“ Alors, pendant que ses chasseurs éreintés, broyés par la lutte titanesque dont ils arrivaient, mettaient pied à terre, Pierre laissa déborder sa colère. Avec des gestes violents, il me raconta en phrases véhémentes, l’historique général de la bataille : il me dit l’enveloppement mathématique, méthodique de nos troupes, par les armées allemandes ; le sombre héroïsme de tous les corps engagés, qui, après des prodiges de valeur, se buttaient à des masses profondes de troupes fraîches ou se disloquaient sous une pluie infernale d’obus. ”
Pierre Bataille
Définition et enjeux
Citations sur “Pierre Bataille”
Roisselet de Sauclières, Coup d'oeil sur l'histoire du calvinisme en France et sur l'esprit politique de cette secte… (1844)
“ Pierre Bataille.—Il est arrêté le lundi matin par des volontaires de la légion-nîmoise, qui le conduisent à l'esplanade oû on le pend : la corde casse, et l'infortuné a la force encore de s'enfuir à la faveur d'une fausse a llarme qui est donnée. Il se réfugie dans la maison du sieur Mazel, grimpe dans la cheminée; niais il n'est point d'asyle pour aucun de ceux qui ont porté le pouf rouge. Bataille est poursuivi; on le découvre on le tire par les pieds, il tombe y et on le tue dans la cheminée même à coups de fusils et de bayonnettes. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ Pierre, lisant avec tout le monde, vit le numéro de son bataillon de marche, son lieu de réunion et sa destination devant l’ennemi. Justement, c’était pour ce soir le départ aux avant-postes. Pierre remonta chez lui, s’équipa, dépêcha son déjeuner, fit à la bonne les recommandations nécessaires et partit. Il fut brave à tous crins dans la bataille du lendemain, où plus d’un trouva la mort. ”
Pierre Quentin-Bauchart,
Les chroniques du château de Compiègne
(1911)
“ Bientôt arrive la meute, précédée de Firmin, le maître d'équipage, des piqueurs, et escortée des valets de chiens portant des torches. Elle s'arrête à l'entrée de la cour et se range en bataille comme un bataillon, aspirant la proie qui l'attend à l'autre extrémité. ”
François Pierre, Voyage d'exploration d'un missionaire dominicain chez les tribus sauvages de l'Equateur (1889)
“ Autres sont les sentiments de Palate, ce n'est pas un lâche assassinat qu'il lui faut, c'est une victoire en règle, un combat à armes égales. Son adversaire s'obstinant à se cacher dans l'ombre, il résolut de le démasquer, de le prendre au gîte et de l'obliger à la bataille. On ne vit jamais pareille audace! Il s'aventure presque seul sur l'autre rive du Pastazza ; huit Indiens seulement l'accompagnent, ses espions le précèdent et le conduisent au tambo de Charupé. ”
Jean-Pierre, Simple conseil aux électeurs de la Haute-Marne (1849)
“ La preuve, c'est que le prince m'a dit qu'il était content de moi. Or, en fait de courage, celui-là s'y connaît. « Je t'embrasse du fond du coeur. « A bientôt. » — 24 — Il m'écrivait : « A bientôt ! » Il avait compté sans son amiral, qui n'est jamais pressé de revenir à terre, l'infatigable qu'il est ! La paix était signée, qu'importe ? il y a toujours de la besogne dans la vie de marin. A défaut de bataille, ce sont des évolutions qu'on s'en va faire ou sur les côtes de France, ou sur celles des pays étrangers. Dans le premier cas, on exerce ses matelots, on les empêche de se rouiller. ”
Henri-Dominique Lacordaire,
Mémoire pour le rétablissement en France de l'ordre des Frères Prêcheurs
(1844)
“ Sa présence sur le champ de bataille fit reculer l'ennemi jusqu'aux fossés de la place ; mais c'était sa dernière victoire. Une pierre l'atteignit à la tête ; il se frappa la poitrine, se recommanda à Dieu et à la bienheureuse vierge Marie, et tomba mort. ”
Tacite,
Œuvres de C. C. Tacite
“ Aussi, dès que les Bataves, en venant aux mains, heurtant l’ennemi de leurs larges boucliers, lui en meurtrissant le visage, eurent rompu tout ce qui les arrêtait dans la plaine, et commence de monter en bataille sur les collines, les autres cohortes, rivalisent de zèle et d’impétuosité, massacrent tous les ennemis qu’elles approchent, et, dans la précipitation de la victoire, en laissent beaucoup demi-morts ou sans blessures. ”
Adrien Lévis-Mirepoix, Le général Bataille (1816-1882… (1886)
“ Le général fut attaqué, à la première pointe du jour, par l'ennemi qui se précipitait en avant d'une haie placée à soixante mètres de l'un de ses bataillons. Ce bataillon fut ébranlé par l'impétuosité du choc, et une panique passagère vint à se produire dans ses rangs. Sans avoir le temps de prévenir son divisionnaire et même de faire seller son cheval, Bataille, à pied, s'élance au plus fort de l'action; il voit, avec son coup d'œil habituel, que l'offensive, même en désordre, est le seul moyen de se dégager : il la prend avec une rare énergie. ”
Marin-Jacques-Narcisse Boutillier de Saint-André, Mémoires d'un père à ses enfants… (1896)
“ Ils se battaient pour leurs foyers, leurs femmes, leurs enfants, leurs temples menacés...; ils déployèrent un tel courage, leur attaque fut si brusque, leur ardeur si opiniâtre, qu'ils remportèrent une victoire complète, malgré leur infériorité en hommes et en artillerie. Ils prirent les vingt-quatre canons, tuèrent beaucoup de monde et firent un grand nombre de prisonniers. Ce fut à cette bataille que MM. Soyer frères se firent remarquer par leur bravoure et l'aîné par ses talents. Il commandait la cavalerie et reçut à ce glorieux combat une balle qui lui traversa le corps. ”
Bataille jeune, Physiologie du barbier coiffeur perruquier (1843)
“ Celui qui en a et sait s' en servir , vit gros et gras , meurt en honnête homme et va trouver son créateur , escorté de nombreux amis sur cette terre , muni de recommandations en manière d' oraisons funèbres en français et en latin , où on prône ses vertus , et arrive à Saint-Pierre , bariolé de croix et chamarré de rubans . ”
Achille de Vaulabelle,
1815. Ligny-Waterloo , par A. de Vaulabelle…
“ Une bataille est une action dramatique qui a son commencement, son milieu et sa fin. L'ordre de bataille que prennent les deux armées, les premiers mouvements pour en venir aux mains, sont l'exposition ; les contre-mouvements que fait l'armée attaquée forment le nœud, ce qui oblige à de nouvelles dispositions et amène la crise d'où naît le résultat ou le dénoûment. Aussitôt que l'attaque du centre de l'armée française aurait été démasquée, le général ennemi ferait ses contre-mouvements, soit par ses ailes, soit derrière sa ligne, pour faire diversion ou accourir au secours du point attaqué ”
Adrien Lévis-Mirepoix, Le général Bataille (1816-1882… (1886)
“ Bataille était, d'ailleurs, le contraire d'un homme politique : il fallait le laisser à ses troupes, à ses manœuvres, à son plan de mobilisation. N'était-il pas au moins puéril de traiter en conspirateur un homme qui comptait quarante-trois années de service pour son pays, vingt-trois campagnes, deux blessures et plusieurs citations ? Loyauté ne veut pas dire indifférence. ”
Adrien Lévis-Mirepoix, Le général Bataille (1816-1882… (1886)
“ Deux fois, pendant la période de son commandement, il eut la bonne fortune de présider à des manœuvres. Son corps d'armée fut le rendez- vous de la plupart des attachés militaires de l'Europe, et le Maréchal Président de la République l'honora de sa visite sur le terrain de l'instruction. Le général Bataille n'appartenait pas à la catégorie de ceux qui s'absorbent uniquement dans leurs fonctions. Il savait trouver des loisirs. Quand on lui demandait comment il s'y prenait, il répondait qu'il laissait à chacun sa part d'initiative et que tout le monde s'en trouvait mieux. ”
Auguste Charles Lucien Pelecier, Un raid de cavalerie, épisode de la première bataille de la Marne (1921)
“ Mais c'est donc en vain que, depuis la fin des guerres du premier Empire, on a reconnu la superbe inutilité des passes d'armes et des tournois épiques, des chevauchées épuisantes et stériles mettant hommes et bêtes sur les dents, non sans gloire, certes, mais sans profit pour la bataille, la vraie bataille, celle qui conclut tout et qui, pour tout conclure, doit frapper fort, et, pour frapper fort, a besoin de tous ses marteaux? ”
Vincent d’Indy,
Histoire du 105e Bataillon de la garde nationale de Paris en l'année 1870-1871…
(1872)
“ Où sont les grands coups d'épée? les combats à l'arme blanche, précédés d'un défi? les Bayard arrêtant tout un escadron au pont de Carigliano ? où sont ces fameuses lois de la guerre, si souvent invoquées et qui, à vrai dire, n'existent pas, puisque le propre de ce qu'on appelle guerre est de ne souffrir aucune loi? Une bataille n'est qu'une opération algébrique ; un siège est une multiplication ; une campagne, c'est un peuple tout entier se ruant sur un autre peuple, jusqu'à l'anéantissement de l'un des deux partis. ”
A. Billebault, Histoire l'invasion allemande dans l'arrondissement de Sens… (1872)
“ C'était tout ou rien, commandant : ou il fallait, les armes à la main, vous combattre à outrance, et vous moussiez vu alors le premier sur le champ de bataille ; ou il fallait accepter loyalement notre défaite pour calmer vos exigences et épargner à nos pays des malheurs qui n'eussent fait que ruiner un peu plus la France. Puisque je n'ai pas eu le droit de choisir, je n'ai fait que mon devoir en essayant de soulager mes compatriotes, et je n'en attends aucune reconnaissance. Je sais trop qu'en France, où rien n'est stable, l'idole du jour est la victime du lendemain ”
Henri Batiffol, Guerre de 1870-71. Causes et remèdes de nos désastres… (1871-1873)
“ Sur leur droite, les batteries du Tertre-Rouge et de la Tuilerie tinrent aussi en échec les Allemands jusqu'à la nuit. Il était six heures du soir, et nous n'avions été repoussés d'aucune de nos positions. La bataille semblait terminée et gagnée. On entendait même l'ennemi ramener en arrière son artillerie et ses colonnes sur les routes principales par lesquelles il avait débouché, lorsque, vers huit heures du soif, la nuit étant depuis longtemps venue et nos troupes se disposant à jouir de cette tranquillité que donne la fin d'une bataille, l'ennemi conçut un dessein qui nous fut fatal. ”
Germain Bapst, La bataille de Saint-Privat (1913)
“ Le maréchal et les officiers des troupes campées sur le plateau regardent la fusillade échangée le long de la Moselle, du côté de Sainte-Ruffine. De l'endroit où il est, on ne distingue rien de la bataille engagée sur le front de Rozerieulles-Roncourt. Du Saint-Quentin, on en est éloigné de quatre kilomètres, et séparé par le ravin boisé de Chàtel, où passe le chemin de fer de Verdun. On entend la canonnade, mais faiblement; on voit par moment des nuages de fumée, mais c'est tout : on n'aperçoit aucune troupe, et on ne peut, au son du canon, juger de la tournure de l'action. ”
Adrien Lévis-Mirepoix, Le général Bataille (1816-1882… (1886)
“ On voyait au premier rang des maréchaux de France, plusieurs amiraux et nombre d'officiers généraux qui avaient été ses camarades ou ses subordonnés. Telle a été la vie du général de division Bataille. On citerait peu d'exemples d'un avancement aussi rapide que celui de cet intrépide soldat. Et, cependant, il ne dut rien à la faveur. Fils de ses œuvres, comme son père, il n'eut d'autre recommandation que lui-même. Ce qui justifie son avancement, c'est sa valeur personnelle, c'est la continuité et l'éclat de ses services. ”
Anniversaires du combat de Dury… (1885)
“ S'il était permis de chercher pour eux une louange dans l'appréciation d'un ennemi, je rappellerais les paroles du général Manteuffel qui, le lendemain de la bataille, me disait de son ton glacial et mystique : « Monsieur le Maire, le Dieu des armées a encore cette fois été pour nous, mais vos soldats se sont bien et rudement battus. » Messieurs, quand une nation a été meurtrie dans les désastres de la guerre et que son territoire a été mutilé, toutes les pensées, tous les regards doivent, des monuments commémoratifs des batailles, se tourner ardemment vers la Patrie. ”
Gustave Fautras, Souvenirs et impressions de 1870-1871… (1906)
“ Dès le matin, on est assourdi par tous les forts qui tonnent avec violence et par une fusillade épouvantable qui retentit à gauche. C'est, évidemment, la grande bataille qui commence, et dont l'engagement de la veille n'a été qu'un insignifiant prélude. ”
Machiavel, Oeuvres politiques de Machiavel (1837)
“ Lorsque l'ennemi se présente, et qu'il faut faire face par le flanc, on ordonne au soldat de tourner du côté des piques, et le bataillon se trouve parfaitement dans l'ordre de bataille que nous avons établi, tous sont dans leurs rangs prescrits, à l'exception des centurions qui s'y placent en un instant et sans aucune difficulté. ”
Jean de Pierrefeu, La deuxième bataille de la Marne… (1919)
“ Qui de nous, à chaque nouvelle offensive, n'a imaginé ce magnifique résultat, qui n'a entendu dans ses oreilles vibrer le cri de triomphe de nos soldats quittant enfin le dernier boyau, la dernière tranchée, et bondissant dans la campagne débarrassée de fils de fer et de trous d'obus, prêts à la grande bataille libératrice, tandis que la cavalerie galopant en avant sabrait les fuyards? ”
Louis Gensoul, Un bataillon de mobiles pendant la guerre de 1870-71… (1879)
“ Je ne connais pas de situation plus pénible que cette inaction forcée au milieu d'un champ de bataille! Il vaut cent fois mieux prendre part à la lutte et se battre franchement qu'attendre ainsi toute la journée un ordre de marche, l'arme au pied. ”
Édouard Papot, Souvenirs d'un volontaire de 1870… (1871)
“ La bataille dura toute la journée. Jamais je n'oublierai ce spectacle : deux ou trois villages en feu, de longues files de blessés, le bruit épouvantable de l'artillerie et le sinistre crâlement des mitrailleuses. Ce fut le seul jour où j'éprouvai une certaine émotion. Etions-nous vainqueurs ou battus? Telle était la question que nous faisions constamment à nos officiers, qui, armés de longues-vues, examinaient les péripéties de la bataille. Enfin le soir, vers sept à huit heures, nous montâmes nos tentes; nous étions sans vivres. ”
Adrien Lévis-Mirepoix, Le général Bataille (1816-1882… (1886)
“ Dès que la diplomatie eut dit son dernier mot et fermé son livre jaune, la brigade Bataille devint la première brigade de la deuxième division d'infanterie, dont la direction fut confiée au général Trochu dans le corps du maréchal Canrobert. ”
Adrien Lévis-Mirepoix, Le général Bataille (1816-1882… (1886)
“ Avec son caractère, on conçoit aisément que les tendances du général Bataille fussent conservatrices. Il voyait avec peine l'axe de l'opinion publique se déplacer à gauche. Les honneurs dont il était comblé,-car il venait d'être nommé grand- croix de la Légion-d'Honneur, ne l'empêchaient pas d'envisager l'avenir avec inquiétude. Il s'en ouvrait parfois à son bouillant évêque qui, lui aussi, appréhendait quelque catastrophe. Le général sentait bien, sans donner une formule à sa pensée, que Gambetta grandissait et que le maréchal de Mac-Mahon perdait en popularité ce que gagnait son rival. ”
Jules-Louis-Gaston Pastre, La tragédie de Sedan (4e mille… (1931)
“ L'artillerie allemande, maîtresse des hauteurs, accable le champ de bataille de projectiles. Nos bataillons se débandent, refluent vers la ville pour y chercher un abri derrière les remparts et dans les maisons. L'Empereur a erré comme un spectre, allant de bataillon en bataillon, de batterie en batterie, écoutant éclater les obus, siffler les balles. La mort ne vient toujours pas. ”
Charles Malo, Champs de bataille de France, descriptions et récits… (1898)
“ En revanche, de temps à autre, dans l'antiquité, au moyen âge et de plus en plus fréquemment au fur et à mesure que nous avançons dans le XYIC siècle, nous rencontrons des tacticiens éminents, c'est-à-dire des généraux habiles à amener, dans les conditions les plus favorables, les troupes sur le champ de bataille; à improviser, grâce à leur coup d'œil et à leur sang-froid, des dispositions propres à décider la victoire en leur faveur, et aussi — quoique plus rarement, il faut en convenir — à tirer de leur succès tous les fruits qu'il peut produire. ”
Alfred Armand Robert de Saint Chamans, Mémoires du général Cte de Saint-Chamans… (1896)
“ Cette bataille ne dura pas plus de deux heures, et je n'en ai jamais vu de plus chaude ni de plus meurtrière; l'armée française, qui comptait à peine 15,000 combattants, y perdit plus de 7,000 hommes tués ou blessés; l'armée ennemie, forte de 20 à 25,000 hommes, y perdit encore plus de monde; les trophées de la victoire nous restèrent, car nous avions pris 6 drapeaux, quelque artillerie, et fait beaucoup de prisonniers, tandis que l'ennemi n'avait rien de tout cela à nous. ”
Faits et gestes d'un bataillon de mobiles… (1871)
“ « Camarades, tout n'est pas perdu; en avant et vive la France! » Tout n'est pas perdu, mais tout est bien compromis, s'il faut en croire les récits des blessés. — Enfin nous sortons de Rueil ; nous débouchons dans les champs ; la fusillade crépite de toutes parts et le canon tonne avec rage; le bataillon s'avance à travers les vignes, gagne la place qui lui est indiquée et se met en bataille. ”
Jean Froissart,
Les Chroniques de Sire Jean Froissart
“ Là commencèrent à traire, à lancer et à chasser les uns aux autres grands coups et apperts, et en y eut plusieurs abattus des uns des autres, de première venue. Là eut grand’bataille forte et dure et bien combattue, et mainte appertise d’armes faite, et maint chevalier et maint écuyer renversé par terre. ”
