“ Il s’entendra dire tous les jours par sa camarilla, car c’est là qu’est vraiment la camarilla aujourd’hui, qu’il est le plus grand homme et le plus méconnu du siècle, et que, s’il le voulait, il serait le maître de l’Espagne. ”
Citations sur “camarilla”
Armand de Briqueville, Lettre à M. de Châteaubriand en réponse à sa brochure intitulée… (1831)
“ Aussitôt née, la quasi légitimité a relevé les deux principes de la puissance déchue. Ils sont la clef de voûte de tout son édifice, mais avec la variante obligée des situations En 1815, l'étranger nous importa le privilége ; aujourd'hui, le privilége nous importe l'étranger. Je m'explique ; et mon explication sera le résumé de tout ce que j'ai dit, comme ce qu'elle va dévoiler est le but et la fin de tout ce qu'on a fait. La camarilla et la doctrine n'avaient qu'une préoccupation, qu'un intérêt; !e budget et le pouvoir. ”
René Maizeroy,
Les malchanceux
(1880)
“ Et les dimanches où l'on trime dans la caserne, tandis que les camaros tirent leurs gants de filoselle avant de passer devant le poste, dans les bonnes saisons surtout, quand les grands bâtiments se détachent sur le ciel bleu comme une silhouette de prison, et que de la campagne lointaine montent les puissantes haleines des moissons et des bois. ”
Charles de Folleville, Explorations à travers le monde (1875)
“ Je dors, sans vergogne, depuis deux heures à peine, le grand soleil du tropique inondant ma cabine, quand je suis réveillé toutr à-coup par un affreux tapage dont le pont du Courrier est le théâtre. Le paquebot s'est remis en route, après un repos de douze heures, et son panache de noire fumée répand largement son ombre sur les passagers qui, appelés par le bruit, montrent aux écoutilles leurs visages étonnés. Tout chacun, sur le navire, est à son poste, officiers et matelots, voire même la belle Andalouse, qui cependant doit être brisée de fatigue. ”
Eugène Sue,
Les misères des enfants trouvés…
“ Ces braves pêcheurs m’accueillirent cordialement, m’engagèrent à me sécher à leur feu, et, si la proposition m’agréait, à attendre le jour sur un des matelas de leur cabine. Ils poussèrent même l’hospitalité jusqu’à m’offrir l’usage d’une gourde remplie d’eau-de-vie ; j’acceptai le matelas, j’usai modérément de la gourde, et, bien séché, je m’étendis dans la cabine, le cerveau assez exalté par l’eau-de-vie et par l’évocation des étranges souvenirs de cette journée que j’avais terminée en me pêchant pour ainsi dire moi-même, et en soupant de barbillons et de carpes crues. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ L’une est la tente chérie où le marin revient, au retour de ses longs voyages, goûter le charme du repos et les joies de la famille. L’autre est le cabaret où il retrouve, avec un surcroît de bonheur, sa longue pipe de terre et le genièvre dont les vins de France et les liqueurs du Portugal n’ont pu lui faire oublier l’ardeur enivrante. À chaque pas on rencontre un de ces honnêtes marins qui s’en va mollement goûter les douceurs du farniente, en attendant l’heure de repartir, et des enfans qui, à peine débarrassés de leurs lisières, courent dans une barque, comme des canards courent à l’eau. ”
Eugène Casalis,
Mes souvenirs
(1886)
“ Pendant deux jours et deux nuits, les flots de l'Océan passèrent et repassèrent sans pitié sur notre petit brick. Les garde-fous du pont, les chaloupes, les tonneaux d'eau douce amarrés sous le mât, nos cages de poules et de canards furent balayés. A travers le mugissement des vagues, les craquements de la charpente du navire, le sifflement du vent dans les cordages, on entendait l'équipage courir de l'avant à l'arrière, en poussant des cris discordants qui ne semblaient pas de ce monde. L'eau pénétrait dans nos cabines et mouillait nos couchettes. ”
Maxime Descamps, Souvenirs d'Espagne et de Portugal (1892)
“ De cette lame d'acier, tendue dans les airs, et souple jusqu'à trembler sous le poids d'un simple chariot à boeufs, les embarcations qui pullulent sur les eaux du fleuve apparaissent comme une poignée de coquilles de noisettes jetées sur un ruisseau. Toute l'activité du port n'est plus qu'un fourmillement. Et lorsque, s'accoudant sur le parapet, on embrasse du regard les beautés d'un tel panorama, on ne peut se défendre, à se sentir si haut, d'un frisson où le vertige et un vague effroi ont autant de part que le plaisir. ”
Mme Louis Figuier, Le Gardian de la Camargue, scènes et souvenirs des Maremmes du Rhône
“ Les villes, les villages et les hameaux ont pour leurs noces le luxe des équipages, celui de la robe de l’épousée, des cierges qui brûlent sur l’autel, et jusqu’au nombre des invités ; les maremmes de la Camargue ne connaissent pour leurs noces que l’escorte du bétail : point de coups de pistolet, de dragées, de repas, de danses, de farandoles ni de fêtes sur ces humbles steppes, mais un long cortège d’animaux, peut-être plus dévoué et plus fidèle que celui des hommes. ”
Alphonse Daudet,
Lettres de mon moulin
(1887)
“ De l’autre, la Camargue, plus verte, qui prolonge jusqu’à la mer son herbe courte et ses marais pleins de roseaux. De temps en temps le bateau s’arrête près d’un ponton, à gauche ou à droite, à Empire ou à Royaume, comme on disait au moyen âge, du temps du Royaume d’Arles, et, comme les vieux mariniers du Rhône disent encore aujourd’hui. À chaque ponton, une ferme blanche, un bouquet d’arbres. Les travailleurs descendent chargés d’outils, les femmes leur panier au bras, droites sur la passerelle. ”
George Bousquet, Revue des Deux Mondes
“ Les distractions ne manquent pas : vous avez quelquefois la surprise d’un poisson volant qui entre par le sabord dans votre cabine, le loch qui, jeté d’heure en heure, vous apprend ce que vous avez gagné ou perdu de vitesse, le point qu’on affiche chaque jour après l’avoir déterminé, et que vous pouvez reporter sur votre carte, le bal que les hommes d’équipage organisent entre eux le dimanche sur le gaillard-d’avant, au son du ronflon et de l’accordéon ”
M. Adalbert de Beaumont, Le Tour du monde
“ Mais gravissons maintenant la pente douce qui permettrait de monter à cheval (s’il y avait des chevaux à Venise) jusqu’à la cime de ce campanile, véritable mât du grand navire de marbre amarré sur cette lagune tranquille. De là-haut nous pourrons jeter un regard sur ce merveilleux ensemble de palais, d’eau, de ciel et de montagnes, de navires, de barques et de piétons qui se mêlent et se confondent de telle sorte qu’il semble parfois que ce sont les barques qui circulent dans les rues, et les hommes qui marchent sur l’eau. ”
Charles Le Goffic,
Deux Tableaux de la vie terreneuvienne
“ On cite même une fille de pêcheurs qui se glissa ainsi dans la cale d’un navire en partance et dénicha là-bas une place de bonne à tout faire chez le capitaine du port... Comme nous sortons de l’auberge, une bordée d’hommes, bras dessus, bras dessous, criant, gesticulant, la figure allumée par l’alcool, s’engouffre sous le porche et nous refoule à l’intérieur. ”
Colette,
Sido; suivi de Les vrilles de la vigne
(1901)
“ Dans un petit café du port, les pêcheurs attendent, pour repartir, le flot qui monte et déjà chatouille sournoisement la quille des bateaux, échoués de biais sur le sable au bas du quai. Ce sont des pêcheurs comme partout, en toile goudronnée, en tricot bleu, en sabots camus. Les vieux ont le collier de barbe et la pipe courte... ”
Jules Girardin, Fausse route (1897)
“ Rien de plus simple et de moins mystérieux que le procédé de la pêche à la carafe. Vous plongez la carafe dans l'eau, en ayant soin de la tenir horizontalement. Vous restez quelques minutes sans bouger. Les petits poissons, qui s'en vont comme des bandes de petits étourneaux, pénètrent par le goulot, sans se douter de rien ; vous relevez vivement la carafe ; il y en a bien qui trouvent encore moyen de se sauver, mais il en reste toujours un certain nombre qui s'agitent comme affolés, et viennent donner du nez contre la paroi de verre. ”
Edmond About,
Rome contemporaine
“ Dans les auberges les mieux tenues, le camérier tend la main, le faquin qui a chargé les bagages tend la main, le garçon d’écurie tend ta main, l’aubergiste lui-même nous fait quelquefois l’honneur de nous demander l’aumône. Le long du chemin, lorsque le voiturin prend des bœufs ou des chevaux de renfort, l’homme qui les a loués et qui vient de toucher son salaire, nous tire par la manche et nous éveille, au besoin, pour une communication importante. ”
Louis-Marie-Joseph Cambray, Réminiscences et confessions d'un ancien chirurgien de corsaires… (1856)
“ Pour loger convenablement tout ce monde, on improvisa des cabines dans l'entrepont. On rangea dans la cale tout notre appareil de guerre ; sur notre pont on dressa, au moyen de vieilles voiles, une sorte de tente qui devait servir de salle à manger et de salon pendant la traversée. Tous ces apprêts, et l'embarquement des caisses et des malles de nos passagers, dont deux avaient leurs dames, leurs domestiques noirs, leurs singes et leurs perroquets, nous demandèrent quatre jours. ”
Marc Ami,
Le naufrage de l’Annie Jane
“ Alors, il n’y avait plus de cabine : tout était renversé ; la chambre était remplie de toutes sortes d’objets et de cadavres sur lesquels on marchait. Après la troisième vague je me trouvai sur une table et sous les fenêtres, dont les carreaux étaient brisés ; mais la boiserie était encore entière et ne permettait à personne de sortir. Je la brisai avec la main et aidai ceux qui étaient devant moi. Ensuite je sortis aussi. Je me tins au gouvernail et je vis plus de cent personnes sur ce petit morceau de pont, se tenant les uns aux autres. ”
Major Fridolin, Revue des Deux Mondes
“ J’arrive maintenant à parler de la partie la plus extraordinaire du camp, celle réservée aux approvisionnemens et aux chameaux de la caravane. Un parc de chameaux est en vérité une singulière chose. Ils sont là plusieurs centaines d’hercules à bosse et à quatre pattes, rangés par file double, devant une traînée de paille hachée, les uns debout, majestueux dans leur haute taille comme un vaisseau à l’ancre, les autres couchés avec mille poses diverses, tous le dos armé d’une pesante selle de bois recouverte de drap rouge. ”
Alphonse de Lamartine,
Voyage en Orient
“ Courses de dgérid, exécutées par l’un d’eux, monté sur un cheval arabe. — À deux heures de Saïde, adieux et remerciments. — Marché deux heures encore, et couché sous nos tentes à une fontaine charmante au bord de la mer, nommée el Kantara. — Arbre gigantesque ombrageant toute la caravane. — Jardin délicieux descendant jusqu’aux flots de la mer. Une immense caravane de chameaux est répandue autour de nous dans le même champ. — Nuit sous la tente ; hennissement des chevaux, cris des chameaux, fumée des feux du soir, lueur transparente de la lampe à travers la toile rayée du pavillon. ”
Augustin Corsin, Une Vie bien remplie
“ Pour si beau que ce soit de voir la mer pour la première fois, quand la fraîcheur de la nuit vint, on entra dans la cabine située sur le pont ; au milieu il y avait une longue table et, faisant le tour, des banquettes pouvant permettre à une trentaine de personnes de s’asseoir ; sur cette table étaient posés les colis des voyageurs ; très malade, j’avais la tête appuyée sur mon paquet, lorsque tous les colis tombèrent, les voyageurs furent renversés ; on courut sur le pont ; ce n’était qu’une grosse vague qui avait couché le bateau sur le côté ”
Ferdinand de Navenne, Revue des Deux Mondes
“ Je m’installe dans mon élégante cabine, et je range mes effets dans des armoires savamment agencées et dans les tiroirs qui s’ouvrent et se ferment sans bruit, car, à bord, il ne faut laisser aux domestiques que les soins dont on ne peut s’acquitter soi-même. ”
Mme Louis Figuier, Le Gardian de la Camargue, scènes et souvenirs des Maremmes du Rhône
“ Venant tout à coup changer les conditions de l’atmosphère et remplacer une chaleur ardente par des brouillards humides, le marin est le plus grand fléau de la Camargue ; il affaiblit le corps, ronge les murs, oxyde les métaux et répand sur la campagne un voile de tristesse. ”
Jean-Louis Faure,
Au Groenland avec Charcot
(1933)
“ Je ne veux plus du supplice dans ma cabine, hublot vissé, sans le grand air qui fait revivre, les yeux fermés dans la morne torpeur d'une attente anxieuse, que rien ne vient distraire et qui n'a pas de fin ! ”
George Aragon, Les Côtes d’Islande et la pêche de la morue
“ Les hommes étant répartis en trois séries ou bordées dont l’une repose, tandis que les deux autres sont à la pêche, les couchettes disponibles de la chambre et celles que contient à l’avant du navire le poste de l’équipage sont alternativement occupées par trois propriétaires successifs, dormant sur le même matelas, qui constitue avec quelques couvertures de laine tout le matériel de couchage. ”
Hugues-Alexandre Roy, Aventures d'un commis-voyageur en Espagne (1870)
“ Or, si vous voulez satisfaire à ce premier besoin de la nature humaine, mettons-nous en route immédiatement. Nous avons une distance de trois quarts d'heure pour arriver au gîte le plus voisin; la faim nous donnera des jambes. Et, prenant les devants, je le suivis en disant un dernier adieu au Pic du Gar. CHAPITRE VI LES CARABINIERS. — LA FÊTE DE LA MADONE Nous arrivâmes au gîte dont m'avait parlé le guide en moins d'une demi-heure, tant le besoin de prendre de la nourriture nous avait aiguillonnés dans notre marche. C'était un ancien poste de douaniers espagnols, appelés carabineros. ”
Edmond Courtois, Le Tonkin français contemporain… (1891)
“ Jour et nuit c'est une procession ininterrompue de passagers qui se rendent à la cabine des douches, et l'eau de mer destinée à nous rafraîchir a 37 degrés centigrades. Il fait 53 degrés dans notre cabine en tout temps, et il devient dangereux d'y séjourner; aussi tout le monde passe les jours et les nuits sur le pont, qu'on ne quitte que pour les repas et pour aller à la douche. ”
Théophile Calas, Au Cap Nord (aller et retour).… (1892)
“ J'inspecte la cabine, elle offre un aspect lamentable. Il y a deux couchettes superposées, ma femme est à l'étage supérieur ; accroché au rebord de son lit est l'instrument de torture, un receptacle de fer-blanc, peint en rouge, en forme de sablier. Au-dessus de chaque lit, fixée à la paroi, se trouve une ceinture de sauvetage ; à travers l'épaisse vitre du sabord hermétiquement fermé, on voit passer l'eau verte, à intervalles réguliers, faisant tour à tour l'ombre et la clarté dans ce triste réduit. Vous avouerez que tout cela n'est pas fait pour remettre le coeur. ”
Mme Ève Félinska, Le Tour du monde
“ Notre embarcation allait faire la grande pêche annuelle dans le golfe de l’Obi ; le chargement était énorme, le matériel considérable ; mais on nous avait réservé une cabine, la seule disponible dans le navire, et quelle que fût son exiguïté, nous dûmes nous en contenter, car elle nous mettait du moins à l’abri de la curiosité des passagers et de la grossièreté de l’équipage. ”
Chabrier, En caravane à travers l'Algérie… (1901)
“ Par l'embrasure d'une porte, je m'intéresse à la manoeuvre d'un bras qui plonge dans le désordre d'une cabine et en ramène une cuvette. Parfois la machine se tait ; nous stoppons, pour éviter l'assaut des vagues. Ceux que le mal de mer a épargnés n'ont pas même la ressource de la salle à manger. Elle sert de dortoir aux passagers de l'avant inondés. Des garçons vont et viennent, affairés, et distribuent de la viande froide. ”
Louis Philippe Côté, La Terre ancestrale
“ Les « carrioles », à toute allure, arrivaient du sud, de l’est, de l’ouest, dans une sonnaille de clochettes et de grelots. « Drin drin », tremblotaient les menues sonnettes agitées par les petits chevaux au trottinement nerveux ; « gloum, gloum », les clochettes carillon balancées sur la sellette des grands chevaux de carrosse ambiant en cadence ; « gueling, gueling », la clarine pendue au collier des lourdes poulinières à la marche paresseuse. Et du haut du clocher, l’airain sonore, à toute volée, lançait dans l’espace, aux quatre coins de la paroisse, le joyeux carillon de l’Alleluia. ”
“ Sur mille, un reviendra à bord d’un paquebot magnifique, dans une cabine dorée, il reviendra ostentatoire, insolent, conquérant, et il trahira ses anciens compagnons de misère, et contribuera à faire pire leur infortune éternelle. ”
E. Gerber, La vie cosmopolite de Maurice Dekobra (1932)
“ Cette cabine de sous-marin, c'est le bar de son nouvel appartement, dans le quartier du Trocadéro. Il y a là des compas, des sextants, des sillomètres, des dérivomètres, mille autres instruments. Tapissée de cartes, la cabine est éclairée de feux de position. A la roue du gouvernail, on commande des boissons. Chaque rayon est un cocktail. Le hasard décide. A côté, on sert les petits fours et les chips dans un compartiment de l'Orient-Express. ”
