“ - On va lui faire son affaire, dit le Matois.- Fameuse trouvaille!» ajouta Charlot Bates.Olivier les considérait l'un après l'autre avec surprise, mais il n'eut pas le temps de les questionner, car ils traversèrent la rue à pas de loup, et allèrent se planter derrière le vieux monsieur qui faisait l'objet de son attention. ”
Matois
Définition et enjeux
Citations sur “Matois”
Charles Dickens,
Oliver Twist
(1838)
“ Son visage était couvert de rides, et ses traits ignobles et repoussants étaient en partie cachés par une épaisse chevelure rousse ; il portait une sale robe de chambre de flanelle, n’avait pas de cravate, et semblait partager son attention entre la poêle et une corde à laquelle pendaient un grand nombre de foulards. Plusieurs méchants lits, faits avec de vieux sacs, étaient disposés l’un près de l’autre sur le plancher. Autour de la table, quatre ou cinq enfants de l’âge du Matois fumaient leur pipe et buvaient des liqueurs en se donnant des airs de grands garçons ; ”
André-Robert Andréa de Nerciat,
Le Diable au corps
“ LA MARQUISE. Je conçois cela. (bas à Philippine.) Il a des yeux uniques. PHILIPPINE, à mi-voix. Sur ma parole, ce matois a plus d’une corde à son arc. BRICON. Je vends des chiens tout élevés, des serins, des perroquets, des sapajous. LA MARQUISE. Des sapajous ! vous m’en apporterez un demain. BRICON. Je n’y manquerai pas, Madame. Je vends des éventails, des lunettes de spectacle ;... en un mot, je me rends le plus utile que je puis, et je suis connu pour être fort désintéressé. Avec certaines pratiques, je perds ou je ne gagne rien. ”
Joseph Ferdinand Morissette,
Au coin du feu
“ Donc, comme je vous le disais en commençant ce chapitre, le mariage d’Hypolite et de Marie-Louise, avait monté la bile des commères. Elles en parlaient depuis trois mois. — Eh ! bien, disait Marie Lambèche, une jeune fille de 48 ans, à la porte de l’église St. Roch, le jour du mariage ; cette pauvre fille, elle en prend un beau gas là. — Tiens, répondit la mère Martin, toujours la même rengaine. Chaque fois qu’il y a un mariage, tu as toujours à nous crier dans les oreilles : Ah ! mon Dieu, la pauvre fille, elle en fait un beau coup ; elle en prend un fin matois, etc. ”
Léopold Curez, Metz et les princes, souvenirs du camp de la Moselle… (1844)
“ Sois fière! et, quand s'exhale au loin ma triste plainte, Salut et gloire à toi ! Montre ton diadème en sa clarté sublime ! Pare-toi comme au jour du splendide réveil! Tu peux lever la tête au-dessus de ta cime, Car ta virginité ne craint pas le soleil ! Nemours et Montpensier de la splendeur du prince Chez toi ne viennent pas éblouir la cité ; Et ce sont deux soldats à qui toute province Doit l'hospitalité ; Surtout quand le canon sur ses remparts rayonne, Qu'on s'appelle une ville excellente en renom, Telle que Jeanne d'Arc, s'avouant ta patronne, Metz, peut t'offrir son nom! ”
Maurice Barrès,
Colette Baudoche
“ En se reflétant sur la terre, ces lourdeurs du ciel prennent une légèreté magique ; elles y dessinent mille formes fugaces et d’instables clartés. La Moselle noire, émotive, change de tons comme un serpent. Au loin, à droite, le pays de la Seille, qui tout à l’heure brillait, s’enténèbre. Et voici que les nuées allument sur l’horizon le pays messin. Au milieu de l’immense paysage obscur et tout au bout de la vallée noire, seul, maintenant, c’est le fond qui brille et qui semble nimber d’une gloire la douce cité de Metz. ”
Edmond Bapst, Siège de Metz en 1870 , d'après les notes manuscrites laissées par Germain Bapst (1926)
“ « Jetez-moi par-dessus bord, si bon vous semble, concluait Régnier dans un élan pathétique, mais profitez des réalités que je vous apprends et des conseils que je me permets de vous donner. La paix est préparée, vous n'avez qu'à la signer. Le temps presse, hâtez-vous; chaque heure qui s'écoule coûte à la France de nouveaux sacrifices. Rappelez-vous la date inexorable; Metz succombera le 18 de ce mois, le maréchal Bazaine l'a dit. Madame, sauvez l'armée, sauvez la France. » — Monsieur, répondit l'impératrice, je blâme sévèrement votre conduite; vous avez abusé de mon nom ”
Maria das misericordias Xavier Telles da Gama, Le comte-amiral D. Vasco da Gama (1902)
“ En effet, Matlieus partit avec ses femmes et ses serviteurs. Pourtant le capitaine de la nef, Bernardim Freire, se laissa persuader que Matheus n'était qu'un vil espion, et, comme tel, lui fit endurer maintes souffrances. On lui prit ses femmes et on le mit dans les fers; mais Dom Manuel, après avoir lu les messages du Prestre, ayant ouvert les petites boites que la reine lui envoyait, écouta les plaintes de l'ambassadeur outragé, et donna l'ordre d'arrêter les capitaines, qui durent s'enfuir en Castille. ”
Armand de Quatrefages,
Histoire générale des races humaines…
(1903)
“ Au nord, ni le milieu, ni le sang des Peaux-Rouges n'ont abaissé la race. Les métis du Manitoba sont les égaux des purs Yankees placés dans les mêmes conditions sociales ; et j'ai dit plus haut ce que sont ceux du Missouri et de l'Alaska. Au sud, les Paulistas, qui eux aussi sont à peu près tous des métis, petits-fils de véritables sauvages, sont au premier rang parmi les populations créoles du Brésil; et cet empire, grâce à la stabilité de son gouvernement, grâce à l'influence exercée par un chef éminent, est bien près d'être au niveau de nos plus fiers États européens. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Vous vous rappelez bien, monsieur Mathis ! Et Mathis, avec un air un peu singulier, se rappelle. Il y a quinze ans, il était seul en cette même salle et par une semblable nuit. Il entendit les grelots d’un traîneau qui s’arrêtait. Un de ces Juifs polonais qui vendent des semences ouvrit la porte. Il portait une pelisse verte et un bonnet de fourrure. En entrant, il dit : Que la paix soit avec vous ; la route est noire, la nuit est froide ; qu’on mette mon cheval à l’écurie. Et il jeta sur la table sa ceinture pleine d’or. ”
Verney Lovett Cameron,
À travers l'Afrique
“ Un village important, bâti sur un petit mont conique, s’apercevait au loin, du côté du sud ; c’était une colonie de métis. Presque tous dans l’aisance, mais ne pouvant avoir parmi les blancs qu’une position inférieure, et trop fiers pour frayer avec les noirs, ces mulâtres s’étaient fixés là, où ils menaient, disait-on, une vie confortable. Ils avaient beaucoup d’esclaves, et de temps à autre envoyaient des caravanes dans l’intérieur. ”
Joseph Bard,
Derniers mélanges de littérature et d'archéologie sacrée
(1847)
“ Oui, Metz est une ville vraiment curieuse, pleine de vieilles choses, de vieilles significations et de caractère, une de ces villes comme on n'en construit plus aujourd'hui. — J'aime l'allure libre et franche de Metz ; elle n'a rien de théâtral et d'un peu courtisanesque comme Nancy. — Ah ! quand une nouvelle civilisation viendra s'asseoir sur les ruines de la nôtre, que dira-t-elle des monuments qui la représentent? ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ On les appelle métis, comme on appelle mulâtres ceux qui viennent d’un Portugais et d’une Négresse d’Afrique. Les mulâtres sont au même rang que les métis. Mais, entre les métis, ceux qui sont de race bramine du côté de leur père ou de leur mère, jouissent d’une considération particulière. Les autres habitans sont ou des étrangers indiens qui achètent la liberté de demeurer dans l’île en payant un tribut personnel, ou des Européens, tels qu’un petit nombre d’Espagnols, quantité d’Italiens, quelques Allemands et Flamands, un fort grand nombre d’Arméniens et quelques Anglais. ”
“ Matoussaint a quitté la maison depuis un mois, et l’on ne sait pas où il est allé. On l’a vu partir avec des poètes, me dit le concierge... des gens qui avaient des cheveux jusque-là. « C’est bien des poètes, n’est-ce pas ? et puis pas très bien mis ; des poètes, allez, monsieur, fait-il en branlant la tête. » Oh ! oui, ce sont des poètes, probablement ! Dans les derniers temps, Matoussaint faisait la cour à la nièce d’une fruitière qui demeurait rue des Vieux-Augustins. ”
Louis-Frédéric Rouquette, L'épopée blanche (1926)
“ Alexis Cardinal, métis, et Mgr Taché, évêque d’Arath, le dos rond, le cou rentré, vont au pas, les chevaux secouent les oreilles et font tinter les mors. Le métis songe au printemps disparu, aux courses dans l’herbe parfumée qu’animent l’anémone, l’aster, le tournesol, la rose, aux nuits étoilées dans le camp, aux récits des chasseurs ; à l’aube, aux départs joyeux, dans le piaffement des coursiers et l’impatience des hommes.Ils vont, du Sud au Nord et de l’Est vers l’Ouest, mobiles dans la Prairie comme les nuages dans le ciel ; on marche des jours et des jours sans changer d’horizon. ”
George Perrot, La Ville de Trèves, étude d’histoire et d’archéologie
“ Les Trévires avaient heureusement choisi l’emplacement, de leur cité principale, de leur ville du milieu, comme on disait chez les Gaulois. Elle s’était élevée à peu près au centre de leur territoire, à égale distance environ du Rhin, frontière de la Germanie, et de Divodurum, aujourd’hui Metz, capitale des Médiomatrikes. Elle était assise sur la rive droite de la Moselle, un peu au-dessous de l’endroit où la Sarre, en y versant ses eaux, la rend plus aisément navigable en toute saison. ”
Edmond Bapst, Siège de Metz en 1870 , d'après les notes manuscrites laissées par Germain Bapst (1926)
“ Le maire était universellement respecté; sa harangue eut un effet immédiat; la foule par un revirement soudain acclama les soldats qu'elle injuriait tout à l'heure; on allait jusqu'à les embrasser. Le général Coffinières, quoiqu'il fût gouverneur de Metz, n'avait pas osé de toute la journée sortir de son hôtel de la rue de la Princerie; il se figurait que la foule exaspérée contre lui l'aurait mis en pièces; et depuis 2 heures de l'après-midi il ne cessait de télégraphier au maréchal Bazaine pour le prier de lui envoyer pour sa défense des troupes très sûres. ”
Édouard-Auguste Spoll, Metz, 1870, notes et souvenirs (1873)
“ A peine avons-nous dépassé la vallée de la Manse qui, tortueuse, monte sur notre gauche jusqu'au plateau de Gorze, que s'élève devant nous la ruine grandiose de l'aqueduc de Jouy. Nous passons à toute vapeur devant l'usine d'Ars, et Metz nous apparaît superbe avec sa 'flèche altière et sa ceinture de murailles que nul vainqueur n'a dénouée; majestueusement assise sur cette plaine immense qu'enserrent les eaux étincelantes de la Seille et de la Moselle. ”
Joseph-Marc-Octave-Antoine Lebel,
La métisse
“ À cette époque François Lorrain habitait la province du Manitoba. Il avait trouvé là les Métis, race originaire des premiers Français établis dans les Territoires qui, se trouvant seuls dans le défrichement et la culture des terres, furent contraints de choisir leurs femmes parmi les peuplades indigènes que la colonisation des provinces de l’Est avait repoussées plus vers le nord, vers les bois. ”
Mario de Lima-Barbosa, Les français dans l'histoire du Brésil (1923)
“ Les métis font remarquer, et ils ont le droit d'en être fiers, que la race supposée inférieure a fourni au Brésil, par son mélange, une grande partie de ses hommes remarquables, de ses administrateurs, de ses hommes d'Etat, de ses poètes, de ses orateurs. ”
Eugène Grellois, Éloge de M. le sénateur baron Ch… (1870)
“ Mes jeunes amis, leur dit le préfet, vos pères sont à la frontière, autour de l'Empereur, et il ne sera pas donné à nous tous, qui restons ici, de voir la ville de Metz, pour la première fois, prise par l'ennemi. Je viens vous proposer de vous rendre sur les remparts et de vous mettre, dans ce moment solennel, à la disposition du général chargé de la défense. Vous m'y trouverez et Dieu protégera nos efforts en conservant à la France la ville confiée au patriotisme de tous ses bons citoyens. ”
Émile Ollivier, Revue des Deux Mondes
“ Quelles que soient les vallées éparses autour d’une haute montagne, on aperçoit, toujours les dominant, le même sommet immobile ; quelle que soit celle de nos batailles qu’on raconte, on est ramené toujours à Metz, à cette constante défaillance de toute vue, de toute volonté, de toute direction dans l’état-major général. ”
Anonymous, Louis Riel, Martyr du Nord-Ouest
“ L'élément métis forme une partie considérable de la population du Montana, et si nous comptons les blancs qui, par suite de mariages ou autrement ont intérêt à sauvegarder les privilèges des Métis, il est évident, qu'ils forment une classe puissante. ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Nom d’une gare du Canadien Pacifique et d’une rivière de l’Ontario. MÉTISMétis pour mitis (petit peuplier) . Les vieilles cartes donnent mitis et non métis. Mitis en langue malécite est le diminutif de miti. Donc « Petit métis » est une répétition de mots, un pléonasme. Métis est le nom d’une rivière, d’un lac de 5 milles de longueur, et d’un village sur la rive sud du Saint-Laurent : lieu de villégiature et de tourisme. ”
Hector Malot,
Romain Kalbris
(1886)
“ Jamais je ne m'étais senti si faible; les oreilles me tintaient, je voyais les objets en rouge; j'étais tout près d'un village pourtant, et j'entendais les cloches sonner la messe ; mais de quel secours pouvait m'être ce voisinage des hommes? je n'avais pas un sou pour entrer chez le boulanger. Il fallait marcher; déjà des paysans qui passaient pour aller à la messe m'avaient regardé en se parlant entre eux ; et on allait m'arrêter comme vagabond, il faudrait dire où j'allais, d'où je venais; on me reconduirait chez mon oncle. Cette idée me terrifia. ”
Adrien Gabriel Morice, Aux sources de l’histoire manitobaine
“ C’est ainsi que nombre de métis appartiennent par leur ancêtre maternelle aux races du nord, qui sont plus dociles aux inspirations religieuses, plus honnêtes et moins immorales que les Indiens de descendance algonquine ou siouse, les vrais aborigènes du Manitoba et des grandes prairies de l’Ouest. ”
Pierre-Eugène Lamairesse,
L’Évolution religieuse et le bouddhisme
“ Dans presque toute l’Afrique, par suite de la promiscuité des nègres Autochtones asservis et de leurs conquérants Berbères, Fulhas, etc., de races supérieures, les métis sont devenus plutôt la majorité que l’exception et, sur beaucoup de points le niveau moyen de l’intelligence et même celui de la civilisation se sont élevés de ce fait. On sait que les Métis portugais ont une sérieuse importance dans l’Ouest de l’Océanie et que les Métis Chinois en prennent une pareille dans l’Est. ”
Edmond Bapst, Siège de Metz en 1870 , d'après les notes manuscrites laissées par Germain Bapst (1926)
“ Heureusement, le maire de Metz, M. Maréchal, s'interposa ; du haut du perron de l'hôtel de ville il cria : «Laissez aller les soldats ; ce ne sont pas des traîtres, mais des victimes; ils pensent comme vous ; au lieu de s'attaquer à eux, il faut les plaindre et avoir pitié de leur malheur.» ”
Félicien Champsaur,
Metz en 1870
(1916)
“ On ne croirait pas, vraiment, à jouir de ce spectacle rustique, au fond d'un vallon délicieux, et de ces eaux paisibles, que la guerre a rassemblé, autour de Metz, plus de trois cent mille hommes vaguement ennemis les uns des autres. Le bois, qu'on sent avoir été soigné avec amour, est sillonné de menus sentiers mystérieux, à l'ombre d'arbres magniliques et rares. ”
Émile Villemot, Ne vous mariez pas (1883)
“ Voilà donc le ménage La Mothe au grand complet d'un côté, le comte avec ses trois maîtresses, les demoiselles Cruz, Lespinière et Fernande-Vieuville; de l'autre, la comtesse avec son capitaine d'artillerie, qui s'appelle Antoine de son petit nom. Tout ce monde-là vit côte à côte, tranquille, heureux, content. On a bien raison de dire que Dieu bénit les grandes familles. ”
Hector Malot,
Sans famille/Dentu, 1887
“ Sans doute Mattia se trompe, il ne comprend pas ce qu’on lui a répondu. Mais il soutient que thieves, le mot anglais dont le clerc s’est servi, signifie bien voleurs en français, et qu’il en est sûr. Je reste un moment déconcerté, puis je me dis que si le clerc a peur des voleurs, c’est que justement nous allons entrer dans la campagne, et que le mot green qui se trouve après Bethnal, s’applique bien à des arbres et à des prairies. Je communique cette idée à Mattia, et la peur du clerc nous fait beaucoup rire : comme les gens qui ne sont pas sortis des villes sont bêtes ! ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Entre les plus élégants, M. le chevalier de las Matas se faisait remarquer ; il méritait à tous égards l’honneur que lui avait fait milord en le plaçant auprès de lui. Nos deux autres gentilshommes ne brillaient pas à beaucoup près autant, mais le Portugal et l’Allemagne sont des pays où l’esprit de conversation ne croit pas en pleine terre. M. le comte de Manteïra et le bon baron Bibander étaient, en somme, convenables : c’était tout ce qu’il fallait exiger deux. En arrivant à l’hôtel du nabab, nos trois gentilshommes avaient eu une alerte assez vive. ”
