“ Je ne connaissais les lièvres que pour en avoir mangé en de rares et fastueuses occasions, bien que tante Dine déplorât qu'on donnât du civet aux enfants, à cause des serviettes et des joues maculées. De nouveau le cri retentit, et cette fois plus près de nous.—Il appelle sa hase, m'expliqua grand-père.—Sa hase?—Oui, sa femme. Tais-toi.C'était un doux appel, langoureux et tendre infiniment. De très loin nous parvint un appel semblable, à peine distinct. D'un bout à l'autre du bois, le duo s'engageait. Et je pressentais que les bêtes, comme les hommes, désirent de se voir et de se parler. ”
Hase
Définition et enjeux
Citations sur “hase”
Jules de C......, Chasses et voyages (1863)
“ Là où vous avez tué un bouquin, cherchez bien, au temps des amours surtout, vous devez trouver la femelle ; si vous tuez une hase, cherchez plus longtemps encore, vous pourrez rencontrer trois mâles acharnés à sa poursuite, lesquels, souvent blessés dans leurs luttes de nuit, se lèveront avec peine. Ces combats à outrance sont parfois si vio- lents, et les champ Loys si maltraités quand ils en réchappent, qu'il est 4 peine permis de dire j'ai tué un lièvre Si vous trouvez un levraut, atten- tion, son compagnon ne sera pas loin. ”
Victor Hugo,
Claude Gueux
(1834)
“ Dans cette vie importante il y a deux phases principales : avant la chute, après la chute ; et, sous ces deux phases, deux questions : question de l’éducation, question de la pénalité ; et, entre ces deux questions, la société tout entière. ”
Augustin Chaho,
La guerre des alphabets : règles d'orthographe euskarienne…
(1856)
“ On répond à Darrigol : le ts se change en s devant les consonnes, du radical aux dérivés, dans une multitude de mots. Au lien de hais, respiration, haleine, souffle, et au mépris du dialecte cantabre, qui dit asnase, vous mettrez hax? A merveille: mais comment écrirez-vous en souletin, hasperen, soupir, mot recueilli et dicté à Silvain Pouvreau par le docte Oihenart? L'articulation n'est plus denlale, cette fois. Le radical as, has, commencer, est en communauté logique d'idées avec le mot as, hais, qui s'applique au principe de la vie organique dans les êtres qui respirent. ”
“ Laissez-les bâtir : s’il vient un renard, il sautera par-dessus leurs murailles de pierre. 4 Écoutez, Seigneur notre Dieu ! dis-je alors : considérez que nous sommes devenus la fable et le mépris des hommes. Faites retomber leurs insultes sur leurs têtes, rendez-les un objet de mépris dans le lieu de leur captivité. 5 Ne couvrez point leur iniquité, et que leur péché ne s’efface point de devant vos yeux, parce qu’ils se sont raillés de ceux qui bâtissaient. ”
Alphonse de Lamartine,
Vies de quelques hommes illustres
“ Les dédains affectés ou réels étouffent la renommée de ces hommes divins, la misère et l’indigence les promène de ville en ville, l’exil les écarte, la persécution les montre du doigt ; un enfant ou un chien les conduit, infirmes, aveugles ou mendiant de porte en porte ”
Georges Darien,
Biribi, discipline militaire
“ Quelle vie ignoble et vile ils mènent ! comme ils devraient trouver triste leur existence, s’ils savaient s’en rendre compte ! Haïs, méprisés, se jugeant peut-être méprisables, ils font ce qu’ils peuvent pour se venger de ce dédain et de ce dégoût qu’ils sentent peser sur eux. ”
André Van Hasselt,
Nouvelles poésies
“ Trèfle étrange qu’un cercle aux dards aigus hérisse. Et l’on dirait encor qu’une goutte de sang Sur chaque feuille glisse. Par la sainte pitié tout s’élève ; et toujours Les humbles sont plus près de Dieu que les superbes Il revêt de soleil les chênes des vieux jours, Et de son sang les herbes. ”
Élisa Mercœur,
Œuvres complètes d’Élisa Mercœur
“ HASSAN. Hélas ! comme la honte, elle se cache au jour. Heureux qui sait pourtant lui garder son amour. À ce dieu blasphémé que le sage révère, Heureux qui peut donner son cœur pour sanctuaire . JANE. Comme un pressentiment votre voix me fait peur ; Je crains de me tromper en croyant au bonheur, En contemplant la vie ainsi qu’un jour de fête. HASSAN. Trop souvent un ciel pur a couvé la tempête. ”
André Van Hasselt,
Les Quatre Incarnations du Christ
“ Que votre main, Seigneur, dans d’autres routes mène, Des races Passe à côté de nous. Ô monde, prête Et la mort— Donc nous avons fini, selon votre pensée, Notre tâche depuis vingt mille ans commencée. Installé dans nos flancs, le ver rongeur nous mord. Nous redressons en vain notre cime flétrie. Dans nos troncs décharnés toute sève est tarie, Notre règne est passé. Le passé, c’est la mort. Ô monde, prête Et la mort═HYMNE DES SIÈCLES NOUVEAUX. Notre règne est venu. ”
André Van Hasselt,
Les Quatre Incarnations du Christ
“ N’ayant pas, ô Seigneur, mis sa lèvre à ton sang. Pendant qu’ainsi, couché dans son manteau de sable, Il sommeille, rêvant son rêve insaisissable, — Le peuple meurtrier sur son chevet aussi Se couche, mais troublé d’un sinistre souci. Car l’on entend des voix gémir dans les ténèbres. ”
André Van Hasselt,
Nouvelles poésies
“ « Pour ce crime, dit-il, point de miséricorde. « Voici l’arrêt : « Sacrilège, demain tu mourras par la corde. « Donc soyons prêt. » — L’aube voit cheminer le lugubre cortège Le long du Rhin. ”
Émile Faguet,
En lisant Nietzsche
“ De plus, au milieu de cette décadence, au milieu de ces déchets et détritus, il y a des symptômes de retour possible à la vie normale de l’humanité, à la vie rude, à la vie de force, à la vie guidée et menée par la volonté de puissance. ”
Émile Souvestre,
Les réprouvés et les élus (t.2…
“ Hasard étrange ou loi mystérieuse qui semble partager la vie humaine en autant de drames distincts et contrastés, débutant tantôt par la tragédie, tantôt par l’idylle, mais échappant toujours brusquement au poëme commencé pour en entreprendre un nouveau. ”
“ Sans se redresser, parce qu’il faudrait pouvoir, elle lève sa face humaine, terreuse, déformée par tous les coups du sort, coups de poing, coups de pied, coups de bâton, et elle ouvre une bouche noire, incendiée, éteinte. ”
Harriet Beecher Stowe,
La Fiancée du ministre, par Mrs…
(1864)
“ Quant au reste, un front élevé, ombragé de boucles d'un noir de jais, des yeux bruns et vifs, une bouche ferme et décidée, donnaient l'idée d'un homme qui avait engagé la bataille de la vie non-seulement avec une volonté résolue, mais encore avec une sagace habileté. ”
Joseph Autran,
Paroles de Salomon
(1869)
“ Voici ce qu'ils ont dit : Nos jours sont éphémères; Nous passons, nous allons vers un monde inconnu ; Nous courons, à travers mille peines amères, Vers ce pays douteux et peuplé de chimères, D'où nul n'est revenu. ”
W. C. Elphinstone Hope, L’Étoile des fées
“ « Pourquoi m’avez-vous amené ici ? » cria-t-il, se dressant, haut et sévère, et fixant les yeux sur le Double-Face, avec un regard tel que ce gros Géant trembla dans ses bottes, car une mauvaise conscience rend lâches les hommes les plus forts. ”
Marcel Mauss,
Essais de sociologie
“ Ces contraires de l’ordre ont pour conséquence la guerre, le péché, la dissolution des castes, la lutte entre les castes, la chute, la destruction, non pas simplement de la société, mais des hommes, de la nature et des dieux. ”
Collectif, Lectures romanesques
“ Voilà dix minutes que je te surveille du coin de l’œil, et si je n’entends pas les gémissements que tu pousses en toi-même, je les devine ! As-tu la corde au cou ? La hache se lève-t-elle sur toi ? — Je ne gémis pas, mon père : je réfléchis. — Peut-on savoir à quoi ? — À ces soldats qui gardent la porte. ”
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling,
Bruno ou Du principe divin et naturel des choses
“ Parmi les mortels, qu’ils sont heureux ceux qui vont à Hadès assister, pour la première fois, à cette consécration ! c’est leur héritage ; là, seulement, ils vivent encore ; tandis que pour les profanes, tout n’est que malheur. ”
Voltaire,
Correspondance, IV (1741-1749)
“ Comment avez-vous pu jamais imaginer que le bas pût se glisser dans ce rôle ? comment est-ce que la naïveté d’une jeune personne ignorante, et à qui le nom seul de la cour tourne la tête, peut tomber dans le bas ? ne voulez-vous pas distinguer le bas du familier, et le naïf de l’un et de l’autre ? ”
Émile Fage, Les Baluze dits les Polonais.… (1898)
“ Elle jette adroitement un voile sur les côtés peu recommandables de sa vie et met en avant les intrigues qui l'ont enveloppé et perdu, les haines qui le poursuivent, qui n'ont pas été épargnées à son père et dont il est depuis longtemps, avec tous les siens, la victime lamentable. ”
Adolphe Orain,
De la vie à la mort
“ La branche est dans l’ente, L’ente est dans la haie, dans la haie, dans la haie. L’ente est dans la haie du jardin.IX — Et sur ce coq vous ne savez ce qu’il y a (bis) ? Il y a plus beaux rubans, Comm’ jamais vous n’avez vu rubans. ”
Maurice Leblanc,
Contes du soleil et de la pluie
“ Un fracas, quelque chose qui s’écroule à nos pieds, qui se relève à demi, et qui demeure là, sur l’herbe, à genoux... C’était lui. Il haletait comme une bête à l’agonie, rouge, congestionné, les yeux en sang, de l’écume au menton. ”
Eusèbe de Césarée,
Histoire Ecclésiastique
“ Les hommes affamés allaient la bouche ouverte comme des chiens enragés, trébuchaient, tombant contre les portes comme des gens ivres et revenant sans en avoir conscience, deux ou trois fois dans la même heure à la même maison. ”
Théodore Botrel,
Chansons de Route
“ L’obligeant à vivre terré, Comme un sanglier domestique Dans son ordure il est vautré : Lorsque de sa bauge on s’approche Qu’est-ce qu’avec son nez l’on prend ?... ... Ah ! méfions-nous du gâs boche Car c’est un gâs asphyxiant ! ”
“ Celui qui creuse une fosse y tombe, et la pierre revient sur celui qui la roule. La langue fausse hait ceux qu’elle blesse, et la bouche flatteuse cause la ruine. Chapitre 27 Ne te glorifie pas du lendemain, car tu ne sais pas ce qu’enfantera le jour suivant. Qu’un autre te loue, et non ta bouche ; un étranger, et non tes lèvres. ”
Vincent Hyspa,
L’Éponge en porcelaine
“ Que voulez-vous qu’il fasse ? Il compose, il décompose, c’est-à-dire qu’il s’applique à mettre en vers toutes les proses de la vie, ou tout au moins, nous aimons à le supposer, - et c’est bien notre droit. ”
Urbainie Faydit de Terssac, À travers l’Inde en automobile
“ La physionomie, le costume, les atours des femmes révèlent la caste. Il est du reste très poli de questionner un individu sur ses ascendants, son clan, ses occupations héréditaires. Pendant les moments interminables que nous passons à voir défiler les rives solitaires, dont les herbes grasses ondulent au vent, c’est ma distraction favorite. ”
Gaspard Deguerry,
L'oraison dominicale : sermons prêchés à la chapelle des Tuileries…
(1866)
“ A cette première cause de nos tentations, à savoir, que nous sommes des créatures limitées, en attente de leur bonheur et par conséquent faillibles, se joint la seconde cause, à savoir que nous sommes des créatures tombées. ”
Carlo Gozzi, Théâtre fiabesque de Carlo Gozzi (1865)
“ Pour vous je questionne ; elle m'apprend, en somme, Que ce prince inconnu chez elle s'est logé, Et qu'Hassan, son mari, par elle interrogé, Le connaît et l'adore. Aussitôt je la presse De me dire son nom; auquel je m'intéresse; Elle répond qu'Hassan ne veut pas révéler Un mystère qu'il doit à tous les yeux céler; Elle a promis pourtant d'insister. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ En somme, vous craignez toujours, messieurs les gens de cour, de tacher de boue et de sang vos manchettes de dentelles et vos bas de soie... Nous autres, moins proprets et qui allons d’ordinaire grossièrement vêtus, nous n’avons point de ces soucis-là ”
W. Beattie, Les vallées vaudoises pittoresques ou Vallées protestantes du Piémont… (1838)
“ Non-seulement privés de toutes les commodités de la vie, mais encore presque sans vivres et sans vêtemens, les habitans étaient plongés dans une misère et dans une ignorance qui peuvent à peine se concevoir. ”
Pierre de Lano,
Carnet d'une femme
“ Sa pensée, sa chair, agrippées comme en un piège—mais comme en un piège délicieux—devraient devenir étrangères au monde et s'endormir dans le charme de la caresse donnée et reçue, dans la volupté enveloppante, aussi, des choses, des objets au milieu desquels naît cette caresse. ”
“ S’ils meurent plus tôt, ils seront sans espérance, et au jour où tout sera connu ils n’auront personne qui les console. 19. Car la race injuste aura une fin funeste. CHAPITRE IV. Avantages de la chasteté. Suites malheureuses de l'adultère. Mort heureuse des justes, quoique précipitée. Justes retirés du monde par miséricorde. Malheur des méchants à la mort. 1. O combien est belle la race chaste, lorsqu’elle est jointe avec l’éclat de la vertu ! sa mémoire est immortelle, et elle est en honneur devant Dieu, et devant les hommes. ”
Charles De Coster,
La Légende d’Ulenspiegel
(1868)
“ Et les hérauts des villes lurent partout à son de trompe & de tambourins des placards décrétant pour tous hérétiques, hommes, femmes & fillettes, la mort par le feu pour ceux qui n'abjureraient point leur erreur, par la corde pour ceux qui l'abjureraient. ”
Histoire du second Empire , par Hippolyte Magen (1878)
“ Sur cette fosse, dit-il, reprenons courage! Autour de nous, au-dessous de nous, dans l'air et sous les tombes, la vie germe obscurément. L'idée aussi, invisible et féconde, germe sous le repos apparent de la France. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Après avoir reconnu la nature & l’espèce de l’érésipèle, il faut en distinguer les causes, & savoir s’il vient de cause interne, c’est-à-dire du vice du sang & de l’humeur de la sueur, ou de cause externe purement accidentelle. ”
Jean de Meung,
Le Roman de la Rose : [de Guillaume de Lorris et Jean de Meung…
(1835)
“ Tes enfants au berceau périraient de misère; Tu les verrais mourir, par la faim tourmentés, Si tes bras vigoureux se trouvaient arrêtés : Tous les maux réunis te poursuivent sans cesse, Insensé' de jouir as-tu donc la faiblesse? ”
Jules Renard,
La Lanterne sourde
(1893)
“ Sur les bancs aux dossiers durs, les pauvres bâillent, dorment, la bouche ouverte aux feuilles tombantes, ou bien ôtent leurs souliers et font prendre l’air à des pieds impurs et malades qu’une mère ne reconnaîtrait pas. ”
Georges Ozaneaux, Erreurs poétiques de Georges Ozaneaux… (1849)
“ Mais ton regard fatal en tous lieux le suivra, Dans ses nuits sans sommeil, dans ses jours pleins d'alarmes ; Il vivra pour souffrir, pour répandre des larmes Sur ta chaste bannière, et sur la chaste croix Dont sa poitrine en feu va maudire le poids. ”
Gustave Kahn,
Symbolistes et Décadents
“ Ces déshérités qui forment la caste inférieure n'ont qu'un but, arriver, par un moyen quelconque, par une similitude dans les vêtements, les bijoux, la facilité du travail, à ressembler à ceux de la classe supérieure. ”
Charles Richet,
Revue des Deux Mondes
“ Si la fantaisie de dire une impertinence ou une incongruité traverse leur cervelle, voilà que déjà l’impertinence ou l’incongruité est lancée. Les hystériques sont un peu semblables aux personnes qui ont pris du hachich. ”
Alexandre Dumas,
Gabriel Lambert
“ Notre société, à nous, c’est la maladie, et dès que nous l’avons chassée d’une maison, il faut que nous sortions derrière elle pour la poursuivre dans une autre. Ainsi donc, M. le baron, permettez que je prenne congé de vous. ”
Gérard de Nerval,
Œuvres complètes de Gérard de Nerval
“ Ceci est une des grandes causes de nos troubles civils. Si nous voulons examiner seulement l’intérieur des familles, nous verrons que, quand le maître gronde, du supérieur à l’inférieur par étages, tout le monde gronde. ”
“ Or, il appartenait encore à cette bienheureuse époque où l’on faisait des farces, et il fut toute sa vie l’objet de facéties plus ou moins drolatiques, dont quelques-unes faillirent tout simplement le mettre au tombeau. ”
Les Tyrtéennes (1872)
“ « IL changeait deux fois la litière « Où, près de vous, mourut son chien, 9 Et baisait votre tête fière, « Quand vous vous leviez pour un rien « Les yeux tournés vers la lumière. » Pourquoi t'arrêter, laboureur? Relève ton front qui se penche. Il faut du blé pour la revanche : Les affamés n'ont pas de cœur. ”
Alfred de Musset,
Alfred de Musset
(1867)
“ Avez-vous jamais vu, dans le creux d'un ravin , Un bon gros vieux faisan, qui se frotte le ventre, S'arrondir au soleil, et ronfler comme un chantre? Tous les points de sa boule aspirent vers le centre. ”
