“ Trempé jusqu’aux os, glissant dans la boue, clapotant dans les flaques d’eau, et ne voyant sa route qu’à la lueur des éclairs, tant l’obscurité était profonde, il se sauvait, pris d’une peur grande comme le danger auquel il venait d’échapper. ”
Trempe
Définition et enjeux
La trempe désigne à la fois un procédé métallurgique, essentiel à la fabrication des aciers, et une action de plonger un objet dans un liquide. Si Paul Poiré en évoque les applications techniques dans l’industrie, Rodolphe Girard en fait ressentir l’angoisse physique dans un contexte littéraire.
Auguste de Labouïsse-Rochefort, quant à lui, l’emploie métaphoriquement pour qualifier la robustesse des armes ou des idées. Ce concept, croisant science et symbolisme, révèle une diversité d’approches, allant du vocabulaire régional au langage poétique, tout en s’ancrant dans des thèmes comme la dureté ou la forge.
Citations sur “trempe”
Oscar Dunn, Glossaire franco-canadien et vocabulaire de locutions vicieuses usitées au Canada
“ Trempette. Can. Pain trempé dans l'eau d'érable condensée par l'ébullition, mais non encore passée à l'état de sirop. Dans le Ctre. de la Fr., Trempée, trempote, sig. Pain trempé dans du vin. En Pic. et en Ch., Trempette, Faire trempette. Dans le Poit., Trempage, trempine.Tricoler. Poit. Chanceler. Syn. de Caracoler. V. ce mot.Tric-trac. Can. Crécelle.Trimer. Fr. dans le sens de Marcher vite et avec fatigue. Faire trimer quelqu'un, le faire aller et venir pour rien. Angl. dans le sens de Parer: "Une fille bien trimée"; ou d'Arranger: "Une affaire mal trimée." ”
Auguste de Labouïsse-Rochefort, Ma Justification. Petit livre de poche… (1843)
“ La chose n'est-elle pas bien singulière, et la glissade un peu forte ? il injurie et calomnie, et après cela il est surpris qu'on soit surpris et indigné.— L'étrange mortel ! (2) Quelque fâché que M. de M. puisse en être, il me semble qu'il est au moins aussi honorable d'être de cinquante académies, que de n'être RIEN. — 57 — mots me causent !.... La trempe de vos armes!..* la trempe de votre plume ! la trempe de votre canif lia trempe de votre papier ! la trempe de votre écritoire ! la trempe de vos idées ! la trempe de votre style!... ”
J.-E. Decorde, Dictionnaire du patois du pays de Bray
“ TRASQUER, traquer, marcher dans l'eau sans précaution.TRAYONS, tettes de la vache, par lesquelles on trait le lait.TRÈFLERI, terre sur laquelle on vient de récolter du trèfle. H.-N.TRÉMAIS, travaux des champs qui se font au printemps, tels que labour, semence et hersage de l'avoine, de l'orge, des pois, etc. Ce mot vient du latin trimestria ou trimestris, semences qui viennent en trois mois.TREMBLEMENT (un) , une grande quantité. Ex.: Cette année, il y a un tremblement de noix. H.-N.TREMBLERIE, frisson. H.-N.TREMPETTE, pain que l'on fait tremper dans le cidre ou dans le vin. ”
Théophile Gautier,
La Comédie de la Mort
(1838)
“ Hélas ! sur tous ces corps à la teinte nacrée, La mort a déjà mis sa pâleur azurée ; Ils n’ont de rose que le sang. Leurs bras abandonnés trempent, les mains ouvertes, Dans la vase du fleuve, entre les algues vertes, Où l’eau les soulève en passant. ”
“ Valentine oubliait ces soirs sinistres où les deux hommes lui apparaissaient comme des revenants. Elle ne les confondait plus. Le regard de Philippe rappelait à peine le regard de Pierre ; elle cessait d’y découvrir l’amour qui rendait tout choix impossible. Pierre était seul près d’elle... Elle allait dans le vent délicieux. Il lui contait la légende hasardeuse des créatures ; il donnait à ses joues la nuance des églantines ; la jeune bouche innocente avait l’attrait des fleurs rouges et l’éclat des perles encore trempées d’eau marine. ”
Jules Gros, Les Robinsons de la montagne (7e édition…
“ Protégée, au repos, d'un bel étui d'écaillé, la trompe tire sa fine pointe pour toucher au liquide, et, cette pointe mouillée, elle la ramène au fond de sa bouche où réside la langue intérieure, juge intime de la sensation et qui en décide en dernier ressort. ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ La trombe enlace, étreint et déchire sa proie. Ce sont bien là des corps. Qu’importe qu’on les voie ? L’aquilon dans sa marche est pareil au torrent : L’un est un corps caché, l’autre un corps apparent. Nous sentons les parfums, mais leurs corps nous échappent ; Ce ne sont pas les yeux, c’est l’odorat qu’ils frappent. Est-ce que nous voyons le froid ou la chaleur ? Et la voix ? Elle n’a ni forme ni couleur. Mais il faut bien qu’ils soient d’essence corporelle, Puisqu’une impression à nos sens les révèle. 320 Rien, si ce n’est un corps, ne touche et n’est touché. ”
Félix Simon, Au chemin de la vie (choix de poèmes… (1929)
“ L'enfonce à coups pressés dans le tas des nuées Qui tonnent des clameurs et de sourdes huées. Et de leurs flancs troués l'eau ruisselle à torrent, Une trombe s'abat sur le monde en courant. Dans les effarements de la nue embrasée, La nature se tait, sombre, terrorisée. Et triste sous le poids de l'orage en fureur, Je penche mon esprit que déborde l'horreur : Le coeur rongé d'ennuis, de dégoût indicible, Je trouve affreux le monde et cette vie horrible. Mais voici qu'un rayon radieux de soleil Dans l'azur, sur les fleurs, s'épanouit, vermeil. La nue à ses clartés soudain s'est éclaircie. ”
“ Retourne vers les feux du pur soleil mortel ! Magnifique, total et solitaire, tel Tremble de s’exhaler le faux orgueil des hommes. Cette foule hagarde ! elle annonce : Nous sommes La triste opacité de nos spectres futurs. ”
“ Où les poitrails ouverts et les faces coupées Au fil de l’acier froid s’effrangent en haillons. Et jusqu’au jour ce fut ainsi. Nuit et tempête Au fond tourbillonnant du gouffre en entonnoir ! Le flot, le vent, le roc, luttèrent dans le noir, Aux sanglots du tambour, aux cris de la trompette. ”
Joseph Prades, Forêts : mélanges (1920-1921)
“ Qu’il soit calme et serein, ou qu’un vent de tempête Cuivre dans ses rameaux, effrayante trompette, Qui semble convier aux bouleversements Le chaos déchaîné de tous les éléments, Il assiste indulgent à tout ce que l'on peut faire ”
Hippolyte Violeau, Nouveaux loisirs poétiques, par Hyppolyte… (1845)
“ « — De son premier ombrage Il s'envola trop vite, et le ciel le punit ; En essayant son aile il est tombé du nid. - » » Et, tout petit aussi, j'ai quitté ma demeure ! Comme ce pauvre oiseau faudra-t-il que je meure? Vierge ! ici le trépas me serait trop amer ; Oh ! pas de tombe dans la mer ! » Si tu voulais, pourtant, mon enfance plus forte Reprendrait sa gaité, ses jeux, son teint vermeil : La plante que je croyais morte Se ranimait souvent aux rayons du soleil. ”
Jules Tremblay, Arômes du terroir
“ Et veut qu’elle lui verse, en écoulant ses perles Dans le bois abritant les pinsons et les merles, Sa fraîcheur pour les nids, ses ondes pour le pré ; Il est plus près du Ciel, ayant la foi naïve, Et ses vœux vont plus haut, lorsque la nuit pensive Éteint l’horizon empourpré. Tout l’avenir tient dans la glèbe avec la vie. La puissance du Ciel par le crime ravie, Condamne l’homme impur à courber son front lourd Sur le sol indocile et fait pour l’esclavage : « Terre, tu gagneras ton pain et ton breuvage : Le calme de tes nuits viendra du faix des jours ! » Ô sereine pensée ! ”
Jules Tremblay, Trouées dans les novales
“ Un choc interrompt la parole du guide et nous rentrons dans l’obscurité, rendue plus profonde par la trouée lumineuse de la sortie, aveuglante. En touchant la terre ferme, il faut cligner les yeux pour distinguer les choses tout soudainement projetées devant nous. ”
Jules Tremblay, Trouées dans les novales
“ On a l’obsession auditive des appels au travail de la faux, et vaguement, dans sa pensée, on évoque le geste large du moissonneur courbant sur le chaume la jonchée des blés d’or, donnant aux veines un sang nouveau, la gaîté au cœur, et la paix à l’âme. ”
Jules Claretie,
Madeleine Bertin (2e édition)
(1869)
“ Ils ont je ne sais quoi d'indistinct et de perfide, comme tout ce monde de l'eau; un jet de lumière et la couleur varie, une ride sur l'onde, et tout disparaît. Un rayon de soleil, un baiser du vent, et le spectacle change. Le trou seul reste béant comme s'il avait faim. ”
Jules Tremblay, Arômes du terroir
“ L’humble ruisseau coulait pour féconder les champs, Sans se parer des bruits qui proclament la gloire. Les saints du Paradis l’avaient abandonné Au sort des mortes eaux qu’un venin désanime, Et son cours sinueux demeurait anonyme, Comme un héros obscur à l’oubli destiné. ”
Alfred Nourisson, Chants d'espérance : poésies (1884)
“ Elle avait, sans être moins belle , Et même âge et même gaîté ; Comme un cristal brillante et pure, Son espiègle et douce figure Avait l'éclat de la santé ; Et lorsque parmi ses amies Tant d'autres, pâles , affaiblies, Devaient plutôt craindre la mort., Elle succomba la première, Comme une tige printanière Se fane au vent glacé du nord. Et toi qui, d'un air d'allégresse Viens ici promener tes pas , Tremble ! Le souffle du trépas N'épargne beauté ni jeunesse ! ”
Amand Dubois, La Science populaire. Au bord d'une mare… (1891)
“ Le peuplier tremble ( populus tr émula ) est extrêmement précoce , et doit son nom à la mobilité extraordinaire de ses feuilles tremblottantes que vous entendez bruire , malgré le calme dont nous jouissons . Le plus léger souffle de l' air , provoque dans le tremble un frémissement mystérieux qui dispose , au milieu du silence , à une douce rêverie . Ses rameaux souples sont disposés en une large cime arrondie arrondie ses feuilles , un peu plus larges que longues , cotonneuses dans leur jeunesse , sont pourvues d' un long pétiole très-comprimé . ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Quelquefois aussi une colonne de vent s’enveloppe elle-même de ces nues, dont elle ramasse les germes en les détachant de l’air, et imite ces prestères que laisse tomber le ciel. Une fois que la trombe est venue s’abattre et se rompre ici-bas, elle vomit un horrible tourbillon, et se livre à l’orage. ”
Lebrun, Ode à Buffon contre ses détracteurs…
“ De Mars qu'il sillonne la plaine Tremblante sous leurs pieds d'airain: D'un serpent, l'effroi de la terre, Les dents fertiles pour la guerre A peine y germent sous ses pas, Qu'une moisson vivante, armée Contre la main qui l'a semée, L'attaque, et jure son trépas. ”
Gabriel Marc, La Gloire de Lamartine (1869)
“ Par un beau soir d'été, quand le soleil se plonge Tout en feu dans la mer, n'est-ce pas un doux songe Que mourir? ou plutôt n'est-ce pas un réveil Dans un autre pays tout brillant de soleil? Grand poète, ton front glacé se décolore, Mais pour toi le trépas est une grande aurore. ”
François Maynard,
Œuvres poétiques François de Maynard
(1613)
“ Jouet de la tempeste et des fiers tourbillons, Seulement il fait bris : ainsi loin de la terre Dans une large Mer de beautés et d’appas, Je trouve en ma carriere un glorieux trespas, Et je tombe frappé de l’amoureux tonnerre. ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ Quoi qu’il ensoit, la trompe, en architecture, est une portion de voûte tronquée, en saillie, dont les pierres posées en encorbellement, ou ce qu’on appelle en porte-à-faux, servent d’appui à un corps de construction quelconque, qui semble reposer sur le vide. ”
Joseph-Guillaume Barthe, À l’honorable M. l’orateur Papineau
“ Sur le tertre où tu dors, ils est des lauriers-roses Qui devaient couronner ton front... Dans la foule des morts le trépas te confond, Mais ces mots, à jamais, se liront sur la tombe : « Un martyr gît ici pour qu’une larme y tombe ! » ”
Théodore Tuffier,
Rêveries poétiques, poésies nouvelles
(1841)
“ « Chef trop hardi, ma fureur t'environne : Tremble ! la mort est partout sous tes pas : Tremble ! mon souffle ébranlera ton trône, Et tes canons ne m'arrêteront pas!. « Fiers aquilons, enfants de ces contrées, Déchaînez-vous sur ces tristes climats ; Soufflez au loin sur ces terres glacées, Semez partout la neige et les frimas !.. » Il avait dit; et sa voix mugissante Retentissait sur l'immense désert. Vers l'occident, d'une rougeur sanglante Le ciel déjà se montrait tout couvert ”
“ Riant à moi, brutal d’ivresse, Qui te prendrais Comme cela, − la belle tresse, Oh ! − qui boirais Ton goût de framboise et de fraise, Ô chair de fleur ! Riant au vent vif qui te baise Comme un voleur ! ”
Alfred Guichon de Grandpont, Essais poétiques (1829)
“ C'est la fleur qui pend sur l'abîme, Et tremble comme une victime Sous le poids du courroux des Dieux : La sève qui fuit la racine, C'est son âme, essence divine, Que le trépas veut rendre aux cieux. IH. Le trépas est-il prêt? l'heure est-elle sonnée? De ton bonheur d'un jour victime couronnée , Vierge, est-il l'heure de mourir ? ”
Rodolphe Töpffer,
Nouveaux Voyages en zigzag
“ Pendant que nous en longeons la base, la trombe, accourue sur le sentier que nous venons de quitter, éclate, se déchire, lance en tous sens ses gerbes folles, et couvre au loin le col de ses formidables débris. ”
Maurice Talmeyr,
Revue des Deux Mondes
“ Elle rend, par ses couleurs indéfinissables, ses tons pervers, son étrangeté, tout ce que cette vie renferme et donne, dans sa brièveté, de secousses détraquantes, de vanités intenses, de frénésies éphémères, d’efforts maladifs vers le soleil et le triomphe, destinés à la boue mélancolique du ruisseau. ”
Jules Tremblay, Arômes du terroir
“ Comme les cœurs flétris tu demeures sans joie ! Ta grève de rochers tristement se déploie Autour d’une eau stagnante où grouillent des poisons. La ville a mis sur toi la lourdeur d’un suaire, Où tes oiseaux parlaient la langue du vrai Dieu. ”
Félicie Houry, L'esprit de toutes choses (1873)
“ Ah ! si une quatrième feuille tout à coup apparaît dans toute sa plénitude de vie, c'est le surhumain! auxiliaire de la raison qui la rend toujours victorieuse, si l'on ne secoue pas son action si souvent crucifiante. Le trèfle fait d'excellentes prairies artificielles, qui bonifient le terrain eu lieu de l'appauvrir, dit l'auteur du Langage des fleurs ; et la récolte du blé qui lui succède est abondante ; nous avons dit, que le trèfle est le symbole de la Sainte Trinité, c'est elle qui, dans nos âmes, prépare le terrain où croîtront les vertus dominantes sous le rayon de l'Esprit Saint. ”
Auguste Debay, Les Parfums et les fleurs, par A. Debay (1861)
“ La tremelle, presque invisible par un temps sec, se montre en abondance après la pluie, sur les pelouses, dans les allées des jardins et sur les écorces des arbres ; mais il suffit d'un rayon de soleil pour la faire disparaître. ”
James Macpherson,
Veillées poétiques
“ Troublent seuls le silence et le deuil du trépas. Habitants de ces lieux, quel sommeil vous enchaîne ! Hélas ! En ce moment, et le mont et la plaine, Et ces bois que l'hiver naguère, en son courroux, Avait sous les frimas endormis comme vous, Et ces fleurs dont l'éclat venait de disparaître, Tout s'éveille, se pare, et prend un nouvel être. ”
Thomas-Jacques de Cotton,
Réponse de M. de Cotton, député du Rhône…
(1818)
“ A force de bruit, d'agitation , de trépignemens de toute espèce , ils sont parvenus à produire autour d'une question aussi simple et aussi claire que le jour, un nuage épais dans lequel la lumière s'est perdue un moment, et les coupables avec les fils de leurs trames , ont disparu pour toujours. ”
Charles Ferdinand Ramuz,
Joie dans le ciel
“ Tout nu, exposé tour à tour au grand soleil, aux longues pluies et à l’orage, point d’autres outils qu’un pic et une pelle, creusant d’abord avec le pic, puis enlevant les débris à la pelle ; toujours tout seul, personne à qui parler, et rien autre chose pour me distraire que ce trou sous mes pieds, où je m’enfonçais. ”
Gaston Boissier,
Études de mœurs romaines sous l’empire…
“ Cette boue et ce bruit, ce mouvement fébrile, cette agitation désordonnée, ce tracas, ces ennuis, ces misères dont on se plaint amèrement quand on est forcé de les subir, forment en réalité un charme étrange et puissant auquel on ne peut plus se soustraire. ”
Édouard de Générès, La passion de N.-S. Jésus-Christ… (1852)
“ Un frisson convulsif, précurseur du trépas, Faisait frémir ses chairs et ne le quittait pas. Tout à coup,un long cri d'horreur et d'épouvante, Vient dominer celui de la foule mouvante Qui se masse et qui hurle autour du rédempteur. ”
Guillaume Colletet, Le plaisir des champs, avec la vénerie… (1869)
“ La trompe a ceste fois Un son resjouissant redoublé par le bois ; Chacun alaigrement, d'une voix esclatante, Anime les grands chiens sur la beste pesante, Qui tempestant se meut et vers les plus puissants Oppose de fureur ses grands crocs menaçants ”
Collectif, Les Annales politiques et littéraires
“ La voix du petit homme s’était élevée peu à peu, avait grossi ; elle éclatait, maintenant, en tempête. Et les gestes étaient appropriés au ton, et le bonnet de laine s’agitait comme la cime d’un tremble dans l’orage. ”
Dr François, Des nuits : poème (1836)
“ Long-temps il contempla d'un visage stupide L'empreinte du trépas sur ce corps tout livide , Ces membres déformés et ces tristes lambeaux Qu'une aveugle douleur disputait aux tombeaux, Ces traits jadis si doux, et ce visage aimable , Même pour son amant presque méconnaissable , Pour tous ceux qui n'avaient ni ses yeux, ni son cœur, Triste objet de dégoût ainsi que de terreur. ”
Félix Delaville, Élisabeth ou Résignation dans les souffrances (1853)
“ Pour dissiper leur ligue, il n'a qu'à se montrer. Il parle, et dans la poudre il les fait tous rentrer. Au seul son de sa voix la mer fuit, le ciel tremble, Il voit comme un néant tout l'univers ensemble : Et les faibles mortels, vains jouets du trépas, Sont tous devant ses yeux comme s'ils n'étaient pas. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal
“ Dans un trou du plafond la trompette de l’Ange Sinistrement béante ainsi qu’un tromblon noir. En tout climat, sous tout soleil, la Mort t’admire En tes contorsions, risible Humanité, Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe, Mêle son ironie à ton insanité ! ”
