“ Les takatas, prêtres, médecins, sorciers des Canaques prennent de l’infusion de fleurs de niaouli pour se donner la vision du pays des blancs et d’autres, regardées comme prophétiques. Le niaouli est l’arbre sacré. Les seuls animaux sont l’oiseau à lunettes assez familier pour lorgner de tout près ce qu’on fait, le cagou, le notou pigeon au rugissement de fauve, quelques tortues sur la grande terre, des lézards partout, de grands serpents d’eau, dont les crochets sont trop courts ; du reste nulle plante, nul animal n’ont de venin en Calédonie. ”
Citations sur “niaouli”
Louise Michel,
Mémoires de Louise Michel
“ Si l’alcool ne nous eût été interdit, j’aurais pu conserver des insectes ; il y en a de curieux, d’uniques peut-être, surtout dans les fentes du rocher dont je viens de parler, et dans les tas de poussière formés soudainement par l’effondrement d’un niaouli séculaire. On a quelquefois cette chance à la forêt Nord. ”
“ Entre la forêt ouest et Numbo des niaoulis tordus par les cyclones, se suivent espacés comme des files de spectres, leurs troncs blancs dans les grands clairs de lune apparaissent étranges, les branches pareilles à des bras de géants se lèvent, pleurant l’asservissement de la terre natale. Quand les nuits sont obscures, on voit sur les niaoulis une phosphorescence. La chenille du niaouli est de la couleur des branches ; elle se métamorphose en une sorte de demoiselle, dont les ailes et le corps se confondent avec les feuilles de l’arbre. ”
Claude Nicolet, Vie du bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel… (1923)
“ Je sortis en toute hâte par l'autre porte, et, fuyant par un autre chemin que la voie publique, j'allai prendre un bain au village de Fakaki. Peu de temps après, Niouliki arriva près de l'endroit où je me baignais, sans que je m'en fusse aperçu. Il me menaça de son casse-tête qu'il tenait à la main, en me disant : Cessez d'aller dans la maison du blanc, et éloignez-vous de lui, de peur que, dans la suite, il ne soit mis à mort, et que ce qui s'appelle la religion ne serve de rien: car elle Périra certainement, et l'île sera tranquille. ”
Claude Nicolet, Vie du bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel… (1923)
“ En effet, le lendemain, Niouliki assiste à Fikavi à un repas de funérailles. Le défunt avait plusieurs fois refusé le baptême et avait empêché le F. Marie-Nizier de baptiser un enfant de cette vallée. Le roi profite de cette circonstance pour adresser la parole à son peuple et lui faire connaître ses intentions : « Sachez bien, leur dit-il, que Poi m'appartient. Je ne veux pas qu'on aille y prier. Ceux qui voudront suivre la nouvelle religion, qu'ils se bâtissent chez eux des maisons pour faire leurs réunions. » ”
Henri Frey,
Côte occidentale d'Afrique : vues…
(1890)
“ Les Dioulas ont hâte de s’éloigner de ces contrées des bords du Niger où, naguère encore, ces captifs qu’ils chassent devant eux comme un vil troupeau, vivaient dans une douce liberté ; ils redoutent que, dans leur désespoir, préférant la mort aux tortures qui les attendent, ces derniers ne tentent de briser leurs chaînes pour s’enfuir vers les rives regrettées. ”
Gustave Salicis, Contes de bêtes, par G. Salicis (1880)
“ Par surcroît, une belle rivière venant du sud, la Kitangoulé de Speke ou Kaghera de Stanley, puissante et limpide, descend d'un col de partage situé au delà du M'foumbiro, creuse dans le massif montagneux une gorge profonde et va se jeter dans le Victoria, qu'elle alimente. C'est la véritable branche mère du Nil, c'est le Nil. On trouvait donc là des montagnes où l'air est frais et des plaines où l'atmosphère est plus chaude : des forets, des prairies, des fleuves, des lacs, des jungles, des marécages; l'air, l'eau, la nourriture abondaient, rien ne manquait aux vrais besoins de la vie. ”
Maxime Du Camp,
Le Nil : Égypte et Nubie (2e éd…
(1860)
“ On cherche les sources du Nil, on ne les découvrira jamais ; je crois, comme les Arabes, qu'il descend directement du Paradis. C'est au fleuve que s'arrête Rosette (Rechid) ; au delà, derrière une bande de verdure, j'aperçois un village grisâtre et des monticules de sable. De grandes barques chargées de natron sont amarrées à des pieux fichés en terre; des femmes lavent du linge en babillant, et des canges enflent sous le vent leurs immenses voiles triangulaires. ”
Jane Dieulafoy,
La Perse, la Chaldée et la Susiane
“ C’est un homme pusillanime : il n’oserait affronter le mécontentement des mollahs de la ville. Si vous voulez vous en rapporter à moi, je vous montrerai qu’un nooukar (domestique) de Sa Majesté est quelquefois plus adroit et plus désireux d’obliger les Faranguis que ne le sont les gouverneurs et les gahzaddès. Entre la prière du point du jour et celle de midi il n’y a personne à la mosquée ; les mollahs prennent leur repas, les marchands sont occupés au bazar : si vous me promettez de sortir à mon premier signal, je me fais fort de vous introduire sans danger dans notre plus ancien sanctuaire. ”
Adolphe Bitard,
Les races humaines et les grandes explorations du globe
(1880)
“ Il nous reste à passer en revue les principaux membres de la famille nilotique, les Dinkas, les Chillouks, les Dioûrs, les Bongôs, les Mombuttos, les Niam-Niams, les Àkkas, etc. Les tribus du Nil. — Les Chillouks occupent sur la rive gauche du Nil blanc, environ 3,000 villages, renfermant chacun de quarantecinq à deux cents huttes, et forment une population, singulièrement compacte pour l'Afrique, de plus d'un million d'individus. Ils se livrent à l'agriculture, à l'élève du bétail, à la chasse et à la pêche. ”
Samuel White Baker,
Découverte de l'Albert N' yanza…
(1868)
“ La jonction des deux Nils a lieu dans un pays plat, à perte de vue: le Nil Blanc a environ deux milles de largeur pendant quelque distance au-dessus de ce point. Saati , mon vakeél (contre-maître) , commande l'un des noggors, Johann préside sur l'autre, et, comme je suis moi-même à bord de la dalïabiè, j'ai la confiance que tous nos animaux seront bien soignés. La santé, de Johann m'inspire de vives inquiétudes ; ce pauvre homme n'a plus que la peau et les os ; ses poumons sont affectés, je le crains ; il a encore la fièvre aujourd'hui; je lui ai envoyé du vin, de la quinine, etc. ”
André Rançon, Dans la Haute-Gambie (1894)
“ Les Peulhs du Niocolo ne ressemblent en rien aux Peulhs du Ouli ou du Sandougou. Ils sont venus du Fouta-Diallon à la suite des envahisseurs, lorsque le Niocolo fut soumis à l’autorité de l’almamy. Ils forment un grand nombre de villages situés dans la partie Sud du pays, et là, ils se livrent plutôt au brigandage qu’aux travaux des champs. Le Peulh de Fouta-Diallon est peut-être la pire des races africaines. C’est le voleur de grand chemin et le pillard par excellence. ”
René Gillouin,
La Comtesse Mathieu de Noailles
“ Il faut le dire: l'art de Madame de Noailles n'est pas égal à son génie; il pèche par défaut, par excès et par artifice.Le défaut est de la pensée. Non pas que nous estimions avec certains que l'intelligence de Madame de Noailles soit inférieure à sa sensibilité, et de nombreuses pages de la Nouvelle Espérance surtout témoignent surabondamment du contraire, mais trop souvent cette intelligence fonctionne à côté de cette sensibilité, sans s'y mêler suffisamment. ”
MM. Henry Cammas et André Lefèvre, Le Tour du monde
“ Comme on le voit, les cataractes du Nil ne ressemblent en rien aux chutes du Niagara ; ce sont des barres successives et des courants impétueux, presque lisses comme des miroirs courbes, sans écume, les efforts enfin d’un fleuve bâillonné qui mord en vain son frein de granit. Elles présentent un danger évident que conjurent la prudence et la force. L’adresse et l’expérience du reis spécial rassurent le voyageur ; les accidents sont d’ailleurs sans exemple, et, n’ayant rien à déplorer, on n’a rien à craindre. Devant nous, comme des lits de repos, s’étendent deux îles jumelles, Philæ et Béghé. ”
James Augustus Grant, Les sources du Nil : voyage des capitaines Speke et Grant… (1877)
“ Les Nyoriens, dont les dehors sont aussi négligés que ceux des indigènes de l'Ounyamouési, commencent à venir nous proposer des ornements d'ivoire, des bracelets de bronze et de cuivre, du tabac et du sel, en échange de cauries destinés à payer les vaches qu'ils achètent à leurs voisins du Ganda. Comme dans ce pays, les villageois quittent leurs chaumières dès qu'ils entendent parler de l'arrivée des étrangers, hôtes du roi. ”
Paul Marty, Études sur l'Islam en Côte d'Ivoire (1922)
“ Il n'y a d'ailleurs pas de musulmans dans ce canton de 4.000 contribuables sénoufo, animistes, dont le chef est Naouélé Ouattara. A Niangbarasso, Morifiri Koulibali, Dioula, né vers 1862, dirige une petite école de 5 élèves. Il passe pour nourrir des sentiments hostiles à l'égard des chrétiens. Niellé est un bourg important, mi-Sénoufo mi-Dioula, sur la route de Korhogo à Sikasso. On y rencontre un certain nombre de dioula musulmans, plus occupés de leur commerce que d'étude ou de piété. Le seul Mori Siré Koulibali mérite une mention. ”
Jean-François Jolibois, Dissertation sur l’Atlantide
“ C’est ainsi que le Nil, qui nous est d’ailleurs si utile, éloigne de nous la calamité dont nous parlons. Lorsque les dieux jugent à propos de purifier la terre par un déluge, les peuples pasteurs qui habitent les montagnes évitent ce péril ; mais vos villes, situées dans la plaine, sont emportées par les fleuves débordés et furieux ; au lieu que, dans notre patrie, jamais on n’a vu les eaux venir avec impétuosité ravager nos campagnes : nous n’avons aucune montagne aux environs qui puisse fournir ces torrents ; l’eau, au contraire, nous vient du sein de la terre par des conduits souterrains. ”
Claude Nicolet, Vie du bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel… (1923)
“ Niouliki et ses gens, sans se déconcerter, reviennent à la charge. Repoussés de nouveau, ils s'avisent d'attaquer l'ennemi de trois côtés à la fois. Cette manœuvre leur réussit. Lorsque les fusils ne peuvent plus servir, commence une lutte effroyable et une mêlée affreuse. La jeunesse de Singavé se débande la première, et les vieillards tombent pour la plupart, victimes de cette désertion. ”
Claude Nicolet, Vie du bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel… (1923)
“ Combien vif est son désir de convertir le roi ! Il profite de toutes les occasions pour l'instruire. Le 17 mars, ce prince apporte une charge de taros et s'arrête pour faire aiguiser son herminette. Saisissant le moment où ils sont seuls, le Père lui parle de la religion. Niouliki ne lui ouvre pas entièrement son cœur ; il se contente de répondre que c'est une bonne chose de faire chrétiens ceux qui désirent l'être (1) . ”
Croquis algériens par Charles Jourdan (1880)
“ Tandis que les chefs arabes étaient en train de faire des visites, lors de leur séjour à Paris durant l'Exposition, ils auraient bien dû aller en corps demander aux immortels la réparation de cette omission fâcheuse. Il va sans dire que le yaouled n'a pas d'âge. De même que les musulmans appellent Didon des Européens qui n'ont jamais usé de cette locution, de môme nous traitons d'enfants des hommes à barbe grise. C'est une convention, et nul ne s'en fâche. Pourtant le yaouled qui nous occupe, celui qui veut absolument vous porter quelque chose est généralement un bambin. ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1855)
“ De tous temps la ceinture de granit qui ferme à Philé la vallée du Nil, a établi une puissante ligne de démarcation entre les populations, les idiomes et même les produits naturels de cette contrée. Passé la première cataracte, le Nil se resserre et devient tortueux ; il prend un caractère particulier à la Nubie. Des montagnes noires percent les plaines de sable au milieu desquelles apparaissent de loin en loin de chétifs villages dans des bouquets de palmiers; ce n'est plus le Nil aux rives fécondes, c'est encore un fleuve majestueux, mais coulant avec tristesse dans la solitude. ”
Maxime Legrand,
La Vallée du Nil, époque contemporaine…
(1892)
“ Le bourg de Bédréchéïn et les ruines de Memphis sont juste en face d'Halouan. Le chemin de fer court sur la rive gauche du Nil et relie le Caire à la Haute-Egypte. Au village d'Ouasta s'embranche la ligne qui conduit au Fayoum, et, bien qu'assez fatigant, un voyage à travers cette province vaut cent fois la peine de l'entreprendre. C'est une grande oasis qui, aujourd'hui encore, nourrit plus de 200,000 habitants. Un bras, dérivé du Nil près de Siout, et maintenu dans un lit artificiel, le Bahr-Yousouf ou canal de Joseph, a été jeté à l'ouest, par un barrage d'écluse, établi près du Il-Lahoun ”
M. Guillaume Lejean, Le Tour du monde
“ Il est bien difficile d’avoir des informations sérieuses des nègres du Nillaud, et en voici la raison. Dans tout ce pays il n’y a pas de grands États : chaque village est lui-même un État indifférent ou hostile à ses voisins. ”
Maxime Du Camp,
Le Nil : Égypte et Nubie (2e éd…
(1860)
“ C'était là, dit-on, que s'ouvraient les carrières de Philoe. Là, chaque dynastie, chaque conquête a gravé ses inscriptions et son nom. A côté, se groupe le village 180 LE NIL. d'Abou-Kholi, avec ses petites maisons carrées construites en limon du Nil, couvertes de paillassons et entourées de plantalions de maïs. Des troupeaux de buffles vont lentement du côté du fleuve, où ils se couchent tout entiers, ne laissant passer hors de l'eau que leur mufle noir. Près du rivage, il y a un sycomore qui, de loin, ressemble à un bosquet de gros arbres. ”
Gabriel Naudé,
Considerations politiques sur les coups d'estat
(1667)
“ La nature n’a découvert à personne ta source, ô Nil, & il n’y a point de peuple qui ait pû te voir en ton commencement : elle a éloigné tes replis, & a mieux aimé faire admirer ton origine aux nations, que de la leur faire connoître. Je remarqueray toutefois comme en passant, que l’on peut tirer un beau parallele entre ce fleuve du Nil & les secrets d’Estat. Car tout ainsi que les peuples plus voisins de sa source en tiroient mille commoditez sans avoir aucune connoissance de son origine ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1854)
“ La population du Népaul, estimée à 2,500,000 individus, ainsi que nous l'avons dit, se compose d'Hindous, de la caste des Brahmanes ou de celle des Radjepoutes, attachés à leur ancienne religion; de montagnards appelés Porbottis, parmi lesquels on remarque les BltOtloas, tribu qui se rase la tête et même les sourcils; et de Niouars, race probablement tibétaine, ou, selon d'autres, chinoise. Les Niouars adorent jusqu'à 2,733 dieux et déesses; ils mangent la chair des bœufs, et se livrent à l'agriculture ainsi qu'aux arts. ”
Napoléon Ier,
Campagnes d'Italie, d'Égypte et de Syrie…
(1847)
“ C'est le seul nilomètre qui soit aujour- d'hui en activité, et qui règle l'état du Nil. Il en faudrait avoir cinq : 1° à Syène, 2° à Beni-Soueif, 3° à Roudah, 4° à Rahmaniéh, 5° à Mansourah. Du temps du roi Mœris, huit coudées suffisaient pour fertiliser le pays; du temps d'Hérodote, neuf cents ans après, il fallait quinze coudées; il en fallait seize sous les Romains; dix-sept sous les Arabes. Lorsque le Nil est haut, il y a beaucoup de pays inondés, beaucoup de terres en culture; quand l'inondation est peu forte, une moindre quantité de pays est inondée, l'année est médiocre ou mauvaise. ”
Alfred Jacobs, Les Voyages d’exploration en Afrique…
“ Les villages des peuples riverains apparaissent tantôt étagés sur les hauteurs, tantôt groupés ou dispersés au milieu des admirables forêts de ces régions. Les Bary et quelques-uns de leurs voisins, privilégiés entre tous les habitans des bords du Nil, possèdent des salines. Il est vrai qu’ils les exploitent peu. Sur la rive gauche, environ sous le 9° degré et sous le 7° degré de latitude nord, le Nil reçoit deux énormes affluens, dont MM. d’Arnaud et Brun ont reconnu les embouchures ”
Adrien Dauzats,
Quinze jours au Sinaï : impressions de voyage…
(1891)
“ Joinville , qui ne s' attendait pas à un tel secours , ne perdit pas une seule minute pour profiter de l' avis et se laissa glisser dans le Nil . Alors le Sarrasin le soutint , car il était si faible que seul il se fût noyé . Ils abordèrent ainsi à la rive . A peine y eurent -ils mis le pied , que les égorgeurs se jetèrent sur eux ; mais le Sarrasin couvrit Joinville de son corps , criant : Le cousin du roi ! le cousin du roi ! Il était temps . Joinville , sentant déjà sur son cou le froid du couteau , était tombé à genoux . L' espérance d' une riche rançon l' emporta sur la soif du sang . ”
Paul Müller-Simonis,
Du Caucase au Golfe Persique
“ Ninive (Kouyoundjik) . Vue de la mosquée du sultan Loulou. En face de Môsoul, sur la rive gauche du fleuve, s’élèvent deux grandes buttes de terre ; l’une, celle de Kouyoundjîk, l’autre, celle de Nebi-Younès, couronnée par le village de ce nom ; elles s’appuient toutes deux à une longue levée de terre, formant une enceinte fermée d’une quinzaine de kilomètres de tour. Ce sont là les ruines de Ninive ou plutôt le linceul qui les recouvre. La brique cuite qui formait le revêtement des palais, s’est effondrée ”
