l’Amérique
“ En tout temps, néanmoins, lorsqu’il chante, il tient sa queue baissée. En hiver, quand il prend possession de sa pile de bois sur la ferme, non loin de la maisonnette du laboureur, il provoque le chat par ses notes dolentes ”
J.-J. Jusserand, Revue des Deux Mondes
“ Il se débarrasse de son bâton, de sa besace, de son chapeau ; il va s’asseoir, le chat était sur le banc, il le fait sauter à terre ; il s’installe ; la femme s’empresse, il la laisse faire et même l’encourage. ”
Eugène Le Roy,
Jacquou le Croquant
(1899)
“ D’autres fois, c’est un chat sauvage qui, dans l’obscurité, monte à l’arbre et les emporte, ou encore un chasseur à l’allumade, qui vient avec sa lanterne, tandis que tout dort, et d’un coup de palette assomme les imprudents qui s’enjuchent trop bas : ah ! il y a de la misère pour tous les êtres sur la terre. ”
Mme. E. de Pressensé, Petite Mère
“ Elle se leva en sursaut, le tricot tomba de ses mains, le peloton roula sous un meuble et la vieille dame cria d'une voix sévère:— Qu'est-ce qu'on fait à mon chat?— Il m'a griffé, répondit le petit garçon en montrant une goutte de sang qui perlait sur le revers de sa main.— Tu lui as fait du mal, sans cela il ne t'aurait pas griffé; je connais mon chat, il ne fait jamais de mal à personne, à moins que ce ne soit pour se défendre, et alors il est dans son droit. Est-ce que tu crois que le bon Dieu a fait les chats pour que les méchants enfants les tourmentent? ”
“ À dix mètres de la berge, plongeant et reparaissant tour à tour, un jeune chat se noyait dans la rivière. La pauvre petite bête faisait des efforts désespérés pour gagner la rive, mais chaque fois qu’elle montrait sa tête au-dessus de l’eau, une pierre lancée par un des garnements qui s’amusaient de cette agonie la faisait disparaître de nouveau. Les méchants gamins luttaient d’adresse et s’excitaient l’un l’autre, et lorsqu’un coup bien frappé atteignait le misérable animal, c’étaient sur le quai une explosion de rire et des trépignements de joie. ”
Jean Gay, Les Chats, extraits de pièces rares et curieuses en vers et en prose… (1866)
“ Le chat resta dans le pays tant qu'il eut des rats et des souris, mais après, le roi et ses courtisans ayant voulu le tuer afin de se débarrasser de cet animal que l'on regardoit comme un être malfaisant, le pauvre chat fut obligé de quitter le royaume et l'on ne sait ce qu'il est devenu. ”
Pseudo-Homère, La Batrachomyomachie.
“ Ces espèces sont pour la nôtre une source de maux ; je crains aussi les souricières, ce piége douloureux où réside une mort trompeuse. Mais ce que je redoute surtout, c’est le chat, cet ennemi cruel qui parvient à nous saisir à l’entrée même des trous où nous nous réfugions. ”
Charles Ferdinand Ramuz,
Amitiés suisses d'Henri Pourrat
(2000)
“ Et il y a un génie du lieu, qui doit se dissimuler dans une de leurs encoignures. C'est peut-être lui, ce chat qui passe la queue en crochet. Tant de chats, et de tous les gris, les fauves, angoras, de poil ras, muets démons familiers, qui vous regardent, chacun avec son secret à soi au fond de ses yeux insondables. ”
Champfleury,
Les chats: Histoire; Moeurs; Observations…
“ Bourré de coups plus que de viande, méprisé autant que le chien est adulé, ne recevant jamais de caresses, délaissé par des natures brutales qui ne comprennent pas ses trésors d'affection, le chat souffre dans sa délicatesse. Pas de jambes amies contre lesquelles il puisse se frotter; la voix des gens de campagne semble rude à un animal d'une ouïe d'une exquise finesse. ”
“ On le vit nager vigoureusement quelques instants, saisir le jeune chat au moment où il disparaissait, et regagner triomphalement la rive. Puis il s’assit sur une borne, essuya, baisa, caressa le petit être qu’il venait d’arracher à la mort, et l’enveloppant amoureusement dans ses bras comme un fils, sans s’occuper de l’enfant que deux mariniers ramenaient à terre, indifférent au tumulte qui se faisait derrière lui, il partit à grands pas vers sa maison, oubliant sur la berge ses souliers et sa redingote. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Le chat, lui, est dans son coin, dans sa fourrure, il a chaud, il est bien, il est seul ; il a la meilleure place au soleil, il ne dit rien. S’il s’absente une heure ou deux, c’est pour aller chasser dans le verger, chasser non en chien, mais en chat, non pour les autres, mais pour lui. Que voulez-vous ? La vie a des besoins misérables, il faut dîner tous les jours, et puis il est un peu gourmand, et puis un chat de basse-cour est un chat honorable et décent qui laisse les souris, fi donc ! ”
Frédéric Bataille,
Le vieux Miroir : fables de l'école et de la jeunesse…
(1904)
“ « Allons, viens près de moi ! Ceci, c'est du nanan ; approche donc, Minette ! Tiens, ma chérie, attrape! attrape! c'est pour toi. » Le chat joyeux accourt, flaire et se dresse Vers ce friand morceau. Or l'enfant, pour jouer, le trompe avec adresse, Abaissant la galette à deux doigts du museau, La tenant toujours à distance, Et puis la retirant quand il croit la saisir. Mais le chat agacé, qu'excite le désir, Sur elle, furieux, s'élance, La griffe jusqu'au sang et lui prend la pitance. Voilà des cris, voilà des pleurs Et des douleurs ! ”
“ Il n’ose bouger, tant l’œil unique, d’un jaune éclat, l’inquiète. Le chat, par le tremblement de son corps, indique qu’il vit, mais ne tente aucun effort pour se déplacer. Il semble saigner exprès dans la tasse, avec le soin que toutes les gouttes y tombent. ”
Jules Pizzetta, Dictionnaire populaire illustré d'histoire naturelle… (1905)
“ Dans son état sauvage, il est gris brun avec des ondes transverses plus foncées, le dessous pàle, le dedans des cuisses et des quatre pattes jaunâtre, la queue annelée de noir. Il est un peu plus grand que nos variétés domestiques dont il paraît être la souche. Malgré sa petite taille, on trouve dans le Chat sauvage toutes les habitudes des grandes espèces ; il vit isolé dans les bois, et fait une chasse active aux perdrix, aux lièvres et à tous les animaux faibles. En domesticité, le Chat perd beaucoup de ses instincts carnassiers ”
Alphonse Toussenel,
L'esprit des bêtes
(1858)
“ La chatte est essentiellement antipathique au mariage; elle accepte un amant, deux amants, trois amants, des esclaves tant qu'on veut, mais jamais un tyran ; et pour peu que la Civilisation lui refuse le droit de libre essor amoureux, elle va le redemander à l'état sauvage et retourne aux forêts. Voilà pourquoi la sauvagerie développe la taille et la beauté du chat. Le chat n'est que campé chez nous. C'est l'homme qui est l'auxiliaire du chat bien plus que le chat n'est le nôtre. La chatte est la plus gracieuse et la plus souple de toutes les créatures. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Le renard
“ Enfin, ils le portent en gémissant sur son lit, laissant Hinzé avec sa corde au cou, car ils l'avaient oublié. Lorsque le chat, dans sa détresse, se vit tout seul, roué de coups, grièvement blessé et si près de la mort, l'amour de la vie l'emporta; il se jeta sur la corde et se mit à la ronger. «Pourrai-je m'en tirer jamais?» se disait-il; et il réussit à couper la corde. Jugez de son bonheur! Il se hâta de fuir la place où il avait tant souffert. Il se précipita hors du trou et se dirigea rapidement vers la cour du roi, où il arriva de grand matin. ”
Franz Strassle, Les règnes de la nature : histoire naturelle mise à la portée de la jeunesse (1890)
“ Il ne se laisse ni attacher, ni emprisonner, comme les autres animaux domestiques; il n'aime qu'à courir dans les greniers, sur les.toits, dans les caves et autres endroits sombres; on ne le garde dans les maisons que comme l'ennemi des rats et des souris, car il est dangereux pour les petits enfants. On dit que des chats ont dévoré de tout petits enfants, ou qu'ils en ont étouffé en se couchant sur leur poitrine. Le chat est un animal carnivore, c'est-à-dire qui se nourrit de chair ”
Georges-Louis Leclerc comte de Buffon,
Morceaux choisis (Nouvelle éd.…
(1906)
“ Bien différent de cet animal fidèle dont tous les sentiments se rapportent à la personne de son maître, le chat paraît ne sentir que pour soi, n'aimer que sous condition, ne se prêter au commerce que pour en abuser; et, par cette convenance de naturel, il est moins incompatible avec l'homme qu'avec le chien, dans lequel tout est sincère. La forme du corps et le tempérament sont d'accord avec le naturel ; le chat est joli, léger, adroit, propre et voluptueux; il aime ses aises, il cherche les meubles les plus mollets pour s'y reposer et s'ébattre. ”
Charles de Ribelle, Histoire des animaux célèbres, industrieux… (1859)
“ Le chat est un animal que l' homme est parvenu à policer , malgré des instincts féroces et une nature perverse . Le chat n' est devenu le parasite de l' homme qu' à cause de ses goûts casaniers , et de son besoin de chaleur . L' hiver à plus fait pour rendre le chat civilisé , que toutes les avances de la race humaine . Le chat , malgré ses gentillesses , ses ron-ron et son apparente bonhomie , est et restera le type de la friponnerie ; c' est un filou de bas étage , qui vit sournoisement à nos dépens , et se moque de nos faiblesses pour sa fausse bonne foi . ”
P. Banet-Rivet, Revue des Deux Mondes
“ Dès lors, aucun doute n’était possible, les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes. Et cependant, comme M. Marey le démontra à ses confrères, en mettant sous leurs yeux une curieuse série de photographies instantanées représentant à des intervalles de quelques centièmes de seconde les phases successives de la culbute d’un chat, cet animal, on est bien obligé de le reconnaître, retombe toujours sur ses pattes. Mieux encore, le lapin, le chien, d’autres animaux présentent la même particularité. ”
William Little Hughes, Histoire de la famille Chester et de deux petits orphelins (1903)
“ Ainsi que vous l'a dû raconter ma chère PatteAlerte, dit mon frère, j'étais donc dans la gueule d'un chat — et quel chat, mes amis ! non pas un chat apprivoisé, de ceux qui ne touchent aux rats, quand ils sont bien nourris, que du bout des dents — mais un chat sauvage qui était devenu à ce point la terreur de tout le pays, que tous les fermiers de la contrée s'étaient juré de l'exterminer. ”
Paul de Saint-Victor,
Anciens et modernes
(1886)
“ Le chat n'a-t-il pas avec l'Oriental une vague ressemblance? Il est, comme lui, fataliste et polygame, taciturne et contemplatif. Sa vie n'est, comme la sienne, qu'une sieste torpide, entrecoupée de crises voluptueuses. Il lèche la main du maître et il la mord quelquefois. Ses pattes moelleuses se traînent sur les tapis avec une lenteur de babouches. Son pelage a la mollesse et l'ampleur des robes asiatiques. Quand il s'enfonce, roulé en boule, dans les coussins d'un divan, vous diriez un pacha donnant une audience. Son râle cadencé rappelle la récitation monotone des chapelets ”
Recueil de contes populaires slaves
“ Il se mit à réfléchir, fourra le chat dans un sac, le lia, l’emporta dans le bois, et l’y perdit ; il pensait que le chat crèverait. Celui-ci, après avoir longtemps marché, rencontra une cabane, celle du forestier. Il monte sur le toit, il se couche, et, quand il a faim, il va chasser dans le bois les souris et les oiseaux ; une fois repu, il remonte sur le toit et vit sans souci. Une fois, messire chat était allé se promener dans la forêt ; il rencontra Mlle renard [10] . ”
Jean Gay, Les Chats, extraits de pièces rares et curieuses en vers et en prose… (1866)
“ Attendu que le chat, malgré le peu de sympathie qu'il inspire à raison de son caractère et à raison des inconvénients auxquels sa présence nous expose, n'en est pas moins d'une utilité incontestable , destiné qu'il est à purger non-seulement les habitations, mais encore les terrains y attenants , d'animaux rongeurs, incommodes et dangereux ; que les services rendus ne s'arrêtent pas à la seule demeure de son maître et qu'il est donc très-équitable d'avoir de l'indulgence pour un animal toléré par la loi et utile à tous, soit directement, soit indirectement ”
Mérimée,
Revue des Deux Mondes
“ Connaissez-vous ce fait très curieux : un chat noir et une chatte blanche, dégoûtés de la civilisation, vont s’établir dans les bois et y travaillent à la propagation de leur espèce. Après deux ou trois générations il n’y a plus que des chats à raies noires et grises, semblables de tout point aux chats sauvages. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Tantôt pénétrant dans les retraites des lapins, il les poursuit jusqu’au fond de leurs terriers. Une garenne qu’il affectionne est bientôt ravagée, & dépeuplée. Souvent il arrive que ces succès enflamment son courage, & lui rendent totalement son esprit d’indépendance ; alors il abandonne les habitations, vit au fond des bois, redevient sauvage ; & la génération suivante reprend insensiblement tous les premiers caractères du chat sauvage. ”
Jonathan Franklin, La vie des animaux : histoire naturelle… (1859-1860)
“ On lui a fait un crime de rester digne et libre jusque dans la captivité. Il faudrait plutôt reconnaître que le chat est le seul animal dans la nature qui ait résolu ce difficile problème : se rapprocher de l'homme, sans devenir son esclave. ”
Mme Louis Trouillon, Du grain de blé jusqu'au pain… (1920)
“ CAUSERIE SUR LE CHAT Nous parlons du chat au repos, de son ronronnement, de son contentement quand il est couché près du feu ou qu'on le caresse. Tous les enfants ont vu un chat en colère : il se hérisse, sort ses griffes, dresse ses moustaches, fait le gros dos. Et le chat apeuré ? il saute, bondit, se trouve hors de portée en un clin d'œil.. Les enfants ont très bien remarqué la souplesse de son échine quand il grimpe sur un arbre. ”
