Gustave Flaubert,
Madame Bovary
“ D'autres, rêvant sur des sofas près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entrouverte, à demi drapée d'un rideau noir. ”
Gustave Flaubert,
Madame Bovary
“ D'autres, rêvant sur des sofas près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entrouverte, à demi drapée d'un rideau noir. ”
J.-E. Gautier, Le marin des bords de la Seine… (1840)
“ Je m'y présentai, et ce fonctionnaire, qui me connaissait pour avoir plusieurs fois travaillé sous ses ordres, et près de qui je sollicitais depuis longtemps une place, me proposa celle de marinier dans les douanes, pour la service de la Râpée, aux appointements de douze cents francs. C'était combler tous mes désirs ; aussi je m'empressai de témoigner à M. Mangin ma reconnaissance de ses bontés et de l'assurer que j'étais prêt à faire tout ce qu'il m'ordonnerait. Il me donna alors une lettre pour M. de Rouge mont, directeur du service des douanes. ”
Victor de Laprade,
Revue des Deux Mondes
“ En vain ta porte est close ; à ton chevet glacé L’essaim des noirs esprits dans l’ombre est amassé. Vois du plafond qui s’ouvre une forme descendre ; Vois ces nains s’accroupir, à tes pieds, sur la cendre ; Vois ces doigts tout sanglans écarter tes rideaux. ”
Henri de Régnier,
Les Médailles d’argile
“ Si le pavage est rouge et si le mur est blanc, Si les rideaux du lit sont peints de fleurs naïves Et si la vaste chambre où, le soir, tu arrives Te donne un bon sommeil qu’achève un réveil lent, Sois heureux. L’aube est claire. ”
“ Plus de banc de pierre sur la porte, plus de guirlandes de fleurs sur la façade, plus d’œil-de-bœuf garni de ses fleurs de lis en fer, plus de perron aux formes arrondies, plus d’escaliers si bas et si doux qu’on s’apercevait à peine de la descente ! ”
Anatole France,
Crainquebille, Putois, Riquet et plusieurs autres récits profitables
“ Tu laisses des hommes couverts de haillons vils envahir ton salon, ta chambre à coucher, ta salle à manger, se ruer sur tes meubles et les traîner dehors, traîner dans l’escalier ton fauteuil profond, ton fauteuil et le mien, le fauteuil où nous reposions tous les soirs, et bien souvent le matin, à côté l’un de l’autre. ”
Pierre Reverdy , Étoiles peintes
“ Le paysage du mur — l’horizon de derrière — ta mémoire en désordre et le ciel plus près d’eux. Il y a des arbres et des nuages, des têtes qui dépassent et des mains blessées par la lumière. Et puis c’est un rideau qui tombe et qui enveloppe toutes ces formes dans la nuit. L’OMBRE ET L’IMAGE Si j’ai ri ce n’est pas du monde éclatant et joyeux qui passait devant moi. Les têtes penchées ou droites me font peur et mon rire aurait changé de forme en une grimace. Les jambes qui courent tremblent et les pieds plus lourds manquent le pas. ”
Raoul Rebour, Les cloches païennes : poèmes (1928)
“ Vers ma chambre, au matin, il tend par la fenêtre, comme une main qui dit un bonjour, son rameau. Les feuilles, les feuilles rousses tombent du frêne endormi sur la table où je me mis. La Terre est joyeuse et douce. ”
Gustave Flaubert,
Œuvres de jeunesse
“ Et les murs tâchés d’encre, le pupitre où je me courbais toute la journée, la chaise où je m’asseyais, le tapis de paille, les pavés usés, le grillage des bureaux, et le plafond où si souvent, en bâillant, j’avais levé des regards désolés, je contemplais tout cela avec étonnement, comme des objets nouveaux, me demandant si réellement j’avais vécu là, si c’était bien moi, si je ne me trompais pas. ”
Charles Cros,
Le Coffret de santal
“ Aux murs nus, écorchés par les clous des peintures, D’où sont déménagés les meubles, les tentures, Où le sol est jonché de paille et de chiffons, Ainsi, dévasté par les destins, noirs bouffons, Mon esprit s’est rempli d’échos, de clartés dures. ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ Ceux du palais sont de la plus grande beauté, et c’est sur ces tapis que les dames qui n’ont point de carreau s’assoient et s’en relèvent avec une souplesse, une grâce et une promptitude, jusque dans les plus vieilles et sans aucun appui, qui me surprenoit toujours. ”
Eugène Poitou, Un hiver en Égypte (1860)
“ Imaginez un vaste bâtiment, sans style, sans élégance, sans majesté; de grands appartements meublés à l'européenne, et où règne un mélange singulier de recherche et de mauvais goût, de luxe et de vulgarité; un escalier avec des toiles cirées pour tapis, et sur les murs, en guise de fresques, d'affreux papiers peints comme on en voit dans les cafés de France ”
Walter Scott,
La Fiancée de Lammermoor
“ Wolf’s-Crag est en feu... Le pavillon et la salle..., tous les meubles en dedans et en dehors..., toutes les belles glaces, les tableaux, les tapis, les tapisseries et autres décors, tout est en flammes, comme si ce n’était que de la tourbe ou de la paille enduite de poix. Prenez à droite, messieurs, je vous en supplie. On fait pour vous quelques préparatifs chez Lucky Smaltrash... ”
André Bellessort,
Revue des Deux Mondes
“ Escabeaux, fauteuils et divans tendus de rouge, tables massives, l’étincellement des lustres, l’amoureux éclat des robes de soie, un indéfinissable parfum d’Orient, des fumées orgiaques, et le bercement du plancher sous vos pas, tout vous apparaît comme une illusion merveilleuse, un jeu de lumière et d’or dans les mains de la nuit. ”
Jules Hoche, Le pays des croisades (1885)
“ Les plafonds de cèdre découpé, les murailles avec leurs ornements de stuc peint, leurs lambris et leurs moulures d'or, le plancher de marbre, les tapis de Perse, les divans et les matelas répandus à profusion dans toutes les pièces et qui servent tour à tour de sièges ou de lit de repos aux. divers membres de la famille, toutes ces richesses accumulées éblouissent le regard au point qu'on a quelque peine à se figurer que ce sont les mêmes murailles sombres et lézardées qu'on hésitait à franchir tout à l'heure qui servent d'abri à tant de luxe et de confort. ”
Charles Ferdinand Ramuz,
Une main
“ Je vis dans un monde fraîchement sculpté. Un monde fait d’une chambre, d’un corridor, d’un escalier, d’un autre corridor et encore d’une chambre ; mais dans les chambres, il y a des meubles qui ont des hauteurs différentes, il y a des fauteuils qui ont des bras et des chaises qui n’en ont pas, il y a un canapé avec ses coussins qui eux aussi ont un volume ”
Albert Vandal,
Revue des Deux Mondes
“ Une ceinture de tapisseries se déploie sur les quatre faces de la cour, s’élève de terre et monte assez haut, passe sous la galerie inférieure, s’enfonce dans les angles de la muraille et en suit les contours, et voici que des légendes en action, des histoires de miracles, des processions de saints et de guerriers, des perspectives de villes orientales, avec des emblèmes, des écussons, des devises, font à l’édifice qui nous ravit un merveilleux soubassement. ”
Étienne Michel Masse, Du romancium occidental, ou Études et recherches historiques et philologiques sur nos origines… (1847-1848)
“ Même la dure surface des rochers, quand il s'y forme un peu de mousse, a cent fois plus de charmes que ces voies âpres et rudes où nous marchons à travers les palais de marbre , le long des promenades sablées et sous les beaux arbres qui ombragent les royales demeures. ”
Madame Henri de La Ville de Mirmont, Contes de Noël
“ Pour tapis nous avons la mousse et les feuilles mortes brodées de givre; pour plafond, le ciel. Ces murs vivants nous séparent du monde et des hommes bien mieux que des parois de planches ou de briques. Qui donc songerait à venir nous chercher ici? Parle maintenant et n'oublie pas que le confesseur est celle qui prenait toujours ta défense, autrefois. ”
“ Vers l’ouest, loin dans la plaine verte, Une porte se dresse ouverte Sur le ciel pluvieux et noir. Sculptés aux parois triomphales, Des hommes, des bœufs, des chevaux, Rappelant d’antiques travaux, Se brisent au choc des rafales. ”
Ernest Michel, À travers l'hémisphère sud, ou Mon second voyage autour du monde…
“ Un mauvais tapis est tendu sur la terre nue; des chiffons bouchent les crevasses. Dans un lit, une vieille à bout de forces; dans un autre, une femme qui tousse comme les poitrinaires au dernier degré. Un troisième lit est réservé à une jeune femme qui tombe du mal caduc. ”
“ Il est nécessaire que ta poitrine touche la table, sinon, tu mettrais les mains dans tes poches, et tu fixerais le plafond. Approche-toi, saisis ferme ta plume et prends de l’encre. Et que tes yeux n’aillent point errer sur le mur ou se promener par la fenêtre. ”
Paul Arène,
Friquettes et Friquets
“ Imaginez une manière de cave où la lumière, d’ailleurs inquiétante et fantômatique, filtre par un plafond fait d’épaisses plaques de verre, plafond servant également de dallage à la salle qui se trouve au-dessus. ”
Hendrik Conscience,
Le Chemin de la fortune
(1870)
“ C’est comme un palais, avec une grande porte, un grand jardin, un grand étang, un grand escalier en pierre et une girouette d’or sur la tour. Il en sort un gros monsieur avec une belle dame à son bras ”
L' Arioste, Roland furieux : poème héroïque (1879)
“ La grande rue est toute couverte d'étoffes diverses et de couleurs gaies. La terre, toutes les murailles sont tapissées d'herbes odoriférantes et de feuillage. Chaque porte, chaque fenêtre était ornée de tapis et de magnifiques draperies, mais plus encore de belles femmes parées de robes superbes et de riches bijoux. ”
Hugues Le Roux,
Au Sahara
(1891)
“ Immobiles dans les plis de leurs burnous, éclairés d’en bas comme avec une rampe intermittente qui accroche de la lumière aux plis de leurs vêtements, aux poignées des couteaux passés dans leurs ceintures, et qui fait danser leurs ombres sur la muraille, ils nous regardent, en cercle, avec leurs yeux fauves. ”
Blondel, Bellin, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ CADRE, s. m. en Architecture, est une bordure de pierre ou de plâtre traîné au calibre, laquelle dans les compartimens des murs de face & les plafonds renferme des ornemens de sculpture. V. Bordure. Cadre de plafond ; ce sont des renfoncemens causés par les intervalles des poutres dans les plafonds lambrissés avec de la sculpture, peinture, & dorure. ”
Anonyme, Le Songe de Poliphile
“ M’étant donc avancé jusque vers le milieu du front de ce superbe édifice, j’aperçus une porte entière, magnifique et considérable, proportionnée à tout l’édifice. Quant à la façade de la construction, je vis qu’elle s’étendait d’une montagne à l’autre, interposée entre leurs sections à pic, et je pus conjecturer à vue d’œil que sa dimension atteignait six stades [13] plus vingt pas. Ces montagnes étaient taillées perpendiculairement de la cime jusqu’au sol. ”
Georges Rodenbach,
La Jeunesse blanche
“ Sur les tapis et les sentiers, O sainte maison paternelle Qui donc pourrait vous oublier, Logis où dort notre âme en cendre, Surtout quand on a vu descendre Des cercueils chers dans l’escalier !... ”
François Cognel, La vie parisienne sous Louis XVI (1882)
“ Dans la maison, qu'on ne sauroit appeler palais, les murs sont tapissés d'ouvrages en paille relevés par des broderies en laine; les planchers sont également couverts de paille imitant la marqueterie ; toutes les fleurs sont des champs, ou sauvages. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Voyez ! les murs sont des tableaux, les cheminées sont des sculptures, les pendules sont des joyaux, les plafonds sont si riches, si brillants de dessins et de couleurs, qu’ils ont l’air de réfléchir les tapis. ”
Léon Valade,
Oeuvres de Léon Valade : poésies posthumes
(1890)
“ Tout à gauche, la porte unique, dont le seuil Fait saillie au-dessus de l'eau. Certes, l'orgueil Des grands palais voisins étale plus de marbres. D'aucuns ont la terrasse à treille avec des arbres Et des fleurs embaumant les claires nuits d'été. ”
George Sand,
Théâtre complet de George Sand
“ Laissez là ce tapis, cet éventail et ces coussins. Allez ! (L’autre valet sort par le ravin.) C’est là qu’elle aime à s’asseoir, à l’heure où le soleil baisse. Puisqu’elle a quitté un trône pour suivre ici les pas de l’infortune, faisons-lui de ces rochers un lit moins âpre, et que ses pieds délicats puissent reposer sur un sol plus moelleux ! Il a disposé, en parlant, le tapis et les coussins sur les rochers, à droite ; il pose le miroir garni de plumes sur un des coussins. Scène V JACQUES, ROLAND, venant du ravin. ”
Germain Nouveau,
Poésies d’Humilis et vers inédits
“ Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et loin, dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L’œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Baie servant d’issue, au niveau d’un sol. Toute porte se compose de deux jambages, d’un linteau ou d’un cintre. Les jambages possèdent un tableau et une feuillure destinée à recevoir les vantaux. Nous diviserons cet article en portes fortifiées de villes et châteaux ; en portes de donjons et tours ; en poternes ; en portes d’abbayes ; en portes d’églises, extérieures et intérieures ; en portes de palais et maisons, extérieures et intérieures. ”
Édouard Romberg, Au Louvre (1897)
“ Que l'obus ou la torche ait causé le désastre, Fait sauter les plafonds, miné chaque pilastre, Ouvert, comme pour mieux éclairer ce grand deuil, Les fenêtres sans vitre et les portes sans seuil, Et fait de la demeure animée et superbe Un squelette de pierre, un désert où croît l'herbe, Qu'importe, fer ou feu, le palais est à bas. ”
Félix Bracquemond,
A propos des manufactures nationales de céramique et de tapisserie
(1891)
“ Un plat, un meuble, vont-ils devenir décoratifs par le seul fait qu'un paysage aura été peint sur le plat, que des fleurs auront été sculptées dans le meuble? Mais rien n'est plus facile à faire qu'un mauvais paysage! ”
Henri Béland, Mille et un jours en prison à Berlin
“ Mais celui qui est sur le toit n’est pas sorti du bois, surtout lorsqu’il s’agit d’un édifice dont les murs ont soixante-quinze pieds de hauteur. Notre Français s’était muni d’une corde d’une soixantaine de pieds de longueur faite de draps de lit et d’autres ficelles tirées de droite et de gauche. ”
auteur:Cheikh Nefzaoui, Le Parfum des prairies,
“ Il regarde partout et voit que les chambres sont meublées de coussins magnifiques, de tentures d’or et de soie et de tapis aux mille couleurs. Puis il remarque, dans un coin, une porte ouverte à laquelle on arrivait par sept escaliers. ”
Gustave Geffroy,
Hermine Gilquin
“ L’été, les fenêtres sont ouvertes, on aperçoit les meubles, le lit, la table, la cheminée, tout le nécessaire de l’existence rassemblé dans une seule pièce, avec une petite cour ou un petit jardin derrière. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ À la rampe accoudé, ne voir que son visage, Ou l’asseoir sur ces bancs, d’un mol éclat blanchis ; Et, quand son âme est pleine et sa voix oppressée, L’entendre désirer de gagner le logis, Suspendant à mon bras sa marche un peu lassée. ”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ Alors vingt lames tranchantes lui entament la tête qu’il s’étonne de sentir encore sur ses épaules. Il tombe renversé, mais ses bras en mesurant la terre touchent le seuil ; la porte s’ouvre d’elle-même. ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ Dans toutes les villes et lieux où le roi n’est pas, les grands ont à l’église un tapis à leur place, la première du chœur, un carreau pour les genoux, et un pour les coudes ; les fils aînés des grands un carreau. ”
Edmond Rostand,
Les Romanesques
“ Même décor : le mur a disparu. Les bancs qui lui étaient adossés ont été repoussés à droite et à gauche. Menus changements, massifs de fleurs, kiosques de treillages, faux marbres prétentieux, serre. À droite, table de jardin, chaises. ”
Louise Priou, Le rosier du roi (1877)
“ Le grand fauteuil du vieuy ,Dasteur, le rouet de Madeleine, une table et quelques chaises en composaient tout le mobilier, sans doute ; mais ajoutez-y des rideaux bien blancs aux fenêtres, des cages pleines d'oiseaux gazouilleurs, la cheminée couverte et remplie de pots de fleurs, sur le bord des fenêtres de nouvelles fleurs encore, et vous penserez que là où la nature faisait tous les frais, l'art pouvait être oublié. Le curé et Blanche se mirent à table. ”
“ Les escaliers secrets sans regards vers les cieux. Cherche discrètement, là-haut, sous les mansardes. Ta chambre, où pluie et vent passent par les lézardes. Et dors tant bien que mal ton somme, et t’en repais. ”
