Jurien de La Gravière, La Navigation hauturière
“ Étaient-ce bien, comme on le répète encore tous les jours, de folles terreurs qui arrêtaient le navigateur devant ce promontoire dont le nom même indiquait qu’on ne pouvait passer outre ? Du cap Noun au cap Bojador, situé cinquante-trois lieues plus au sud, on ne rencontre que des falaises escarpées ou des dunes de sable. Toute cette partie de la côte est entièrement dépourvue de végétation. Le mugissement des brisans s’y fait entendre à plusieurs milles au large. Lorsque règnent les vents d’ouest, c’est par 16 mètres de fond qu’on voit la mer briser. ”
