“ Je sortis en rochet et en camail ; et je ne fus pas arrivé au Marché-Neuf, que je fus accablé d’une foule de peuple qui hurloit plutôt qu’il ne crioit. Je m’en démêlai en leur disant que la Reine leur feroit justice. Je trouvai sur le Pont-Neuf le maréchal de La Meilleraye à la tête des gardes, qui, bien qu’il n’eût encore en tête que quelques enfans qui disoient des injures et qui jetoient des pierres aux soldats, ne laissoit pas d’être fort embarrassé, parce qu’il voyoit que les nuages commençoient à se grossir de tous côtés. ”
Marché-Neuf
Définition et enjeux
Citations sur “Marché-Neuf”
Joseph-Alexis Walsh,
Souvenirs historiques des principaux monuments de Paris
(1854)
“ Les bourgeois parisiens s'enhardissent de toute la peur du roi. Bientôt les boutiquiers, les petits marchands, le menu peuple chargent les Suisses qui remplissaient la place du Marché-Neuf ; au feu de la mousqueterie se joignent les coups de pierres lancées du haut des fenêtres; sur cette place, soixante Suisses furent tués. (Le Louvre est fatal aux Suisses ! ) Le massacre de ces fidèles défenseurs du trône serait devenu général, si le duc de Brissac, qui commandait pour le duc de Guise, ne les eût sauvés des mains des bourgeois en les renfermant dans la boucherie du Marché-Neuf. ”
Lafitte, Guide-poche de l'étranger à Bordeaux et dans la Gironde… (1857)
“ Place Mériadeck : bois à brûler, sarment, paille et charbon, les mercredi et samedi jusqu'à midi. Place Mériadeck : nippes, vieux vêtements et ferraille. Marché-Neuf, places Canteloup, du MarchéNeuf et fossés Bourgogne : ferraille, chaudronnerie, friperie et nippes, le lundi jusqu'au soir. Marché aux Cochons, cours St-Jean, le mercredi, de onze heures à trois heures. Marché aux Fleurs, aux Quinconces, en été ; et en hiver, chaussée de Tourny, les lundi et jeudi, et les veilles des fêtes de Sainte-Marie, Saint-Jean, Saint-Pierre, Sainte-Rose, etc. ”
Adolphe Joanne,
Paris illustré en 1870 et 1876…
(1876)
“ A toutes les époques, on trouve dans les actes publics de nombreuses prescriptions relatives aux emplacements, au mode de vente, aux approvisionnements, à la répartition des marchandises , etc., qui témoignent d'une sollicitude plus ou moins éclairée, mais toujours active. Le premier marché régulièrement établi à Paris paraît avoir été le marché Neuf ou marché Palu, qui se tenait, au delà de la Morgue, sur le quai situé entre le pont Saint-Michel et le Petit-Pont. On faisait remonter son origine au XIIe s. (1137) ”
Honoré de Balzac,
Illusions perdues
(1843)
“ Lucien traversa le Pont-Neuf en proie à mille réflexions. Ce qu’il avait compris de cet argot commercial lui fit deviner que, pour ces libraires, les livres étaient comme des bonnets de coton pour des bonnetiers, une marchandise à vendre cher, à acheter bon marché. ”
Léon Gozlan,
De neuf heures à minuit
“ À ce nom répété de Lucy, Rog pousse de petits aboiements comme lorsqu’il rêve. Son museau noir frémit et se dilate. — Tu as marché comme moi toute la nuit dans la boue et sous les pieds des chevaux en l’appelant. Rog s’agite convulsivement sous l’exaltation de son instinct. — Oui, on t’a maltraité comme moi, Rog ! Les flancs de Rog se creusent le long de son épine ; il est haletant, il souffre, il cherche, il aspire ; il veut une âme pour son âme, dirait-on, sous le regard dominateur, inflexible, inquiet, de sa maîtresse. ”
Léon Gozlan,
De neuf heures à minuit
“ Au bout d’une demi-heure de marche, je pus me rendre compte de l’ensemble, architectural du village de Broek. Chaque maison, est ornée d’une rampe en fer doré qui court parallèlement à la rue, et le passage que laisse cette rampe entre elle et les maisons est une mosaïque formée de pierres d’un choix admirable. La lave, le basalte vert, le granit rose, le marbre paonazzo, offrent, dans leur rapprochement ingénieux, des soleils, des étoiles, des fleurs et des arabesques à l’infini. ”
Léon Gozlan,
De neuf heures à minuit
“ Les cris de sa victime en lambeaux ne l’effrayent point. On se lasse de le battre, lui ne se lasse point d’être battu, malgré, sa tête en sang, ses yeux aveugles qui pleurent, ses derniers poils qui s’envolent. Un cri sort de la bouche de celle qu’il oblige à ramper avec elle. Elle a lu sur le collier du chien, Rog ; — elle dit : Rog ! — et Rog lâche aussitôt les vêtements qu’il déchirait, et, reconnu et appelé, il trace en courant autour de cette voix un cercle rapide de bonds, d’aboiements, de frémissements, de caresses, et puis il marche devant, et on le suit ”
Auguste Pelet,
Catalogue du musée de Nîmes ; Notice historique sur la Maison-Carrée…
(1863)
“ Dans une maison au Cours-Neuf, qui appartenait, en 1852 , à un travailleur de terre nommé Granier, il en existe un second d'une grande beauté, dont le cartouche du milieu représente un homme et une femme nus. ”
Clémence Robert,
Les Voleurs du Pont-Neuf, par Clémence Robert
(1883)
“ Il y avait sur la Seine, au dix-septième siècle, de grandes barques de passage, établies entre la place des Trois-Maries et le quai Conti, pour conduire d'une rive à l'autre les gens de qualité qui, même en carrosse ou sur leurs mules, redoutaient d'exposer leurs riches atours à la poussière et à la cohue du Pont Neuf. Dans l'une des premières et splendides journées de juin, un de ces bateaux, abrité d'une tente et conduit par deux mariniers, glissait lentement sur le fleuve, en emmenant quatre personnes de distinction et leur suite vers la rive gauche, à l'entrée du faubourg SaintGermain. ”
Edmond Lambert, A travers l'Algérie, histoire, moeurs et légendes des Arabes (1884)
“ Au milieu de la ville et sur une colline peu élevée et surbaissée, qui domine la mer à une hauteur médiocre, on aperçoit le Chateau-Neuf, résidence du général. C'est une véritable forteresse. Bâti sur la rive droite de l'oued Rehhi, le Château-Neuf est encore orné, comme autrefois, de trois grosses tours reliées entre elles ; les murs en sont très forts et très élevés. On en attribue la fondation première aux Vénitiens, peuple essentielle¬ ment marchand. ”
Ferdinand Heuzey, Curiosités de la cité de Paris… (1864)
“ Le Pont-Neuf, jeté pour ainsi dire au confluent des trois divisions principales de Paris, est comme la grande artère où passent tout le sang, tous les éléments de vie de la ville géante. A toutes les heures de la journée une foule considérable y circule, et, tandis que les piétons envahissent ses trottoirs, des milliers d'équipages et de voitures industrielles en labourent la voie dans tous les sens. Le Pont-Neuf, comme édifice, est encore aujourd'hui un des plus beaux ponts de l'Europe. ”
Albert Robida,
Paris de siècle en siècle: Le Cœur de Paris…
(1896)
“ Turbulences de pages et d’écoliers, attroupements de laquais, pillards non moins que les voleurs de profession, et amusements étranges de gentilshommes.Il n’y a pas une estampe représentant le Pont-Neuf au cours du XVIIe siècle sans que l’on n’y voie en quelque point, parmi l’encombrement des piétons, des {330} cavaliers et des carrosses, des gens en train de ferrailler, au milieu d’un groupe que des archers font semblant d’avoir de la peine à percer pour venir séparer les combattants. ”
“ Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu’on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et deux de large, au plus ; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours une humidité âcre ; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse. Par les beaux jours d’été, quand un lourd soleil brûle les rues, une clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans le passage. ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ Placée au penchant d’une montagne et sur les bords de la mer, Échelle-Neuve, avec ses jardins et ses vignobles, avec ses maisons bien bâties et ses toits semblables à ceux de nos cités méridionales, présente d’abord l’aspect d’une ville agréable et importante. Je ne vous parlerai pas des débris d’une grande muraille et d’un aqueduc, que j’ai vu dans un vallon avant d’arriver à Échelle-Neuve, cet aqueduc qui portait autrefois les eaux de Néopolis à Éphèse, est si ruiné qu’on n’y reconnaît plus rien. ”
Édouard Thierry,
Les voix de Paris : essai d'une histoire littéraire et musicale des cris populaires de la capitale…
(1857)
“ Au Pont-Neuf, rendez-vous habituel des désœuvrés, des charlatans et des filous, il rencontre non-seulement les chanteurs de chansons nouvelles qui ne se lassent point de répéter: « Cette chanson est agréable, monsieur, pour un sou, » mais aussi de nombreux tireurs à la blanque, qui invitent les passants à s'approcher de leur boutique et à tenter fortune : « Ça, messieurs, mettez au hasard, » On tire une fois pour un liard (3) . » Dans la galerie du Palais (4) , les offres des marchands sont encore plus nombreuses et plus pressantes. ”
Ferdinand Heuzey, Curiosités de la cité de Paris… (1864)
“ Avant la Révolution, des petits marchands dressaient chaque jour sur les trottoirs du Pont-Neuf de petites boutiques qu'ils enlevaient tous les soirs, et qui étaient louées au profit des grands valets de pied du roi. ”
Paul Ginisty,
Lettres galantes du chevalier de Fagnes
(1928)
“ En passant sur le Pont-Neuf, je remarquai la délicatesse de nombre de personnes qui, pour préserver leur visage des ardeurs du soleil, miraculeusement brillant en cette arrière-saison, portaient un parasol. Il s’est établi aux extrémités du pont un bureau où, pour une somme minime, on loue ces parasols, qu’on restitue après la traversée de cet endroit. Cette industrie est regardée comme fort commode ; mais M. Sellon, qui met son chapeau sur sa tête et non sous le bras, comme il est d’usage pour certains, ne laissa pas que de se moquer de ces raffinements. ”
Louis Rogeron, Quatre mois en campagne. Souvenirs d'un Provinois du 2e régiment de marche de Seine-et-Marne… (1872)
“ Nevers est une ville ancienne, bâtie sur le penchant d'une colline, au confluent de la Nièvre et sur la rive droite de la Loire qui en baigne le pied ; sa population est d'environ 19,000 habitants. Deux lignes de chemin de fer, la première, de Paris à Lyon par le Bourbonnais; la seconde, d'Auxerre à Nevers, lui donnent une importance assez considérable. Les rues sont tortueuses et peu praticables pour les voitures ; les maisons mal construites. Dans beaucoup d'endroits, pour aller d'une rue à l'autre, on est obligé de monter des escaliers sales et peu ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie mathématique, physique et politique de toutes les parties du monde…
(1803-1805)
“ Château-neuf est une petite ville divisée en haute et basse, et située sur la rive droite du Cher. Le sol des environs esttrès-fertile en grains, en vins, etc. On y trouve beaucoup de bois et des pâturages , où l'on nourrit du gros et du menubétail. Le commerce consiste en grains, vins, bois, bestiaux et laine. ORLEANAIS. — Cette ancienne province formait un des- grands gouvernemens généraux militaires. Elle était située à-peu-près au centre de la France, entre le 19e. deg. ”
Élie Berthet,
La Tour du télégraphe
“ Toutefois la surprise et l’admiration des gens de Puy Néré ne tardèrent pas à recevoir un nouvel aliment. Peu de temps après que le Château-Neuf eût été si magnifiquement restauré, une voiture de poste à quatre chevaux s’arrêta devant l’habitation. C’étaient les nouveaux propriétaires, qui avaient hâte sans doute de prendre possession de leur domaine. Quand la voiture s’ouvrit, il en descendit un homme jeune encore, vêtu avec une élégance étrange, et une jolie dame couverte de rubans et de dentelles. ”
Les rues de Paris. Paris ancien et moderne… (1844)
“ De rien ! le profane ! c'était là que Brioché avait établi son spectacle de marionnettes ; bons et chers petits acteurs sans prétentions, à qui Nodier a donné tant d'esprit, quoiqu'ils en eussent beaucoup déjà ; ils n'ont légué à nos artistes modernes que leurs ficelles ! Dès son origine, le Pont-Neuf devint la promenade favorite des Parisiens, le rendez-vous des étrangers, des charlatans, des joueurs de gobelets, des chanteurs, des marchands de toute espèce, et des tirelaines en plus grand nombre. ”
Alexandre-Auguste Galliffet, Souvenirs de voyages : Prusse et Belgique… (1849)
“ Je passerai sous silence les localités qui se succèdent jusqu'à Nevers, où nous allions nous établir; c'était déjà beaucoup que d'avoir eu à les traverser. Un beau pont sur la Loire, au-dessus duquel ce fleuve reçoit la Nièvre en attendant que l'Allier le rejoigne à peu de distance ; une cathédrale renommée, la célébrité des comtes de Ne vers rapportée dans l'histoire, et le couvent des Visitandines illustré par Ververt, sont les seules choses dont je puisse vous parler. La ville, mal bâtie, mal percée, mal pavée, la société la plus sauvage, rendent Nevers un fort triste séjour. ”
Gérard de Nerval,
Contes et Facéties
“ Le Pont-Neuf, achevé sous Henri IV, est le principal monument de ce règne. Rien ne ressemble à l’enthousiasme que sa vue excita, lorsque, après de grands travaux, il eut entièrement traversé la Seine de ses douze enjambées, et rejoint plus étroitement les trois cités de la maîtresse ville. Aussi devint-il bientôt le rendez-vous de tous les oisifs parisiens, dont le nombre est grand, et partant, de tous les jongleurs, vendeurs d’onguents et filous, dont les métiers sont mis en branle par la foule, comme un moulin par un courant d’eau. Quand Eustache sortit du triangle de la place Dauphine, le soleil dardait à plomb ses rayons poudreux sur le pont, et l’affluence y était grande, les promenades les plus fréquentées de toutes à Paris étant d’ordinaire celles qui ne sont fleuries que d’étalages, terrassées que de pavés, ombragées que de murailles et de maisons. ”
La ville lumière : anecdotes et documents historiques… (1909)
“ Pour finir cette petite étude rétrospective du pont Neuf, nous raconterons une anecdote assez curieuse : « Un Anglais, dit-on, fit la gageure qu'il se promènerait le long du pont Neuf pendant deux heures, offrant au public des écus neufs de six livres à vingt quatre sols pièce et qu'il n'épuiserait pas de cette manière un sac de douze cents francs qu'il tiendrait sous son bras. Il se promena criant à haute voix : « Qui veut des « écus de six francs tout neufs à vingt-quatre sols ? Je les donne à ce prix. » ”
Jules Verne,
Les Naufragés du Jonathan
“ Deux cents nouveaux travailleurs débarquèrent de ce deuxième steamer, et deux cents encore d’un troisième qui mouilla en rade le 15 février. À dater de ce jour, on disposa de plus de huit cents bras. Le Kaw-djer estima ce nombre suffisant pour commencer la réalisation d’un grand projet. À l’ouest de l’embouchure de la rivière, furent jetées les premières assises d’une digue, qui, dans un avenir prochain, transformerait l’anse du Bourg-Neuf en un port vaste et sûr. ”
Louis Barron, Les fleuves de France. 4, La Seine
“ A l'est de Bernay, au centre d'un plateau sec et fertile, la ville de Neubourg est industrielle. Sur la place de son hôtel de ville se dresse la statue du parfait honnête homme politique Dupont de l'Eure, président du gouvernement provisoire de 1848. Jadis, un vaste château, propriété du marquis de Sourdéac de Rieux, s'élevait au « Neufbourg » ”
Pierre Dutertre, Considérations d'embellissement et de salubrité sur la ville du Mans… (1822)
“ Pour faciliter les communications de la rive droite de la Sarthe avec le point central de la ville, le Pont-Neuf ne pouvait pas mieux être placé. Il existe, surtout parmi les gens de la campagne, un bien mauvais usage, qui peut avoir une malheureuse influence sur les habitans de la ville, puisque les uns et les autres sont obligés de communiquer ensemble, et que leur bonheur et malheur sont inséparables. Quand les jours deviennent plus courts, à la campagne, on intervertit l'ordre des repas : on dîne le matin, et on collationne à midi. ”
Variétés Historiques et Littéraires…
“ Il s'agit ici de ces industriels de toutes sortes qui exploitoient les passants sur le Pont-Neuf, et dont les plus nombreux, qu'on appeloit capons, avoient pour industrie d'attirer dans une partie de jeu le premier niais qui leur tomboit sous la main, de perdre un peu d'abord pour gagner tout ensuite. ”
Paul Arène,
Au bon soleil
(1881)
“ Tout le monde, même le cafetier qui parfois porte les contraintes, tout le monde est fonctionnaire à Cucuron-le-Neuf. Pourtant Cucuron-le-Neuf se trouve en France ; et ce serait à la fois le plus petit et le plus charmant des villages français, pour peu que ses six maisons fussent allées se grouper quelque cent mètres plus bas, le long du Jabron, sous les arbres, au lieu de s’aligner ainsi, l’église avec son presbytère en tête, sur un seul côté de la route poudreuse qui suit la rivière et la vallée. ”
Albert Lenoir,
Statistique monumentale de Paris
(1867)
“ Les besoins de la navigation de la Seine ont fait donner aux arches du Pont-Neuf, du côté du grand bras, des dimensions plus larges que sur le petit bras, ce qu'indique l'élévation gravée en haut de la planche III. La corniche commune y règne dans toute l'étendue ”
