“ On y arrive par de nombreux détours au milieu de souriantes vallées dominées par des promontoires qui s’élèvent jusqu’à une hauteur de dix à douze mille pieds au-dessus du niveau de l’océan, et qui sont couverts de neiges éternelles. Le grand Lac Salé est un phénomène de la nature. Il a quarante-deux lieues de long sur quinze de largeur et renferme plusieurs îles qui sont de véritables oasis. Ses eaux sont si salées qu’aucune espèce d’êtres ne peut y vivre et que les gibiers de mer n’en approchent pas ; ils se tiennent dans les joncs et les marais qui l’avoisinent. ”
Lac salé
Définition et enjeux
Citations sur “lac salé”
Rodolphe Lindau, Le Chemin de fer du Pacifique à l’Atlantique
“ Les eaux du Lac-Salé s’étendent sur une surface que l’œil ne peut embrasser, et la vue seule de cette immense nappe d’eau donne de la fraîcheur à l’esprit desséché en quelque sorte par les sables du désert que l’on vient de franchir. Des villages, des maisons de campagne, des fermes, des terrains cultivés, égaient le paysage. Tout cela est encore assez éloigné pour dissimuler ce qu’il y a sans doute de choquant et d’incomplet, mais contribue à former un tableau d’un ensemble charmant. A l’horizon, les sommets neigeux de Wasatch forment la limite orientale du grand bassin de l’Amérique du Nord. ”
Onésime Reclus,
France, Algérie et colonies
“ Quand, marchant toujours vers l’ouest, on a quitté le bassin du Chéliff des Landes, on arrive sur un nouveau lac salé de 165 000 hectares, le Chott Oriental, long de 150 kilomètres sur 10, 15 à 20 de large, à 1 000 mètres d’altitude. C’est encore un bien triste « lac » que ce champ du mirage, les oueds de montagne et de plateau que la pente lui destine ayant rarement la force de l’atteindre ; des falaises basses, des dunes sans gazon, sans arbres, sans culture, contemplent ses flaques, ses bourbiers, ses argiles sèches, ses lits de sel, ses cristaux de gypse ”
Auguste Nicaise, Une année au désert (1864)
“ De magnifiques forêts couvrent le sommet des montagnes qui l’environnent. Le sol est généralement fertile et produit d’excellents pâturages, arrosés par de petites rivières aux eaux pures et frémissantes.Le seul cours d’eau un peu important que reçoive le Lac-Salé est la rivière de l’Ours, qui prend sa source à l’est de la cité, dans l’un des contre-forts des monts Wasatch, contourne l’extrémité nord de la chaîne, et redescend ensuite sur le grand Lac-Salé. ”
Auguste Nicaise, Une année au désert (1864)
“ L’aspect du Lac-Salé est enchanteur, et l’on comprend que tout un peuple à la recherche d’une terre hospitalière soit venu s’établir non loin de ses bords. Cette vaste étendue d’eau, qui ne mesure pas moins de soixante-dix milles de longueur sur trente-cinq milles de large, est parsemée d’îles boisées. ”
Jules Verne,
Le Tour du monde en quatre-vingts jours
(1873)
“ Le lac Salé, long de soixante-dix milles environ, large de trente-cinq, est situé à trois mille huit cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Bien différent du lac Asphaltite, dont la dépression accuse douze cents pieds au-dessous, sa salure est considérable, et ses eaux tiennent en dissolution le quart de leur poids de matière solide. Leur pesanteur spécifique est de 1 170, celle de l’eau distillée étant 1 000. Aussi les poissons n’y peuvent vivre. Ceux qu’y jettent le Jourdain, le Weber et autres creeks, y périssent bientôt ”
“ Rien n’égale la désolation qui entoure ici le regard de tous côtés ; des petits coteaux montagneux coupent seuls l’uniformité des longues et épaisses couches de sable qui gisent sur le sol comme un linceul gris ; çà et là la plaine semble s’affaisser et mouille timidement le bas de son manteau sablonneux dans les marais qui se détachent successivement jusqu’à une longue distance du Lac Salé ; on en a conclu avec raison qu’autrefois le désert alcalin n’était qu’une partie du lit du grand lac ”
Alfred Ebelot,
Revue des Deux Mondes
“ Deux grosses sources qui sortent en bouillonnant du flanc des dunes vont se perdre dans un lac salé qui occupe le centre du vallon. Ce lac, d’un joli ovale et d’un peu plus d’un kilomètre de longueur, est dominé au sud par des roches à pic et des bois, à l’est par des collines dont les silhouettes originales indiquent seules la composition sablonneuse, mais qui ont été envahies et fixées par la végétation. ”
André Thevet,
Les Singularitez de la France antarctique
“ Comme la lagune d’eau salée s’élève et décroit comme la mer, son excédant des crues se déverse dans la lagune d’eau douce par un courant rapide, ainsi que le pourrait faire un grand fleuve, et par conséquent l’eau douce se précipite dans le lac salé lorsque le niveau de celui-ci s’abaisse. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 janvier 1872
“ La vallée du Lac-Salé semble prédestinée par la nature à être un paradis terrestre. Le climat est tempéré et salubre, le sol fertile, les montagnes voisines sont riches en métaux, les rivières sont poissonneuses. Si cette terre bénie du ciel appartenait à un peuple vraiment libre, elle deviendrait un des joyaux de l’Union. Les mormons n’ont pas su profiter des ressources qu’ils ont à leur disposition, ou bien ils ont négligé de les développer. Le jugement que M. Rae formule sur eux est bien moins optimiste que celui de quelques autres voyageurs qui ont récemment visité la vallée des saints. ”
M. le capitaine Richard Burton, Le Tour du monde
“ Le lac Salé, situé à l’angle nord-est de l’Utah, constitue un parallélogramme irrégulier dont la longueur, du nord au midi, est de soixante à soixante-dix milles et la largeur de trente à trente-cinq milles de l’est à l’ouest. Son altitude est portée à douze cent soixante mètres au-dessus de l’Océan, tandis que la mer Morte de l’ancien monde est à trois cent quatre-vingt-dix mètres au-dessous du niveau maritime. ”
Honoré Beaugrand,
Six mois dans les Montagnes-Rocheuses
“ Le Grand Lac Salé, autrefois connu sous le nom du Lac Bonneville, du nom de son premier explorateur, est une vaste nappe d'eau de 2,200 milles de superficie--environ un tiers de celle du lac Ontario--entourée de hautes montagnes, d'une profondeur moyenne de vingt pieds, ayant une longueur extrême de cent vingt-six milles et une largeur moyenne de quarante-cinq milles. ”
Auguste Nicaise, Une année au désert (1864)
“ Sa branche ouest suit la direction du nord pendant une centaine de lieues, en côtoyant la rivière de l’Ours, affluent du Lac-Salé. A vingt lieues du fort Hall, elle incline à l’Ouest, s’élance hardiment à travers les solitudes immenses qui séparent le Lac-Salé de la Californie, franchit les montagnes de la rivière Humboldt, suit pendant deux cents lieues la vallée de ce dernier cours d’eau, et passant entre les bassins du lac Pyramide et du lac Mud, tourne l’extrémité nord de la Sierra-Nevada, et redescend sur San-Francisco par la vallée du Sacramento. ”
Cäcilie von Rodt, Voyage d'une Suissesse autour du monde (1904)
“ Le corps humain surnage naturellement dans cette eau si chargée de sel qu'aucun poisson n'y peut vivre. On y trouve un seul crustacé, l'artemia gracilis. Mon plongeon ne tarda pas à me procurer des sensations cuisantes : je ressentais par tout le corps des picotements fort désagréables; des croûtes de sel remplissaient mes oreilles, et mes cheveux s'entremêlaient de longs fils blancs. Le Grand lac salé couvre une superficie de 5,620 kilomètres carrés; sa profondeur varie entre quatre et sept mètres. ”
Eugène Lefebvre, Le sel (1882)
“ Dans l'Amérique du Nord existe un lac dont les eaux sont fortement chargées de sel et qui présente avec la mer Morte plus d'un point de ressemblance. Il est situé à 4 degrés environ au Nord du parallèle de San-Francisco et à 10 degrés de longitude orientale de cette ville; l'État d'Utah, dans lequel il se trouve, est placé entre le Colorado et la Nevada. Ce lac s'appelle le GreatSalt-Lake ou Grand lac Salé. ”
Babinet,
Sciences. — Des Eaux minérales et de la Chaleur centrale de la terre
“ En un mot, l’eau n’y est qu’accessoire, et souvent même le fond est tapissé de plaques salines, Le lac Elton est encore un peu plus salé que la Mer-Morte, mais le sel en est pur et employable aux besoins de l’homme. ”
Pierre Foissac, De la météorologie dans ses rapports avec la science de l'homme et principalement avec l'hygiène publique… (1854)
“ Dans la Russie d'Asie, le lac Inderskoï, qui a 19 lieues de tour, fournit un sel de bonne qualité. Au nord de la petite Tartarie se trouve le lac salé de Tor. D'après Barrow, on rencontre à l'est du Cap de grands lacs dont le fond est couvert de couches épaisses de sel gemme. Les lacs sont parfois remplacés par des mines solides de sel ; la montagne de Cordone en Catalogne, l'Armengranilla dans la Manche, en sont presque entièrement formées. Le Portugal, la Sardaigne, l'Italie, fournissent un sel excellent. Les mines de Wielitska, en Pologne, ont une grande célébrité ”
[Manuel géographique et statistique de l'Espagne et du Portugal… (1809)
“ Marais salans. 1° Celui de Laguna del CerroMezado est situé près d'Alcazar de San-Juan , dans la Mancha. 2° Un petit lac salé et fangeux est situé à une portée de fusil de la source de l'Ebre. L'eau qu'il contient fournit, par l'évaporation, sept livres de sel par quintal. On n'en fait aucun usage. 3° Un marais salant, de deux lieues de circonférence, se trouve près de Vitena, dans le royaume de Murcie. On en extrait beaucoup de sel par évaporation au soleil. ”
Alfred-Auguste Ernouf, Cachemire et Petit Thibet (1877)
“ Beaucoup de semblables flaques disparaissent pendant l'été ; ainsi, un lac salé indiqué par M. Johnston , mon prédécesseur, à peu de distance des premiers contre-forts des monts Lotzhung, était, lors de mon passage, absolument desséché. Dans la partie méridionale de ces plateaux, où nul Européen n'a encore pénétré, on ne trouve, dit-on, d'autre eau que plusieurs de ces grands lacs salés. Les indications de la carte de Survey, pour cette région, ne peuvent être considérées comme définitives. ”
Thomas Mayne Reid,
L'habitation du désert, ou Aventures d'une famille perdue dans les solitudes de l'Amérique…
(1892)
“ « mer jusqu'à parfaite évaporation, il restera en« viron trois livres et demie de sel. « — Mais y a-t-il beaucoup de lacs et de sources « qui en contiennent une plus forte proportion? « — Beaucoup. Il existe dans le Désert un grand « lac, au nord-ouest de l'endroit où nous nous « trouvons, qu'on appelle le Grand Lac Salé, dont les « eaux contiennent plus d'un tiers de sel pur. Dé« sirons que notre crique en possède une plus forte « proportion. Mais allons, venez voir où en est la « chaudière, que nous avons tout à fait oubliée. » ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Ce lac produit un sel auquel Strabon, liv. II. p. 524. attribue des qualités qu’il n’a pas à-présent. Pierre Gilles, dans une lettre dont Ortelius a eu communication, appelle ce lac Spota, & le décrit de la sorte : Nous trouvâmes ce lac si salé, que son rivage étoit couvert d’une glace continuelle de sel l’espace de quatre stades. ”
Jacques Babinet,
Revue des Deux Mondes
“ En général, tous les lacs à écoulement qui sont traversés par des eaux douces se sont ou complètement dessalés, ou diminuent graduellement leur quantité de sel, tandis que ceux qui n’ont point d’issue, comme la Mer-Morte, la Mer-Caspienne, le lac d’Aral et autres nappes d’eau confinées, voient au contraire augmenter leur salure de plus en plus. ”
Michel Chevalier,
Revue des Deux Mondes
“ En cette saison plus encore qu’à toute autre, desséchés et imprégnés de substances salines qui s’effleurissent, les bords du lac, si fertiles, si rians, si vivans autrefois, ressemblent à une terre désolée. ”
Henri d' Orléans, Revue des Deux Mondes
“ Le lac est, en effet, entouré de tous côtés, d’un brillant dépôt : c’est le sel, dont la forte proportion mêlée à ses eaux l’empêche de geler. Il s’étend à perte de vue, et pourtant, ainsi qu’on peut le juger à ses anciennes rives, il est condamné à disparaître comme tant d’autres qui n’existent déjà plus et dont on ne reconnaît l’emplacement qu’à la nappe cristalline qu’ils ont laissée. Si ces lacs non gelés sont d’un effet saisissant à voir, nous en préférons d’autres sur la glace desquels notre caravane peut se lancer hardiment. ”
Eugène Lefebvre, Le sel (1882)
“ Au couchant les bords du lac sont d'une aridité absolue; ils sont formés d'un désert de sable, de sel et d'argile, où l'on ne rencontre pas une source. L'eau du lac a le goût d'une forte saumure : il serait imprudent d'en boire même une faible quantité ; mais on s'y baigne souvent. Elle est si dense que l'on n'a besoin de faire aucun effort pour nager : on n'a qu'à se coucher à la surface; la tête et les pieds émergent d'euxmêmes hors de l'eau. Lorsqu'on en sort, on est bien vite recouvert d'incrustations salines que l'on pourrait racler au couteau. ”
Auguste Baron, Les merveilles de l'ancien monde et du nouveau… (1880)
“ Les montagnes qui l'enveloppent de toutes parts sont arides et pelées : le sel transsude le sol; on n'y voit que de maigres arbustes qui semblent lutter contre la rebelle nature ; de misérables arbres qui languissent en attendant en vain quelque peu d'humidité, mais auxquels le vent du désert n'envoie que la poussière sèche et brûlante de la plaine. En même temps, les eaux du lac qui, avant de s'arrêter immobiles, sont douces et bonnes comme celles des fontaines, deviennent mauvaises du moment qu'elles cessent d'être au Jourdain pour devenir le lac. ”
Eugène Lefebvre, Le sel (1882)
“ Rien de triste d'ailleurs comme la région désolée qui l'entoure : nulle part la verdure ne contraste avec l'argile jaune ou brune sur laquelle se détachent des stries salines blanches. Le lac a environ 80 kilomètres de tour : sa forme est elliptique et régulière. Les rives en sont escarpées; mais la profondeur est faillie, et presque partout on peut le traverser à gué. Quand le vent souffle, la masse d'eau se déplace : la cuvette, mise à sec d'un côté, déborde de l'autre et les eaux s'amoncèlent sous l'action de la houle à une hauteur de plus d'un mètre. ”
L de Salma, Obock, exploration du golfe de Tadjoura… (1893)
“ Sa surface est à cent quarante-neuf mètres au-dessous du niveau de la mer. Au Sud-Ouest, il reçoit une source salée chaude à la température de soixantedix degrés, de faible débit ; et, au Nord, une source salée, froide, de plus fort débit. Tout l'ouest de ce lac est couvert d'une couche de sel épaisse et très unie, en forme de croissant, d'environ douze kilomètres de développement, sur deux dans la partie la plus large du segment. Le fond lui-même est inscrusté d'un ”
Stanislas Du Lac, France (3e édition) (1888)
“ « C'est bien, c'est bien, vous êtes de braves gens. Il n'y a pas de plus braves gens que vous au monde. » Le commandant Parrayon veut embrasser un d'eux. Celui-ci se détourne : « Pardon, excuse, mon commandant, j'ai la gueule trop sale! » Deux petits canots à vapeur ordinaires, armés en porte-torpilles, et montés chacun par dix hommes, avaient détruit une frégate de vingt-trois canons et six cents hommes d'équipage, et, par contre-coup, une corvette de sept canons et cent cinquante hommes. ”
Arthur Buies,
La région du lac Saint-Jean, grenier de la province de Québec
“ Je suis convaincu que la plus grande partie de cette région, comprise dans le fond de ce vaste bassin qui entoure le lac Saint-Jean, du côté du nord surtout, c’est-à-dire une étendue d’au moins quatre millions d’acres en superficie, se compose des terrains les plus favorables à l’agriculture, tant à cause de la richesse du sol que de la douceur du climat. ”
James Fenimore Cooper,
Le Lac Ontario
“ Quant à moi, je veux consulter maître Cap, et tâcher de devenir un homme, en voyant ce qu’on peut faire sur l’eau salée. — Vous, Jasper Western ! vous, quitter les lacs, les forêts, la frontière ! et cela pour aller dans les villes et dans les établissements qui dévastent nos bois, et pour trouver une légère différence dans le goût de l’eau ! n’avons-nous pas les lacs salés, si le sel vous est nécessaire ? et l’homme ne doit-il pas être content de ce qui satisfait les autres créatures de Dieu ? ”
Charles Lenthéric,
Revue des Deux Mondes
“ L’ensemble du pays présente l’aspect d’un immense lac de vase figée. La terre se fond peu à peu avec la mer, et d’une manière insensible on passe de la plaine verdoyante à la prairie marécageuse et aux étangs desséchés, de ceux-ci aux étangs encore mouillés, puis aux marais salans, aux marais gâts et à la succession indéfinie des claires, des bassins, et des compartimens où l’on pratique en grand l’élève des coquillages. ”
Jules Hoche, Le pays des croisades (1885)
“ Une marche de quelques heures à travers un paysage montueux de marne et de gypse nous a amenés à la pointe sud-ouest du lac, au pied de la fameuse montagne de sel (Djebel-Ousdoum) . Le lac n'est plus qu'un vaste étang où l'onaurait pied un peu partout. Voulez-vous vous faire une idée exacte du tableau ? Prenez le bassin des Tuileries, campez-le au pied de la butte Montmartre, du côté où elle fait face au square d'Anvers; semez du sel de ménage sur le tout, délayez aussi dans le bassin un peu d'asphalte de nos trottoirs, puis agitez. ”
