Mihail Ûrʹevič Lermontov, Essais poétiques. Le Démon, récit oriental… (1889)
“ Un oiseau vole seul sur l'océan sauvage... L'oeil n'aperçoit ni port, ni rocher, ni rivage, Ni branche morte errant sur l'écume des mers, Et rien sous le ciel bleu, rien que les flots amers. Quelle terre inconnue, enchantée et splendide, A fasciné ton coeur et ton regard humide ? Hélas ! pourquoi quitter son nid et ses amours Pour ce but incertain, et qui nous fuit toujours, Comme, dans les déserts, ces mirages d'eau vive Qui ne sont déjà plus quand près d'eux l'on arrive ? Dans l'espace profond vole encore un oiseau Et l'oeil n'aperçoit rien, rien que le ciel et l'eau. ”
