Léo-Paul Desrosiers, Les Opiniâtres
“ Lourd, avec son physique d’homme solide qui n’a jamais connu la maladie, Pierre Boucher pensait lentement, mais avec une étrange souplesse ; il ressemblait au bûcheron en forêt, habile à distinguer d’une première vue tout empêchement : souches, corps morts, marais, chablis. — Le petit train train des scalps et des supplices n’émeut plus personne, disait-il ; rien à entreprendre sans une forte commotion. — Oui, je vois bien, le remède ne proviendra que de l’extrême mal. — Mais oui, justement, répondait Pierre Boucher ; l’affamé ne reçoit du pain qu’à la veille de mourir. ”
