“ Étendit au puissant soleil qui les dora. Théra ne s’orne plus de myrtes ni d’yeuses, Ni de la verte absinthe agréable aux troupeaux, Depuis que, remplissant ses veines furieuses, Le feu plutonien l’agite sans repos. ”
Citations sur “Théra”
Louis Jouvet,
Réflexions du comédien
“ Il y a d’abord le théâtre théâtral ou spectaculaire, celui qui donne toute l’importance au jeu, au rythme, à la musique, aux lignes, aux couleurs, aux yeux ou à l’acteur, c’est-à-dire au spectacle, et dans lequel le metteur en scène peut s’en donner à cœur joie. Dans ce théâtre théâtral, on peut ranger les mimes de la décadence romaine, une partie du théâtre de la foire, le ballet, une bonne part de l’opéra, et toute l’opérette, la féerie et le mélodrame, toutes les productions où l’acteur, le chanteur, les décors, les machines, sont l’essentiel du divertissement. ”
Jules Huret,
Enquête sur l’évolution littéraire
“ Classicisme, romantisme, naturalisme, psychologisme, symbolisme, serviront de piédestal au Magnificisme. La réhabilitation du Théâtre sera la grande ambition des Magnifiques. Ô le Drame, expression capitale de la Poésie ! Ô le Théâtre, par Hégel défini la représentation de l’univers !... Ô cette création, seconde devant Dieu, première devant les hommes !... Étincelante Minerve à la fois sortie du front et des entrailles du poète !... Ô le Théâtre vivant, diocèse des idées, synthèse des synthèses !... Symphonie humaine où babilleront la saveur, le parfum, la sonorité, la flamme, la ligne !... ”
Georges de Porto-Riche,
Bonheur manqué
“ Par les vieux Maîtres morts qui vous auraient chérie Par tous les noms fameux qu’on aime à murmurer, Soyez douce à l’obscur qui veut vous célébrer. XXVIII Mars,en sortant de l’Opéra ;au crayon. À ce théâtre où l’art chancelle, À ce théâtre un peu trop cher, Ne sens-tu pas frémir ta chair Sous mon regard qui t’ensorcelle ? Je suis très loin, je suis caché ; Au paradis je suis perché ; Mais sans me voir, tu me devines ; Tes traits bientôt sont plus charmants : C’est le regard de leurs amants Qui fait les femmes si divines. XXIX Avril, Ma tristesse vous offensa. ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes de Victor Hugo…
“ Quand toute l’action, tout le spectacle du poëme épique ont passé sur la scène, ce qui reste, le chœur le prend. Le chœur commente la tragédie, encourage les héros, fait des descriptions, appelle et chasse le jour, se réjouit, se lamente, quelquefois donne la décoration, explique le sens moral du sujet, flatte le peuple qui l’écoute. Or, qu’est-ce que le chœur, ce bizarre personnage placé entre le spectacle et le spectateur, sinon le poëte complétant son épopée ? Le théâtre des anciens est, comme leur drame, grandiose, pontifical, épique. ”
Caroline Lucy Scott, Julie Norvich. Tome 2 (1837)
“ Y a-t-il rien, en effet, de plus enivrant que l'effet d'un spectacle brillant? Cette pompe de l'Opéra, cette foule étincelante de femmes parées, cette réunion des hommes les plus à la mode, l'éclat des bougies, l'harmonie de l'orchestre, la beauté des décorations, la volupté de la danse, tout s'unit pour porter dans les âmes l'idée du plaisir, pour rendre les inspirations plus vives, pour ôter la force de leur résister, pour inspirer un doux et délicieux abandon. ”
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné,
Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis
“ C’étoit d’abord le baptême, et puis la collation du baptême ; mais quelle collation ! et puis une comédie ; mais quelle comédie ! toute chamarrée des beaux endroits de la musique, et des bons danseurs de l’Opéra ; un théâtre bâti par les fées, des enfoncements, des orangers tout chargés de fleurs et de fruits, des festons, des perspectives, des pilastres : enfin toute cette petite soirée coûte plus de deux mille louis, et le tout pour cette jolie princesse. ”
Alfred Bruneau,
Musiques d’hier et de demain/Texte entier
“ Le théâtre étant un art de vie, de mouvement, d’expression et de vérité, le drame lyrique deviendra donc scénique au sens le plus exact et le plus large du mot, tandis que l’opera restera musical au sens assez étroit et assez vague du terme. ”
Théophile Imarigeon Duvernet, Les dévotions de Mme de Bethzamooth… (1790)
“ Le Grand-Opéra lui sembla être le pays de l’enchantement et de l’illusion, du plaisir des yeux et des oreilles. Le Théâtre-Français, une école d’instruction et de savoir-vivre, de grands sentiments et de bonnes plaisanteries. ”
Edgar Allan Poe,
Les Poèmes d’Edgar Poe
“ Une multitude d’anges en ailes, parée du voile et noyée de pleurs, siège dans un théâtre, pour voir un spectacle d’espoir et de craintes, tandis que l’orchestre soupire par intervalles la musique des sphères. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Causeries du lundi
“ Elle sait la musique parfaitement, elle chante avec toute la gaieté et tout le goût possible, sait cent chansons, joue la comédie à Étioles, sur un théâtre aussi beau que celui de l’Opéra, où il y a des machines et des changements... ”
François Marie Robert-Dutertre, La journée d'un marquis et la journée d'un prolétaire (1871)
“ Et sur cette scène, au milieu de ces décors incomparables, vous pouvez voir des drames émouvants, et des tableaux d'amour plus touchants que ceux représentés sur nos théâtres ; et si vous avez quelque délicatesse dans l'âme, vous assisterez à des concerts où pas un musicien ne fait de fausses notes, car ici les virtuoses du chant sont des fauvettes et des rossignols, des merles et des loriots. ”
Adolphe Adam,
Derniers souvenirs d'un musicien
“ «Vous vous trompez, mon ami; votre place n'est pas ici, c'est à l'Opéra que conviennent la pompe, la grandeur, la puissance, l'énergie, toutes ces qualités que vous possédez au suprême degré; ce qu'il faut à l'Opéra-Comique, c'est la grâce, l'enjouement, la coquetterie, la légèreté, la mélodie coulante et facile, et tout cela vous manque.» ”
Jacques Madeleine,
L’Idylle éternelle
“ Soudain éclate un chant béni, Un chant de poète lyrique Modulé d’un art infini. Écoutez bien ! c’est l’ouverture Du miraculeux opéra. Le théâtre, c’est la nature, Et le Rossignol chantera. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Certes, selon nous, jamais moment n’a été plus propice au drame. Ce serait l’heure pour celui à qui Dieu en aurait donné le génie, de créer tout un théâtre, un théâtre vaste et simple, un et varié, national par l’histoire, populaire par la vérité, humain, naturel, universel par la passion. Poètes dramatiques, à l’œuvre ! elle est belle, elle est haute. Vous avez affaire à un grand peuple habitué aux grandes choses. ”
Louis Étienne, Une nouvelle forme de poésie dramatique en Angleterre…
“ Il en sera peut-être de même de tout le matériel de l’illusion scénique, des décors, de la scène, des acteurs, du souffleur, du lustre et du costume... autant de jouets dont le drame adulte ne voudra plus... Il peut préférer pour théâtre l’âme elle-même, avec les changemens à vue de ses pensées, ses lumières célestes, ses silences harmonieux servant d’intermède à la poésie... ”
Hector Berlioz,
Mémoires de Hector Berlioz
“ Et la lumière se fait, l'art apparaît, la pensée brille, l'œuvre est comprise! Et l'orchestre se lève, applaudissant et saluant le compositeur; le maître de chapelle vient le féliciter; les curieux qui se tenaient cachés dans les coins obscurs de la salle, s'approchent, montent sur le théâtre et échangent avec les musiciens des exclamations de plaisir et d'étonnement, en regardant d'un œil surpris le maître étranger qu'ils avaient d'abord pris pour un fou ou un barbare. ”
Emile Perrin, Étude sur la mise en scène : lettre à M. Francisque Sarcey (1883)
“ Ici encore nous serions bien près d'être du même avis, si vous ne vous mépreniez sur la façon d'entendre la mise en scène propre à chaque théâtre et si vous n'en intervertissiez les rôles. A l'Opéra, dans les scènes où la figuration et les masses chorales doivent prendre part à l'action dramatique, la musique apporte au metteur en scène un coacours inappréciable. Le rythme, la mesure animent et soutiennent ces masses un peu inertes par elles-mêmes, les puissantes sonorités des instruments et des voix couvrent les bruits incommodes de la scène ”
Adolphe Adam,
Souvenirs d’un musicien
“ Voilà comment je suis devenu son historien. Dieu veuille que quelque théâtre, quelque paroisse ou quelque musique de légion, nourrisse encore dans son sein un acteur digne de succéder au chanteur favori du public de l’Opéra-Comique. ”
Théodore de Banville,
Odes funambulesques
“ Académie royale de Musique, page 63. ― Je n’ai pas besoin d’indiquer au lecteur tout ce qu’il y a d’exagération, de parti pris et d’injustice dans cette satire contre l’Opéra. Jeune homme, je croyais avec tous les romantiques de mon temps que le genre dramatique appelé Opéra a tué et tuera encore chez nous la tragédie, le drame historique et tout ce qui a été le grand art et la poésie au théâtre. ”
Edmond Vander Straeten,
Lohengrin : instrumentation et philosophie
“ Incapables de vous soutenir jusqu’au bout, même dans les banalités creuses et ridicules où l’Opéra actuel se traîne si péniblement, que ferez-vous, privés que vous êtes du grand souffle épique, de l’inspiration dramatique sublime, lorsque la transformation de votre principale scène lyrique sera devenue, comme elle l’est déjà — nécessaire, imminente, inévitable ? ”
“ C’est plus fort que moi, je ne puis résister à la démangeaison de souligner davantage l’orchestre, qui rappelle le théâtre, la danse qui remplace la valse, et surtout la joie et la danse qui vont s’amuser jusques au matin. ”
Paul Lacroix,
Quand j'étais jeune, souvenirs d'un vieux…
(1833)
“ Je me suis vanté souvent d' aimer l' Opéra , non-seulement pour la jouissance des yeux et des oreilles , mais pour le mol égarement d' imagination qui suit un pas de danse ou bien une roulade de chant ; les décors , les costumes , la musique et les balets ont une influence enivrante sur la pensée que bercent des rêves d' inconstante volupté , qu' échauffent des images lascives et qu' endorment d' ineffables délices venues du paradis ou de l' enfer : l' Opéra est le triomphe de la civilisation sensuelle . ”
F. de Lagenevais,
Revue musicale - L’Académie nationale de musique et l’opéra populaire
“ A l’Opéra, la musique gouverne tout; l’accord frappé commande le geste qui pour s’imposer à cette salle immense, pour agir par-dessus l’orchestre et les chœurs et dominer tout ce formidable spectacle, doit avoir une amplitude, une envergure dont la pratique des planches du Théâtre Français ne saurait donner la moindre idée. ”
Physiologie de l'Opéra, du Carnaval… (1842)
“ Le bal à l' opéra . C' EST quel que chose de pyramidal , qu' un bal à l' Opéra . – Un éclat de lumière ..... à faire rougir le soleil ; une foule compacte , – des sons étranges , des cris monstrueux ; – une danse échevelée , – une musique ébouriffante ; un va-et-vient continuel ; – du luxe partout et dans tout ; – des costumes variés , brillants , étincelants ; –le cancan dans toute sa gloire , – l' amour sous toutes ses formes , – la joie sur toutes les faces , – l' argent dans toutes les poches ”
Friedrich Schiller,
Poésies de Schiller
“ Et tous ces spectateurs écoutent la mélodie lugubre du chœur, qui, selon l’antique usage, sort du fond du théâtre avec une contenance grave et sévère, s’avance à pas mesurés et fait le tour de la scène. Aucune femme de ce monde ne ressemble à celles de ce chœur ”
Hector Berlioz,
À travers chants
“ Le Théâtre-Lyrique a précisément les dimensions les plus convenables à l'effet complet d'une œuvre telle qu'Orphée. Rien n'y est perdu, ni des sons de l'orchestre, ni de ceux des voix, ni de l'expression des traits des acteurs. ”
Maxime Du Camp,
La Mendicité a Paris. — Saint-Denis Et Villers-Cotterêts
“ Mêlée à des êtres hybrides ou impurs, elle assaille dans les sombres vestibules du passage de l’Opéra les personnes qui sortent du théâtre ; elle tourne la manivelle des orgues retentissantes ; aveugle, elle joue de l’accordéon sur le pont des Arts ; elle chante dans la cour des maisons ; elle attire les petits Italiens pour les jeter dans nos rues ; elle loue, à tant par jour, des enfans qu’elle exhibe avec impudence pour exciter l’attention des passans. ”
Félix Naquet, Haute école : poésies (1886)
“ C'est Dieu qui composa l'ouvrage ; Les hommes en sont les acteurs ; Messe, opéra, drame, mirage, Dont les anges sont spectateurs. Un Trône occupe chaque stalle, Exhalant les baumes du bain ; Au coin de l'orchestre s'installe, La chaîne au col, un Chérubin. Les archanges sont aux pupitres ; Ils tiennent le luth et le cor, Vêtus d'azur, et, sous leurs mitres, Ruissellent leurs perruques d'or. Nul esprit pur ne fut capable De souffler le drame pompeux; Dieu prit le maudit, le coupable : Passe-toi du mal, si tu peux ! ”
Albéric Second,
Les petits mystères de l'Opéra
(1844)
“ Le théâtre était livré aux plus obscurs comparses et aux triplures les plus ignorées. Des roulades horriblement équivoques montaient en spirales vers les frises; des points d'orgue dont on ne saurait se faire aucune idée se croisaient dans l'air, où ils voltigeaient lourdement, pareils à une troupe de canards civilisés. Quand vint le tour du ballet, ce fut cent fois pis : tous les gros pieds, toutes les grosses mains et toutes les grosses jambes de l'Opéra s'en donnèrent à cœur joie. Les danseuses les plus outrageusement maigres affrontèrent sans pudeur le grand jour de la rampe. ”
Gustave Flaubert,
Œuvres de jeunesse
“ Le théâtre est tout plein de monde, les femmes sont en toilette et ont des bouquets ; nous autres nous sommes dans les coulisses, nous allons, nous venons, nous parlons à nos actrices dans les costumes de nos rôles ; on hisse les décors, on lève la rampe, les musiciens entrent à l’orchestre, on frappe les trois coups, et tout le bourdonnement de la salle s’apaise. On lève le rideau, tout le monde écoute, la pièce commence, les scènes vont, le drame se déroule, des bravos partent ”
Théodore de Banville,
Oeuvres de Théodore de Banville…
“ Mais ta Muse lace encor À son pied d’albâtre Le léger brodequin d’or Qui sied au théâtre. L’Amour est votre échanson, Il rit à votre moisson : Qu’il nous rende la chanson Rieuse et folâtre ! ”
D' Angély, Cours de littérature et de belles-lettres… (1843)
“ Mêlée à la danse, c'est la comédie-ballet. Si elle admet le chant, elle rentre dans la classe du vaudeville ou de l'opéra-comique. Le drame est une espèce de composition dramatique en prose ou en vers où l'on représente les. événements les plus funestes et les situations les plus misérables de la vie commune. L'opéra ou tragédie lyrique est une composition en vers faite pour être chantée. L'action doit en être héroïque et merveilleuse. Comme l'épopée l'opéra appelle à son secours les ressorts les plus surnaturels; toute la nature est son domaine. ”
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais,
Œuvres complètes
(1874)
“ Vous voilà donc chez nous à la tête de votre état! L'Opéra, qui, depuis un an, faisait cinq cents à six cents livres, a fait six mille cinq cent quarante livres le premier jour de Tarare, cinq mille quatre cents le second, etc. Les acteurs, revenus sévèrement à mon principe, de regarder le chant comme accessoire du jeu, ont été, pour la première fois, rangés parmi les plus grands talents du théâtre; et le public criait : Voilà de la musique ! pas une note radotée; tout marche aux grands effets de l'action dramatique ! ”
“ Or, pendant ce temps, ces machinistes qui crient,—ces marteaux qui frappent, préparent l'acte suivant avec ses décors, ses splendeurs, ses surprises;—pendant ce temps, on change ou on revêt les costumes,—on se groupe sur le théâtre,—les régisseurs placent les figurants et les figurantes,—on fait l'appel des accessoires,—quand on est prêt, l'acte postiche est fini,—on baisse le rideau,—l'orchestre joue quelques mesures,—on frappe les trois coups, et le public applaudit... ”
Georges Servières, Tannhæuser à l’Opéra en 1861
“ Gardez votre harem et conservez-en religieusement les traditions ; mais faites-nous donner un théâtre où ceux qui ne pensent pas comme vous pourront trouver d’autres plaisirs mieux accommodés à leur goût. ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ La est l’élément primitif des compositions de l’art dramatique, et aussi de l’art qui devoit, en suivant les progrès de la civilisation, préparer et perfectionner pour le spectacle scénique et pour ses spectateurs, l’édifice qu’où appelle théâtre. ”
P. Scudo, Revue des Deux Mondes
“ Séduits par les effets nouveaux et variés de l’orchestre, par l’étendue de son échelle, excités par les mœurs de la société nouvelle à reproduire au théâtre le délire des passions extrêmes à l’aide d’une sonorité puissante, quelques compositeurs ont exigé de la voix humaine des efforts qui en ont altéré la fraîcheur et la flexibilité. ”
Charles Pilard, Deux mois à Lille par un professeur de musique
“ La comédie dans quelques salons, l’opéra et la poésie chez un de nos riches financiers, contribuent avec la musique au charme de la réunion. La danse même apporte quelquefois son contingent. Mais là je m’arrêterai, car je sortirais de mon cadre tout musical. ”
