“ Toute une nuit, Fauvarque montra ses esquisses, et les commenta à ses amis.– Mais, bougre d’âne, pourquoi les avez-vous cachées si longtemps ? demandait Huslin. Ce sont des documents précieux.– Ce sont, disait Potteau, comme les thèmes d’une symphonie formidable.– Ah ! que n’ai-je cinq cents milliards à te prêter ! gémissait Foutrel.– On reproche au peuple d’aimer le bistro. Mais naturellement ! s’exclamait Fauvarque. Le bistro attire par l’ambiance ! Entrez dans ces boutiques, basses, chaudes, intimes... le comptoir de zinc multiforme et taillé à facettes... ”
Bistro
Définition et enjeux
Citations sur le bistro
Renée Dunan,
Frissons voluptueux
“ Alors, pour ne pas rester dans la rue ni aller de bistro en bistro en se faisant remarquer, Pygette qui reprenait goût à la vie décida de se rendre chez sa meilleure amie Syphone, ainsi dénommée parce qu’elle avait assommé à coups de siphon un homme qui voulait lui voler ses boucles d’oreilles. ”
Albéric Second,
Le roman de deux bourgeois
(1879)
“ Respectueusement courbé en deux, le maître d'hôtel lui offrit dans un plat d'argent le menu du dîner imprimé sur un carré de satin blanc moiré. — Rien de tout ça ne me gante ! dit-elle ; et voici le menu de mes rêves : une soupe à l'oignon, des moules à la poulette, du bœuf à la mode, des truffes au vin de Champagne, du fromage de Brie et de la compote d'ananas. ”
Octave Mirbeau,
Journal d'une femme de chambre
“ Pas de salle à manger pour les domestiques. Nous prenons nos repas dans la cuisine, sur la même table où, durant la journée, la cuisinière fait ses saletés, découpe ses viandes, vide ses poissons, taille ses légumes, avec ses doigts gras et ronds comme des boudins... Vrai !... Ça n’est guère convenable... Le fourneau allumé rend l’atmosphère de la pièce étouffante. Il y circule des odeurs de vieille graisse, de sauces rances, de persistantes fritures. Pendant que nous mangeons, une marmite où bout la soupe des chiens exhale une vapeur fétide qui vous prend à la gorge et vous fait tousser... ”
Alphonse Daudet,
Souvenirs d’un homme de lettres
“ Quelquefois une porte indiscrète s’entr’ouvre et vous laisse apercevoir là-bas, dans un fond de cuisine, Monsieur qui rentre harassé de courses, trempé de pluie, essuyant son chapeau avec un mouchoir, ou dévorant à la hâte un morceau de viande froide sur une table encombrée de plateaux. ”
Paul de Martigny,
Mémoires d’un reporter
“ Qui veut manger des choses qui ne l’ont pas encore été, j’entends des aliments authentiques et honnêtes, n’a qu’à ouvrir l’oeil. Si, à la terrasse d’un marchand de vin, tu aperçois des braves gens à la mine réjouie de Bourguignons hauts en couleurs, ou de grands escogriffes de Béarnais, gais et bavards, tu peux sans crainte y commander ton boulot. La cuisine est bonne et le plat du jour délicieux. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ C’est vraiment merveille de trouver une aussi prodigieuse cuisine dans une bourgade de huit ou dix feux. Quoi qu’il en soit, et sans songer à la table d’hôte, ce monstre aux dents de requin, toutes ces omelettes, toutes ces côtelettes, tous ces jambons, tous ces salmis, grouillent, piaillent, bêlent, chantent, roucoulent, grognent, volent, marchent, nagent et flânent parmi des Alpes de fumier où les mares font des lacs ”
Margaret Gatty,
Les contes de tante Judith
(1890)
“ Si une cuisinière fait bien la crème au café, la soupe, le poisson, le rôti, les pâtisseries et le reste vont tout seuls. Voilà donc que je l'arrête et que j'invite du monde à dîner, un grand dîner de cérémonie, Madame, où devaient venir non pas des amis de tous les jours avec lesquels on ne se gêne pas, mais de grands personnages devant lesquels on veut briller. Je dis à ma nouvelle cuisinière de préparer deux potages, pour montrer à mes nobles invités sur quelle bonne cuisinière j'ai mis la main. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Qu’imaginer de plus délicat que cette cuisine à la fois propre et savante ? Le Bignon de l’endroit, sachant qu’il s’adressait à des connaisseurs, s’était surpassé dans la confection des cent cinquante plats dont se composait le menu du dîner. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ Si vous haïssez les dîners sur l’herbe et les repas mal servis, si vous éprouvez quelque plaisir à voir une nappe damassée éblouissante de blancheur, un couvert de vermeil, des porcelaines d’une exquise pureté, une table bordée d’or, riche de ciselure, éclairée par des bougies diaphanes, puis, sous des globes d’argent armoriés, les miracles de la cuisine la plus recherchée ; pour être conséquent, vous devez alors laisser la mansarde en haut des maisons, les grisettes dans la rue ”
Antoine Gogué, La cuisine française (5e édition… (1876)
“ C'est cette bonne tenue de la cuisine qui engagera quelquefois la maîtresse de la maison à prendre part aux travaux culinaires, à préparer une crème, à mouler la pâte d'une brioche, à confectionner une tarte aux fruits, et le chef dévoué, la cuisinière complaisante, seront heureux et honorés qu'on leur demande des conseils. ”
Eugène Chavette,
Restaurateurs et Restaurés
“ Toute votre nourriture de Restaurant ne vaut pas cette saine alimentation qu’on appelle la cuisine de ménage. — Certes, la cuisine bourgeoise est une bonne chose. Mais songez aux ennuis, aux déboires, et surtout aux mauvais fricots qu’il vous faut avaler avant de mettre la main sur ce rara avis qu’on appelle un cordon-bleu. La dernière laveuse de vaisselle se donne effrontément pour une excellente cuisinière. ”
André Beaunier,
Revue des Deux Mondes
“ Les cuisines sont plus nettes que nos salons, avec leur plancher bien frotté, avec leurs chaudrons, leurs bassins, leurs fontaines de cuivre, leurs assiettes de couleur et les crémaillères luisantes comme si elles sortaient de chez l’ouvrier. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Ce n’est guère bon pour nos palais européens, mais l’on sent dans ces comestibles une cuisine très civilisée, très travailleuse du suc et de l’essence des aliments, et dont les produits donnent aux papilles un tas de petites sensations, délicates, complexes et fugitives. ”
Émile Magne, Images de Paris sous Louis XIV… (1939)
“ Sa cuisine était merveilleusement montée en broches et tournebroches, grils, lèchefrites, poêles à tous usages, marmites, chaudrons, poêlons, casseroles de toutes formes, tourtières, turbotières, poissonnières, tripiers, cloches, fours à pâtisseries et autres ustensiles propres à fournir de mets variés une table d'épicurien délicat. Dans la cave, reposaient bon nombre de demi-muids de vin commun pour les domestiques, de chablis pour le maître qui estimait les produits de ce terroir. ”
Chatillon-Plessis, La vie à table à la fin du XIXe siècle… (1894)
“ Après le potage et le rôti , bien des équivoques seraient déjà dissipées . Il n' est de tel qu' un repas en commun pour apprendre à se connaître et à s' apprécier . Puis , les vins aidant , et les sorbets ayant rompu la glace , on arriverait doucement au dessert . Là , entre le pain et le fromage , tous ces augures se regarderaient regarderaient en riant , peut-être ! Et les plus aimables traités seraient élaborés , convenus et signés dès avant le café , pour le plus grand bonheur des peuples ! Le dîner du roi , d' après une estampe du XVII e siècle . ”
Amans-Alexis Monteil,
Histoire de l'industrie française et des gens de métiers…
(1872)
“ L'art de la cuisine, avec son innombrable cortège de sauces au jus, au poivre, à la cannelle, à l'ail, à la ciboule, à la cervelle, encore grossi par celui des purées, des brouets, des ragoûts, triompha surtout aux noces de notre jeune roi Charles VI, où il couvrit, la grande table de marbre noir du Palais de cent mets préparés de cent manières différentes. ”
Mérinos, Nouvelles et fantaisies humoristiques… (1872-1876)
“ C'est pourquoi Léon s'attendrissait en voyant manger miss Nancy, parce que, sous des formes infiniment plus agréables il est vrai et avec un appétit bien supérieur, elle lui rappelait la tortue de son enfance. Je vous fais grâce du menu ; tout cela n'est pas bon et fin comme notre cuisine française : un grand luxe de fourchettes, d'assiettes, de moutardiers, de sauces, de beurre, de pommes de terre, mais d'énormes pièces de boeuf, de jambon et de fromage, où cinquante personnes piochent pendant huit jours. Tout est froid. Pour boisson, du thé ou de la bière; du pain qui n'a pas de croûte. ”
Édouard Montpetit,
Le front contre la vitre
“ La culture se remet au service de la cuisine, notre cuisine canadienne, cousine grasse de la cuisine de France. Finie, la grande pitié de l’hôtellerie et du restaurant, finis le gargotier cosmopolite et les fourneaux mécanisés. L’art ménager enfin compris, débarrassé de la réclame américaine, a remis en honneur les inépuisables ressources de notre table et banni les conserves du voisin. ”
Émile Bernard, La cuisine classique : études pratiques… (1868)
“ Dans l'ordre d'un dîner, les hors-d'œuvre de cuisine sont servis immédiatement après le potage ou après le poisson, les hors-d'œuvre secs, tels que les fritures ou les petits pâtés, doivent être dressés sur des serviettes pliées et disposées sur plat; mais on les dresse quelquefois dans des coupes, des corbeilles, ou sur des gradins; nous dirons cependant que la simplicité sied parfaitement à ces mets, qui par leur nature sont légers et peu travaillés. Dans un dîner où l'on ne sert qu'un seul plat de hors-d'œuvre chauds, on mélange quelquefois les espèces dans le même plat. ”
Henry Gréville,
Suzanne Normis
“ Excusez, cousin, me dit Lisbeth, qui activait le service en payant de sa personne, nous mangeons dans la cuisine, mais dès ce soir on vous servira dans la salle ; ce n’est qu’en attendant. J’aurais été bien fâché de ne pas manger dans la cuisine ! Quelle cuisine ! ”
Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort,
Maximes et Pensées
“ Il en est de la civilisation comme de la cuisine. Quand on voit sur une table des mets légers, sains & bien préparés, on est fort aise que la cuisine soit devenue une science ; mais quand on y voit des jus, des coulis, des pâtés de truffes, on maudit les cuisiniers & leur art funeste : à l’application. ”
Auguste Desrez, Science du bien vivre, ou Monographie de la cuisine envisagée sous son aspect physique… (1845-1846)
“ Ce qui fait le charme et l'attrait du restaurant, ce qui lui assure une durée perpétuelle, ce qui lui promet une marche ascendante de prospérité, c'est que sa cuisine, variée à l'infini, mobile comme l'époque et le temps, toujours prompte à se parer de formes nouvelles, suivant la diversité des lieux et des personnes, n'a d'autre règle, d'autre loi que le goût. ”
Élie Faure,
Reflets dans le sillage
(1938)
“ Je veux dire celles qu' on suce avec le lait , qu' on déguste avec le vin et dont le pain , par son degré de cuisson , le plus ou moins de blancheur de sa mie , le degré de saturation en or , en cuivre ou en chair blonde de sa croûte , dénonce la présence sur la table même . Il est en effet probable que pour un palais très éduqué – le palais s' éduque aussi bien que l' œil ou l' oreille – la cuisine bourgeoise des provinces françaises est effectivement la première du monde . ”
Charles Dickens,
David Copperfield
“ Dans la vaste cuisine, où pendaient aux solives de longues rangées d’oignons et de tranches de lard, je vis les gens qui veillaient, groupés ensemble autour d’une table qu’on avait exprès enlevée de devant la grande cheminée pour la placer prés de la porte. ”
Alexandre Guéniot,
Souvenirs parisiens de la guerre de 1870 et de la Commune
(1928)
“ Un jour, que ces défenseurs dénués de zèle avaient abandonné leur poste et ripaillaient gaiement chez les « bistros » du voisinage, un petit bourgeois, agent-voyer en retraite, s'aperçut de ce grave oubli de la consigne. Tout aussitôt courant se mettre en évidence sur le rempart, ce courageux citoyen (1) multiplia les signes d'appel au poste versaillais voisin. ”
Comtesse de Ségur,
Pauvre Blaise
(1861)
“ Et moi donc qui suis le chef, je lui donnerai à emporter chaque jour les restes du dîner. On sait bien ce que sont les restes d’une cuisine pour les amis ; de quoi nourrir toute la famille et largement. ”
Oscar Comettant,
Trois ans aux États-Unis : étude des moeurs et coutumes américaines
(1857)
“ Les restaurants, très-abondants dans le bas de la ville, sont, dans ce moment de la journée, remplis de dîneurs silencieux et sobres, qui semblent regretter le temps qu'ils passent à se nourrir..Leur dîner n'est pas long pas de soupe un plat de viande garni de légumes un peu de poisson; pour dessert un énorme morceau de tarte aux fruits à demi-cuite, et de l'eau fraîche pour boisson. ”
Pierre Giffard,
Les grands bazars : Paris sous la Troisième République…
(1882)
“ Chacun passe lestement devant le guichet, emporte le plat de son choix d'une main, le dessert de l'autre, puis la demi-bouteille de vin et le reste. En une demi-minute, le dineur a saisi tout ce qui lui revient, il a quitté la cuisine par une porte de dégagement -et s'est assis à sa place accoutumée/dans la salle à manger de son rayon. Une fois à table, tout ce monde dine presque silencieusement. On n'a rien à se dire; on s'est vu toute la journée; on se reverra demain. Beaucoup de - dineurs lisent leur journal en mangeant. ”
Georges Courteline,
Les Linottes
“ Laisse la clé sur le buffet si tu ne veux pas qu’on te vole. Ne perds jamais de vue que le bon beurre est la base de la bonne cuisine, et souviens-toi que, faire le malin, est le propre de tout imbécile. ”
Alexandre Dumas,
Les Quarante-Cinq
“ La table, couverte de pains de froment et de viande de porc, avec un pot de bière fraîche par chaque homme, eût eu un aspect appétissant, même pour des gens qui depuis vingt-quatre heures n’eussent pas manqué de tout. ”
Valérie Feuillet, Quelques années de ma vie (1908)
“ J' étais également très fière de ma cuisine . Les casseroles ,les bouilloires , les grandes bassines à confitures , les flambeaux alignés sur la cheminée en tuyaux d' orgue , brillaient comme des pièces d' or , et faisaient l' admiration du pays . On parlait de ma cuisine à dix lieues à la ronde et les commères du voisinage qui voulaient juger de sa beauté par leurs propres yeux , grimpaient sur les clôtures du chemin , pour apercevoir par les fenêtres ouvertes les merveilles que je viens de décrire . ”
Gustave Vattier, Une famille d'artistes : les Dumont… (1890)
“ Tous les matins un domestique vous apporte votre pagnotte. A midi on sonne derlingue derlingue pendant cinq minutes ; on descend clans la salle à manger, qui est en bas. Si l'on ne veut pas se donner la peine de descendre, on se fait monter son dîner dans sa chambre. L'ordre de notre table est composé tous les jours de soupe, le bouilli, deux entrées, le rôti, un plat de pâtisserie et deux plats de dessert, et le soir deux entrées, un rôti, la salade et un plat de dessert1... Si quelque chose n'est pas bon, on fait tapage et l'on savonne la tête du cuisinier. ”
Le guide du domestique à l'usage du simple domestique… (1849)
“ Consultez la gravure n° 5. Aussitôt que vous avez fini de servir votre dessert, vous rangez un peu, sans bruit, votre buffet et vos étagères ou vos tables de desserte ; vous emportez tout ce qui reste du diner. Selon l'usage de la maison, vous restez ou disparaissez. Après avoir porté à la cuisine ou à l'office tout ce qui a servi au dîner, occupez-vous du café ; voyez s'il est prêt et bien chaud ; préparez les tasses, le sucre, etc., sur un plateau, les tasses à l'entour, avec une petite cuillère sur chaque soucoupe ”
“ En cet instant l’intérieur de la cuisine, éclairé par de larges feux, était un vrai pandémonion où hommes et femmes, à demi vêtus, étaient occupés à faire de la pâtisserie, à préparer des huîtres, et à faire bouillir ou rôtir toutes sortes de viandes. ”
Franc-Nohain,
La nouvelle cuisinière bourgeoise…
“ Cuisinière improbe, destineMon vin à des sapeurs-pompiers,Je ne veux plus, dans ma cuisine,Je n’y veux plus mettre les pieds.C’est assez de mangeaille, assez de nourriture,De comestibles de toute nature :Ailleurs, de notre esprit, exerçons la culture. ”
Lucien Tendret,
La table au pays de Brillat-Savarin
(1892)
“ La cuisine classique ne dédaigne ni la tonne des mets, ni l'élégance du service, mais ses dîners tirent leur valeur de leur propre fond et se passent des artifices destinés à ébranler l'imagination des convives. ”
Antoine Gogué, La cuisine française (5e édition… (1876)
“ Les principaux morceaux qu'on sert sur les tables sont le gîte à la noix, la tranche, la culotte, l'aloyau, qui sont surtout employés à faire.le bouillon; toutefois la pièce d'aloyau servie en rosbif a plus de succulence et de goût qu'étant bouillie : c'est un manger excellent et salutaire. Le filet est la partie la plus estimée, et figure très-bien dans le premier service d'un dîner, et même comme rôti. Avec la poitrine, la cervelle, la langue, le palais, les rognons, la queue, on fait toutes sortes de ragoûts auxquels on ajoute des garnitures variées. ”
Le diner ; suivi des Règles du jeu de piquet (1842)
“ Savoir approprier un repas au goût de ses convives est un talent rare, dans lequel nous croyons avoir eu quelquefois des succès. COMPOSITION DU DINER. Premier service. Potage posé sur la console; sur la table, au centre, un filet de bœuf; aux coins, un brochet; vis-à-vis, un plat de perches au suprême, des fricandeaux sur chicorée; vis-à-vis, un canard truffé.—HORS-D OEUVRE : Beurre , radis, anchois et olives, passe-pierre, cornichons. Tous les mets que nous indiquons sont indigènes ; leur mérite consiste dans la manière dont ils doivent être préparés. ”
