Vaisseau de guerre

Définition et enjeux

X. Marmier Revue des Deux Mondes

Vous savez que c’est un grand vaisseau de guerre, sans mâts et sans voiles, que l’on aperçoit de loin, comme une baleine monstrueuse, à l’horizon, et que les jeunes matelots, encore peu expérimentés, prennent facilement pour une langue de terre. Ce vaisseau navigue contre vent et marée, sans qu’on puisse voir seulement s’il y a une main au gouvernail ; il ne bondit point sur les vagues comme un bâtiment ordinaire, il se trace un large et profond chemin et glisse sans secousse ; la mer semble s’affaisser sous lui avec terreur.
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Portrait de Raphael Semmes Raphael Semmes Croisières de l'"Alabama" et du "Sumter"… (1864)

Je pense que, pour donner à un navire capturé la dénomination de vaisseau de guerre, il faut l'équiper en vaisseau de guerre et l'armer réellement, il ne faut pas lui mettre tout simplement quelques hommes et deux petits canons à bord (de fait, ce n'est pas autre chose qu'un équipage de prise) ; on cherche ainsi à déguiser sa véritable nature.
Or ce navire a encore son chargement de laine à bord, ce qui est inutile à un navire de guerre; son armement et son équipage sont tout à fait insuffisants pour tout autre service que celui d'une petite défense.
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Charles Nordmann Revue des Deux Mondes

Pareillement et pour prendre un autre exemple, on a depuis longtemps dans la marine renoncé au vaisseau de guerre unique et bon à tout, et différencié profondément le cuirassé porteur d’une grosse artillerie et puissamment blindé, du croiseur moins fort et moins protégé, mais plus rapide, et du vaisseau éclaireur fluet et léger. Dans l’action féconde et efficace, qu’il s’agisse des hommes ou des engins, celui qui est bon à tout n’est pas bon à grand’chose...
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