“ Le moyen de couper court à l’infiltration, à ce travail d’effritement et d’érosion auquel se livre l’ennemi, c’est la contre-attaque. Et puis, l’armée française se tient prête ; quoique inférieure en nombre, elle ne sera pas submergée. ”
Infiltration militaire
Définition et enjeux
Citations sur “infiltration militaire”
Raymond Recouly,
Le quatre septembre
(1930)
“ DU CORPS LÉGISLATIF T ANDIS qu'au sein des bureaux, les députés discutent et votent sans se presser, la foule, envahissant le Palais-Bourbon, met fin à leurs discussions. Comment s'opère cette invasion? De la façon la plus naturelle, la plus simple, par un phénomène d'infiltration. La garde nationale rend cette infiltration possible, entr'ouvre tout d'abord les grilles et les portes aux manifestants, en attendant que grilles et portes leur soient ouvertes toutes grandes. Le garde national est un être hybride, à la fois civil et soldat, infiniment moins soldat que civil. ”
France. Etat-major de l'armée de terre, Manuel à l'usage des troupes employées Outre-mer… (1941)
“ On a, en effet, besoin de beaucoup d'infanterie pour encadrer, pendant la marche, l'artillerie, les convois, les impedimenta de toute nature, pour occuper des fronts très étendus dans des terrains accidentés et favorables à l'infiltration de l'ennemi. ”
Général Bonnal, Revue des Deux Mondes
“ Dans beaucoup de régimens, on emploie en toutes circonstances, pour progresser sous le feu, la méthode dite « par infiltration, » au lieu d’en réserver l’usage aux cas particuliers où elle s’impose et d’avoir recours, dans chacun des autres cas, à un procédé différent. Pendant les combats de feux, les tireurs, formant une ligne généralement assez dense, ont fréquemment creusé, par ordre, des abris de tirailleurs, mais il ne nous a pas été donné de voir des positions solidement retranchées. ”
Joachim Ambert,
Gaulois et Germains : récits militaires…
(1883-1885)
“ Les dangers d'autoriser les officiers et les généraux à poser les armes, en vertu d'une capitulation particulière, dans une autre position que celle où ils forment la garnison d'une place forte, sont incontestables. C'est détruire l'esprit militaire d'une nation, en affaiblir l'honneur que d'ouvrir cette porte aux lâches, aux hommes timides, ou même aux braves égarés. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ On accumule de l’artillerie sur un point. On arrose les tranchées voisines ; puis, quand on les croit suffisamment foudroyées, quand on a fait cisailler les fils de fer qui les protègent par des équipes du génie, quand on a pris ses dispositions pour balayer les routes par lesquelles les renforts pourraient venir à l’ennemi, l’infanterie sort de ses abris. ”
Joseph Bédier,
Revue des Deux Mondes
“ Bien mieux : tandis que, en vertu de notre méthode, l’artillerie s’applique à écraser toutes les tranchées, tous les abris, tous les observatoires, etc. l’ennemi n’attend pas bénévolement dans ses tranchées, dans ses abris, dans ses observatoires, etc. que nous les ayons tous écrasés. Nous n’écrasons souvent que des organisations vides : l’ennemi s’en est évadé pour occuper d’autres positions. ”
Joseph Bédier,
Revue des Deux Mondes
“ On n’en est plus, comme au temps de la bataille de la Somme, à considérer comme nécessaire dans une opération offensive la destruction totale, ou presque totale, par l’artillerie, des organisations défensives de l’ennemi. ”
Carlo Sforza,
Les frères ennemis (l'Europe d'après guerre…
(1933)
“ Les agents français qui passent leur temps à sauver la France de prétendus dangers lointains d'infiltration desservent, en réalité, leur pays, et montrent que, sous toutes leurs phrases chauvines, ils n'ont qu'une piètre opinion de sa force d'absorption. ”
Pierre Ibos, Scènes de la pacification marocaine (1914)
“ Si, par aventure, ce sont des groupes de pillards ou de dissidents qui viennent s'offrir une fantasia guerrière, l'artillerie tonne de façon à rendre coup de canon pour coup de fusil. Au bureau de renseignements affluent les « tuyaux » sensationnels, trop souvent écoutés et transmis avec complaisance. Ils contribuent à perpétuer, dans les popotes d'officiers, dans les débits de vin de mercantis, sous les tentes des soldats, de tenaces légendes qui suggestionnent la garnison, créent une ambiance déprimante aggravée par l'attente passive des événements. ”
Alfred Mézières,
Récits de l'invasion : Alsace et Lorraine
(1871)
“ Seront punis de mort, dit la proclamation, toutes les personnes qui, sans appartenir à l'armée française, servent d'espion à l'ennemi, donnent de fausses indications aux troupes allemandes en leur servant de guides, tuent ou pillent des personnes appartenant à l'armée allemande ou à sa suite, détruisent des ponts, des canaux, enlèvent des fils télégraphiques ou des rails de chemin de fer, rendent les routes impraticables, mettent le feu aux munitions, aux vivres, aux quartiers occupés par les troupes, prennent les armes contre les troupes allemandes. ”
Henry Bordeaux,
Revue des Deux Mondes
“ Un déluge de fer rend à l’ennemi la région inhabitable : tirs de harcèlement sur tous les abords, tirs de barrage sur toutes les voies d’accès, tirs d’interdiction dans le fond du ravin de Fumin et sur la route de Damloup à Vaux, tirs de destruction enfin sur le fort et sur le village. ”
Général Delanne, Revue des Deux Mondes
“ Dans la défense des Etats, il y a toujours sur les routes d’invasion des points dont il importe d’interdire à tout prix la possession à l’ennemi, telles sont aujourd’hui par exemple les voies ferrées de pénétration, et les places fortes à grandes dimensions et à forte garnison sont pour cela nécessaires. ”
Pierre Khorat, Revue des Deux Mondes
“ Ils ont pour but l’enlèvement d’une patrouille ou d’un petit poste, coûtent beaucoup en général et rapportent peu. Mais, dans une période parfois très longue d’inertie guerrière, ils étoffent les communiqués, calment les impatiences des stratèges civils de l’arrière et stimulent l’esprit offensif des guerriers de l’avant. Aux approches des grandes mêlées, ils sont tentés par séries, pour vérifier « l’ordre de bataille, » pour maintenir l’ennemi dans son incertitude sur la zone d’attaque, pour l’inciter à quelque fausse manœuvre telle que le déplacement intempestif de fantassins et de canons. ”
Vicente Blasco Ibáñez,
Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse
“ C’était une nouvelle invasion, mais à rebours. Pendant des heures entières, il y eut un défilé de camions poudreux dont les moteurs haletaient. Puis ce furent des régiments d’infanterie, des escadrons de cavalerie, des batteries d’artillerie. ”
Henry Bordeaux,
Revue des Deux Mondes
“ Vu la proximité de l’ennemi, l’absence de tout point d’appui entre la première ligne et le fort, l’état tout à fait insuffisant des défenses d’infanterie du fort lui-même, il faut entrevoir encore aujourd’hui, à tout instant, la possibilité d’une surprise... ”
Émile-Roger Wagner, La revanche de la "Kultur" (1919)
“ Les « Asservis » et les out-laws ont désarmé les corps de troupe pris isolément, ils en ont fait un affreux carnage, et à présent ils passent à leur. tour, au tranchant de l'épée, les populations sans défense. Les rivières coulent rouges, les fleuves charrient des monceaux de cadavres dénudés et déchiquetés. Ils incinèrent les corps dans nos propres usines à engrais ; les captifs ils les marquent au fer rouge ! Le colonel Michel a beau faire retentir les mégaphones d'appels à la clémence, de menaces, de supplications ! Rien ne fléchit les colères déchaînées, ni n'apaise les haines exaspérées. ”
France. Etat-major des armées. Service historique, Les armées françaises dans la Grande guerre… (1931-1937)
“ Nos troupes ont essayé de s'infiltrer dans les pentes boisées, à l'appui de tirs de harcèlement et d'interdiction de réserves, mais elles ont été arrêtées par des mitrailleuses qu'on n'a pu situer et par conséquent détruire. Nos troupes vont essayer de continuer leur progression - contenue - avec l'appui de l'artillerie, l'A. T. étant chargée de détruire les organes de flanquement qu'on découvrira. ”
Marcel Moye, Le droit des gens moderne : précis élémentaire de droit international public… (1920)
“ Nous avons déjà dit que l'arrestation d'otages, les incarcérations collectives à titre de répression d'infractions dont l'auteur est inconnu sont des abus injustifiables. L'armée d'invasion doit au contraire accorder sa protection aux habitants du pays occupé. Elle doit respecter leurs personnes, leur honneur, leur famille, leurs opinions politiques et religieuses. Elle doit assurer l'ordre public, la vie économique et commerciale, le ravitaillement des contrées envahies. ”
Wilhelm Friedrich Rüstow, Tactique générale avec des exemples à l'appui… (1872)
“ L'infanterie ne saurait suppléer l'artillerie pour détruire à distance des obstacles, des abris, des bâtiments, etc., ainsi que le matériel ennemi, tel qu'affûts, pièces de canon et voitures de toute sorte. Il en est encore ainsi lorsqu'il s'agit d'atteindre l'ennemi par-dessus des remparts ou des abris qui le couvrent. ”
Ammien Marcellin, Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce…
“ S’il est de notre intérêt d’éviter sagement ces accidents lorsque la négligence ou l’impéritie y fait tomber nos ennemis, il ne faut pas laisser échapper l’occasion, mais avoir de bons espions en campagne, attirer des déserteurs, débaucher des soldats, par qui l’on puisse être informé de ce que fait l’ennemi, ou de ce qu’il compte faire ; et avoir des détachements de cavalerie et d’infanterie légère toujours prêts à tomber soit sur ses colonnes en marche, soit sur ses fourrageurs. ”
Joseph-Théodore Petitbien, Quelques réflexions sur les dommages causés par l'invasion… (1874)
“ Ils sont évidemment là pour empêcher la marche de l'envahisseur vers l'intérieur et dans l'intérêt du centre ; ces travaux arrêtent l'ennemi, l'exaspèrent et le, portent à des excès sur les populations les plus voisines de ces ouvrages. La tactique militaire invite de plus lès armées d'investissement à ruiner les environs des places de guerre afin d'empêcher le ravitaillement. ”
Ildefonse Favé, Cours d'art militaire professé à l'École polytechnique (1877)
“ Après avoir reconnu que l'artillerie de la défense sera amenée par la grande efficacité du canon de l'attaque à abandonner, en partie du moins, les terrepleins de la fortification pour dérober ses emplacements à la connaissance de l'ennemi, on peut se demander si l'on ne pourrait pas appliquer le même principe à l'infanterie, en évitant de laisser les défen- seurs en permanence sur les banquettes, où ils ont à subir une pluie incessante de projectiles, dont les éclats multipliés, si ce n'est les balles, seront beaucoup plus dangereux que par le passé. ”
Marcel Prévost,
D'un poste de commandement (P. C. du 21e C. A.…
(1918)
“ Nous savons déjà, tant par le récit des prisonniers que par l'infaillible compte rendu des avions, que les tirs « d'interdiction » ont rendu routes et chemins à la fois impraticables et intenables, que les tirs de « destruction » ont bouleversé la plupart des boyaux, des tranchées, des réseaux de fil de fer; désormais les Boches n'ont plus pour abri que les creutes ou les trous d'obus; qu'enfin les tirs de « harcèlement » font planer la menace mortelle, à l'improviste, sur n'importe quel coin du secteur adverse. ”
Louis Sacré, Histoire de l'invasion, deuxième Empire… (1875)
“ L'offensive franche, directe, fut seule et exclusivement employée par la défense, Avec un courage hardi, une grande vivacité et un élan incomparable, leurs masses, profondes se précipitaient des abris qui les couvraient contre l'ennemi, masquaient par leur sortie le feu de leurs propres tirailleurs, tombaient bientôt sous le feu à volonté ou de salve de leurs adversaires placés ou amenés en position, et étaient forcées, avec des pertes énormes, de se retirer derrière leurs abris. ”
Lieutenant-colonel Oméga, La Défense du territoire français…
“ L'effet moral produit sur les non-combattants par une fortification inefficace est déplorable; c'est en raison de cette fausse sécurité, qu'à l'approche d'une invasion les populations se jettent dans les places fortes, augmentent le nombre des bouches inutiles et paralysent la défense par la pression qu'elles exercent sur la garnison. ”
Joseph Cordier, Projet d'un chemin de fer de Lons-le-Saunier à Chalons-sur-Saône… (1841)
“ En effet, en cas d'invasion, l'ennemi fait irruption avec des corps nombreux et parfaitement approvisionnés, tourne facilement les forts de l'extrême frontière , ou les emporte de vive force ; tandis qu'il ne peut arriver aux pieds intérieurs des montagnes que disséminé, fatigué, dépourvu de matériel, souvent en désordre, et n'oppose que moins de résistance aux attaques d'une garnison nombreuse, ayant pour base de ses opérations un camp retranché et un fort inexpugnable , et pour appui toute une population guerrière. ”
Joseph Gabriel Marie de Beaumont-Rochemure, Lettre à M. Thiers sur son projet de fortification (1841)
“ En un mot, l'enceinte n'est pas l'ennemi; mais elle le porte dans ses flancs ! Vos deux mille six cents bouches à feu, où les mettrez-vous quand la place sera désarmée, c'està-dire quand l'étranger ne menacera pas nos frontières? Où placerez-vous également vos projectiles, vos pièces de rechange, vos ateliers et tout ce qui constitue le matériel d'un arsenal? Où placerez-vous enfin l'énorme approvisionnement de poudre que réclame votre gigantesque armement? au dehors? ”
Alexandre Percin,
Le massacre de notre infanterie…
(1921)
“ Cette réponse, je la trouve dans le fait que, par suite d'une conception fausse du principe de l'offensive, par suite d'un manque de liaison de l'Artillerie et de l'Infanterie, par suite d'un emploi irrationnel de l'Artillerie lourde, 75.000 Français ont été fauchés par notre propre artillerie. On me dira que 75.000 hommes, c'est peu de chose, à côté des 4.800.000 qui ont été atteints par le feu de l'ennemi. ”
L. Delmas, Le Crime de la guerre , précédé d'une Lettre au roi de Prusse… (1871)
“ Quand le canon gronde , quand l'épée est hors du fourreau , toutes les garanties sont suspendues , et il n'y a de sécurité pour personne. C'est le brigandage organisé s'exerçant sans remords et sans scrupule. Que l'ennemi vienne à passer la frontière , aussitôt il pille , il viole , il incendie , il massacre les populations qui ne voulaient pas la guerre et qui n'entendaient pas y prendre part. Le lambeau de droits qu'elle laisse subsister est tous les jours foulé aux pieds par les combattants. ”
Adrien Féline, Observations sur les fortifications de Paris… (1841)
“ Il peut enfin, par un vaste mouvement, remonter la ligne d'opérations de l'ennemi, enlever tous ses dépôts, tous les moyens de transport qu'il aura organisés, et, prolongeant ce mouvement jusque sur la frontière, y détruire les corps qui bloqueraient ou assiégeraient nos places, en réunir les garnisons et former une armée de plus de 100,000 hommes; puis revenir occuper une position sur les derrières de l'ennemi, s'il ne s'était pas décidé à la retraite. ”
Gustave Rolin-Jaequemyns,
Second essai sur la Guerre Franco-Allemande dans ses rapports avec le droit international pour…
(1871)
“ My opinion is that the Invader is bound to respect the property, freedom, and neutrality of a non-resisting civil population. All of these I believe to have been systematically violated by the Germans, who under the name of réquisitions have introduced organized pillage, have made war on the civil inhabitants, and turned them into part of the invading forces. ”
Louis Sacré, Histoire de l'invasion, deuxième Empire… (1875)
“ Les trois brigades sont accueillies par un feu rasant et excessivement violent d'artillerie, de mousqueterie et de mitrailleuses qui leur fait subir immédiatement des pertes considérables qui vont en augmentant sans cesse, à mesure qu'elles gravissent ce chemin de carnage sillonné par les projectiles de toute nature. ”
François-René de Chateaubriand,
Œuvres complètes
“ Livrer un pays à l’invasion, n’est-ce pas le plus grand et le plus irrémissible des crimes ? Nous avons vu périr sous nos propres yeux le reste de nos générations ; nous avons vu des troupeaux de conscrits, de vieux soldats pâles et défigurés, s’appuyer sur les bornes des rues, mourant de toutes les sortes de misères, tenant à peine d’une main l’arme avec laquelle ils avoient défendu la patrie, et demandant l’aumône de l’autre main ; nous avons vu la Seine chargée de barques, nos chemins encombrés de chariots remplis de blessés, qui n’avoient pas même le premier appareil sur leurs plaies. ”
Edgar Rodrigues, Les volontaires de 1870 (1874)
“ Je verrai vos hommes à l'œuvre, dit le général Ducrot, qui cita à ses officiers, un peu surpris, cette maxime du général Gouvion SaintCyr : « L'idée de résister à une invasion au moyen de l'armée permanente seule (et vous savez ce qu'il en reste) , sans y faire participer la population, serait, pour un pays comme le nôtre, une faute grave et un manque de confiance envers la nation. » ”
Guide du musée international de la guerre et de la paix à Lucerne (1902)
“ Le feu de l'infanterie est capable de démolir des murs de briques, tandis que les murs de maçonnerie et les fossés de tirailleurs bien établis présentent une couverture suffisante. Les bâtiments, les bois et la configuration extérieure du terrain couvrent suffisamment contre les gerbes de dispersion. Nous voyons dans les atlas la protection offerte par les maisons contre le feu de l'infanterie et de l'artillerie, grandissant en raison directe de la proximité de l'ennemi. Les toits de chaume agissent comme le foin: ils cachent, mais ne couvrent pas, et produisent des déviations. ”
