Loi des suspects

Définition et enjeux

Portrait de Jean Jaurès Jean Jaurès Histoire socialiste de la France contemporaine

Ouvrez les prisons à ces deux cent mille citoyens que vous appelez suspects, car dans la Déclaration des Droits il n’y a pas de cause de suspicion, il n’y a que des raisons d’arrêt. Le soupçon n’a point de prisons, mais l’accusateur public ; il n’y a point de gens suspects, il n’y a que des prévenus de délits fixés par la loi, et ne croyez pas que cette mesure serait funeste à la République, ce serait la mesure la plus révolutionnaire que vous eussiez prise.
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Procès des conspirateurs de Thouars et de Saumur… (1822)

Cependant vous avez entendu reprocher au gouvernement de vouloir rétablir la loi des suspects , lorsque, après l'assassinat du duc de Berry , il demandoit des lois de sûreté générale ; et ce sont les mêmes hommes qui, élèvent la voix contre le gouvernement quand il sollicite des mesures indispensables, qui rangent sur des listes de suspects les noms des hommes qu'ils désignent au poignard des fanatiques dont ils s'entourent.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Reinach Joseph Reinach L'éloquence française, depuis la Révolution jusqu'à nos jours… (1894)

Selon moi, dans les circonstances actuelles, sur le pied de paix, c'est une véritable loi de suspects qui déclare le malheur en état de suspicion. Je ne puis admettre, cela me paraît contraire à la nature, que, sur une terre de liberté et d'honneur comme la France, des hommes qui n'ont commis aucun crime, qui n'ont d'autre tort que d'être malheureux, des victimes, des frères d'armes de beaucoup d'entre vous, soient assujettis à un régime qui les assimile à des serfs attachés à la glèbe ou à des repris de justice en surveillance.
Source : Gallica

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