“ « Pendant que telle roue fait un tour, combien de tours fera la voisine et l’autre, combien de fois battra le balancier ? » Si jeunes qu’ils soient, ils s’élanceront sur cette route royale, comme de vrais hommes. ”
Citations sur “enrouement”
“ Chaque tour de roue, comme chaque coup de l'hélice, ou le simple effort de la voile, sous la poussée du vent, multiplie à l'infini les circonférences d'air ou d'eau, concentriques à mon regard, avec sa portée pour rayon, et leur addition vertigineuse fait ma notion de l'espace mouvant.. ”
Edmond Cazal, Voluptés de guerre (1918)
“ Et la marche, la marche dans les chemins creux, sur les plateaux nus, au long des grands ravins, à travers les noires sapinières, — la marche mécanique et lourde dans la boue jusqu'à mi-jambe et dans l'eau jusque par-dessus la tête. ”
Edmond About,
Nos artistes au Salon de 1857
(1858)
“ Est-ce un paysage qui se déroule sous nos yeux, vous apercevez avant tout certaines grandes lignes qui sont les mouvements du pays, comme les bras étendus et la jambe levée sont les mouvements d'un homme. Une vallée entrevue par la portière d'un wagon peut s'ébaucher en quatre lignes, comme le couvreur qui tombe d'un toit. Si le train s'arrête, si vous descendez de voiture pour examiner les choses plus à loisir, vous verrez le terrain se modeler par masses d'ombre et de lumière. ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Rougis de ta blouse, postillon français !... Tu n’es plus beau ! La route est droite comme un chemin de fer ; dans la singulière contrée que nous traversons, tout est montagne ou plat pays, point de collines ni d’accidents de terrain ”
Anonyme, Amélie, ou Les Écarts de ma jeunesse (1797-1798)
“ Nous voilà donc montées, assises sur la paille, et la voiture reprend son train. — Il faut que vous ayez de grandes affaires, mesdemoiselles, nous dit notre conducteur, pour être ainsi seules sur un grand chemin, à deux heures du matin. Je suis étonné du courage qui vous fait braver les dangers que l’on court sur les routes. ”
Louis Figuier,
Connais-toi toi-même. Notions de physiologie à l'usage de la jeunesse et des gens du monde…
(1886)
“ Nous porterons seulement notre attention sur les mouvements d'ensemble que nécessite la locomotion, c'est-à-dire le déplacement de notre corps. La locomotion à la surface du sol s'exécute par la marche, la course ou le saut. ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Après le chemin de fer, course en voiture au bord du fleuve, qui glisse dans la nuit avec solennité, comme toute chose qui, soit dans l’ombre, soit au grand jour, cède avec calme à l’attraction de l’aimant éternel. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ « Vois-je une roue ardente, ou bien une fournaise ? » — Oui, c’est bien une roue ; et c’est la main de Dieu Qui tient et fait mouvoir son invisible essieu. Vers le but inconnu sans cesse elle s’avance. ”
“ Je vois déjà pâlir l’azur : Le temps m’entraîne avec vitesse, Et, comme au fond d’un antre obscur, Son char léger roule, et m’emporte Sous l’arche sombre de la porte Qui conduit l’homme à l’âge mûr. ”
Jules Jamin,
Revue scientifique. — Le Bolide du 14 mai…
“ Une foule de questions se présentent à l’esprit, et pour les résoudre on sent qu’il faut avant tout tracer dans le ciel le trajet suivi par le bolide, ou, comme disent les savans, la trajectoire qu’il a parcourue. ”
N. Dally, Cinésiologie, ou Science du mouvement dans ses rapports avec l'éducation… (1857)
“ Il en est de même de la course et du saut qui ne sont qu'une marche précipitée, du vol, du nagement, de la reptation, qui ne sont que différentes espèces de marche, et, en un mot, de tous les mouvements de locomotion ou translation. ”
“ La route se courbe, se tortille, se replie et au moment même où un saut de plus vous lancerait dans le vide, les chevaux se jettent de côté, entrainent le véhicule, dans la courbe de la route, et volent vers une hauteur, invisible un instant auparavant... ”
Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
“ Et la roue un instant s’allume ; Je veux voir des sites nouveaux : Postillons, pressez vos chevaux. La côte raide est descendue. Recouverte de sable fin, La route, à chaque instant perdue, S’étend comme un ruban sans fin. ”
Hippolyte Taine,
Les Origines de la France contemporaine…
“ Dans beaucoup d’endroits, j’ai vu avec douleur les charrettes et les voitures quittant la grande route et traversant, dans des espaces de cent à deux cents mètres, les terres labourées, où chacun se fraye un chemin... Les routiers ne font quelquefois que trois ou quatre lieues entre deux soleils. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ On appelle Courir des bordées différentes, quand on est obligé à louvoyer & à faire divers reviremens. Courir ou courre à l’autre bord, c’est cingler à un rumb de vent opposé à celui que l’on fait. Quand on répond à la question, où court-il, qui veut dite, quelle route tient-il ? Il court comme nous ; c’est-à-dire, il fait la même route que nous. Courir Nord c’est aller au Nord ; courir Sud, c’est aller au Sud, ou du Sud au Nord. Courir en longitude, c’est aller de l’Est à l’Ouest, & de l’Ouest à l’Est. Courir en latitude, c’est cingler du Nord au Sud, ou du Sud au Nord. ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans : 1830-1840…
“ Je me figure un char lancé par des mains prévoyantes : la route, au moment du départ, est belle, large, parfaitement unie ; à mesure que la char avance, la route devient étroite et bourbeuse ; mais ne voyez-vous pas que le but se rapproche, à mesure qu’avance le char ? ”
Anatole France,
Pierre Nozière
(1899)
“ Les routes, les belles routes aussi unies que la surface d’une fleuve et sur lesquelles la roue de la voiture et la semelle du soulier trouvent un appui à la fois solide et doux, ce sont les chefs-d’œuvre de nos pères qui sont morts sans laisser leur nom et que nous ne connaissons que par leurs bienfaits. ”
Antonin Bossu, Anthropologie, ou Étude des organes… (1873)
“ La course est un mode de locomotion composé de la marche et du saut parabolique répété d'une manière rapide. Dans la marche le corps ne quitte jamais complétement la terre; pendant la course, au contraire, à certains moments le corps se sépare complètement du sol. La projection du corps dans l'espace s'opère dans la course comme dans le saut; la course est une marche précipitée entrecoupée de sauts. Les détails qui précèdent nous dispensent de nous étendre davantage sur le mécanisme de la course. ”
A. G., En allant de Marseille à Bourbon sur le "Polynésien" (1893)
“ Nous remontons dans notre voiture avec la joyeuse pensée de revenir ici bien des fois et sans tarder, et nous sommes aussitôt entraînés dans une course vertigineuse qui nous permet à peine d'entrevoir le merveilleux pays que nous traversons. ”
Jacques Offenbach,
Notes d’un musicien en voyage
“ Le dénouement d’une course, l’approche du poteau des sept ou huit coureurs engagés excite toujours en France et en Angleterre des cris, des acclamations, des hurrahs. On sent que pendant quelques secondes tout le monde est en quelque sorte saisi par le vertige de la vitesse, entraîné par l’attrait du spectacle ou les émotions du jeu. ”
Éphrem Houël,
Traité des courses au trot, par Éphrem Houël
(1842)
“ La course de vitesse seule peut donner la mesure de la force et de l'action des muscles, de la résistance des tendons, de la liberté de l'haleine, de la santé des poumons, de la vigueur et du fonds de l'individu. ”
Maurice Renard,
Le Carnaval du mystère
“ Nous faisions du cent à l’heure. Je freinai brutalement, comme un novice. La route, poudreuse, fit déraper la voiture. Je vis un tronc d’arbre fondre sur nous. Et je décrivis dans les airs une courbe interminable. ”
Léopold Courouble,
Les Cadets du Brabant
“ C’est elles qui préparent l’impression grandiose que l’on va éprouver tout à l’heure. On chemine, on tourne, on tournique là-dedans, oppressé par l’ombre, le manque d’air, et soudain, on débouche sur la place et l’on respire un grand coup. ”
Jerome K. Jerome,
Trois Hommes dans un bateau
(1889)
“ Et, d’heure en heure, s’avancent sur la route d’autres groupes d’hommes armés, leurs casques et leurs cuirasses réfléchissant les longs rayons obliques du soleil matinal, et la route, à perte de vue, se fait grouillante d’aciers étincelants et de coursiers piaffants. ”
H. Taine, Revue des Deux Mondes
“ Et cette chasse ardente que rien ne suspend, sauf la prise, cette poursuite tenace, cette course impétueuse pour qui l’arrivée n’est jamais qu’un nouveau point de départ, est l’allure spontanée, le train naturel, aisé, préféré de son esprit. ”
Émile Zola,
Mes haines, causeries littéraires et artistiques
“ Il y a une étude délicate à faire pour expliquer chaque mouvement, chaque tour de roue. Le vulgaire ne voit qu’un simple résultat obtenu ; l’observateur aperçoit les tiraillements, les soubresauts qui secouent la machine. ”
Cyp. Etchegoyen, Mon tour viendra : l'enfer du poilu (1930)
“ Ah ! vous vous plaignez de l'absence de mes lettres ? Pensez-vous aux déplacements ? Soixante-cinq kilomètres dans les autos-camions conduits par des annamites ! Le lendemain une marche de vingt kilomètres, le changement d'effets, les corvées, l'embarquement, en chemin de fer, une nuit et un jour de voyage, la descente en pleine nuit, une nouvelle marche de six lieues avec le chargement réglementaire, l'absence du vaguemestre, blessé ou indisponible, et puis encore une marche dure et pénible !... ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ Ceux qui préféraient le jour faisaient valoir la difficulté de marcher dans les ténèbres, avec l’artillerie et le bagage, par des routes incertaines, élevées sur l’eau, avec l’embarras de jeter des ponts et de reconnaître les passages. ”
Vocabulaire de l'hygiène et de la santé (1831)
“ La locomotion dépend de la disposition mécanique du squelette et de la contraction musculaire; elle comprend la marche, la course, le saut, le vol, la natation et tous les mouvements du tronc et des membres. ”
Alexandre Chaponnier, La physiologie des gens du monde… (1829)
“ ON donne le nom de locomotion aux actions volontaires par lesquelles le corps se met en mouvement et se déplace, soit en totalité, soit dans quelques-unes de ses parties; comme, par exemple, en marchant, en dansant, etc. ”
Albert Londres,
Marseille, porte du sud
(1927)
“ Pendant qu’ils tournent sur cette piste, cette piste tourne autour de la terre. Ils conduisent, ils actionnent, ils soignent, ils ravitaillent, accrochés à une mappemonde atteinte du mouvement perpétuel. ”
Léon Vidal, Manuel du touriste photographe… (1885)
“ Pour un homme, nous savons qu'il fait, en marchant d'un pas soutenu, environ 100m à la minute ; que cette vitesse se réduit à la moitié environ pour le pas de promenade, et enfin qu'à la course moyenne il peut faire une lieue en une demiheure environ. ”
Félix Nadar, À terre & en l'air
“ Mais, avant et après ascension et descente, il est une foule de manœuvres qui ne sauraient être dans les habitudes et dans les goûts de tout le monde.—Planter des mâts, déployer l'aérostat, adapter le filet, démêler et disposer les cordages, remplir deux cents sacs de terre, etc.,—puis, reployer ballon et filet, rouler les cordes, recueillir les épaves, rassembler, emballer et charger le tout sur les wagons,—autant de soins manuels et spéciaux des moins attrayants, auxquels toute l'intelligence du monde ne saurait suppléer seule. ”
Pierre de Coubertin,
Essais de psychologie sportive
“ Pour tourner — à moins que ce ne soit sur une vraie esplanade, — pour passer entre des voitures ou entre des arbres, pour se glisser le long d’un mur ou d’un trottoir, pour éviter les rails ou les ornières profondes, pour circuler au milieu d’une foule, etc., etc., décidez-vous promptement, Monsieur le cycliste, ou bien vous ramasserez une pelle qui sera souvent douloureuse et toujours ridicule. ”
Georges Renard, La Méthode scientifique de l'histoire littéraire… (1900)
“ Le trajet qu'elle accomplit ressemble à ces routes de montagne qui serpentent en lacets ; on semble, en les gravissant, repasser plusieurs fois au même endroit; on est toujours, en réalité, plus avant et plus haut. ”
Congrès mondial de la route, Compte rendu des travaux du congrès (1935)
“ Le vieux tombe avec le nouveau jour, Le trafic entre les peuples le remplace à son tour. Les routes plus larges franchissent les rupts Nous marchons sur routes et sur rues. Le lointain nous est proche par la voie de la route, Le monde devient plus petit, la distance plus courte. ”
Lorédan Larchey,
Dictionnaire historique d’argot…
“ Allusion à l’aspect rouillé de la bouteille. ROULANCE : Roulement général que font les ouvriers typographes à coups de composteurs sur leurs casses, à la rentrée d’un confrère qu’ils viennent de mystifier. — (Ladimir.) ROULANT : Pois. (Halbert.) ROULANT : Marchand d’habits ambulant. V. Chineur. ROULANT, ROULANTE : Voiture. V. Roulette. ROULANT VIF : Chemin de fer. (Rabasse.) « La science change la face de la civilisation par le chemin de fer, l’argot l’a déjà nommé le roulant vif. » (Balzac.) — Vif veut dire ici allant vivement. ”
Paul Vibert,
Pour lire en traîneau
“ Semblables à des voyageurs enfermés dans une voiture qui ne serait ouverte et éclairée que par derrière, nous voyons fuir devant nous la route parcourue dont les lointains ne tardent pas à se dérober à notre vue ”
Charles d' Héricault,
Revue des Deux Mondes
“ Cette puissance atteint son entier développement et ce double mouvement laisse voir ses plus minutieux rouages dans une de ces bonnes villes municipales qui subissent l’entraînement général du siècle et de la nation, tout en conservant leur mouvement de rotation particulière. ”
N.-E. Dionne, Le parler populaire des Canadiens français
“ Il y a du rouille sur ton linge. Roulant, n. m. Matériel de ferme. Ex. J'ai acheté la terre de Jean Bart, avec son roulant. Roule=billots. Passer par le moulin de roule-billots, se faire déniaiser. Rouleau, n. m.—Etre au bout de son rouleau, être décavé. Rouler, v. a. —Marcher vite. Ex. Mon cheval roule grand train. —Vivre grand train, mener joyeuse vie. Ex. Depuis que Pierre a hérité, il roule gros. —Rouler ensemble, aller de compagnie. —Rouler sa bosse, changer de place et de lieu. —Rouler avec les gros, aller en compagnie de gens riches. —Se faire rouler, se faire embêter. ”
James Fillis,
Principes de dressage et d’équitation
(1892)
“ Si c'est sur une route, mettez-vous à l'abri d'un arbre; dans la rue, derrière un candélabre : bref, tout est bon pour éviter le choc qui peut être terrible. Surtout exécutez ce mouvement avec rapidité. ”
"Évasions" (1946)
“ A chaque instant, je crains d'être pris en écharpe par une rame. Quelle drôle de sensation de voir défiler devant soi ces trains remplis de voyageurs insoucients, le journal à la main, alors que je suis là, tout près dans l'obscurité, à un mètre des rails. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ Une centaine de places. Beaucoup de grouillement. La rapidité extraordinaire de notre course brouille un peu les objets et les faces, en même temps que le ronflement des roues sur les rails couvre tous bruits, pas et voix. ”
“ À son insu, et comme mécaniquement, le mouvement des barques sur la mer, de la mer contre les jetées, le rythme de la houle, l’entrée des navires dans les bassins, l’oscillation des mâts pressés que relie la courbe molle des cordages, les voiles qui fuient, qui dansent, qui volent, les volutes des fumées, toutes les silhouettes des quais grouillants, lui enseignent, mieux qu’un professeur, l’élégance, la souplesse, la diversité infinie de la forme. ”
Mme A. B. Lacerte,
L’homme de la maison grise
“ On se précipite sur les marches, on s’entasse les uns sur les autres, sans égard aux cris, aux protestations, et au risque d’être jeté sur la voie ferrée, au premier mouvement du char et d’y être écrasé par le convoi suivant. ”
Pierre de Coubertin,
Histoire universelle — Tome I
“ La route s’est inventée d’elle-même ; les hommes et souvent les animaux la dessinèrent d’instinct en suivant leurs propres traces. Mais le pont, l’étoffe, la roue, le levier, le bateau, la poterie, l’écriture enfin, voilà les bases profondes de notre civilisation, voilà les assises géantes enfouies dans le sol, les bienfaits inestimables que nous ont légués nos ancêtres inconnus. ”
Jacques Rivière,
Études: Baudelaire, Paul Claudel…
“ Sans doute il sait saisir les accidents les plus subtils, la limpidité sèche de l'air sur les rochers, la circulation inquiète des nuages. Mais toujours il les subordonne à l'essentiel; il y a quelque chose sur quoi passe le passager et que traverse l'éphémère. ”
Philip Barker Webb,
Topographie de la Troade ancienne et moderne
(1844)
“ Nous voyons que chaque jour est rempli par une foule d'incidents variés, indépendants de la marche pour aller vers la ville ou en revenir; d'où il résulte que cette marche n'exigeait qu'un espace de temps fort peu considérable. ”
