Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Moi, j’ai déjà perdu, royaume à royaume et province à province, la plus belle moitié de l’univers, et bientôt je ne vais plus savoir où réfugier mes rêves ; mais c’est l’Égypte que je regrette le plus d’avoir chassée de mon imagination, pour la loger tristement dans mes souvenirs !... Toi, tu crois encore à l’ibis, au lotus pourpré, au Nil jaune ; tu crois au palmier d’émeraude, au nopal, au chameau peut-être... Hélas ! l’ibis est un oiseau sauvage, le lotus un oignon vulgaire ; le Nil est une eau rousse à reflets d’ardoise ; le palmier a l’air d’un plumeau grêle ; le nopal n’est qu’un cactus ”
