“ Me voici pour de bon en Allemagne, à Bruchsal, petite ville où l’évêque souverain de Spire venait faire autrefois de la villégiature, et qui appartient aujourd’hui au grand-duc. Bade est le jardin public de l’Europe. On y coudoie moins d’Allemands que de Français, de Russes, d’Anglais, voire même d’Italiens, quand ils n’ont pas, comme cette année, quelque chose de mieux à faire. Bruchsal est sur la route de Heidelberg, mais aussi sur le chemin de Munich ; de là on commence à regarder dans la véritable Allemagne. ”
Bruchsal
Définition et enjeux
Citations sur “Bruchsal”
“ Comme l’Allemagne ne fait rien de vide, pas plus les voyages que la diplomatie, on nous annonce que nous resterons une heure et demie à Bruchsal. C’est trop pour attendre ; pas assez pour courir par la ville et les environs. ”
Alfred Maury,
Le Socialisme au XVIe siècle
“ En certains districts, les rebelles se soumirent, à une organisation régulière, qui les rendit vraiment formidables. Dans l’évêché de Spire, où la population rurale et bourgeoise était depuis plusieurs années animée d’un esprit persistant de révolte, où les conspirations étaient devenues presque endémiques, deux chefs, Frédéric Wurm et Hans de Halle, qui avaient établi leur quartier-général à Bruchsal, tandis que l’évêque prenait la fuite, distribuèrent leurs hommes par régimens, dont les officiers furent élus. ”
Chemins de fer de l'est et chemins de fer allemands… (1869)
“ ART. 9. L'enregistrement direct des voitures pourra avoir lieu, dès à présent, entre les stations françaises de Paris, Châlons-sur-Marne, Nancy, Metz, Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Kehl ; et entre les stations badoises de Kehl, Baden, Carlsruhe, Bruchsal, Heidelberg, Mannheim, Offenbourg, Fribourg-en-Brisgau et Strasbourg. Un tarif direct à grande vitesse, c'est-à-dire pour le transport par trains omnibus, sera établi entre ces localités ; les voitures y seront rangées dans deux catégories. ”
Alexandre Boutrouë, 1793-1805. Lettres d'un chef de brigade… (1891)
“ Attaqué, le 7 septembre, dans ses positions de Bruchsal par les troupes de la garnison de Philippsbourg réunies à celles de la garnison de Manheim, et auxquelles s'étaient joints 4,000 paysans insurgés et armés de fusils, il se maintint dans ses positions jusqu'au 13 septembre. Mais l'arrivée d'un nouveau corps de troupes autrichiennes, commandées par le général Petrasch, le força à se retirer, Il exécuta sa retraite en combattant jusqu'à Kehl, où il parvint à se jeter après avoir culbuté les troupes de Petrasch, qui l'avaient déjà débordé et s'étaient placées sur ses derrières. ”
Henri Choppin, Campagne de Turenne en Alsace… (1875)
“ Louvois avait été prévenu de la marche des Impériaux par M. de Maulevrier qui lui écrivait le 23 : « Les affaires ont changé de face, les ennemis ayant aban» donné Spire et l'autre côté du Rhin, et toute leur armée étant » passée de ce côté-ci sur le pont de bateaux qu'ils ont fait à » Spire. Aussi il n'y a plus d'apparence ni de siège ni de blocus » pour cette place. L'armée des ennemis est campée présentea ment dans les villages des environs de Bruchsal, il semble » ”
Constantin Photiadès, La Revue de Paris
“ Septième symphonie d’Anton Bruckner. — Introuvables en France, rares même chez les peuples de race germanique, les amis d’Anton Bruckner constituent, à travers le monde, une secte assez restreinte, forte néanmoins par sa constance et sa vitalité sereine. Les adeptes, loin de gémir sur leur petit nombre, s’en feraient gloire plutôt. Comme tant de cénacles, ils se comptent pour une élite, et cette agréable conviction satisfait leur amour-propre. ”
Loys Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne (1875)
“ Le Gruagach rencontra le jeune roi au lieu même où il était auparavant. « As tu le glaive de lumière? — Je l'ai. — Comment as-tu fait pour le prendre? — Sans le bouton qui est à sa pointe je n'aurais pu m'en emparer. — Laissemoi voir l'épée. — Je ne suis pas forcé de te la montrer. » Le Gruagach baissa la tête pour regarder le glaive de lumière; le roi vit le signe, et vivement il enfonça son épée dans le cou du Gruagach. Le Gruagach tomba mort. Le roi regagna sa demeure et trouva ses gardes et ses sentinelles liés dos à dos. Femme, cheval, amoureuse, tout avait été enlevé. ”
Fernand Lagarrigue, Études et voyages : Paris, la Belgique… (1860)
“ Le génie inventif n'est pas seulement notre propriété, pas plus que l'habileté, l'intelligence et l'imagination. Les Bruxellois sont en général amis du travail, intelligents, laborieux, admirateurs des choses qui plaisent au cœur, aux yeux et aux oreilles. Ils font consister leur plus grand bonheur dans la stabilité du gouvernement qu'ils possèdent et qu'ils entourent à bon droit de toutes leurs sympathies et de leur courageux dévouement. Le roi Léopold est le père de leur maison, le maître chéri, adoré, aussi bien dans le palais du riche que dans la cabane du pauvre. ”
Alexandrine Des Écherolles,
Une famille noble sous la Terreur
(1879)
“ Les prêtres réfractaires ayant été incarcérés avant la fin de son année de réclusion, il se retrouva faire partie de cette classe proscrite, et mourut en prison avant le retour d'un gouvernement plus modéré. Je ne dois pas oublier ici de rendre hommage aux vertus du geôlier, qui se nommait Bruxelle. Sa bonté, son humanité ne se démentirent en aucun temps ; il adoucit, autant qu'il le put, le sort de ceux qui lui étaient confiés : tous trouvèrent en lui un coeur compatissant, un ami sûr et fidèle. ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ Il est impossible de rendre l’attitude, la physionomie de Bruyère en prononçant ces paroles ; ses grands yeux vert de mer, levés vers le ciel, brillaient aussi vifs que les étoiles qui commençaient à poindre au zénith... Les dernières lueurs rosées du crépuscule jetaient de mystérieux reflets sur la ravissante figure de la jeune fille, radieuse de foi, d’espérance dans la paternelle bonté du Créateur... La femme et son enfant, le vieillard et son fils, ainsi que l’autre métayer, écoutaient Bruyère en silence, et la contemplaient avec une admiration respectueuse. ”
Paul et Victor Margueritte, Revue des Deux Mondes
“ Le général de Ladmirault devait être du côté de Bruville. Il s’y dirigea. Des coureurs prussiens prenaient le contact avec les premiers tirailleurs du 4e corps. Comme des obus passaient au-dessus de sa tête, il mit Brutus au trot. Soudain un des lourds oiseaux d’acier à la fois lumineux et sombres, qui grandissaient en sifflant, tomba. La terre sèche rejaillit, la mort éclata. Du Breuil se sentit projeté en l’air. Il vit dans un éblouissement le ciel bleu, comprit qu’il s aplatissait, gisant. Un poids terrible s’abattit alors sur ses jambes. Brutus ! ”
Insurrection de Strasbourg, le 30 octobre 1836… (1837)
“ On causa de nos célébrités : M. de Bruc dit que ces sommités devaient leur gloire à l'empereur. Il nous dit aussi qu'il était chef d'escadron de 1823. Je pris un annuaire et lui demandai s'il ne portait pas tel ou tel nom. A la fin, il me dit : « Vous me pressez l'épée dans les reins ; eh bien ! je m'appelle de Bruc ; je voyage en ce moment, et je vais en Suisse. » M. Hofmann, capitaine instructeur au 6e cuirassiers, a connu à Versailles M. de Gricourt qui travaillait à se faire recevoir à Saint-Cyr. A Brisach, M. de Bruc dit qu'il me connaissait ”
Alexandre Dumas,
Vingt ans après
“ Rien, et vous avez du sang, vos cheveux! Ah! mon Dieu, mon Dieu, mon pauvre maître! — Chut donc! disait Broussel, chut! — Du sang, mon Dieu, du sang! criait Gervaise. — Un médecin! un chirurgien! un docteur, hurlait la foule; le conseiller Broussel se meurt! Ce sont les Mazarin qui l'ont tué!— Mon Dieu, disait Broussel, se désespérant, les malheureux vont faire brûler la maison! — Mettez-vous à votre fenêtre et montrez- vous, notre maître. — Je m'en garderai bien, peste! disait Broussel; c'est bon pour un roi de se montrer. Dis-leur que je suis mieux, Gervaise ”
Théodore Muret,
Vie populaire de Henri de France…
(1846)
“ Bruck est une ville assez considérable, située à une bonne journée de distance de Frohsdorff et de Gratz. Cette distance empêchant que l'on ne pût arriver à Frohsdorff à une heure convenable pour la messe de mariage, le prince voulut qu'elle fût célébrée à Bruck, ainsi que la bénédiction nuptiale et la célébration du mariage en personne. ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ Faites cela, maître Chouart, — ajouta Bruyère d’une voix douce et pénétrante, — faites cela... et c’est moi qui vous devrai... — Oui... bien, — je ferai cela pour cette brave femme, — s’écria l’homme au grand chapeau, — et je le ferai de bon cœur... mais pour vous ? petite Bruyère, mais pour vous ? — Un jour je vous ferai dire ce que je veux... par quelque autre pauvre femme, — dit Bruyère avec un sourire mélancolique. — Ah ! j’entends... — dit maître Chouart d’un air fin, — vous... c’est les autres... Ah ! l’on a bien raison, petite Bruyère ! Petite Bruyère ! vous êtes charmée ! ”
Hippolyte Fierens-Gevaert,
La Peinture en Belgique
(1908)
“ L'héroïne de Bruegel est toute chargée du prestige terrible dont l'entourait le moyen âge flamand. Dans un décor compliqué où se reconnaît encore l'inspiration boschienne, elle se dresse menaçante, flamberge au vent, casquée, cuirassée, devant la Gueule d'Enfer, qui semble frappée d'épouvante. Le diable lui-même, dans nos vieilles légendes, n'a-t-il pas peur des mégères? Des démons de tous genres sortent des demeures en ruines et s'entassent dans des corbeilles, dans des barques, tandis que des gueuses infernales pourchassent, frappent, ligottent ceux qui n'ont point trouvé d'abri... ”
“ Allons, Bruckner, un de plus ! dit maître Chazelles, en versant à ses hôtes le joli vin rouge de sa vigne, qui pétillait dans les verres. Ça vaut mieux que votre bière d’Allemagne. — La pière d’Allemagne ! maître Chazelles, il n’en faut pas tire de mal ; je ne tis pas que le vin il ne me blaise pas plusse ; mais ça n’empêche bas que la pière d’Allemagne, c’est ce qu’il y a de mieux. — Parbleu ! dit Louis Brésy, comme l’Allemagne, comme les Allemands, comme tout ce qui est Deutsch et Teufel, n’est-ce pas, Bruckner ? ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Eh bien, Leduc, dit le chirurgien-major, quelles nouvelles? — Peu de chose, répondit l'autre. Le capitaine Bruscard permute avec Cruchot, du 2e des chasseurs d'Afrique. Cruchot est ennuyé de la fièvre et des Arabes. Il veut rentrer en France. Bruscard est ennuyé de sa femme et veut maigrir. On va l'employer à la poursuite d'Abd-el-Kader. — Un fameux homme, ce Bruscard, dit un souslieutenant; ruais plus bête qu'un tambour. Il aura de l'avancement. Son cousin est député, et du centre gauche. C'est un bon métier que le centre gauche. ”
May de Rudder, Le Guide musical
“ Bruckner, qui sentait la fin venir, lui destina, comme finale un Te Deum (éd. Rättig. Vienne) qu’il avait déjà composé en 1884, peu après la Septième Symphonie. Il passa ses dernières années très retiré et presque séparé du monde, attendant la mort comme une douce libératrice. Elle mit fin à ses souffrances subitement presque ; le maître s’éteignit le 11 octobre 1896. ⁂ Bruckner fut toute sa vie un bon et simple enfant, naïf et sensible, d’une piété profonde et sincère. Il passa en ce monde comme un étranger ou plutôt comme un homme d’un autre temps ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ La pauvre petite Bruyère regrettait toujours son enfant... qui lui avait cependant coûté tant de larmes... tant de honte. — Mon Dieu ! Monsieur Gérard, — dit tout bas Régina, — quelle est donc cette charmante personne qui vient d’entrer, et sur laquelle s’appuie cette dame d’une figure si noble et si douce ? — Je n’ai, de ma vie, rien vu de plus joli que cette jeune fille, avec ces bruyères roses dans ses cheveux, — ajouta Just, — quelle douceur dans les traits ! quelle intelligence dans le regard !... ”
Eugène Bersier,
Coligny avant les guerres de religion…
(1884)
“ Ce fut Brusquet, le bouffon de Henri II, que l'on avait emmené dans le cortège de l'amiral, qui se chargea d'en tirer vengeance. Le lendemain, à l'issue de la messe, au moment où Philippe II jurait sur l'Évangile l'observation du traité, Brusquet se mit à crier à haute voix : Largesse ! largesse ! puis, ouvrant un sac d'écus, il les jeta au sein de l'assemblée. L'avarice de Charles-Quint passait en proverbe; il n'était pas de ceux qui, à l'occasion d'une réjouissance, jetaient l'argent au peuple. Chacun se demandait au nom de qui agissait Brusquet. ”
Hendrik Conscience,
Le Pays de l'or
“ Savez-vous quoi, monsieur Roozeman? Le Bruxellois veut se faire valoir; il marche en avant, nous conduit, nous commande comme un général, il fait de l'embarras, il se vante pour paraître nécessaire. Je veux courir pendant dix ans tout à fait seul... Tiens! qu'a donc trouvé Pardoes?Ils s'approchèrent du Bruxellois, qui s'était arrêté et regardait la terre sans bouger en disant à voix basse:—Chut! il y a un danger qui nous menace.—Vois-tu de l'or? demanda Donat. ”
Georges Ista,
Par un beau dimanche
“ Nous le verrons tout à l’heure, mon enfant ; il ne peut être loin, répondit le bon docteur. Et il admira, en homme fervemment épris des vérités éternelles, l’invincible puissance de l’amour, qui change en une steppe désolée le plus merveilleux paysage, s’il ne s’orne de deux bottines jaunes et d’un feutre gris. M. Brusy se piquait de quelque érudition en matière d’archéologie, comme en toutes choses. Ses vastes et multiples études l’avaient même conduit enfin, la cinquantaine passée, à cette précieuse définition de lui-même : Bon à tout, propre à rien. ”
Émile Michel,
Les maîtres du paysage...
(1906)
“ La force de Brueghel ne va pas sans quelque rudesse et nous comprenons l'admiration que François Millet professait pour lui. Dans les gravures du vieux maître, accrochées aux murailles de son pauvre atelier de Barbizon, Millet retrouvait ses modèles et saluait dans leur peintre un de ses devanciers. Ces personnages rustiques, Brueghel les a scrupuleusement placés dans leur milieu; derrière eux se déroule la campagne où ils vivent, avec leurs chaumières misérables et leurs horizons familiers. ”
“ Et au fait, le pauvre garçon, tout le servait à souhait ; depuis une certaine aventure, il n’avait eu qu’un but, celui de se rapprocher de M. Wil, d’être autant que possible admis dans son intérieur ; car il vivait maintenant de deux haines bien distinctes : — Brulart et le colon. Et encore la haine qu’il portait à Brulart était-elle pâle et froide auprès de celle qu’il avait vouée au bonhomme Wil. ”
Édouard Montagne,
Histoire des farceurs célèbres
(1872)
“ Le fou se mit à rire : — Vous savez bien que la chose est impossible, monsieur le maréchal, dit-il. Il faudrait plus que du courage pour abuser de madame Brusquet; il faudrait de la témérité. - - Pourquoi donc, Brusquet? demanda la reine qui venait d'entrer sur ces derniers mots. — Madame la reine, répondit le fou, c'est que madame Brusquet est un chefd'œuvre de laideur, de l'avis de ceux qui nie ront donnée. Demandez à M. de Strozzi. ”
May de Rudder, Le Guide musical
“ Au physique, Bruckner nous apparaît comme au moral ; point de dureté dans les traits ; de ses petits yeux profonds se dégage une douce impression de calme et de sérénité ; seuls, le front haut et le nez fortement arqué disent l’énergie et la volonté de cette nature. ”
Joseph Malègue,
Augustin ou le Maître est là
“ De ton côté : « J’aime la majesté des souffrances humaines. » Mais de l’autre : « Qu’est-ce que tout cela qui n’est pas éternel ? » – Peut-être, faisait Bruhl, rêveur. Ils se disaient adieu sur le boulevard Saint-Michel. À travers une bruine couleur acajou et criblée de lumières, Bruhl sautait dans l’un des tramways qui filent vers le Trocadéro. Augustin voyait s’enfuir sur l’impériale, parmi les occupants des places à trois sous, le col relevé et l’air frileux, le fils de la grande banque hollandaise Bruhl frères et Arfvidson. ”
Victor Fournel,
Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes…
(1872)
“ « Écoutez, il faut que nous laissions nos chaînes en la maison d'un de nos amis, parce que nous allons passer par une rue pleine de matois qui nous pourraient faire quelque déplaisir. » Ce pauvre bouffon le crut, et mit cette chaîne entre la main de Brusquer, qui après avoir passé le lieu qu'il craignait, lui rendit une chaîne de cuivre toute semblable à la sienne, et quand ce bouffon s'en retourna en Espagne, Brusquet écrivit par lui à l'empereur qu'il avait envoyé en France un bouffon le plus sot du monde et qu'il s'était laissé déniaiser d'une chaîne d'or que lui avait donnée le roi. ”
