“ Au premier five o’clock tea, Plumberger convia les fortes têtes de la corporation et émit cet avis : — Si quelqu’un connaît le sort de cette femme, c’est assurément Boïard. Si elle vit, il doit la voir, s’il va la voir, nous saurons qui elle est. À nous d’aviser alors. Chacun applaudit, on décida de faire filer Boïard. Il s’agissait de désigner un homme, le Comité désigna Titine. ”
Boïard
Définition et enjeux
Citations sur “Boïard”
S.-F. Touchstone, Les chevaux de course, pedigree… (1889)
“ La disparition prématurée de Jongleur ne permet pas d'affirmer que Stracchino devait, comme Flageolet, vis-à-vis de Boïard par exemple, trouver au haras l'occasion d'une revanche contre son vainqueur sur le turf. Il est constant toutefois que si, dans un étalon, on doit rechercher surtout le sang, l'innervation, la trempe, en un mot, le fils de Parmesan offrait à ce point de vue plus de garanties que le fils de Mars, un peu massif et manquant de race. ”
Adolphe de Neuter, Mémoires d'un entraîneur. 2 (1925-1931)
“ L'esthétique y perd peut-être ce que la vérité y gagne. Les tableaux anciens sont très beaux, mais ils ne sont pas sincères. Un peintre de chevaux très talenteux fut M. Henry Delamarre, le propriétaire de Boïard, de Vermout, de Vasistas. Plusieurs portraits de ces cracks ornent les murs du Jockey Club à Paris. Il les avait exécutés au temps élégant où tous les membres du Jockey faisaient courir. Ces temps ne reviendront pas. Aujourd'hui posséder une écurie de courses c'est presque assurer son blackboulage au célèbre cercle ! ”
L' Arioste, Roland furieux : poème héroïque (1879)
“ Le plus grand honneur qu'ait obtenu le Roland amoureux de Boiardo, c'est d'avoir contribué à la naissance du Roland furieux de l'Arioste. Pour avoir pleinement connaissance de beaucoup de choses, dont notre poëte parle comme déjà connues du lecteur, il serait bon d'avoir lu auparavant le poëme de Boiardo ; mais comme il est devenu rare, les rédacteurs des notes de l'édition italienne de l' Orlando furioso renvoient pour la connaissance de ces faits au poëme, si fréquemment réimprimé, du Berni, l'Orlando innamorato, qui est une résurrection, par la magie du style, du poëme mort de Boiardo. ”
Charles Dalbaret, Un Assassinat juridique. (1815… (1894)
“ Pour nous, plus nous méditons sur Boirac, plus nous sentons s'accroître sa force d'attraction. Notre séjour y sera très fructueux et ne sera pas sans charmes. Je sais que vous en trouverez dans la vie paisible des champs;- mais je vous prie de croire que nous ne cultiverons pas ce domaine comme des paysans; nous porterons dans notre agriculture les bienfaits des sciences, et ce ne sera pas en vain que nous aurons appris à analyser les terres. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Je vous ai dit que M. le vicomte n'y était pas, ainsi allez-vous-en.À ce moment, Boyer, attiré par ces éclats de voix, parut sur le perron de la maison.—Quel est ce bruit? demanda-t-il.—Monsieur Boyer, c'est cet homme qui veut absolument entrer, quoique je lui aie dit que M. le vicomte n'y était pas.—Finissons! reprit le comte en s'adressant à Boyer, qui s'était approché; je veux voir mon fils... S'il est sorti, je l'attendrai...Nous l'avons dit, Boyer n'ignorait ni l'existence ni la misanthropie du père de son maître ”
André Bellessort,
Le Crépuscule d’Elseneur
(1926)
“ Bojer, petit domestique de ferme, a mené paître les troupeaux sur les fjells du Norrland : il a tâté de la mer comme pêcheur aux Lofoten ; il a été aspirant sous-officier à l'École de Trondjem, ordonnance d'un général, commis-voyageur, garçon dans une épicerie de village, teneur de livres chez un marchand de poissons. Il est l'adolescent de la Grande Faim qui, en gros drap bleu et un bonnet juché sur sa tête blonde, seul dans la ville qu'il connaît à peine, se rend à l'appel d'un bienfaiteur qu'il ne connaît pas et, selon la coutume des gens de la campagne, entre par la cuisine. ”
Nicolas Boileau,
Œuvres poétiques
“ Chacun croit que son nom est le dernier des trois. Mais que ne dis-tu point, ô puissant porte-croix, Boirude [19] , sacristain, cher appui de ton maître, Lorsqu’aux yeux du prélat tu vis ton nom paraître ! On dit que ton front jaune, et ton teint sans couleur, Perdit en ce moment son antique pâleur ; Et que ton corps goutteux, plein d’une ardeur guerrière, Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière. Chacun bénit tout haut l’arbitre des humains, Qui remet leur bon droit en de si bonnes mains. ”
Albert Bordeaux, Rhodésie et Transvaal, impressions de voyage (1898)
“ Voici le premier jeune Boër que je rencontre, et avec ses traits réguliers et décidés, et la force qu'on devine déjà dans son apparence élégante, c'est tout à fait le type de l'habitant rêvé du pays des Boërs. Plus tard, j'en verrai beaucoup d'autres, et ils se ressemblent tous; c'est une belle race vraiment,et les types d'hommes sont superbes, de beauté forte et saine : je n'aurais pas cru trouver une si grande régularité dans leurs traits. On voit seulement à leur teint, même chez les plus jeunes, qu'ils ont une habitude extrême de la vie au soleil et au grand air, et des fatigues physiques. ”
Louis Désiré Véron, Mémoires d’un bourgeois de Paris…
“ Boyer fut nommé chirurgien de l’empereur, et, plus tard, sous la restauration, chirurgien consultant du roi, sans avoir rien demandé. Lors de la dissolution de l’École, Boyer fut maintenu comme professeur. C’était un petit homme, un peu obèse, inoffensif ; sur la fin de sa vie, il se montrait goguenard à l’endroit de toutes les découvertes nouvelles ; un rhumatisant lui demandait un jour devant moi si des bains de vapeur lui feraient du bien : « Prenez, dit Boyer, mais dépêchez-vous ! prenez-en pendant qu’ils guérissent. » Il avait l’amour de l’étude et l’habitude quotidienne du travail. ”
“ « Boyer est un excellent garçon, qui a une bonne place, qui gagne bien sa vie ; il n'a besoin de rien ; mais si jamais il était malheureux , mon fils est incapable de le laisser dans le besoin. » Son oeuvre accomplie, il sortit, et, rencontrant Boyer dans la chambre de ma mère, il lui dit seulement : « Votre tante est une sainte et digne femme, faites prévenir au plus tôt son fils et priez pour elle. » Et voilà tout. – Et ce prêtre affirmera cela ? ”
Juliette Bohrer, Les enchaînés aux yeux mauves… (1993)
“ C'est donc vers ce lieu que se dirigèrent, dès le premier jour de grandes vacances scolaires, les trois fils Boilard et Frédy, envoyés avec la mission de cueillir de l'herbe pour les lapins, mais s'affairant surtout à pourchasser l'ennemi. Tout de suite, les deux aînés avaient distribué les rôles, en s'octroyant, bien entendu, les meilleurs : — Nous ! on est les seigneurs du château et avec notre armée de serviteurs on va lutter pour détruire les envahisseurs. Vous, les deux morveux, vous êtes les deux armées ennemies. ”
Adolphe Perraud,
Le cardinal Boyer
(1898)
“ L'enfant de chœur de Paray devint,dès qu'il fut en âge, et c'était tout indiqué, élève au petit séminaire de Semur en Brionnais. Un pieux vicaire de Paray lui avait donné les premières notions de latin ; il entra en sixième. Le jeune Boyer, rapportent ses anciens condiciples, vrais et vieux amis, chez qui l'amitié se traduit par la plus ronde franchise, élève médiocre, ni puni ni récompensé, était délicat, maladif. Un mal d'oreilles détermina chez lui une certaine faiblesse de l'ouïe. La classe de troisième le trouve plus vigoureux, meilleur élève et s'adonnant à la musique. ”
Maria Boyer, Vve Boyer : complainte (1877)
“ La voici Boyer, la mère, Veuve à quarante-cinq ans, Qui rêve encore aux amants, Et n'est pas du tout sévère, Car ayant vu Vitalis De grand cœur elle l'accueillit. Pour elle il était bien jeune, Elle l'en aimait que mieux. Ils passaient des jours heureux, Rejetant au loin le jeûne. Ils se faisaient le serment De s'aimer bien tendrement. Mais à Montpellier le monde S'occupa de leurs amours. On bavardait tous les jours Dessus leur conduite immonde. Ils cherchent le moyen De déguiser leurs desseins. ”
Édouard Fournier,
Chroniques et légendes des rues de Paris
(1893)
“ Bayard, dit Renaud, nous tardons trop; s'ils s'en vont sans nous nous serons fortement blâmés. a Bayard entendit Renaud, il hennit clair; il le comprit comme s'il eût été son enfant; il joint les oreilles, secoue la tête, il fronce les narines, harpe la terre de ses pieds de devant, pour être plus rapide, il courbe tout son corps en arc. Renaud lâche les rênes, Bayard s'en va avec bruit, arpentant la terre le cou tendu ; à chaque saut il en prend la longueur d'une lance; il fait bondir la terre et le vent siffle. ”
Léonce-Auguste-Louis Viltart, Alexandre Boiron, artiste peintre… (1889)
“ M. Boiron est un jeune pourtant. Qu'il jette donc un peu sa palette par-dessus les moulins ! C'est si beau la jeunesse et on l'aime tant ! Boiron ne jeta pas sa palette par dessus les moulins, mais adressa un adieu presque définitif aux héros de l'Histoire. En 1886, il exposa un Soir d'hiver (1) , et l'Hiver (2) , deux effets de neige avec figures, mais plutôt paysages que tableaux de genre, et, en 1887, il aborda la grande figure moderne et rustique qui, du premier coup, mit son nom en lumière. ”
Gustave Boisson, Les veillées vendéennes : contes en vers (1892)
“ Chacun récolte ce qu'il sème. André, qui n'y voyait plus bien, N'avait pu d'abord reconnaître -Cet enfant de son ancien maître Que des Bohémiens maudits Avaient, hélas! volé jadis. C'est leur habitude perfide. Pour que l'on crût qu'il était mort Ils avaient garroché d'abord Son beau calaud dans l'eau rapide. En revenant à la raison La dame, après sa guérison, Fit vœu d'aller par pénitence, Et malgré la longue distance, Jusqu'à Jard faire une oraison, Sans manger, pieds nus et la corde Au cou, criant miséricorde. ”
Auguste Vitu,
La maison mortuaire de Molière d'après des documents inédits…
(1880)
“ Son fils, l'habitant de la rue Richelieu, marié le 30 juillet 1786 avec Élisabeth-Catherine Groignard, fille de messire Antoine Groignard, écuyer, ingénieur général de la marine, capitaine de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, ne recueillit guère que le goût des lettres dans l'héritage de son père; il a laissé nombre d'opéras-comiques, qui ne sont pas tous oubliés, notamment: la Famille Suisse, 1797; le Calife de Bagdad, 1800, et Jean de Paris, 1812, dont Boïeldieu écrivit la musique. ”
Claude Boyer, Fédéric, tragicomédie
“ YOLAND. Je vous connais enfin, Fédéric, c'est assez. Que ne vous dois-je point ?VALERE. Tu triomphes, ma flamme.FREDERIC. Vous ne me devez rien, connaissez mieux mon âme.Je devrais en cédant le souverain pouvoir,Le rendre tout entier à mon juste devoir ;Au respect du serment, au bonheur de l'Empire ; Et peut-être ce coeur (il est temps de le dire) Oui peut-être ce coeur qui cède un bien si doux,Ne le rend qu'à l'espoir de régner avec vous. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Les enfans des boyards fréquentent en foule les cabarets, où ils perdent tous leurs biens aux jeux de hasard. Les hommes et les femmes vont ensemble aux bains, et l’on a vu des moines ne pas rougir d’y aller avec des nonnes. On achète, dans les marchés, des lièvres, des canards et des coqs de bruyère étouffés ; on mange du sang et des boudins, contrairement aux lois écuméniques ; on suit les usages des Latins, on se rase la barbe, on coupe ses moustaches, on porte des vêtemens étrangers, on jure par le saint nom de Dieu ”
Philoxène Boyer,
Les Deux Saisons
(1867)
“ Hugo rit de nous, ma chérie, Son aigle envahit tout le ciel, Bien qu'il lui soit doux chez Marie De boire une goutte de miel ! Moi, mes pauvres petites mouches, Que déchire un ongle moqueur, Vont céder aux destins farouches, Fais-leur un tombeau dans ton coeur ! 25 mai 1866. A MON FILS VICTOR. Au steeple-chase des poëtes Ce garçon bat Gladiator, Il passe ses soeurs de deux têtes, Le roi du derby, c'est Victor ! 25 mai 1866. A MA LAURE. Sois bonne, enfant, plutôt que belle ; Reçois le mal avec douceur; Tu comprendras mon Isabelle, Et tu l'appelleras : « Ma soeur ! » ”
“ Enfin ! j'en étais certain, exclama Boyer... Il faut que nous le trouvions. L'agent Boyer ne put retenir une exclamation de joie ; cette fois il était bien sur la piste ; il demanda : – Quelle heure était-il, madame ? – Environ onze heures et demie. – C'est bien cela... Aviez-vous vu arriver la jeune femme ? – Non, monsieur ; lorsque je les vis, ils étaient enlacés et s'embrassaient ; dame ! ça se comprend, car il est très joli, mais très joli garçon, vous savez... – Et la femme, vous l'avez vue ? – Pas très bien, si ce n'est au moment où ils sont passés dans la lumière du réverbère ”
Marie-Madeleine Brillon Du Prat, Notes sur les tableaux vendus, pillés… (1863)
“ Les Bohier, qui nous attachoient aux Montmorin, étoient haut placés par leur opulence, leurs dignités et leurs alliances. Ils comptoient déjà quatre siècles et demi de notable bourgeoisie, et d'éminents services en Auvergne, lorsqu'ils furent anoblis par Charles VIII, en 1490, en la personne de Thomas Bohier, ancêtre de notre cardinal, et en celle d'Austremoine Bohier. Du reste, pour compléter mon aperçu sur cette famille, qui nous tient de si près, et si fort, elle n'étoit guère moins épiscopale que la nôtre. Elle avoit donné un évêque à Nevers, Jean Rohier, un évêque à Saint-Malo ”
P. G. La Chesnais, Johan Bojer : sa vie et ses oeuvres (1930)
“ Civilisation, culture, chacun exprime par là l'idéal qu'il est capable de con- cevoir, et un très jeune homme d'éducation primaire n'est guère en état de se le préciser à lui-même. C'est un nom qu'il donne à ses aspirations. Cependant, ce nom s'associait, dans l'esprit de Bojer, à celui de la France. De loin, elle lui paraissait par excellence le pays de la haute civilisation à laquelle son ambition était de participer. En 1895, il ne la connaissait encore pourtant ni par ses arts, ni même, ou à peine, par sa littérature. ”
Louis Sacré, Histoire de l'invasion, deuxième Empire… (1875)
“ Avant de suivre le général Boyer dans sa mission à Versailles, il paraîtra intéressant de connaître quel était cet homme. Ne cherchons point dans ses états de service - un passé militaire glorieux et brillant : Boyer se montre avant tout homme actif, souple et facile, prêtant volontiers l'oreille .aux propositions où l'honneur pouvait avoir le plus à souffrir, sans se sentir touché par aucune autre considération que l'intérêt personnel. Témoin de la dégradation des mœurs sous l'Empire, il n'y vit rien qui l'étonnât et les sentiments les plus délicats n'eurent jamais prise sur lui. ”
“ Et Boyer, ayant un plan arrêté, descendit plus tranquille la rue de la Roquette. Arrivé à la place de la Bastille, il suivit la rue Saint-Antoine et enfin la rue du Petit-Muse. Pour entrer chez lui, il reprit naturellement la mine triste et allongée du malheureux qu'une grande douleur vient de frapper. Il devait dans son plan être accosté par la concierge, et ce fut ce qui arriva : – Eh bien, monsieur Boyer, vous revenez de là-bas ; je n'ai pu aller que jusqu'à l'église ; mais vraiment ça fait plaisir à une famille de voir du monde comme ça à l'enterrement. ”
“ Comme Houdard avait relevé la tête, que son regard fixe semblait demander si cela était bien sérieux, Boyer affirma, en penchant la tête et joignant les mains et en levant le regard vers le ciel : – Si mon métier m'a obligé souvent à sévir contre ceux qui sont mes frères devant le Créateur, j'ai toujours cherché à racheter autrement le mal qu'inconscient je pouvais leur faire. Je suis membre fondateur d'une société dans laquelle je puis aider et soulager mon semblable... ”
Juliette Bohrer, Les enchaînés aux yeux mauves… (1993)
“ Comment va-t-il ce petit, monsieur Boilard ? Se ressent-il encore de ses blessures de terrassier et du choc de son long isolement ? — Ma foi, Frédy se porte bien à présent. Il a vite récupéré des forces et les blessures se cicatrisent parfaitement, fut heureux de répondre papa Boilard. — Mais, dans son comportement moral, vous n'avez rien remarqué de changé ? Car tout de même une aventure pareille, déjà chez un homme, donc à plus forte raison chez un jeune enfant, pourrait faire craindre que subsistent, pendant quelque temps encore, certaines anomalies de réflexes. ”
Lucie Boissonnas, Une famille pendant la guerre (1873)
“ Cette nuit-là, il nous fit sortir un à un de chez lui et nous conduisit à cinquante pas seulement, dans une petite cour, au bord du Loir, juste au pied du vieux château. Le varioleux avait une couverture pardessus la tête, chacun de nous des cordiaux dans ses poches. Là, sous un hangar, nous attendîmes le jour, tandis que M. Richard rentrait à son logis et s'y montrait à tous, achetant un gros pain pour ses Iqalades, disait-il, faisant grand feu et le disposant de façon à ce que la fumée se fît voir longtemps. ”
